Points communs entre quatre textes poétiques

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Vous dégagerez les principaux points communs qui permettent de rapprocher ces quatre textes:

Texte A - Du Bellay (1522-1560), « Heureux qui comme Ulysse… ». Les Regrets, poème 31, (1558).

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestui-là1 qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison
Vivre entre ses parents le reste de son âge.

Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,

Plus mon Loire2 gaulois que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré3 que le mont Palatin
Et plus que l’air marin la douceur angevine.

1.« cestui-là »: pour celui-là. Le vers fait allusion au mythe de la Toison d’or.
2. Le nom du fleuve était masculin au XVI° siècle.
3. Village natal de Du Bellay.
Texte B - Saint John Perse (1887-1975), « Les Cloches », Images à Crusoé (1904).

Vieil homme aux mains nues,
remis entre les hommes, Crusoé !
tu pleurais, j’imagine, quand des tours de l’Abbaye, comme un flux, s’épanchait le sanglot des cloches sur la Ville…
Ô Dépouillé !
Tu pleurais de songer aux brisants1 sous la lune ; aux sifflements de rives plus lointaines ; aux musiques étranges qui naissent et s’assourdissent sous l’aile close de la nuit,
pareilles aux cercles enchaînés que sont les ondes d’une conque, à l’amplification de clameurs sous la mer…

1. Brisants : rochers sur lesquels la mer se brise et déferle.
Texte C - Apollinaire (1880-1918), extrait de « L’émigrant de Landor Road », (1905), Alcools, (1913).

[…]
Puis dans un port d’automne aux feuilles indécises
Quand les mains de la foule y feuillolaient1 aussi
Sur le pont du vaisseau il posa sa valise
Et s’assit

Les vents de l’Océan en soufflant leurs menaces
Laissaient dans ses cheveux de longs baisers mouillés
Des émigrants tendaient vers le port leurs mains lasses
Et d’autres en pleurant s’étaient agenouillés

Il regarda longtemps les rives qui moururent
Seuls des bateaux d’enfant tremblaient à l’horizon
Un tout petit bouquet flottant à l’aventure
Couvrit l’Océan d’une immense floraison

1. S’agitaient comme des feuilles.
Texte D - Léopold Sedar Senghor (1906-2001), « Jardin de France », Poèmes inédits, (1960).

[Africain d’origine, Senghor est venu à Paris poursuivre ses études.]

Calme jardin,
Grave jardin,
Jardin aux yeux baissés au soir
Pour la nuit,
Peines et rumeurs,
Toutes les angoisses bruissantes de la Ville
Arrivent jusqu’à moi, glissant sur les toits lisses,
Arrivent à la fenêtre
Penchée, tamisées par feuilles menues et tendres et pensives

Mains blanches,
Gestes délicats,
Gestes apaisants.
Mais l’appel du tam-tam
bondissant
par monts
et
continents,
Qui l’apaisera, mon cœur,
A l’appel du tam-tam
bondissant,
véhément,
lancinant ?
Merci à tous ceux qui pourrons m'aider. 🙂
Bonjour, je dois trouver plusieurs point communs entre quatre différentes poésies :
du Bellay 'Heureux qui comme Ulysse …' Les regrets
Saint-John Perse 'Les Cloches' Images à Crusoé
G. Apollinaire , un extrait de 'L'émigrant de Landor Road' Alcools
et L.S. Senghor 'Jardin de France' poèmes inédits

Dans les deux premiers textes j'ai pus voir la nostalgie de la terre natale , ( Du Bellay à écrit ce sonnet lorsqu'il était à Rome et qu'il voulait rentrer à Anger, et dans le second texte on parle de Crusoé qui regrette son île )
En essayant de comprendre un peu plus le texte 4 j'ai réussi à comprendre que Senghor (qui est venu à Paris poursuivre ses etudes mais qui vient d'Afrique) faisait une certaine comparaison entre Paris et sa ville d'origine, donc qui regrettait surement lui aussi son pays. Mais je n'ai pas vraiment compris ce texte-ci, c'est toujours assez vague…
Mais par contre je n'arrive pas à retrouver ca dans le poème d'Apollinaire, j'ai essayé de faire des recherches pour savoir pourquoi ou dans quelles conditions il a écrit ce poème , mais je ne vois toujours pas le rapport …

Est ce que quelqu'un peut m'éclairer ?

P.S : Je suis en 1ère STG COM.


Texte A - Du Bellay (1522-1560), « Heureux qui comme Ulysse… ». Les Regrets, poème 31, (1558).
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestui-là1 qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison
Vivre entre ses parents le reste de son âge.

Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,

Plus mon Loire2 gaulois que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré3 que le mont Palatin
Et plus que l’air marin la douceur angevine. 1.« cestui-là »: pour celui-là. Le vers fait allusion au mythe de la Toison d’or.
2. Le nom du fleuve était masculin au XVI° siècle.
3. Village natal de Du Bellay.


Texte B - Saint John Perse (1887-1975), « Les Cloches », Images à Crusoé (1904).
Vieil homme aux mains nues,
remis entre les hommes, Crusoé !
tu pleurais, j’imagine, quand des tours de l’Abbaye, comme un flux, s’épanchait le sanglot des cloches sur la Ville…
Ô Dépouillé !
Tu pleurais de songer aux brisants1 sous la lune ; aux sifflements de rives plus lointaines ; aux musiques étranges qui naissent et s’assourdissent sous l’aile close de la nuit,
pareilles aux cercles enchaînés que sont les ondes d’une conque, à l’amplification de clameurs sous la mer… 1. Brisants : rochers sur lesquels la mer se brise et déferle.

Texte C - Apollinaire (1880-1918), extrait de « L’émigrant de Landor Road », (1905), Alcools, (1913).
[…]
Puis dans un port d’automne aux feuilles indécises
Quand les mains de la foule y feuillolaient1 aussi
Sur le pont du vaisseau il posa sa valise
Et s’assit

Les vents de l’Océan en soufflant leurs menaces
Laissaient dans ses cheveux de longs baisers mouillés
Des émigrants tendaient vers le port leurs mains lasses
Et d’autres en pleurant s’étaient agenouillés

Il regarda longtemps les rives qui moururent
Seuls des bateaux d’enfant tremblaient à l’horizon
Un tout petit bouquet flottant à l’aventure
Couvrit l’Océan d’une immense floraison 1. S’agitaient comme des feuilles.

Texte D - Léopold Sedar Senghor (1906-2001), « Jardin de France », Poèmes inédits, (1960).
[Africain d’origine, Senghor est venu à Paris poursuivre ses études.]

Calme jardin,
Grave jardin,
Jardin aux yeux baissés au soir
Pour la nuit,
Peines et rumeurs,
Toutes les angoisses bruissantes de la Ville
Arrivent jusqu’à moi, glissant sur les toits lisses,
Arrivent à la fenêtre
Penchée, tamisées par feuilles menues et tendres et pensives

Mains blanches,
Gestes délicats,
Gestes apaisants.
Mais l’appel du tam-tam
bondissant
par monts
et
continents,
Qui l’apaisera, mon cœur,
A l’appel du tam-tam
bondissant,
véhément,
lancinant ?
Bonsoir,

Je crois que tu te trompes quand tu parles de la terre natale. Crusoé n'est pas né dans l'île où il a fait naufrage.

Ces quatre textes évoquent la nostalgie d'une terre nourricière, d'une terre qui nourrit les sentiments.
C'est la terre natale de Liré et non d'Angers pour Joachim du Bellay.
C'est la terre sauvage de Crusoé qui se dessèche dans la grande cité de Londres tout comme Senghor à Paris.
L'émigré est celui qui laisse sa terre et ses amours pour partir au loin, le tout symbolisé par les mains-feuilles et le bouquet de fleurs (mortuaires ?) qui couvre l'océan.

Nous sommes dans le lyrisme élégiaque.