Traduction du grec au français
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J'y suis presque :
ὃ που γαρ καὶ παρ ' Ἡροδότῳ καὶ ὁ δελφὶς ἐστὶν ὁ φιλήκοος καὶ Ἀρίων ὁ κυβερνώμενος μουσικῇ, καὶ ὅλως ἡ δευτέρα τῶν ἱστοριῶν τινῶν ὑποθεσιν ψευδεται. Ὁ δε Θουκυδίδης … ἀναμνησθῆ τινος περι του , δια μεν τινων ἀναγκαιων λεγει, διηγεται δε μονον εις γνωσιν των ακουοντων. .
"Chez Hérodote, le dauphin est l'auditeur et Arion celui qui pilote par sa musique, et globalement, la deuxième des suppositions de certains historiens est fausse. Thucydide, s'en rappelle (?), en parle par quelque nécessité, et ne le raconte que pour le faire connaître à ses lecteurs."
Je ne suis pas d'accord sur certains points :
Ὅπου γὰρ καὶ παρ᾿ Ἡροδότῳ καὶ ὁ δελφίς ἐστὶν ὁ φιλήκοος καὶ Ἀρίων ὁ κυβερνώμενος μουσικῇ, καὶ ὅλως ἡ δευτέρα τῶν ἱστοριῶν τὴν ὑπόθεσιν ψεύδεται. Ὀ δὲ Θουκυδίδης ἂν ἀναμνησθῆ τινὸς περιττοῦ, διὰ μὲν τὴν ἀνάγκην λέγει, διηγεῖται δὲ μόνον εἰς γνῶσιν τῶν ἀκουόντων.
C’est en effet le cas chez ce même Hérodote, dans le passage où le dauphin est un auditeur attentif et Arion celui qui le dirige en musique ; d’une manière générale, le second livre des Histoires trahit le but fixé. Thucydide, en revanche, s’il fait mention d’un fait merveilleux, c’est par nécessité, et il le rapporte seulement pour l’instruction de ses auditeurs.
C'est effectivement plus clair ! Ceci dit, même avec le texte grec ré-écrit cela n'aurait pas été sans difficulté.
Oui, pour deux raisons :
- c'est un extrait,
- c'est du grec de moyenne qualité. On pense que ce "Marcellinos" était plus un scoliaste ou un "commentateur" qu'un auteur. Jacqueline de Romilly, dans sa préface à l'édition de Thucydide, ne lui consacre que trois lignes.
Pour continuer sur le sujet des historiens : que penser de Diodore de Sicile ? Est ce que quelqu'un l'a lu ? Je suis en train de terminer le livre 1 de la bibliothèque historique sur l'Egypte, initié voilà un peu moins de 3 mois. Je trouve ça plutôt plaisant, l'introduction générale (avant la partie sur l'Egypte proprement dite) m'a par contre donné du mal.
Son mérite essentiel est d'être le seul à nous informer sur la période hellénistique. C'est un compilateur et un écrivain "honnête". il développe une philosophie de l'Histoire qui est un mélange de stoïcisme et de scepticisme. Il se lit assez aisément. Comme beaucoup d'intellectuels, il entend écrire en "pur attique". Il y réussit assez bien, comme Lucien, disons.
En visitant récemment l'exposition consacrée actuellement à Osiris à l'IMA, je suis tombé sur une dédicace écrite en grec (2eme siècle après JC) :
https://julb.free.fr/inscri_ima.jpg
La photo est coupée mais c'est une colonne en marbre avec à son sommet la sculpture d'un pied votif.
La légende indique uniquement qu'il s'agit d'une dédicace à Isis de la part d'un certain Isidore en remerciement de l'avoir sauvé d'un accident de char. Evidemment je me suis fait un devoir de la traduire, mais malgré toute mon insistance je ne vais guère plus loin que :
ριφθεις
ἐξ ἱππων
ἀποχημα
τος ἐνθ '
Ἰσιδωρος
σωθεισαν
τι ποδων
θηκεν ἰχνος
μακαρι
"Jeté à bas (ριφθεις)
de ses chevaux (ἐξ ἱππων)
… (je ne trouve ni χημα pour ἀπο χηματος ni ἀποχημα dans le dictionnaire …)
ici (ἐνθ ')
de la par de Isidore (Ἰσιδωρος )
à celle qui a sauvé, (σωθεισαντι) (mais pourquoi un passif?)
une empreinte des pieds déposée ? (ποδων θηκεν ἰχνος)
un adverbe de remerciement lié à la félicité ? (μακαρι)
Je lis :
ΡΙΦΘΕΙΣ
ΕΞ ΙΠΠΩΝ
ΑΠ ΟΧΗ-
ΜΑΤΟΣ ΕΝΘ[A]
ΙΣΙΔΩPΟΣ
ΣΩΘΕΙΣ ΑΝ-
ΤΙ ΠΟΔΩΝ
ΘΗΚΕΝ ΙΧΝΟΣ
ΜΑΚΑΡΙ
Vous avez fait l'essentiel. A présent, vous pouvez tout traduire. 🙂
Effectivement sôtheisanti n'était pas possible, anti podôn par contre donnerait le sens "en place de ses pieds … une empreinte dédiée".
Quant à ΟΧΗΜΑΤΟΣ, c'est un neutre basé sur okhein (véhiculer). Il me reste ΜΑΚΑΡΙ qui n'est pas très clair (datif de de l'adjectif makar?) et aussi ΘΗΚΕΝ que je verrai bien être l'aoriste actif à la 3eme personne du singuler, mais il manque l'augment, ce ne peut pas non plus être le participe neutre parfait ou passif associé à IXNOS.
"Jeté
par ses chevaux
à bas de son char,
ici,
Isidore
sauvé
en place de ses pieds
une empreinte (dédiée ou bien a dédié)
???
"
1° ὀχήματος est tout simplement le génitif de ὄχημα, char.
2° μάκαρι est en effet le datif de μάκαρ : «au bienheureux (Osiris) »
3° θῆκεν = ἔθηκεν ; l’augment n’est obligatoire que dans la prose classique (et dans le grammaires).
Et de plus, c'est de la poésie ! Le texte comporte deux hexamètres dactyliques (le second un peu torturé).
Il faudrait donc traduire en essayant de faire des vers, pourquoi pas.
Essayons déjà de rendre un sens correct, en tentant 6 vers composés d'hexa ou hepta-syllabes, sur une structure (de ma propre composition) du type 6 / 6 / 7 / 6 / 6 / 7.
"Jeté par ses coursiers,
mis à bas de son char,
ici, Isidore, sauf,
en place de ses pieds,
a dédié son empreinte
à l'heureux dieu des défunts."
Bravo ! 🙂 🙂
En tout cas toutes ces incantations ont permis de faire renaître le temps d'une journée la mémoire de cet Isidore !
Il n'en espérait sans doute pas tant !
Mon exercice sur les relatifs et les corrélatifs propose cette phrase à traduire :
Λέγε μοι τίς ἐστιν ὁ πατήρ σου · οἷος γὰρ ὁ πατήρ, τοιοῦτος καὶ ὁ υἱός ἐστιν.
La première partie est facile à traduire :
Dis-moi lequel est ton père :
Mais la seconde me donne du fil à retordre.
J'ai bien repéré les corrélatifs τοιοῦτος et οἷος , peut-être aussi υἱός mais je ne connais pas ce dernier : s'agit-il du féminin de οἷος ? Ma grammaire n'en dit pas un mot.
J'ai l'impression qu'il me manque un verbe !
Cela devrait s'éclairer en sachant que ὁ υἱός = le fils
Ah oui ! Là je comprends mieux. La ressemblance de οἷος avec υἱός m'a induite en erreur. Je me suis focalisée là-dessus.
Je traduirais donc :
Dis-moi lequel est ton père : car le père est tel que le fils.
Quel est le sens de καὶ ?
Tel (est) le père, tel est aussi le fils.
J'ai terminé mon exercice sur les corrélatifs après bien des sueurs… J'ai des doutes sur deux traductions. Je vous remercie d'y jeter un oeil :
Διαϐάλλουσί με, ὅτι γράφω τοιούτους λόγους, οἳ τὴν πόλιν βλάπτουσιν· ἐγὼ δ' οὐδὲν γράφω, ὅτι μὴ τοὺς πολίτας ὠφελεῖ· ἀλλ' ὅσα λέγουσιν οὗτοι, τοσαῦτα ψεῦδη ἀποδείκνυται.
Ils me calomnient parce que j'écris de tels ouvrages qui nuisent à la cité ; mais moi, je n'écris rien parce que (cela) ne sert pas aux citoyens ; mais les mensonges sont reconnus aussi grands que ceux-ci (les) disent.
Τίς οὕτω ῥᾳϑυμός ἐστιν, ὅστις οὐ μεϑέξει ταύτης τῆς στρατίας πρὸς τοὺς ἐχϑροὺς τῆς πατρίδος;
Y a-t-il quelqu'un de si nonchalant qui ne participera pas à cette armée contre les ennemis de la patrie ?
Suggestion…
- ὅτι μὴ est à considérer ici et je traduirais plutôt : …rien sinon ce qui peut servir aux citoyens.
-Mais tout ce qu'ils disent, eux, semblent autant de mensonges.
-Existe-t-il quelqu'un de si inconséquent qu'il ne participe à cette expédition contre les ennemis de la patrie ?