Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, V - Le bonheur que mon cœur regrette n’est point…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, j'espère que je ne suis pas au mauvais endroit, auquel cas désolée.

En pleines révisions pour l'oral du bac, j'ai un problème avec un texte de Rousseau, un extrait des Reveries du promeneur solitaire.


Le texte :
le bonheur que mon cœur regrette n’est point composé d’instans fugitifs mais un état simple & permanent, qui n’a rien de vif en lui-même, mais dont la durée accroît le charme au point d’y trouver enfin la suprême félicité.

Tout est dans un flux continuel sur la terre : rien n’y garde une forme constante & arrêtée, & nos affections qui s’attachent aux choses extérieures passent & changent nécessairement comme elles. Toujours en avant ou en arriere de nous, elles rappellent le passé qui n’est plus ou préviennent l’avenir qui souvent ne doit point être : il n’y a rien là de solide à quoi le cœur se puisse attacher. Aussi n’a-t-on guère ici-bas que du plaisir qui passe ; pour le bonheur qui dure je doute qu’il y soit connu. À peine est-il dans nos plus vives jouissances un instant où le cœur puisse véritablement nous dire : je [?443?]voudrois que cet instant durât toujours. Et comment peut-on appeler bonheur un état fugitif qui nous laisse encore le cœur inquiet & vide, qui nous fait regretter quelque chose avant, ou desirer encore quelque chose après ?

Mais s’il est un état où l’âme trouve une assiette assez solide pour s’y reposer tout entiere & rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d’enjamber sur l’avenir ; où le tems ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours sans néanmoins marquer sa durée & sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de desir ni de crainte que celui seul de notre existence, & que ce sentiment seul puisse la remplir tout entiere ; tant que cet état dure celui qui s’y trouve peut s’appeler heureux, non d’un bonheur imparfait, pauvre & relatif tel que celui qu’on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d’un bonheur suffisant, parfoit & plein, qui ne laisse dans l’âme aucun vide qu’elle sente le besoin de remplir. Tel est l’état où je me suis trouvé souvent à l’île de Saint-Pierre dans mes rêveries solitaires, soit couché dans mon bateau que je laissais dériver au gré de l’eau, soit assis sur les rives du lac agité, soit ailleurs au bord d’une belle riviere ou d’un ruisseau murmurant sur le gravier.

De quoi jouit-on dans une pareille situation ? De rien d’extérieur à soi, de rien sinon de soi-même & de sa propre existence, tant que cet état dure on se suffit à soi-même comme Dieu. Le sentiment de l’existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement & de paix, qui suffiroit seul pour rendre cette [?444?]existence chere & douce à qui sauroit écarter de soi toutes les impressions sensuelles & terrestres qui viennent sans cesse nous en distraire & en troubler ici-bas la douceur. Mais la plupart des hommes, agités de passions continuelles, connaissent peu cet état, & ne l’ayant goûté qu’imparfaitement durant peu d’instans n’en conservent qu’une idée obscure & confuse qui ne leur en fait pas sentir le charme.
(Désolée, le texte est copié de Wikisource, y'a des fautes --')


En cours on a fait une étude "linéaire" :
I- Premier paragraphe, il pose son raisonnement et définit le bonheur
II- Argumentation : 1) Ce que n'est pas le bonheur, 2) Ce qu'est le bonheur
III- Une analyse plus précise de ce sentiment (dernier paragraphe)


Mais je sais également que c'est pas trop recommandé :
Pensez vous que le jury préférerait un plan non linéaire ? Je pensais à quelque chose comme

I- Le type de récit (une argumentation très rigoureuse mais toutefois lyrique)
II - Sa définition du bonheur (un état coupé du temps, pas très intense mais basé sur la longévité, l'image de l'eau…)
III- Un état non généralisable (lui l'a essayé à l'ile saint pierre mais pense que tuot le monde n'est pas capable de ressentir un tel bonheur, cf dernière phrase du texte).

D'un autre côté, je me dis que ce texte est surtout remarquable par sa construction très rigoureuse, très logique, donc peut-être serait-il adapté de suivre linéairement le texte.
Qu'en pensez vous ?

Et puis, pourriez vous me dire en quoi ce texte est un syllogisme ?


D'avance merci !
Bonjour,
Je ne suis peut-être pas la mieux placée étant donné que je ne suis pas professeur de Lettres, mais je passe également l'épreuve orale de cette matière et je pense pouvoir émettre un avis. Selon moi, la lecture linéaire est préférable. En effet, l'examinateur attend une lecture analytique, et surtout pas un commentaire. Tu dois donc suivre le déroulement du texte. Bien entendu, tu peux, afin d'étayer tes propos, aller piocher quelques citations par-ci par-là qui ne suivraient pas la progression du récit, mais tes idées doivent être ordonnées avec celles de l'auteur.
J'espère avoir pu t'éclairer au mieux. J'ai, en tous cas, tenté de répondre à ta question principale, si tu en as d'autres, n'hésite pas.

Manon. 🙂
Hum… Qu'entend tu par le fait qu'ils n'attendent surtout pas un commentaire ?

Pour tous les autres textes, nous n'avons pas du tout préparé qqch de linéaire, mais plutôt un plan qui présente plusieurs aspects du texte, certes on devra les réadapter en fonction de la question posée par les profs, mais c'est pas du tout linéaire paragraphe par paragraphe.
Je ne comprends pas où est le syllogisme…
Moi non plus J'ai marqué ça dans mon cours. tant pis, c'est pas le plus important…
Bonsoir,
Ce ne serait pas simplement linéaire mais plutôt analytique. Je m'explique car la nuance peut paraître abstraite : l'examinateur n'attend pas simplement une lecture ligne par ligne, mot à mot, mais une analyse qui suivrait la progression du texte et dont les arguments seraient appuyés par de multiples citations au long de celui-ci. Tu ne dois pas seulement étudier "les mots" donc la façon dont ils sont placés (lecture linéaire) mais "les idées" donc la façon dont elles sont ordonnées et les procédés (lecture analytique). J'ai peur d'être terriblement vague…
Et puis n'hésitez pas à me dire si je me trompe, hein !
Pour ce qui est du commentaire, un commentaire s'appuie sur les axes majeurs d'un texte autour desquels s'articuleront les parties principales de celui-ci. Tu peux éventuellement être amené à devoir faire le deuil de certaines choses afin de ne pas surcharger ton devoir et/ou tes parties et surtout afin de ne pas faire de hors-sujet quant à celles-ci. La lecture analytique quant à elle se doit d'être plus rigoureuse, plus fidèle au texte et à sa progression.

(Oui, je sais, il est tard mais bon, j'essaie. 🙂 ) Courage. Manon. 🙂
Hum ok pour la lecture analytique 🙂
Mais je sais comment on fait un commentaire, ce que je veux dire c'est que pour la majorité des textes étudiés cette année, nous avons procédé de cette façon, en étudiant les axes majeurs du texte, sans forcément effectuer une progression par rapport à l'ordre des idées du texte.

Merci, en tout cas =)
Bonjour à tous, je dois analyser ce texte pour demain, le problème et que je ne le comprend pas du tout
Tout est dans un flux continuel sur la terre : rien n'y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections qui s'attachent aux choses extérieures passent et changent nécessairement comme elles. Toujours en avant ou en arrière de nous, elles rappellent le passé qui n'est plus ou préviennent l'avenir qui souvent ne doit point être : il n'y a rien là de solide à quoi le coeur se puisse attacher. Aussi n'a-t-on guère ici-bas que du plaisir qui passe ; pour le bonheur qui dure je doute qu'il y soit connu. A peine est-il dans nos plus vives jouissances un instant où le coeur puisse véritablement nous dire : Je voudrais que cet instant durât toujours ; et comment peut-on appeler bonheur un état fugitif qui nous laisse encore le coeur inquiet et vide, qui nous fait regretter quelque chose avant, ou désirer encore quelque chose après ?

Mais s'il est un état où l'âme trouve une assiette assez solide pour s'y reposer tout entière et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d'enjamber sur l'avenir ; où le temps ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de désir ni de crainte que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout entière ; tant que cet état dure celui qui s'y trouve peut s'appeler heureux, non d'un bonheur imparfait, pauvre et relatif tel que celui qu'on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d'un bonheur suffisant, parfait et plein, qui ne laisse dans l'âme aucun vide qu'elle sente le besoin de remplir. Tel est l'état où je me suis trouvé souvent à l'île de Saint-Pierre dans mes rêveries solitaires, soit couché dans mon bateau que je laissais dériver au gré de l'eau, soit assis sur les rives du lac agité, soit ailleurs au bord d'une belle rivière ou d'un ruisseau murmurant sur le gravier.

De quoi jouit-on dans une pareille situation ? De rien d'extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa propre existence, tant que cet état dure on se suffit à soi-même comme Dieu. Le sentiment de l'existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement et de paix, qui suffirait seul pour rendre cette existence chère et douce à qui saurait écarter de soi toutes les impressions sensuelles et terrestres qui viennent sans cesse nous en distraire et en troubler ici-bas la douceur.
J'espère que vous pourrez m'aider.. Merci d'avance
Regarde la structure :
Un premier paragraphe sur l'instabilité et l'inconstance. (Relever les champs lexicaux, les oppositions, la structure des phrases en balancier, l'interrogation …)

Un second paragraphe qui s'y oppose avec MAIS. IL évoque l'état d'âme à l'île de Saint Pierre. (ampleur de la phrase …)

Un troisième paragraphe sur le sentiment intérieur de plénitude. Reformulation et synthèse. (Choix du lexique …)