Pour me servir de toute vos réponses (merci, d'ailleurs), j'ai rédigé une réponse:
Cette description dénonce le fait que l'être humain, dans les camps de concentration a perdu son humanité. Le vers 14 "Comme une grenouille en hiver" est une comparaison entre un homme et un animal, le plus choquant étant "en hiver" puisqu'une grenouille hiberne et donc reste à l'ombre. Cette hibernation peut être considérée comme une mort temporaire. En appliquant cette expression, l'auteur montre à quel point vivre dans ces camps était dur et menait à la mort.
Hello,
* première phrase bien
* deuxième phrase pas bien. A refaire.
* troisième phrase : moyen 😉. Mort temporaire pour la grenouille sans doute, mais pour ces femmes…
* quatrième phrase : juste mais mal dit, maladroit.
Courage !
Le vers 14 "Comme une grenouille en hiver" est une comparaison entre un homme et un animal, on évoque l'hiver dans la phrase parce qu'une grenouille hiberne et donc dors pendant tout l'hiver. Cette hibernation peut être considérée comme une mort temporaire, la femme est coupée du monde et n'a plus d'humanité. En appliquant cette expression, l'auteur montre à quel point les camps étaient horribles.
Bon, on garde la première phrase (vraiment TB) et j'améliore les autres car tu as bien travaillé sur ce texte, de toute manière.
Donc :
[Première phrase]…
Dans le vers 14 "Comme une grenouille en hiver", l'auteur compare la femme prisonnière des camps de concentration à une grenouille qui hiberne ; il utilise à dessein un lexique dépréciatif afin d'insister sur la situation dramatique des déportées qui ont perdu toute humanité. Si, pour la grenouille, l'hibernation ne représente qu'une mort temporaire, il n'en est pas de même pour la femme dont la fin est proche. En utilisant cette expression, Primo Levi tente de nous montrer l'horreur des camps de concentration.
PS : il faut que qq part avant, tu aies parlé des camps et du fait que Levi a été lui-même prisonnier.
Bonne soirée !
Jova a écrit :Pour me servir de toute vos réponses (merci, d'ailleurs), j'ai rédigé une réponse:
Cette description dénonce le fait que l'être humain, dans les camps de concentration a perdu son humanité. Le vers 14 "Comme une grenouille en hiver" est une comparaison entre un homme et un animal, le plus choquant étant "en hiver" puisqu'une grenouille hiberne et donc reste à l'ombre. Cette hibernation peut être considérée comme une mort temporaire. En appliquant cette expression, l'auteur montre à quel point vivre dans ces camps était dur et menait à la mort.
Il ne dénonce rien… Dénoncer "le fait que l'être humain, dans les camps, a perdu son humanité" ça sous-entendrait qu'il désapprouve que des déportés se soient laissés aller à cet état : évidemment, ils ne pouvaient pas faire autrement, sauf les privilégiés (Prominenten). Ça voudrait dire aussi qu'on aurait pu s'attendre à de meilleures conditions de survie dans les camps : ce qui est intolérable c'est avant tout qu'il y en ait eu des camps, justement. Et que l'homme bien pépère dans son salon s'en soit bien moqué tant qu'il n'était pas atteint dans sa chair et sa dignité d'homme. Lévi s'indigne de cette indifférence, reprend effectivement la tradition de la prière juive (Shema Israel = écoute Israël) pour s'indigner de cet état d'indifférence du semblable (un homme, peu importe qui) à l'autre (le déporté), perçu comme non-homme car réduit à l'état d'animal, ou pire, de chose.
Attention à ne pas faire à chaque fois des textes de déportés des "dénonciations" : il n'y a pas lieu de donner à leurs textes ce genre de fonction (sauf éventuellement pour les textes écrits pendant la Catastrophe où il y a urgence de décrire et de faire savoir ce qui se passait dans les camps, les ghettos…). D'autant plus qu'ici Lévi y donne une forme poétique, inspirée de la lamentation juive -qui n'est pas que pleurs mais aussi cris de colère, sans qu'il y entre de la dénonciation
Bonjour,
Au bout du compte, quel verbe aurais-tu utilisé ?
En fait, ce qui me gêne, c'est peut-être moins le verbe que le contenu de la dénonciation. Si Levi dénonce quelque chose, c'est d'abord la passivité de ceux qui se considèrent encore comme de "vrais hommes" (qu'il exhorte à s'interroger sur ce que c'est que d'être humain), et non pas la réduction de l'homme à l'état de chose, qui relève plus, je pense, du registre de la déploration que de la dénonciation. C'est d'ailleurs un registre assez rare chez Levi car il empruntait généralement sa tonalité au "rapport d'usine" (disait-il), voire, pour sa poésie -car il en a publié-, à la littérature biblique sapientale, qui n'est pas très réputée pour sa charge pathétique. En composant ici un texte poétique renvoyant à la prière juive, non seulement il se rattache, en tant qu'homme, à l'identité juive (ne pas oublier que Levi était juif même s'il refusait de ne réduire son identité qu'à ça), mais il crée un régime d'énonciation autrement plus complexe que celui de la dénonciation. Je sens, en tout cas dans la formulation de Jova, quelque chose comme un contre-sens. En tout cas, sa première phrase peut être comprise à l'encontre de ce que souhaitait Levi.
fandixhuit a écrit :
PS : il faut que qq part avant, tu aies parlé des camps et du fait que Levi a été lui-même prisonnier.
C'est la dernière question et l'avant dernière. Merci pour ton assistance.
J'éditerais pour répondre à tous quant à vos propositions.
J'ai compris ta remarque Paulo. Et maintenant que tu le dis il est vrai que l'on pourrait penser au fait qu'il déplore que ce soit arrivé, qu'il le regrette. Mais dans le contexte de la poésie elle même, il fait un travail de dénonciation puisqu'il écrit pour dénoncer l'ignorance des autres (ceux qui vivent "en toute quiétude"…). Je n'étudie que la poésie et non le livre qu'il a écrit.
Merci pour votre aide.