Bonjour !
Toute nouvelle sur ce forum, je sollicite votre aide !
Je suis en Première L. Cette année, nous devons réaliser une anthologie poétique à travers les siècle, thème au choix - c'est-à-dire choisir un poème par siècle qui illustre un thème 🙂.
J'ai essayé de choisir quelque chose d'original, de neuf. J'ai donc choisi le Réveil comme thème de mon anthologie. Nous avions la possibilité de prendre deux poèmes du 19ème si nous ne trouvions pas un poème correspondant à notre thème au 17ème siècle (ce qui est mon cas).
Voici les poèmes que j'ai choisis :
16ème siècle
J'ai essayé d'illustrer à travers ces poèmes différentes visions du réveil :
- Le réveil "mal-vécu" car il nous arrache au pays des rêves.
- Le réveil amoureux : la nuit appartient aux amoureux, le réveil aussi.
- Le réveil brutal, où l'on distingue mal la réalité du rêves.
- Le réveil comme révélateur du temps qui passe.
- Le réveil terrible dans une réalité horrible (les camps de concentration).
Je n'ai pas trouvé de poèmes sur le réveil au 20ème siècle. J'aimerais bien donner un côté un peu politique à cette anthologie : "Réveille-toi, peuple !", mais je n'en ai pas trouvé…
Auriez-vous des idées ?
Et que pensez-vous de ma sélection de poèmes ?
J'hésite encore pour mes différents axes de la préface (car, bien sûr, nous devons rédiger une préface !).
Idées ?
Toute nouvelle sur ce forum, je sollicite votre aide !
Je suis en Première L. Cette année, nous devons réaliser une anthologie poétique à travers les siècle, thème au choix - c'est-à-dire choisir un poème par siècle qui illustre un thème 🙂.
J'ai essayé de choisir quelque chose d'original, de neuf. J'ai donc choisi le Réveil comme thème de mon anthologie. Nous avions la possibilité de prendre deux poèmes du 19ème si nous ne trouvions pas un poème correspondant à notre thème au 17ème siècle (ce qui est mon cas).
Voici les poèmes que j'ai choisis :
16ème siècle
Isaac HABERT (1560-1615)18ème siècle•
Ah ! que je suis fâché ! maudit soit le réveil
Ah ! que je suis fâché ! maudit soit le réveil
Qui me prive du bien dont j'avais jouissance
Cette nuit en songeant. Las ! depuis ma naissance,
Je n'ai point eu de bien à celui-là pareil.
Il me semblait qu'Amour, ennemi de tout deuil,
Une moisson de fleurs versait en abondance,
Dessus nos corps unis d'une ferme alliance.
Ô songe délectable, ô gracieux sommeil !
Que d'amour, que d'appas, que de douces blandices,
Que de ris, que d'ébats, que de molles délices,
Que de naissantes morts, que de jeux amoureux !
Que de baisers confits en sucre, en ambroisie !
De ces plaisirs, dormant, j'avais l'âme saisie.
Fut-il jamais en songe un amant si heureux !
Claude-Joseph DORAT (1734-1780)19ème siècle
Le baiser du matin
Les étoiles brillaient encore :
A peine un jour faible et douteux
Ouvre la paupière de Flore,
Qui, dans ses bras voluptueux,
Retient l'inconstant qu'elle adore.
Le souffle humide d'un vent frais
Effleure les airs qu'il épure,
Soupire à travers ces bosquets,
Et vient hâter par son murmure
Le chant des hôtes des forêts
Et le réveil de la nature.
Tu goûtais un profond repos,
Après une nuit fortunée,
Que nous avions abandonnée
Au dieu des amoureux travaux :
Moi, je veillais ; dans mon ivresse,
Je recueillais tes doux soupirs,
Et mes yeux, brûlants de tendresse,
Se reposaient sur la déesse
A qui je dois tous mes plaisirs.
Les anneaux de ta chevelure
Flottent au hasard répandus,
Et voilent seuls tes charmes nus,
Dont le désordre est la parure :
Ton front peint la sérénité
Et du bonheur et de la joie,
Sur ton sein ému se déploie
L'incarnat de la volupté ;
Tels quelquefois, après l'orage,
On voit, en monceaux parfumés,
La rose et le lis parsemés,
Joncher les gazons du bocage.
Ta bouche qu'amour sut armer
De la grâce la plus touchante,
Plus fraîche que l'aube naissante,
Semble s'ouvrir pour me nommer ;
Et tes bras, dont la nonchalance
Se développe mollement,
Quelquefois avec négligence
Sont étendus vers ton amant.
Mais cependant sur l'hémisphère
Vénus fait luire son flambeau :
Chaque degré de la lumière
Me révèle un charme nouveau :
Sur tous les trésors que tu laisses
En proie à mon avidité,
J'égare mon oeil enchanté,
Et veux marquer par mes caresses
Tous les progrès de la clarté :
A mesure qu'elle colore
L'horizon qui va s'embraser,
Un feu plus ardent me dévore ;
Et je crois que chaque baiser
Ajoute un rayon à l'aurore.
Comme je fêtai son retour !
De la nuit les astres pâlirent :
Tout-à-coup tes beaux yeux s'ouvrirent ;
C'est toi qui fis naître le jour.
Le réveil en voiture
Voici ce que je vis : Les arbres sur ma route
Fuyaient mêlés, ainsi qu'une armée en déroute,
Et sous moi, comme ému par les vents soulevés,
Le sol roulait des flots de glèbe et de pavés !
Des clochers conduisaient parmi les plaines vertes
Leurs hameaux aux maisons de plâtre, recouvertes
En tuiles, qui trottaient ainsi que des troupeaux
De moutons blancs, marqués en rouge sur le dos !
Et les monts enivrés chancelaient, - la rivière
Comme un serpent boa, sur la vallée entière
Étendu, s'élançait pour les entortiller…
- J'étais en poste, moi, venant de m'éveiller !
Nerval
Victor HUGO (1802-1885)20ème siècle
Le vieillard chaque jour dans plus d'ombre s'éveille
Le vieillard chaque jour dans plus d'ombre s'éveille ;
A chaque aube il est mort un peu plus que la veille.
La vie humaine, ce nœud vil,
Se défait lentement, rongé par l'âme ailée ;
Le sombre oiseau lié veut prendre sa volée
Et casse chaque jour un fil.
Ô front blanc qu'envahit la grande nuit tombante,
Meurs ! tour à tour ta voix, ta force succombante,
Ton oeil où décroît l'horizon
S'éteignent - ce sera mon destin et le vôtre -
Comme on voit se fermer le soir l'une après l'autre
Les fenêtres d'une maison.
1878.
« Le Réveil », poème de Robert DesnosQu'en pensez-vous ?
Texte publié dans le recueil Contrée en 1944.
LE RÉVEIL
Entendez-vous le bruit des roues sur le pavé ?
Il est tard. Levez-vous. Midi à son de trompe
Réclame le passage à l'écluse et, rêvé,
Le monde enfin s'incarne et déroule ses pompes.
Il est tard. Levez-vous. L'eau coule en la baignoire.
Il faut laver ce corps que la nuit a souillé.
Il faut nourrir ce corps affamé de victoire.
Il faut vêtir ce corps après l'avoir mouillé.
Après avoir frotté les mains que tachait l'encre,
Après avoir brossé les dents où pourrissaient
Tant de mots retenus comme bateaux à l'ancre,
Tant de chansons, de vérités et de secrets.
Il est tard. Levez-vous. Dans la rue un refrain
Vous appelle et vous dit « Voici la vie réelle ».
On a mis le couvert. Mangez à votre faim
Puis remettez le mors au cheval qu'on attelle.
Pourtant pensez à ceux qui sont muets et sourds
Car ils sont morts, assassinés, au petit jour.
J'ai essayé d'illustrer à travers ces poèmes différentes visions du réveil :
- Le réveil "mal-vécu" car il nous arrache au pays des rêves.
- Le réveil amoureux : la nuit appartient aux amoureux, le réveil aussi.
- Le réveil brutal, où l'on distingue mal la réalité du rêves.
- Le réveil comme révélateur du temps qui passe.
- Le réveil terrible dans une réalité horrible (les camps de concentration).
Je n'ai pas trouvé de poèmes sur le réveil au 20ème siècle. J'aimerais bien donner un côté un peu politique à cette anthologie : "Réveille-toi, peuple !", mais je n'en ai pas trouvé…
Auriez-vous des idées ?
Et que pensez-vous de ma sélection de poèmes ?
J'hésite encore pour mes différents axes de la préface (car, bien sûr, nous devons rédiger une préface !).
Idées ?



