Zola, Au Bonheur des Dames, chapitre 4 - Ce n’était plus chose facile que de gagner l’escalier…

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Il y a un extrait dans ce chapitre qui commence à " Ce n'était plus chose facile " à " dans les caves béantes " qui relève le champ lexical du bruit , mais pourquoi ZOLA utilise le cl du bruit ?
Merci
Je pense que c'est pour montrer la foule en masse dehors …

Pourquoi est-ce du registre épique ? J'ai mis car l'auteur montre la foule immense dans le magasin et le désordre qui y règne .
Est-ce que c'est juste ?

Texte :
Ce n’était plus chose facile que de gagner l’escalier. Une houle compacte de têtes roulait sous les galeries, s’élargissant en fleuve débordé au milieu du hall. Toute une bataille du négoce montait, les vendeurs tenaient à merci ce peuple de femmes, qu’ils se passaient des uns aux autres, en luttant de hâte. L’heure était venue du branle formidable de l’après-midi, quand la machine surchauffée, menait la danse des clientes et leur tirait l’argent de la chair. À la soie surtout, une folie soufflait, le Paris-Bonheur ameutait une foule telle, que, pendant plusieurs minutes, Hutin ne put faire un pas ; et Henriette, suffoquée, ayant levé les yeux, aperçut en haut de l’escalier Mouret, qui revenait toujours à cette place, d’où il voyait la victoire. Elle sourit, espérant qu’il descendrait la dégager. Mais il ne la distinguait même pas dans la cohue, il était encore avec Vallagnosc, occupé à lui montrer la maison, la face rayonnante de triomphe. Maintenant, la trépidation intérieure étouffait les bruits du dehors ; on n’entendait plus ni le roulement des fiacres, ni le battement des portières ; il ne restait, au-delà du grand murmure de la vente, que le sentiment de Paris immense, d’une immensité qui toujours fournirait des acheteuses. Dans l’air immobile, où l’étouffement du calorifère, attiédissait l’odeur des étoffes, le brouhaha augmentait, fait de tous les bruits, du piétinement continu, des mêmes phrases cent fois répétées autour des comptoirs, de l’or sonnant sur le cuivre des caisses assiégées par une bousculade de porte-monnaie, des paniers roulants dont les charges de paquets tombaient sans relâche dans les caves béantes
Le registre épique repose sur l'amplification et la dimension symbolique de certains éléments. Les procédés d'écritures de ce registre sont :
-les figures d’amplification (énumération, gradation, hyperbole), de répétition (anaphore)
-Champs lexicaux de l’héroïsme (PAS DANS CE TEXTE!)
-Superlatifs et adverbes d’intensité (le plus, très, beaucoup, etc.),
-Phrases longues,
-Nombreux pluriels, et description le plus souvent d'un ensemble de personnes et pas d'une personnes précise.

Dans ce texte on remarque le registre épique:
- aux longues phrases
- à la description d'un groupe et non d'une personne : houle , peuples de femmes…
- métaphore martiale filée : têtes roulait, tenaient à merci, luttant de hâte, victoire…
- dépersonnalisation, métaphore animale : ameutait
- hyperbole : suffoquée, Hutin ne put faire un pas
- adverbes et adjectifs d'intensité : formidable,
- personnification de la folie : une folie soufflait
Cette liste n'est bien évidemment pas complète, je n'ai sûrement pas tout vu.

Le champs lexical du bruit sert à donner une impression de saturation de l'espace sonore
Bienvenue, Kyrah…

Trois ans après, Th57200 n'a peut-être plus besoin de cette réponse, mais cela pourra sans doute servir à d'autres ! 😉