Proust définit le pastiche comme "une critique littéraire en action"
23 réponses · Page 1 / 2
Bonjour à tous, j'ai une dissertation à faire mais je n'ai pas compris l'affirmation de Proust qui est : Proust définit le pastiche comme "une critique littéraire en action".
Merci à tous ceux qui pourront m'éclairer.
Ecrire un pastiche ce n'est pas écrire un parodie. C'est faire ressortir de manière notable des caractéristiques typiques de l'écriture de certains auteurs. Donc en faisant ressortir ces traits, d'une certaine manière l'auteur de pastiche se fait critique puisqu'il se fait analyste d'une écriture… Non?
Oui je suis d'accord avec toi, après avoir réfléchis un peu plus, je me suis dis que le "en action" voulait peut-être dire que la critique était répété dans le temps par plusieurs auteurs non ?
Merci bonsoir,
j'ai la même dissertation à faire, quoique moi je dois plus me cerner sur ce qu'a dit Proust sur le pastiche " une critique littéraire en action".
donc jai établi un plan trés vague…
I. En quoi un pastiche se repete
1. Pourquoi se repete-t-il dans le temps
2.?
II. comment peut-on juger un pastique de critique littéraire?
1. psq plusieurs auteurs ont ecrit de la meme facon que d'autres…
2.?
Je suis vraiment perdu pour cette dissert, si quelqu'un pouvait m'aider…
Merci d'avance! Quelqu'un pourrait m'aider svp.
Nayade a déjà bien répondu.
Pasticher suppose comprendre, analyser l'écriture de l'auteur, déterminer ce qu'elle a en propre. C'est une forme de critique, mais "en action", non théorique.
En outre, le pastiche frôle parfois la caricature… Ce qui est encore une forme de critique, au sens plus négatif du terme cette fois: elle révèle alors les tics de l'auteur, ses excès, ses facilités.
C'est un joli sujet, mais pas facile à traiter, et qui suppose une certaine finesse littéraire. Je ne donnerais pas un tel sujet à des élèves en-dessous de Bac+1, et encore…
Dans ce cas, la frontière pastiche/parodie est assez ambiguë, non ?
Le pastiche imite sans avoir au départ une visée caricaturale. la définition de Jean -Luc est très bonne. Je vois plus la parodie comme une caricature voulue, burlesque même.
Thomas1604 a écrit :Le pastiche imite sans avoir au départ une visée caricaturale. la définition de Jean -Luc est très bonne. Je vois plus la parodie comme une caricature voulue, burlesque même.
Le burlesque, c'est quand on traite de manière moqueuse, basse, parfois vulgaire, un sujet dit noble. Or, on peut très bien parodier quelque chose qui n'est pas noble.
Effectivement, les frontières entre caricature/pastiche et parodie sont bien fines.
Je le sais Human . Mais beaucoup de parodies reposent quand même sur le burlesque ( cf Rabelais… )
Human a écrit :Effectivement, les frontières entre caricature/pastiche et parodie sont bien fines.
Eh oui. Tous les pastiches que je connais (et ceux que je fais) sont au moins un peu narquois, ou écrits avec le sourire en coin.
Merci 🙂 ! Quels sont les pastiches les plus notables/reconnus ?
Il y a bien sûr L'Affaire Lemoine de Proust qui regroupe quelques-uns de ses pastiches de Balzac, Flaubert, des frères Goncourt ou de Saint-Simon. Moins connu, il y a aussi les Pastiches et postiches d'Umberto Eco (je me souviens en particulier d'une imitation assez drôle de Lolita où le narrateur s'éprend d'une "parquette", c'est-à-dire d'une vieille !).
Polo a écrit :Il y a aussi les Pastiches et postiches d'Umberto Eco (je me souviens en particulier d'une imitation assez drôle de Lolita où le narrateur s'éprend d'une "parquette", c'est-à-dire d'une vieille !).
Hé hé! Prometteur… J'y jetterai un oeil.
De mon côté, je recommande
A la manière de… de Ch. Muller et P. Reboux.
Ça date de presque un siècle, et ils pastichent nombre d'auteurs tombés aujourd'hui dans l'oubli. Mais leurs pastiches (hautement parodiques, d'ailleurs) de Chateaubriand, de Tolstoï, de Racine, entre autres, sont fabuleux.
Thomas1604 a écrit :Je le sais Human . Mais beaucoup de parodies reposent quand même sur le burlesque ( cf Rabelais… )
Dans le
Tiers Livre, c'est du pastiche, je crois. D'ailleurs, on retrouve ça aussi dans
Gargantua (
Chanson de Rolland, notamment). Je ne sais plus si c'est dans le
Tiers Livre ou dans
Pantagruel qu'il y a un pastiche de la
Farce de Maître Pathelin.
Pour résumer, je crois qu'on peut dire que la différence majeure entre le pastiche, la caricature et la parodie, c'est la visée. L'une veut rester "neutre" (on sait bien que c'est très peu le cas, ceci dit) alors que les autres tendent plus vers la satire ou la comédie.
A ce moment-là, ça invite à se poser une question : le Classicisme serait-il un mouvement-pastiche ? 😀
Human a écrit :Thomas1604 a écrit :Je le sais Human . Mais beaucoup de parodies reposent quand même sur le burlesque ( cf Rabelais… )
Dans le Tiers Livre, c'est du pastiche, je crois. D'ailleurs, on retrouve ça aussi dans Gargantua (Chanson de Rolland, notamment). Je ne sais plus si c'est dans le Tiers Livre ou dans Pantagruel qu'il y a un pastiche de la Farce de Maître Pathelin.
Pour résumer, je crois qu'on peut dire que la différence majeure entre le pastiche, la caricature et la parodie, c'est la visée. L'une veut rester "neutre" (on sait bien que c'est très peu le cas, ceci dit) alors que les autres tendent plus vers la satire ou la comédie.
A ce moment-là, ça invite à se poser une question : le Classicisme serait-il un mouvement-pastiche ? 😀
Non c'est de la parodie Human ; Rabelais met en scène un action noble alors que son héros a des comportements bas et grossiers. Il se moque des romans de chevalerie, des mythes ( cf Homère ) et même de la Bible ( cf " déluge urinal " ). Il n'y a pas de pastiche à proprement parler, le respect du style n'est pas vraiment présent. J'ai à la fac une prof spécialiste de Rabelais et elle nous a bient dit que c'était une parodie =p
Très bien, je ne demande qu'à apprendre ! 😉
C'est le Tiers Livre que vous avez étudié ? Jusque là, j'ai surtout étudié Pantagruel et Gargantua, dans lesquels il y a du pastiche ET de la parodie.
Gargantua en fait Mais les passages qu'on a étudiés c'était de la parodie. J'ai lu en entier Gargantua et je n'y ai pas trouvé de pastiche tout comme dans Pantagruel. J'ai peut-être mal lu…
Tu as raison, tu as raison. Il me semblait qu'il reprenait ouvertement quelques passages de l(Institution du Prince d'Erasme et même de Cicéron. Il n'en est rien. Tout ça n'est qu'intertextualité.
My bad.
Il y a bien de la parodie. Le passage dans lequel Frère Jean tue avec sa croix toute l'armée de Picrochole est notamment une parodie de la Chanson de Rolland (Rolland avait un tronc, je crois …)
Merci à vous, Polo et Jean-Luc 😉 !
Merci pour vos réponses. J'ai établis une problématique, je voudrais votre avis:
En quoi et comment le pastiche est une critique littéraire en action . Mais pour mon plan je pense que je vais me répéter, sachant que je n'ai pas saisis correctement le sujet, c'est le "en action" qui me perturbe. Alors voici mon plan
I.En quoi le pastiche est une critique litt. en action
-?
-?
II. Comment définit-on un pastiche de critique littéraire
-?
-?
Et c'est surtout les exemples qui me manque…
Merci d'avance pour ceux qui pourraient m'aider. Je suis vraiment bloqué pour cette dissertation. Votre aide serait la bienvenue. Merci.
Je souhaite ajouter deux choses à ce débat :
1/ je crois que c'est l'académicien Félicien Marceau qui a ainsi défini le pastiche : « Le pastiche c'est la forme supérieure de la critique littéraire », pastiche où l'auteur reste dans le registre de l'imitation, chère aux Anciens ;
2/ l'un des meilleurs spécialistes du genre aujourd'hui est Patrick Rambaud qui a entrepris d'écrire la Chronique du règne de Nicolas 1er, il vient de sortir le 3ème tome, je l'avais interrogé en janvier 2009 au festival de la biographie à Nîmes, à ma question : « Avez-vous voulu imiter le style de Saint-Simon? » Il m'avait répondu : « Non, mais plutôt refaire quelque chose à la manière de Reboux et Muller »… que Jean-Luc Picard cite dans ce forum.