Revalorisation de la série littéraire au lycée
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Si je lis bien le fil, les L ont une tare irrémédiable, l'absence de maths et éventuellement leur absence de culture scientifique qui rend leur niveau littéraire sans doute sujet à caution. La rigueur scientifique innée ou acquise dans la filière S permet à une bonne proportion de S ( un tiers environ, je crois ) de s'engager dans des parcours ouverts aux L après le bac, et grâce à un niveau bac en sciences, ces mêmes parcours qui sont jugés trop limités pour les L vont soudainement devenir attractifs pour les S. Soit l'irrationnel scientifique est le lot des S , soit le niveau bac en sciences est négligeable, soit un certain nombre de professions n'a vraiment pas besoin de maths, physique, chimie … et dans ce cas pourquoi adorer la divinité maths.
Par ailleurs si l'éternel retour de la maladie grammaticale semble frapper les L comme un rhume des foins chaque année, comment se fait-il que les ES et S soient vaccinés ?
Il est bien difficile d'expliquer ces subtilités à des personnes qui ne baignent pas dans le système. Alors une réforme de plus ou de moins…
J'ajouterais qu'il ne faut pas abuser de cette démarche qui veut calquer la rigueur scientifique sur les sciences humaines. Je crois que le clivage "sciences dures" / "sciences humaines" est largement dépassé, les deux ayant à la fois leurs propres méthodes d'investigation et des passerelles leur permettant d'entrer en interaction si besoin est.
Par ailleurs, dire que la rigueur scientifique peut être utile voire nécessaire lorsque l'on fait de la littérature revient à mon sens, premièrement, à oublier que la littérature est aussi - et avant tout - un art et que l'on n'est pas forcé de vouloir la décomposer en équations ; deuxièmement imposer un raisonnement "logicien" que je ne suis pas la seule à remettre en cause. De toute évidence, nombre de ceux qui critiquent "les L" en leur reprochant leur manque de rigueur mathématique ne se sont jamais questionnés sur les ravages que pourrait faire une application de cette rigueur à tous les niveaux de la littérature et des autres arts, de même qu'en philosophie. De nombreux penseurs, tout le monde le sait, on voulu rendre le langage - littéraire, mais pas seulement - sous forme d'un langage mathématique afin d'en éviter les aléas. En philosophie, on s'accorde à dénommer cette "discipline" : "logique", comme si un "logos" scientifique transcendait tout langage littéraire et artistique. Je pense qu'il est bienvenu, alors, d'y penser à deux fois : vous-mêmes, qui adorez la littérature, l'art, ne trouvez-vous pas cela effroyable, réducteur et quasi "raciste", du moins "sectaire", de remettre en cause un élève ou étudiant en littérature sous prétexte qu'il se refuse à cette rigueur mathématique ?
Je trouve qu'une option mathématique est très utile dans l'optique de l'ouverture professionnelle, etc. Mais je pense qu'il ne faut pas oublier non plus qu'une société entièrement constituée de scientifiques, de sciences dures, aurait vaguement des airs d'une mauvaise utopie, qui pourrait vite tourner au vinaigre… La littérature, contrairement aux mathématiques, à toute cette logique, c'est l'affirmation de l'individu, de la personne, du sujet. Et si l'on peut croire, d'une manière un peu grandiloquente, que l'homme serait perdu sans les mathématiques, on pourrait aussi bien se demander ce qu'il serait sans sa propre empreinte sur le monde, par le biais d'un langage propre, d'un art propre…
Je dévie un peu du sujet, mais je trouve que se battre sur l'utilité ou non des mathématiques dans la filière littéraire est complètement stérile, dans la mesure où il y en aura toujours certains pour dire que les mathématiques sont nécessaires,et d'autres pour penser qu'un élève de L ayant son bac sans mathématiques a aussi une culture propre, et que sa "carence" en mathématiques peut largement être dépassée et apparaître infime si l'on veut bien admettre que les mathématiques ne sont pas une divinité absolue.
Et puis, il faut voir au cas par cas. Entrer en S n'est pas un critère absolu de réussite. On connais tous des anciens S au chômage et des anciens L devenus enseignants-chercheurs. De plus, tous ces S qui choisissent cette filière pour garder des portes ouvertes sur le domaine littéraire et qui finissent en hypokhâgne, ont à mon avis plus de souci à se faire sur leur orientation de départ que sur l'utilité des mathématiques en L. Parce que finalement, ces L-là, qui sont allés en HK ensuite, eux, ne se seront pas trompés sur leur orientation… D'accord, on peut dire que l'on ne sait pas tout de suite ce que l'on veut faire, et se garder des portes ouvertes. Mais on peut aussi, dès 12 ans, savoir que l'on ne veut pas mettre les pieds à 30 ans dans un laboratoire de chimie, et consacrer sa vie à l'art… Et dans ce cas, je ne vois pas en quoi le manque de mathématiques est blâmable. C'est un choix de spécialisation, mais il ne vaut pas moins qu'un autre…
J'accuse! 😀
Edit : Paige, ne prends pas ce message contre toi en particulier. Je parlais d'une manière générale… 😉
Oregann a écrit :Et puis, il faut voir au cas par cas. Entrer en S n'est pas un critère absolu de réussite. On connais tous des anciens S au chômage et des anciens L devenus enseignants-chercheurs. De plus, tous ces S qui choisissent cette filière pour garder des portes ouvertes sur le domaine littéraire et qui finissent en hypokhâgne, ont à mon avis plus de souci à se faire sur leur orientation de départ que sur l'utilité des mathématiques en L. Parce que finalement, ces L-là, qui sont allés en HK ensuite, eux, ne se seront pas trompés sur leur orientation… D'accord, on peut dire que l'on ne sait pas tout de suite ce que l'on veut faire, et se garder des portes ouvertes. Mais on peut aussi, dès 12 ans, savoir que l'on ne veut pas mettre les pieds à 30 ans dans un laboratoire de chimie, et consacrer sa vie à l'art… Et dans ce cas, je ne vois pas en quoi le manque de mathématiques est blâmable. C'est un choix de spécialisation, mais il ne vaut pas moins qu'un autre…:
Que je sache, il n'y a pas des millions d'enseignants-chercheurs sortant d'une filière littéraire ou des sciences humaines, par contre il y a des milliers de psy,interprètes,journalistes,avocats "au chomâge"…
Il y a d'ailleurs une marginalisation de cette section, un manque d'intérêt évident de la part de la population ou du monde du travail ( la littérature = trop de réfléxion,abstraction,art pur)…
Le défaut de la filière littéraire, c'est les nombreux débouchés aux places très limitées, et réservées finalement aux meilleurs.
Dans le secondaire, la notation peut constamment être remise en question, la qualité des élèves aussi. Dans de nombreux lycées (et le mien), on balançe les mauvais en L parce qu'ils n'ont pas le niveau pour faire une S ou une ES, particulièrement en maths. Or, les sciences constituent l'essor et le pilier de notre société (merci Descartes !). Sans elles, pas d'avenir et pas de progrès donc pas de société. Alors quelle est la place de la littérature aujourd'hui ? Voilà
le vrai problème…
Moi-même, je ne sais pas où aller, ce qui explique la diversité des prépas que j'ai choisies (de la MPSI à la A/L en passant par la B/L et la ECS)…
En l'occurrence, on ne parle pas du tout d'élaborer les méthodes des sciences humaines en copiant celles des sciences dites dures. Mais plutôt d'offrir aux élèves de la filière littéraire un certain bagage scientifique, utile pour les débouchés qu'il offre, d'une part, mais aussi parce que c'est un vrai plus pour les études littéraires en elles-mêmes : en philo, un discours qui veut avoir du poids, désormais, ne peut tout simplement pas se passer d'une certaine information scientifique. Il suffit de regarder autour de soi, les pointures travaillent souvent avec des non-philosophes, et souvent, très souvent, avec des scientifiques, parce que c'est comme ça que l'on peut avancer. Je pense par exemple à la philosophie de la conscience : les travaux scientifiques sont évidemment d'une importance capitale sur cette question ! C'est se fourrer le doigt dans l'œil, que dis-je, le poing entier, que de s'imaginer que l'on peut se couper des autres disciplines, scientifiques en particulier.
Et puis il y a la question de la rigueur.
C'est bien joli, ce discours sur la littérature en tant qu'art, libre de toutes ces horribles contraintes qu'imposent la logique et la mathématique. Je suis d'accord jusqu'à un certain degré. Mais il ne faut pas se leurrer, il y a même dans la littérature un certain degré de rigueur à posséder. Et je ne parle pas de la philo. La philo, ce n'est pas le monde merveilleux de la création débridée sans aucune logique. Va dire ça à des Descartes et compagnie, tu vas leur faire beaucoup de peine =D
Enfin bon, plus sérieusement, je persiste à penser qu'avoir une culture scientifique, même en étant un littéraire pure souche, ça ne peut être qu'enrichissant. Tu vois, je pense par exemple à quelqu'un comme Michel Serres, qui navigue allègrement entre littérature, philosophie et science. C'est quand même assez phénoménal les ouvertures que ça permet.
Il ne s'agit pas de diviniser les sciences. Juste de dire que le littéraire n'est pas obligé de s'y fermer totalement. Faire de la filière littéraire une filière généraliste comme peut l'être la filière scientifique, c'est permettre une ouverture d'esprit qui n'a que des avantages. Et en plus, ça n'engage à rien pour la suite ! Je comprends parfaitement que pour certains, le courant avec les mathématiques ne passe définitivement pas. A la bonne heure, rien ne les oblige à poursuivre dans cette voie-là.
En revanche, considère une chose : c'est assez facile pour un ingénieur de se dire : "Ah, j'ai envie de me mettre à la philo ". Des scientifiques qui prennent un tour philosophico-littéraire, on en trouve à la pelle. Des littéraires qui deviennent ingénieurs, on en trouve moins. Sans doute parce qu'on progresse en science un peu comme on construit une pyramide : tu pars de bases solides pour aller vers quelque chose de plus en plus complexe et pointu. C'est pour ça que la filière scientifique offre plus de débouchés que la filière littéraire. Le L qui a abandonné les maths et la physique peut toujours se brosser pour aller en médecine ou en prépa scientifique - sauf à fournir un boulot littéralement monstrueux et/ou à être vraiment doué. Le scientifique se pointe tranquillement en prépa littéraire et peut même se permettre de majorer, le bougre. Il faut prendre cette réalité en compte.
Et si c'était en fait la subdivision des filières généralistes qu'il fallait plutôt mettre en cause ? La poser, cette division, c'est bien sûr courir le risque d'une discrimination, et l'affirmation d'un clivage - fictif à mon avis - qui, lui, est stérile en effet. Rien que le titre de cette discussion est assez révélateur : on souhaite "revaloriser" la filière littéraire, c'est-à-dire lui redonner sa crédibilité et faire perdurer ce clivage… Je ne suis pas d'accord avec toi, Oregann, sur un point : vouloir penser les mathématiques en ce qu'elles peuvent avoir de contributives en filière littéraire est aussi légitime que de s'interroger sur les disciplines proprement littéraires en filière scientifique. Ce qui, bien sûr, amène de facto à une subversion du fonctionnement éducatif (conçu, avouons-le, dans une perspective purement synthétique et utilitaire). Mais pourquoi vouloir asservir de si jeunes esprits à un tel choix disciplinaire ? Demande-t-on à un enfant de choisir d'aller ou non à l'école ? N'est-ce pas préserver leur liberté que d'imposer un choix certes extérieur, mais plus avisé qu'eux-mêmes ne pourrait en faire ? On ne peut pas prédéfinir des parcours dans lesquels se couleraient, se mouleraient ces étudiants. En cela, la pluridisciplinarité (relative, cela s'entend) a du bon, et c'est cela qui, je pense, rend attrayante la voie scientifique, dans la mesure où elle s'en approche bien plus sensiblement que celle des littéraires. Néanmoins, la suppression de l'histoire-géographie, ou l'insertion du facteur ES, viennent là encore remettre en question l'ensemble structurel.
Tout le monde gagnerait à une réforme en faveur de l'unicité, plutôt que partisane de la différenciation. Hormis peut-être nos politiques, contre qui l'on vitupérerait, au nom d'un soit-disant terrorisme intellectuel.
Message inutile, à l'image de ce fil.
Pour reprendre la petite parenthèse sur la TS : Oui enfin supprimer l'histoire-géo en S ce n'est pas tout à fait vrai… en 1er S c'est 2h30 en première et terminale, et là ça passe à 4h hebdomadaire. Au final c'est supprimer qu'une heure d'histoire-géo. Les S passent toutes les matières en terminale ( or français et TPE ) c'est juste pour passer une matière ne anticipée comme les autres sections générales.
Pour revenir aux math en première ou terminale, une amie a fait option math. ( Obtenu 20 aux épreuves anticipées et 18 en spécialité ). Elle a toujours été littéraire, elle savait que ce qu'elle voulait été littéraire : passionnée d'histoire-géo, d'actualité, de géopolitique… Malgré cela, elle a été refusé dans les prépa littéraire BL "lettres et sciences sociales" qu'elle a demandé car ils ne prennent pas de L. Certes, elle a été prise en A/L ( et en est très heureuse et passe en khagne, et elle le vit très bien 😜 !). Mais une prépa dite "littéraire" qui refuse une élève car elle vient de L : je trouve cela gênant.
( Il parait que ça arrive souvent que les lycées refusent en BL les élèves de L? ).
A mon sens, il est logique de parler de revalorisation, si même des prépas " littéraires " refusent des élèves de terminale L. Et cette réforme… en supprimant les maths du tronc commun, semble condamner une porte supplémentaire. ( Certes il reste toujours l'option math… mais bon courage! )
PS :
Oregann >
De plus, tous ces S qui choisissent cette filière pour garder des portes ouvertes sur le domaine littéraire et qui finissent en hypokhâgne, ont à mon avis plus de souci à se faire sur leur orientation de départ que sur l'utilité des mathématiques en L. Parce que finalement, ces L-là, qui sont allés en HK ensuite, eux, ne se seront pas trompés sur leur orientation…
Déjà pour choisir Hypokhâgne, il faut se faire du soucis d'être aussi fou! 😜 Tous ceux qu'on rencontre annonce en avoir assez, que c'est fatiguant, que c'est le " bagne ", qu'il faut être masochiste 😜! Qu'importe la filière d'origine!
Tout est une question de méthode de travail…
Il ne faut pas se leurrer, aujourd'hui la section L est considérée comme "section poubelle". Mais avec des discours du genre: -"je ne sais pas ce que je veux faire" -"alors va en S"… on est pas aidé. Le système est mal foutu: qui sait ce qu'il veut faire plus tard quand il est en fin de seconde?
Lisez Paris au XXe siècle de Jules Verne, j'ai l'impression de vivre dans cette société qu'il décrit.
Donald a écrit :Il ne faut pas se leurrer, aujourd'hui la section L est considérée comme "section poubelle".
C'était vrai il y a quelques années, cela l'est beaucoup moins aujourd'hui. L'effondrement du niveau touche toutes les séries ; la qualité des élèves dépend énormément de la politique de chaque établissement. Avec la politique du passage à tout prix, rien ne garantit désormais qu'une S aura des élèves de niveau correct et rien n'assure que la L sera une voie par défaut ; j'ai vu ces dernières années des L de très bonne tenue (notamment en option musique ou maths) et des S dont le niveau était désastreux y compris en sciences (et surtout en mathématiques).
L'image de la hiérarchie des filières repose sur une ère révolue … Ce n'est pas pour autant qu'il faut trouver normal la réduction des mathématiques à une option (comparable aux maths ES il est vrai) en L. Les mathématiques font partie de la culture générale de tout honnête homme du XXIème siècle.
Paige, il est normal qu'elle ait été refusée en B/L en étant en L, même en ayant pris l'option mathématiques. En B/L on fait des maths de haut niveau. Le mieux c'est vraiment de venir de S avec un très bon niveau en mathématiques, ou c'est le largage complet en très peu de temps. Quant au niveau de l'option maths en L, il n'est pas foudroyant, c'est le moins que l'on puisse dire.
Bref, B/L, prépa littéraire… Oui, mais pas que.
Varney a écrit :Donald a écrit :Il ne faut pas se leurrer, aujourd'hui la section L est considérée comme "section poubelle".
C'était vrai il y a quelques années, cela l'est beaucoup moins aujourd'hui. L'effondrement du niveau touche toutes les séries ; la qualité des élèves dépend énormément de la politique de chaque établissement. Avec la politique du passage à tout prix, rien ne garantit désormais qu'une S aura des élèves de niveau correct et rien n'assure que la L sera une voie par défaut ; j'ai vu ces dernières années des L de très bonne tenue (notamment en option musique ou maths) et des S dont le niveau était désastreux y compris en sciences (et surtout en mathématiques).
L'image de la hiérarchie des filières repose sur une ère révolue … Ce n'est pas pour autant qu'il faut trouver normal la réduction des mathématiques à une option (comparable aux maths ES il est vrai) en L. Les mathématiques font partie de la culture générale de tout honnête homme du XXIème siècle.
Évidemment qu'il y a de très bons L et de très mauvais S, mais ça ne change rien au problème : la section L reste une filière poubelle encore aujourd'hui, parce que les mauvais sont de préférence orientés en L, et les bons élèves presque systématiquement en S, et même ceux qui préfèrent les matières littéraires. Là, ça se passe au niveau de l'orientation après la seconde, ça n'a rien à voir avec la politique du passage à tout prix. Que je sache, les profs peuvent encore refuser qu'un élève qu'ils jugent trop faible aille en S. Pas de redoublement, ok, mais pas de S non plus : plutôt la L.
La section S reste très valorisée au détriment de la section L, le réflexe c'est encore de se dire : Filière scientifique = filière des bons. Tant que cette idée-là restera dans les esprits, on peut être assuré que c'est la section scientifique qui amènera à elle la majorité des bons élèves, et pas forcément en raison d'affinités particulières avec les sciences.
Bon, après, je ne me fais pas de souci pour les classes de L de Henri IV, en effet…
Le souci, c'est cette espèce d'adulation des maths et des sciences "pures" qu'on rencontre tout au long de sa scolarité. Quelqu'un de pas bon en maths sera montré du doigt, et on se demandera, catastrophe, calamité, qu'est-ce qu'il va bien pouvoir faire de sa vie ; mais que les gamins fassent 14 fautes par mots et ne comprennent même pas le sens de ce qu'ils lisent/écrivent, ça ne choque pas autant de monde, on se dit que ça passera … Je caricature, bien sûr, mais grosso modo c'est ça.
Si, en seconde, tu clames haut et fort ton amour de la littérature et des langues, si tes notes sont meilleures dans les matières littéraires, MAIS tu es capable de passer en S parce que ta moyenne en maths est bonne et que celle de physique-chimie l'est également : tu iras en S, très cher, et tu t'estimeras heureux d'avoir "du débouché". Et en seconde, on fait ce que parents/profs/conseillers d'orientation disent. Et après on se mord les doigts de s'être engagés dans un truc qui ne nous plaît pas.
Donc je suis d'accord avec le fait que le problème se situe dans la vision que la population a des études littéraires, et dans l'orientation des élèves. Mais le souci, c'est que je ne vois pas comment y remédier concrètement de manière efficace. Sûrement pas avec une micro-pseudo-réforme, en tout cas …
Paige a écrit :Enfin pourquoi ne pas imposer au moins une langue ancienne (élève au choix confirmé ou débutant pour ne laisser personne sur le bord de la route); ça c'est de l'ouverture culturelle!
+ 1.
C'est sur que c'est ce genre de chose qui rendrait la filière littéraire… tout bêtement une filière littéraire!
Comme dirait l'autre : "tout à fait Thierry". =D
Je suis favorable à cela ; cependant, en l'état actuel des choses, ça tuerait la filière L…
Évidemment qu'il y a de très bons L et de très mauvais S
Sauf qu'il y a une énorme différence entre un mauvais S et un mauvais L. Un très mauvais S, signifie qu'il a pu atteindre la S quand même et qu'en seconde il avait au moins 11 - 12 de moyenne générale et il possède des bases. Un très mauvais L, il peut très bien avoir 8 de moyenne générale en seconde et passer en 1er L. Et vu que le passage en terminal est choisit par l'élève : il se retrouve en TL où il s'ajoute des difficultés supplémentaires sans même posséder les bases. ( Ceci n'est qu'un constat à mon lycée )
Et puis il y a une différence entre un mauvais S et un mauvais L…
Un mauvais L : s'il est mauvais dans toutes les matières littéraires… ça devient compliqué s'il y a une erreur d'orientation.
Un mauvais S, c'est plus complexe a définir! C'est celui qui a fait une erreur d'orientation et qui a des notes catastrophiques en sciences ( svt, math, physique-chimie ) ? Ou c'est celui qui plombe sa moyenne à cause des matières litteraires : genre 6 en histoire-géo ( coef 3 ), philo 6 ( coef 3 ), 6 langues ( coef 5 ) et qui se retrouve avec un 6 coef 11!
Je prends mon exemple : si je prends svt, math, physique-chimie… ça me fait environ 8 coef 21… mais de l'autre coté j'ai 16 coef 11 + 17 en latin + 14 au bac de français et 16 en TPE. Est-ce que mon (futur) bac S vaut moins que celui qui a eu la même moyenne mais qui est bon en sciences et très mauvais en lettres? x)
( D'ailleurs avec 8 coef 21 je devrais avoir mention AB x) )Edit :
Ce que je vais dire va peut-être choquer : mais la valorisation de la L, elle peut passer par la dévalorisation de la S. "
Paige a écrit :Ce que je vais dire va peut-être choquer : mais la valorisation de la L, elle peut passer par la dévalorisation de la S. "
De toute façon on peut dire ce qu'on veut, ça changera strictement rien =|
Le problème est dans les valeurs de notre société, cela dépasse la structure de l'éducation nationale. Tant pis =D
Totalement, le mal est fait !
On ne changera pas les mentalités =) à moins d'un sérieux bourrage de crane !
Le problème est dans les valeurs de notre société, cela dépasse la structure de l'éducation nationale. Tant pis
+1 !!!
Les langues anciennes, évidemment, très bonne idée ! Là pour le coup la filière aurait de "la gueule". Mais voilà, encore faudrait-il des gens réellement intéressés…
D'une filière choisie par défaut, elle pourrait devenir une filière pas choisie du tout !
Preuve donc que le problème est effectivement plus profond, et dépasse le système scolaire malheureusement.
Cela me rappelle ce malheureux professeur de mathématiques élémentaires, que j'ai eu au collège et en 4e et en 3e.
Le malheureux ! Il répétait à des adolescents, aetas mollis et apta regi :
"Je n'ai rien contre des études littéraires, mais bon, enfin…"
Résultat, dans notre classe, moi seul ai poursuivi dans des études littéraires. Qu'on l'inspecte, mais qu'on l'inspecte !
Je me permet de ne pas répondre vraiment à la question du topic mais après tout, c'est une tradition française.
On s'interroge ici sur une revalorisation de la filière littéraire, mais peut-être faudrait il s'interroger sur une revalorisation de l'ensemble du système scolaire, ou en tout cas le rendre davantage efficient. Pourquoi?
Je suis en BL, filière qui a la chance d'accepter des gens des trois filières ( en l'occurence pas de L dans mon lycée, mais cela se fait ailleurs ). En tout cas, la différence , au bout de très peu de temps ( voire dès la rentrée ) entre les gens venant de S et venant de ES est … totalement insignifiante.
En revanche, entre les enfants d'enseignants et les enfants de milieux moins culturellement favorisés, la différence se fait cruellement sentir.
Et l'on peut affirmer sans fausse modestie que naître dans une famille cultivée donne, ( hélas pour les uns, tant mieux pour les autres ) autant voire plus de culture que des années de scolarité en filière littéraire.
Je ne dis pas que l'enseignement de la littérature est foncièrement inégalitaire, mais en revanche que les concours littéraires à base de dissertations classiques et d'oraux nécessitant une expression soignée le sont plus que des épreuves de mathématiques.
Bien sûr, je ne me voile pas la face et ce ne sont pas des enfants d'ouvriers qui rentrent en masse à polytechnique, l'origine sociale détermine l'engagement dans les études et donc la réussite scolaire.
Cependant, l'enfant d'un milieu cultivé, en L, sera meilleur que les autres en littérature, mais ce même enfant, en S, sera meilleur que les L en sciences et presque aussi bon voire meilleur que les L en littératures.
De ce fait, la difficulté de la revalorisation de la filière L vient aussi en grande partie du fait qu'elle n'apporte, en elle-même, peu de choses ( voire rien ) que la famille ne peut apporter, contraitement à la filière S ( il est quand même beaucoup plus de cas de parents faisant lire leurs enfants que de parents leur donnant des cours de maths ou de physique ).
On en revient ici à l'argument imparable des S qui vantent les mérites de leur filière !
Un "bon S" est nécessairement quelqu'un qui sait lire et rédiger, qui vit probablement (comme Bouvard l'a dit) dans un milieu qui stimule sa curiosité intellectuelle et développe sa culture personnelle, qui bénéficie dans une moindre mesure de l'enseignement de toutes les matières littéraires… Au final, un élève au profil assez complet et aux compétences variées.
En revanche, le "bon L" sera peut-être très à l'aise avec la littérature française, les langues étrangères et l'histoire-géo ; en revanche il lui est quasi impossible d'acquérir en même temps une culture scientifique solide, parce qu'on n'apprend pas les maths et la physique dans un banal livre de vulgarisation… (ou alors on parle d'un étudiant tellement dévoré par l'envie d'engranger des connaissances variées qu'il travaille en autodidacte dans des matières qui ne lui "serviront" jamais dans le cadre de ses études… il ne doit pas y en avoir beaucoup !!) (bref, cette vision manichéenne des choses a déjà été débattue maints et maints fois)
Quant à dévaloriser la filière S pour que la L soit plus attrayante, je ne pense vraiment pas que cela soit une bonne idée. Au contraire, c'est la L qui doit être revue afin de faire rêver davantage les foules. Dans mon lycée par exemple, ce sont les options cinéma et arts plastiques qui drainent le maximum d'élèves… mais à long terme, ce genre de spécialité n'est capable d'assurer l'avenir que d'une minorité. Rendre une langue ancienne obligatoire est certainement une proposition très intéressante : enfin une particularité qui rendrait un peu de prestige à la L !
Bouvard a écrit :En revanche, entre les enfants d'enseignants et les enfants de milieux moins culturellement favorisés, la différence se fait cruellement sentir.
Et l'on peut affirmer sans fausse modestie que naître dans une famille cultivée donne, ( hélas pour les uns, tant mieux pour les autres ) autant voire plus de culture que des années de scolarité en filière littéraire.
Je ne dis pas que l'enseignement de la littérature est foncièrement inégalitaire, mais en revanche que les concours littéraires à base de dissertations classiques et d'oraux nécessitant une expression soignée le sont plus que des épreuves de mathématiques.
Bien sûr, je ne me voile pas la face et ce ne sont pas des enfants d'ouvriers qui rentrent en masse à polytechnique, l'origine sociale détermine l'engagement dans les études et donc la réussite scolaire.
Cependant, l'enfant d'un milieu cultivé, en L, sera meilleur que les autres en littérature, mais ce même enfant, en S, sera meilleur que les L en sciences et presque aussi bon voire meilleur que les L en littératures.
D'accord sur tout. Je partage entièrement ce (triste) constat, même s'il y a quelques exceptions (des réussites brillantes en filière littéraire de la part d'élèves issus d'un milieu modeste, mais qui s'obtiennent au prix d'un travail acharné). Raison de plus pour réaffirmer qu'un enseignement de grande qualité, particulièrement dans les matières littéraires, est absolument nécessaire pour réduire ces inégalités.