Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques, I - Je n’écris plus les feux d’un amour inconnu…

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour

J'ai un commentaire à faire sur un extrait du recueil d'Agrippa d'Aubigné, les Tragiques, "Chant I", vers 55 à 76.
Je n'écris plus les feux d'un amour inconnu
Mais par l'affliction plus sage devenu,
J'entreprends bien plus haut car j'apprends à ma plume
Un autre feu auquel la France se consumme.
Ces ruisselets d'argent que les grecs nous peignaient,
Où leurs poètes vains buvaient et se baignaient,
Ne courent plus ici; mais les ondes si claires
Qui eurent les saphirs et les perles contraires,
Sont rouges de nos morts; le doux bruit de leur flots,
Leur murmure plaisant, heurtre contre contre les os.
Telle est en écrivant ma non-commune image;
Autre fureur qu'amour reluit en mon visage.
Sous un inique Mars, parmi les durs labeurs
Qui gâtent le papier et l'encre de sueurs,
Au lieu de Thessalie aux mignardes vallées,
Nous avortons ces chants, au milieu des armées
En délassant nos bras de crasse tout rouillés,
Qui n'osent s'éloigner des brassard dépouillés.
Le luth que j'accordais avec mes chansonnettes
Est ores étouffé de l'éclat des trompettes.
Ici le sang n'est feint, le meurtre n'y défaut,
La mort joue elle-même en ce triste échaffaud.
Je ne sais pas comment faire le plan, mais j'ai trouvé pas mal de choses à dire sur le poème.

L' auteur est un protestant, soldat engagé. Ce recueil s'est élaboré de 1577 à 1616 et se faisant elle consitue un véritable miroir de cette périiode troublée, du règne de Charles IX au début du règne de Louis XIII. Il faut essayer d'esquisser la présence de l'événement du 24 aout 1572 et des terribles semaines qui ont suivi.

Poème de rupture

« Je n'écris plus »: rupture avec un lyrisme de théâtre d'ailleurs « échafaud ». Rupture avec l'inspiration culturelle grecque classique. Premier vers 4/8, rupture dès le début. Met en relief : « Je n'écris plus ». Poésie précieuse: V. 5. C'EST UNE PRESTATION d'INTENTION.

Réalité obscène avec mots crus= « meurtre », v.t., « crasse », « rouillé », « sueur »>employés avec passé, montre le passage de l'écriture d'une certaine poésie à un autre type d'écriture.

Lyrisme, tragique car évoque ses souffrances


Ce n'est pas la poésie des autres qu'il rejette car implication « je » v.1 et v.3, v.19 « le luth que j'accordais ». Tout ce qui est mauvais= imparfait. Auto-critique

Voilà !! Merci d'avance pour votre aide.
Bonjour Misshey,

Agrippa d'Aubigné annonce un "pacte de lecture".
Tu pourrais organiser ton commentaire autour
- de ce qu'il ne veut pas (plus) écrire, pourquoi ?
- de ce qu'il souhaite communiquer, pourquoi ?
- des prémisses d'une poésie engagée à l'opposé d'une poésie gracieuse et futile…
Merci beaucoup !! Juste encore une chose. Pour les deux premiers axes, c'est bon j'arrive à mettre pleins de choses mais par contre pour le troisième je n'arrive pas assez à m'appuyer sur le texte pour prouver mes arguments et ce que je dit rejoint beaucoup le 2e axe (je redit la meme chose tournée différement presque). Pouvez m'aidez s'il vous plaît ?
Bonjour Misshey,

Il faut effectivement bien séparer les raisons et la manière pour aborder la poésie "engagée" :

par exemple
1 - le renoncement à la poésie de cour
un genre conventionnel
un genre sirupeux et futile
un genre trompeur

2 - les raisons
le témoignage
l'expérience ou la "sagesse" de l'âge
la colère indignée…

3 - la nouvelle manière
un nouveau jeu d'images qui s'oppose terme à terme à la poésie amoureuse
de nouvelles sonorités
pour justifier le titre, les Tragiques
Merci Jean Luc.

Mais quelques unes de vos idées m'échappent. En effet, je ne comprend pas dans votre deuxième axe, l'idée de témoignage. Il y aussi l'idée d'expérience ou la "sagesse" de l'art, je n'arrive pas à la développer ( le seul aspect que j'ai trouvé qui se réfère à cela est le v. 2 "Mais par l'affliction plus sage devenu").

Merci beaucoup pour votre aide !!!!
Bonjour,

Le témoignage, c'est cette obligation morale de révéler la situation troublée du royaume.
L'expérience ou la sagesse de l'âge renvoie en particulier, mais non exclusivement, au v. 2 "Mais par l'affliction plus sage devenu". Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'expérience de la vie a permis au poète de mesurer la souffrance des hommes, mais aussi que son âge mûr l'éloigne des émois amoureux de la jeunesse…
Merci avec beaucoup de retard Jean Luc, je n'ai pas eu l'occasion de repasser sur le site.

Juste pour savoir, est ce que d'autres personnes ont étudié cet extrait ? J'ai l'impression que notre professeur nous a pris un texte "paumé", excusez moi pour l'expression. Et je le trouve encore assez difficile, disons que je ne suis pas à l'aise avec…et l'oral de français approche à grand pas !! Quel est votre avis ? Tous vos commentaires me seront utiles =) *

Bonnes vacances pour ceux qui le sont déjà et bonne chance à ceux qui n'ont pas encore passé leur épreuve d'oral de français.
Bonjour Misshey et Jean-Luc, je suis désolé de réouvrir ce post, quelques mois après, mais je suis à la recherche d'un corrigé de ce texte ! En effet, ma porfesseure nous a prévenu de l'auteur sur lequel nous devrions tomber, et je cherchais à m'inspirer, serait-il possible que tu m'envoies le corrigé que ton ancienne prof t'avais distribué ?
Merci d'avance !
bonjour ,
alors voilà j'ai un commentaire de texte à faire sur les misères , les tragiques d'Agrippa d'Aubigné
je n'ai aucun plan pourriez vous m'aider svp !
très vite si c'est possible =)

voilà le texte :
Je n'écris plus les feux d'un amour inconnu
Mais par l'affliction plus sage devenu,
J'entreprends bien plus haut car j'apprends à ma plume
Un autre feu auquel la France se consume.
Ces ruisselets d'argent que les grecs nous peignaient,
Où leurs poètes vains buvaient et se baignaient,
Ne courent plus ici; mais les ondes si claires
Qui eurent les saphirs et les perles contraires,
Sont rouges de nos morts; le doux bruit de leur flots,
Leur murmure plaisant, heurte contre les os.
Telle est en écrivant ma non-commune image;
Autre fureur qu'amour reluit en mon visage.
Sous un inique Mars, parmi les durs labeurs
Qui gâtent le papier et l'encre de sueurs,
Au lieu de Thessalie aux mignardes vallées,
Nous avortons ces chants, au milieu des armées
En délassant nos bras de crasse tout rouillés,
Qui n'osent s'éloigner des brassard dépouillés.
Le luth que j'accordais avec mes chansonnettes
Est ores étouffé de l'éclat des trompettes.
Ici le sang n'est feint, le meurtre n'y défaut,
La mort joue elle-même en ce triste échafaud.
on a vu les réseaux d'opposition et j'aimerais bien intégré cette notion dans le commentaire merci d'avance =)
Bonjour,

Relis les messages précédents.

Agrippa d'Aubigné entend faire oeuvre nouvelle.
Il s'appuie sur une opposition d'inspiration et de style.
De quoi veut-il se distinguer ?
Que veut-il peindre ?
En quoi entend-il renouveler le lyrisme et se montrer utile ?