Grammaire latine - Questions

Langues anciennes

35 réponses · Page 2 / 2

D'accord ! Merci à vous Jacques !
Bonjour à tous,

Voilà je suis en L3 de LM et j'essaie de me remettre au latin pour l'épreuve d'option du capes et j'aurais quelques questions de grammaire car je ne trouve pas la consultation de mon précis de grammaire très aisée…
J'ai quelques lacunes en grammaire française donc ne m'en veuillez pas si mes questions peuvent paraître stupides… Mais si vous pouvez m'aider cela me permettra de progresser

- le pronom qui, quae, quod doit-il prendre le cas et le genre du mot de la principale auquel il se rapporte ou celui de la fonction qu'il occupe dans la relative?

- Est-ce qu'un mot à l'accusatif peut avoir un complément au génitif?

voilà pour le moment,
merci à ceux qui pourront m'aider!
Bonjour.
Le pronom relatif doit s’accorder en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte dans la principale, mais il doit prendre le cas correspondant à la fonction qu’il occupe dans la relative.

Oui, un objet à l’accusatif peut recevoir un complément au génitif.
C’est un aspect déroutant du génitif, au début : Contrairement aux autres cas, le génitif ne sert pas à indiquer une fonction dans la phrase ou dans le groupe verbal, il sert aux fonctions dans le groupe nominal.
(Sauf dans le cas de certains verbes, qui, à titre d’exception, réclament des compléments au génitif).
@PierreetJean

Bonjour,
-Quest 1: le pronom relatif prend le genre ET le nombre de son antécédent, il prend le cas de sa fonction dans la relative.
-Quest 2: oui.
Bonjour à toutes, tous,

les propositions concessives en latin me font transpirer.
Je sollicite vos éclairants avis sur deux conjonctions : tametsi et etiamsi.




Extraits du Deléani
- Les propositions concessives conditionnelles présentent une événtualité qui, si elle s'est réalisée (si elle se réalise, si elle se réalisait), n'a pas empêché (n'empêche pas, n'empêcherait pas) l'action principale. Elles sont introduites par la conjonction
etiamsi.

- Les conjonctions etsi et tametsi sont presque trouours accompagnées de l'indicatif, car elles présentent l'éventualité comme réalisée.



Une phrase à traduire dans la leçon 20 du Deléani :

Même si l'ennemi n'était qu'à dix mille pas, nous penserions que nous ne devons pas quitter la ville.

Les explications ci-dessus m'ont fait penser que la tournure etiamsi + subj. était adaptée.
Or voici la traduction proposée dans mon cours :

Tametsi hostis decem inde milia tantum abesset, nobis urbem non relinquendam esse putaremus


Ma professeure a donc utilisé un subjonctif avec tametsi alors qu'elle indique bien dans un tableau récapitulatif que cette conjonction est en principe suivie d'un indicatif. Le grand Gaffiot indique que la tournure tametsi + subj. a été utlisée par Térence dans Eunuchus mais rien de plus.
Questions :
- les latinistes du forum utiliseraient-ils éventuellement cette tournure en thème ?
- Etait-elle couramment utilisée par les auteurs antiques?
- Dans la phrase à traduire ci-dessus, la tournure suivante serait-elle correcte :
etiamsi hostis decem inde milia abesset, tamen nobis urbem non reliquendam esse putaremus ?

Merci de votre attention
- les latinistes du forum utiliseraient-ils éventuellement cette tournure en thème ?

Non : elle ne semble pas classique et tametsi signifie plutôt "quoique", même si (décidément on n'en sort pas !) la distinction sémantique n'est pas toujours pertinente.

- Etait-elle couramment utilisée par les auteurs antiques?

Apparemment non.

- Dans la phrase à traduire ci-dessus, la tournure suivante serait-elle correcte :
etiamsi hostis decem inde milia abesset, tamen nobis urbem non reliquendam esse putaremus ?


Bien sûr.
Merci, voilà qui remet un peu de clarté.
Je retiens pour mes futurs examens de ne pas tenter cavalièrement de tametsi +subj. en thème!
Et en plus, le début du vers de Térence signalé par Gaffiot est altéré dans la tradition manuscrite…
Je reviens aux concessives avec un cas qui me paraît intéressant :

Bien qu'ils eussent joint leurs troupes, ils restaient cependant sur place et n'osaient rien entreprendre

J'ai hésité, pour rendre la concession, entre quamquam et cum (avec une légère préférence pour quamquam), ma professeure a choisi…tametsi 😞

- Pensez-vous que les trois conjonctions sont possibles pour traduire cette phrase? (se comprendraient-elles de la même manière)
- Laquelle auriez-vous spontanément utilisée?

J'ai beau relire la partie de cours sur les conjonctions, je suis souvent en peine de saisir certaines nuances.
On peut très bien utiliser tametsi, en le corrélant toutefois avec tamen comme c'est l'usage.

Quae tamtsi Caesar intellegebat, tamen quam mitissime potest legatos appellat. (BG)

Mais il est évident que cum et quanquam sont plus fréquents. Cum est une conjonction assez polyvalente, puisque elle a une valeur aussi bien adversative que proprement concessive. Je serais tenté de l'utiliser ici.
Merci à vous,
je peux donc retenir que dans certains cas le choix entre quamquam, cum et tametsi est relativement libre.
Absolument ; ce sont souvent des choix stylistiques (voire prosodiques) qui guident l'emploi des mots. Les mots des langues anciennes ont une plasticité sémantique beaucoup plus importante que ceux des langues modernes.
Bonjour,

mes tentatives d'analyses échouent sur cette phrase de Cicéron dans les Catilinaires :

Nihilne te nocturnum praesidium Palati, (…) nihil hic munitissimus habendi senatus locus (…) mouerunt?

Traduction de la partie en gras (tirée d'un manuel) : "ni l'extrême sécurité entourant ce siège du sénat'

Je ne comprends pas l'emploi de habeo, du moins sa tournure. Ma recherche sur le Gaffiot me laisse à penser que le sens est ici proche de "garder", "tenir" mais après… Je ne vois pas comment cela pourrait être un gérondif; ce serait un adjectif verbal au génitif, apposé à "senatus"?

Une phrase comme : "ce siège du sénat extrêmement sécurisé" (qui me semble proche de la traduction ci-dessus) ne pourrait-elle pas se dire en latin : "hic munitissimus senatus locus"?

Pourquoi dans ce cas recourir à un adjectif verbal?

Je nage! Merci pour votre aide
Bonjour,

Si tu as consulté le Gaffiot, tu aurais dû voir que habere senatum signifie "réunir le sénat".
On a donc :
hic munitissimus locus : ce lieu très protégé
habendi senatus : "de réunir le sénat" -> de réunion du sénat.

La tournure habendi senatus s'explique de la façon suivante :
a) habendi : gérondif au génitif CDN locus ; senatum : COD de habendi.
b) La fonction CDN passe sur senatum, qui devient senatus (attention : 4ème déclinaison) et habendi devient un adjectif verbal qui s'accorde avec senatus. Comme ce nom est masculin singulier, on a habendi, homophone du gérondif primitif.

Comme tu le sais sans doute, cette substitution est quasiment obligatoire en latin classique ; c'est la règle :
tempus legendi historiam -> tempus legendae historiae.
Bon sang mais c'est bien sûr ! Cela dit je n'aurais jamais trouvé sans tes explications. De plus, ayant manqué le habere senatum dans le Gaffiot ( 🙄 ) j'aurais eu du mal de toutes façons.