… Dans le "Lire" du mois dernier, je lis "Freud témoigne d'incontestables talents d'écriture". Pour preuve de cette affirmation, quelques passages de ses bouquins sont cités, dont, par exemple :
<< En présence de ruines, le chercheur peut se contenter d'examiner ce qui se trouve à découvert, mais il peut procéder autrement, ôter les gravats et à partir des restes visibles découvrir ce qui est enfoui. Si le succès couronne son travail, les découvertes parlent d'elles-mêmes ; les restes des murs font partie d'un palais ou d'un trésor, les fragments de colonnes s'assemblent en un temple, les inscriptions révèlent un alphabet et une langue dont le déchiffrage et la traduction donnent des informations inespérées sur les événements du passé. Les pierres parlent. >>
ou encore :
<< La question cruciale pour le genre humain me semble être de savoir si et dans quelle mesure l'évolution de la civilisation parviendra à venir à bout des perturbations de la vie collective par l'agressivité des hommes et leur pulsion d'autodestruction. Sous ce rapport, peut-être que précisément l'époque actuelle mérite un intérêt particulier. Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature qu'avec l'aide de celles-ci il leur est facile de s'exterminer les uns les autres jusqu'au dernier. Ils le savent, d'où une bonne part de leur inquiétude actuelle, de leur malheur, de leur angoisse. Il faut dès lors espérer que l'autre des "deux puissances célestes", l'éros éternel, fera un effort pour l'emporter dans le combat contre son non moins immortel adversaire. Mais qui peut prédire le succès et l'issue ? >>
En quoi, donc, ces deux textes peuvent-ils bien être considérés comme "littéraires" ?
Cela revient de fait à poser cette question : qu'est-ce que la littérature ?, mais il me semble que cela pourrait être plus facile d'y répondre en s'appuyant sur ces deux textes.
<< En présence de ruines, le chercheur peut se contenter d'examiner ce qui se trouve à découvert, mais il peut procéder autrement, ôter les gravats et à partir des restes visibles découvrir ce qui est enfoui. Si le succès couronne son travail, les découvertes parlent d'elles-mêmes ; les restes des murs font partie d'un palais ou d'un trésor, les fragments de colonnes s'assemblent en un temple, les inscriptions révèlent un alphabet et une langue dont le déchiffrage et la traduction donnent des informations inespérées sur les événements du passé. Les pierres parlent. >>
ou encore :
<< La question cruciale pour le genre humain me semble être de savoir si et dans quelle mesure l'évolution de la civilisation parviendra à venir à bout des perturbations de la vie collective par l'agressivité des hommes et leur pulsion d'autodestruction. Sous ce rapport, peut-être que précisément l'époque actuelle mérite un intérêt particulier. Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature qu'avec l'aide de celles-ci il leur est facile de s'exterminer les uns les autres jusqu'au dernier. Ils le savent, d'où une bonne part de leur inquiétude actuelle, de leur malheur, de leur angoisse. Il faut dès lors espérer que l'autre des "deux puissances célestes", l'éros éternel, fera un effort pour l'emporter dans le combat contre son non moins immortel adversaire. Mais qui peut prédire le succès et l'issue ? >>
En quoi, donc, ces deux textes peuvent-ils bien être considérés comme "littéraires" ?
Cela revient de fait à poser cette question : qu'est-ce que la littérature ?, mais il me semble que cela pourrait être plus facile d'y répondre en s'appuyant sur ces deux textes.



