Étudiez la situation de dialogue dans ces 4 poèmes. Quel lien s’établit entre l’homme et sa terre ?

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

J'ai un corpus de 4 textes à étudier :

Texte 1 : Albert Samain, "Mon enfance captive", Le chariot d'or, 1901.
Texte 2 : Léopold Sédar Senghor, "Prière aux Masques", Chants d'ombre, 1945.
Texte 3 : Jules Supervielle, "La terre", Débarcadères, 1922.
Texte 4 : Victor Hugo, "Parfois, lorsque tout dort, je m'assieds plein de joie", Les feuilles d'automne, 1831.

La question est :

Etudiez la situation de dialogue dans ces 4 poèmes. Quel lien s'établit entre l'homme et sa terre ?

Mes réponses :
Texte 1 : lien affectif lié à l'enfance, nostalgie une fois ailleurs.
Texte 2: C'est une sorte de révolte, contre la colonisation, le poète veut que les africains n'oublient pas leur racines.. une prise de conscience … Je ne comprends pas trop ce texte, pourriez vous me l'expliquer s'il vous plait ?
Texte 3 : Lien vie/mort .. affectueux ?
Texte 4 : lien de fraternité, de complicité, d'amitié. Relation d'admiration, jouissance, émotions.

Le seul texte dont je sois vraiment presque sûr est le texte 1 … les autres j'aurais besoins d'explications ..

Merci d'avance pour votre aide . 🙂 Voici les textes :

Texte 1 "Mon enfance captive" :
Mon enfance captive a vécu dans des pierres,
Dans la ville où sans fin, vomissant le charbon,
L'usine en feu dévore un peuple moribond.
Et pour voir des jardins je fermais les paupières…
J'ai grandi ; j'ai rêvé d'orient, de lumières,
De rivages de fleurs où l'air tiède sent bon,
De cités aux noms d'or, et, seigneur vagabond,
De pavés florentins où traîner des rapières.
Puis je pris en dégoût le carton du décor,
Et maintenant, j'entends en moi l'âme du Nord,
Qui chante, et chaque jour j'aime d'un coeur plus fort,
Ton air de sainte femme, ô ma terre de Flandre,
Ton peuple grave et droit, ennemi de l'esclandre,
Ta douceur de misère où le coeur se sent prendre,
Tes marais, tes près verts où rouissent les lins,
Tes bateaux, ton ciel gris où tournent les moulins,
Et cette veuve en noir avec ses orphelins…
Texte 2 : "Prières aux Masques" (besoin d'une grande expliquation.. je ne l'ai pas du tout compris :S)
Masques ! O Masques !
Masques noir masque rouge, vous masques blanc et noir
Masques aux quatre points d'où souffle l'Esprit
Je vous salue dans le silence !
Et pas toi le dernier, Ancêtre à tête de lion.
Vous gardez ce lieu forclos à tout rire de femme, à tout sourire qui se fane
Vous distillez cet air d'éternité où je respire l'air de mes Pères.
Masques aux visages sans masque, dépouillés de toute fossette comme de toute ride
Qui avez composé ce portrait, ce visage mien penché sur l'autel papier blanc
A votre image, écoutez moi !
Voici que meurt l'Afrique des Empires - c'est l'agonie d'une princesse pitoyable
Et aussi l'Europe à qui nous sommes liés par le nombril.
Fixez vos yeux immuables sur vos enfants que l'on commande
Qui donnent leur vie comme le pauvre son dernier vêtement.
Que nous répondions présents à la renaissance du Monde
Ainsi le levain qui est necessaire à la farine blanche.
Car qui apprendrait le rythme au monde défunt des machines et des canons ?
Qui pousserait le cri de joie pour réveiller morts et orphelins à l'aurore ?
Dites, qui rendrait la mémoire de vie à l'homme aux espoirs eventrés ?
Ils nous disent les hommes du coton du café de l'huile
Ils nous disent les hommes de la mort.
Nous sommes les hommes de la danse, dont les pieds reprennent vigueur en frappant le sol dur.
Texte 3 : "La terre"
Petit globe de cristal,
Petit globe de la terre,
Je vois au travers de toi
Ma jolie boule de verre.

Nous sommes tous enfermés
Dans ton sein dur et sévère
Mais si poli, si lustré
Arrondi par la lumière.

Les uns : ce cheval qui court
Une dame qui s'arrête
Cette fleur dans ses atours
Un enfant sur sa planète.

Les autres : assis à table
Ou fumant un petit peu,
D'autres couchés dans le sable
Ou chauffant leurs mains au feu,

Et nous tournons sur nous-mêmes
Sans vertige et sans effort
Pareils au ciel, à ses pierres
Nous luisons comme la mort.
Texte 4 : Parfois, lorsque tout dort..
Parfois, lorsque tout dort, je m'assieds plein de joie
Sous le dôme étoilé qui sur nos fronts flamboie ;
J'écoute si d'en haut il tombe quelque bruit ;
Et l'heure vainement me frappe de son aile
Quand je contemple, ému, cette fête éternelle
Que le ciel rayonnant donne au monde la nuit.

Souvent alors j'ai cru que ces soleils de flamme
Dans ce monde endormi n'échauffaient que mon âme ;
Qu'à les comprendre seul j'étais prédestiné ;
Que j'étais, moi, vaine ombre obscure et taciturne,
Le roi mystérieux de la pompe nocturne ;
Que le ciel pour moi seul s'était illuminé !
Merci d'avance pour votre aide (qui me serait bien précieuse) 🙂 S'il vous plaaait … j'ai juste besoin de conseil, pas forcement sur tout, mais si vous savez m'expliquer un petit peu de quelque chose allez y ..

Merci
Bonsoir Naomii,

Tu es sur la bonne piste.

1 - le lien s'effectue avec la Terre-mère, c'est un lien affectif et surtout vital (comme par le cordon ombilical). Il s'agit moins de la patrie que de la matrice ou du berceau.
2 - le lien s'effectue avec les ancêtres, c'est un lien intellectuel de type fils à père; Il est d'ordre magique, animiste. Il s'agit en effet de renouer avec les racines culturelles et religieuses après l'indépendance.
3 - Regarde cette discussion ici.
4 - Le lien est de l'ordre de la révélation religieuse. C'est une expérience mystique. Le poète est un mage qui décrypte l'univers et dont le moi peut dialoguer avec des puissances invisibles…
Bonsoir,

Merci pour ses explications, j'avais trouvé la discussion sur le texte 3 qui m'avait bien aidée oui . Merci beaucoup.

J'ai également fait le commentaire du texte 1, je pense m'en être sortie par contre Sauriez vous me dire la signification du dernier vers du texte 1 : "Et cette veuve en noir avec ses orphelins…" ? Je pense qu'il y a une signification assez spéciale mais j'arrive pas à trouver le lien avec le reste du texte.
Merci encore.
Bonsoir,

Sa terre est fidèle, sainte, note à ce sujet l'apostrophe, comme une invocation à un saint patron. La sainteté ("Ton air de sainte femme") est sans doute associée à la couleur noire, celle du charbon, mais aussi la tenue discrète des femmes et l'habit de deuil de la veuve, qui, par définition, est restée fidèle à son époux disparu. C'est l'image de sa mère (la sienne : en effet son père est décédé alors qu'il n'avait que 14 ans ; et la terre du Nord dont les mines ont causé beaucoup de morts) qui constitue le symbole final, achevé de ce "peuple grave et droit" cité plus haut.
La veuve est donc l'image de sa mère.

Pour le texte 2, quand vous dites qu' "il s'agit en effet de renouer avec les racines culturelles et religieuses après l'indépendance." Le poème est écrit en 1945, l'indépendance n'a pas encore eu lieu.. ?
Si le poème a été écrit en 1945, il ne peut s'agir en effet de l'indépendance, mais seulement du désir de se dissocier du colonisateur européen.