Grammaire latine - Questions
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Bonsoir.
Je me suis laissé dire qu'un unique sujet où poster ses interrogations quant à la grammaire latine serait une bonne chose. Je rencontre souvent, ces derniers temps, l'ablatif more + génitif pour traduire "à la manière de". Aussi me demandai-je si les grammaires la répertoriaient comme l'une de ces fausses prépositions, de même que causa ou gratia… Qu'en diriez-vous ?
Merci bien.
Non, car la construction n'est pas grammaticalisée (d'autres constructions sont plus fréquentes, par exemple un adjectif : more geometrico…). Ce genre de cas ne concerne pas que more mais quelques autres ablatifs de manière adverbiaux (seuls) ou semi-adverbiaux (avec complément) : ritu, arte, modo (ce dernier, comme more, ne pouvant pas à mon avis se trouver seul).
Je n'avais pas vu ta réponse : merci. Mais est-ce bien pertinent de parler de "fausses prépositions" dans d'autres cas, comme ceux référencés dans la Magnard par exemple ?
Ce n'est pas vraiment une question de grammaire, mais avançant dans mon Martin, je trouve opimus, a, um et ops, is séparés. Ils ne sont pas issus de la mêmen racine ?
Oui, comme copia, copiosus, inopia, inops, omnis, ŏpĭfĕr, secourable, ŏpĭfex, offĭcīna, offĭcĭosus, offĭcĭum, opimus, opimo, opĭtulor, optimus, opulentus, opulesco, opus, opera, operor…
Cela ferait sans doute beaucoup de mots à regrouper.
Bonsoir,
J'aurais une question par rapport à la construction de compléments de temps : pour traduire "depuis…jusqu'à…", j'ai utilisé "ab…usque ad" et mon problème est de savoir si il faut ou non ajouter "et" entre les deux, soit : "ab…et usque ad" . J'ai bien entendu chercher dans ma Grammaire, mais impossible de trouver …
Merci
Il n'y a aucune raison de mettre et entre ab et usque ad!
a pueritia usque ad senectutem : depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse.
Bonjour.
La forme τίθει (accentuée paroxyton) peut-elle être autre chose qu'un impératif présent ? C'est une question stupide, mais un impératif est, dans ma version, tout à fait impropre.
Merci !
Un imparfait sans augment ? Tu devrais donner le contexte… 🙂
τινα συνάψαι τὸ δαιμόνιον ὄψιν, ’ἥ‘ μόνη ’οἱ πρόσθεν ἰοῦσα τίθει φάος‘ ἐν πράγμασιν ἀδήλοις καὶ πρὸς ἀνθρωπίνην ἀσυλλογίστοις φρόνησιν
Très sincèrement, c'était tellement évident, par une lecture rapide, que je n'avais même pas remarqué que τίθει ne pouvait être … un présent . Ceci dit, puisque c'est une citation, un imparfait fonctionne très bien. Je n'avais jamais rencontré d'imparfait sans augment (il faut dire, pour ma défense, que je lis essentiellement les orateurs attiques parmi les plus classiques) ; mais c'est Plutarque…
Bon ben j'ai fini…
S. a écrit :Bonjour.
La forme τίθει (accentuée paroxyton) peut-elle être autre chose qu'un impératif présent ? C'est une question stupide, mais un impératif est, dans ma version, tout à fait impropre.
Merci !
Bailly signale cette forme comme variante de τιθεῖ, 3ème personne du sg du présent de l'ind. de τιθ(έ-ω)ῶ, forme seconde de τίθημι chez quelques auteurs, dont Homère.
Bonjour,
Une petite question de grammaire latine pour laquelle je n'arrive pas à trouver de réponse satisfaisante dans ma Grimal.
En thème, si je veux exprimer 2 propositions introduites par le même verbe et avec des sujets différents, comme "Pierre veut lire, et ses amis jouer", comment faut-il placer/accorder le verbe ?
- l'exprimer dans la première proposition et le sous entendre dans la deuxième (Petrus legere vult, et ejus amici ludere) ? C'est ce qui me semble le plus latin.
- l'exprimer dans la deuxième proposition en faisant en accord au plus proche (Petrus legere, et ejus amici ludere volunt) ? Ca me semble moins bien, mais est-ce possible aussi ?
-Y a-t-il d'autres manières de le dire ?
Merci d'avance de votre aide 🙂
Les deux sont possibles.
On peut aussi enlever le "et", ménageant une légère et fort latine asyndète.
On peut encore rendre plus manifeste le contraste, par exemple en faisant du premier membre une subordonnée introduite par "cum", ou proposer un balancement ut / ita, voire ut / tamen si les deux actions s'opposent nettement. 🙂
Merci beaucoup Jean-Luc ! 🙂
Dans mon thème il n'y a pas d'opposition particulière, mais je retiens l'idée de l'asyndète pour une prochaine fois.
Une dernière question (pour laquelle je ne trouve toujours rien de précis dans ma Grimal… il va falloir que j'investisse dans une autre grammaire pour le thème…) : pour traduire l'expression " le plus…qu 'il peut"
Avec un adjectif ça serait "quam… + superlatif de l'adj potest" mais avec un adverbe ? La grammaire ne précise rien.
Pour ma part, je connais la construction "ut…+ superlatif de l'adv potest ", mais est ce qu'il est également possible de le construire avec quam ?
Merci de vos précisions !
Tout à fait! quam maxime poterit (Cicéron) : le plus qu'il pourra
Merci beaucoup Jacques !
La Grimal n'est pas la meilleure grammaire.
Je te conseille le Précis de grammaire des lettres latines de Gason, Morisset… C'est la plus complète et la plus synthétique. Elle est particulièrement claire.
On en trouve d'occasion sur internet.
Oui, en thème cela fait plusieurs fois que la Grimal m'embête. Au début de l'apprentissage du latin, elle me convenait bien mais maintenant je la trouve souvent trop imprécise / allusive / voire parfois muette sur certains points.
Le précis des lettres latines, pour l'avoir feuilleté un peu à l'occasion, ne m'a effectivement pas semblé mal du tout. Je l'avais trouvé assez maniable. Je pense que je vais me le procurer alors ! Merci ! 🙂
Bonsoir,
Je reviens vous questionner sur un autre point de grammaire : est-ce qu'il est possible,en latin, pour mettre en valeur une partie de la phrase, d'utiliser une prolepse et de la reprendre ensuite par un pronom.
Par exemple, pour traduire en latin "ce que je veux dire, c'est que blabla…" , me vient immédiatement à l'esprit la construction grecque avec prolepse et rappel de la prolespse par un pronom (" que blabla…, cela je veux le dire"). Sauf qu'il ne me semble pas avoir rencontré cette tournure en latin, alors que je l'ai vue fréquemment en Grec.
Existe-t-elle également ? Sinon, comment traduire cet effet d'insistance (simplement en mettant la proposition infinitive en début de phrase ? Mais c'est l'ordre "normal" du latin …) ?
Merci d'avance !
Ce n'est pas ce qu'on appelle une prolepse. Cela dit, la tournure existe en latin. Il suffit d'utiliser illud (ou hoc) en anticipation, puis de la faire suivre de la complétive en apposition. Cette complétive a la forme réclamée par le verbe.
Ex : Illud negare non potes, te de re judicata judicasse (Cic.) : Ce que tu ne peux nier, c'est que tu as jugéune chose qui l'était déjà.
Ex : Illud te oro, ut firma virtute sis (Moi) : Ce que je te demande, c'est que tu sois d'une vertu à touteépreuve.