Théâtre, tragédies - Ce qu’il faut savoir
9 réponses
Bonjour,
Il se trouve que j'ai beaucoup de lacunes au niveau du théatre étudié en seconde à cause d'une absence de professeur non remplacée pendant trois mois (merci l'Education Nationale).
J'aimerai savoir ce qu'il faut connaitre de plus important au théatre et dans les tragédies classiques (Racine, Corneille,…) et antiques (comme Antigone et ses réécritures).
Qu'est-ce que les labdacides, oedipe et tout le reste? La prof ne fait qu'en parler cette année seulement je ne l'ai jamais vu?
Est-ce que quelqu'un pourrai synthétiser que je puisse me faire une fiche récapitulative ?
Merci d'avance.
CamCoum
Les Labdacides sont la dynastie dont Antigone fait partie et qui sont voués à une malédiction : Oédipe a épousé sa mère, Jocaste, car il a rempli une épreuve qui lui donnait la main de sa mère ( il l'ignorait ). Tu trouveras des résumés d'Antigone sur Internet ou mieux, tu pourras le lire…
En seconde, tu vois essentiellement les pièces de Corneille, Racine et Molière et tu en étudies au moins une. ( Don Juan, L'Illusion comique… ) et, par leur intermédiaire, tu découvres les courants de l'époque ( Classicisme et Baroque ).
Tu analyses également la règle des trois unités ( Temps / Lieu / Action ) et justement, la rupture entre baroque et classique.
Sur le théâtre, pourquoi ne pas lire l'Introduction aux grandes théories du théâtre de Roubine, et notamment le chapitre sur le XVIIe s.? 😉
Ma liste n'est peut être pas très bonne, mais voilà ce que moi j'étudie en seconde:
le théâtre selon les mouvements
1. Le théâtre antique
Les grecs créent le théâtre. On trouve chez eux des auteurs de comédies (Aristophane avec les guêpes) et de tragédies ( Sophocle, le plus connu, avec Antigone, mais aussi Eschyle, et Euripide). Les tragédies ont pour but de provoquer chez le spectateur la catharsis c'est à dire qu'elles doivent le purger de tout mauvais sentiment.
2.Le théâtre élisabéthain
le théâtre disparait à peu près au moyen age, mais resurgit à la Renaissance, avec surtout l'Angleterre, dont la reine, Elisabeth Ière, donne son nom à un mouvement. Les auteurs les plus connus sont Marlowe, Jonson, Kyd, Peele, mais ils ne sont pas étudiés en classe et assez primitifs au niveau de la psychologie des personnages (en gros, à ne pas retenir) Le plus important reste Shakespeare avec ses 11 tragédies, 12 comédies, des tragicomédies et des pièces historiques. Il est un modèle pour les dramaturges des siècles suivants. Les théâtre élisabéthain se jouait habituellement sans décor, tout est suggéré, le seul texte est important. On observe aussi un mélange des genres, des scènes comiques au milieu d'une tragédie, pour relâcher la tension.
en seconde, nous avons dû lire Hamlet, Othello, Macbeth qui sont des chefs d'oeuvres, et pour ne pas garder que le côté tragique du grand Will je te conseille une ou deux comédies comme al Nuit des Rois qui est une bouffonerie sympathique…
3. Le théâtre baroque
Shakespeare est un baroque précoce. Le mouvement baroque, du portugais baroccoqui signifie perle irrégulière, s'étend à toute l'Europe. Les thèmes principaux sont l'illusion, la mort, la vie éphémère. ces thèmes peuvent être retrouvé dans Hamlet par exemple, mais aussi dans l'illusion comique de Corneille ou dans la vie est un songe de Calderon. Je n'en étudie pas cette année masi les programmes diffèrent selon les profs demande donc à d'autres plus de précisions.
4. le théâtre classique
Voilà un mouvement bien français. On observe une rupture avec le baroque. Les auteurs les plus connus sont bien sûr Corneille, Racine pour les tragédies, et Molière pour les comédies. Toutes les tragédies et une partie des comédies sont écrites en vers. Chaque changement de scène correspond à une entrée ou sortie de personnage. On respecte la règle des trois unités: un seul lieu, une seule journée, une seule intrigue.
en seconde nous devons lire Andromaque et Phèdre de Racine
5. le théâtre romantique
5.1. Les précurseurs
Le berceau du romantisme est l'Allemagne. On y voit naître à la fin du XVIII ème siècle un mouvement nommé Sturm und Drang soit tempête et passion. Les plus importants dramaturges de ce mouvement sont Goethe ,vec Faust ou Goetz de Berlichingen qui sont très bons, et Schiller avec Don Carlos, les brigands , Maria Stuart, Wallenstein… des chef d'oeuvre! Ces deux auteurs sont eux aussi de grands admirateurs de Sakespeare.
Un autre précurseur, George Byron. C'est l'exemple de l'auteur fidèle à son oeuvre, puisqu'il meurt héroiquement, comme les personnages de ses pièces, dans une forteresse grecque assiégée par les Ottomans.
5.2. Le drame romantique
est théorisé par Victor Hugo, chef de file du romantisme. Il se caractérise par une rupture avec le classicisme. <les héros sont jeunes, ambigus dan leur comportement, amoureux la plupart du temps, et ont un tendance assez prononcée au suicide.
Le prmeier drame romantique est l'injouable Cromwell de Hugo, énorme machine en 6400 vers (c'est pas mal mais assez long). Ensuite le drame romantique recoit ses lettres de noblesse avec Musset dans Lorenzaccio, victor Hugo dans Hernani et Ruy Blas (très bien) et Vigny dans Chatterton (c'est sublime…..) insi que Alexandre Dumas dans Antony . Le drame est en vers ou en prose.
Pour notre classe nous avons du lire cette année Ruy Blas, et nous avons failli devoir lire Lorenzaccio, mais quand la prof l'a annulé, je l'avais déjà lu. En fait je m'intéresse beaucoup au drame romantique donc j'en lis pas mal.
quelques conseils de lecture pour les amteurs:
Lorenzaccio, de Alfred de Musset
Hernani, de Victor Hugo
Hamlet, Othello, macbeth, le Roi Lear, Romo et Juliette, Coriolan, Titus Andronicus, Jules César, de Shakespeare
Maria Stuart, Don Carlos, Wallenstein de Fredrich von schiller
La vie est un songe de pedro Calderon (attention, il faut s'accrocher)
Britannicus, Andromaque, de Racine
Faust, Egmont, Goetz de Berlichingen, de Goethe
Chatterton, la maréchale d'Ancre, d'Alfred de Vigny (le meilleur auteur, selon moi, de la langue française)
Toussaint Louverture de Lamartine
Bonjour,
Peut-être savoir ce que Labdacides signifie ! <majuscules car titre>
C’aurait été une filiation, une famille, une descendance de rois « mythologiques » lanceurs de disque/de poids – Rois de Thèbes… dont Œdipe aurait été un de ces descendants. <pas anodin cela> !
Votre professeur, n’inviterait-elle-t-il pas simplement à parler à chaque fois qu’elle-il le ferait : à évoquer les racines, la filiation, la généalogie, l’antériorité, dont nous serions nourris quoiqu'il nous soit difficile de le reconnâitre 'à un certain âge' ? Sans racine, aucun arbre ne pousse ?
Un étudiant peut-il, veut-il se comprendre comme une pousse, comme «un» et en devenir ou telle une vieille souche, sans plus de sève <savante/sachant> ?
Ne vous inviterait-elle/il pas à vous interroger à l’aune d’une montée ou d’une descente, l’un ou l’autre choix aboutissant au même résultat ! Je m’explique :
- Vous partez du théâtre d’aujourd’hui, vous tentez d’analyser ce qu’il faut faire ou a FALLU pour détruire les structures qui le précédaient et qu’il croyait et disait l’emprisonner, et ainsi de suite, vous descendez le barreau du dessous, puis cellui d'après, jusqu'au socle. <y'en aurait-il un> ?
Chacun s’est voulu dépoussiérer, voire trucider, la précédente afin de parler de Liberté et d’Art 'dardare' - vite fait bien ou malfait - ! Nous/vous pouvez prendre l'autre bout de la lorgnette et commencer par :
- l’antiquité, <on peut même partir au-delà, mais ce n’est pas le propos> et vous regardez ce que de génération en génération chacun s’est plu à gommer, à dénoncer afin de se dire et se sentir expressif, imprimant ainsi son temps, sa dialectique, sa vision ‘contemporaine’ d’alors/du moment.
C’est là où le principe ou la légende œdipienne intervient. Elle dit «Tuer le Père pour exister enfin ». Ce n’est qu’une image psychologique. Comment faire en sorte de grandir, en se détachant et en gardant l’essence de ce qui nous a construit ? Dilemme kafkaïen ou shakespearienne «Etre ou ne pas être»…Comment se réaliser, exister, penser si nous ne demeurons que dans l’empreinte. ?
Souvenez-vous de l’image, de l’animal : un cerf aux bois immenses et généreux (lire Bambi) et l’enfant qui le suit - pas à pas - ; s’il n’a pas su, pu ou voulu prendre sa distance, ‘se détacher’ que fait-il, que devient-il lorsque la balle du temps fait que l’adulte meurt, quoiqu'il en soit. Car l’adulte <père/mère principe mâme/femeille> dans l’ordre des choses disparaitront. Que devient/deveniennent les gènes de la progéniture, puisque ce projet a subi l'usure du temps "projet et usure"… ?
Un sujet hier ou avant-hier traitait du même thème, introduit différemment, entre Racine/Hugo et ses successeurs…
Que l’on vous propose de comprendre et regarder le temps à partir de barreaux «ponctuant l'apprentissage» une échelle en "ascension ou descension" cela revient au même. N’y aurait-il pas lieu de s'interroger sur le lien entre le passé et le futur, le "ici et maintenant" ne sommes nous pas cette transition – tous - ?
Un clin d’œil aussi par rapport au le symbolisme et à « l’Echelle de Jacob » … chrétiens, athées, ou autres ? 😉 ?
Merci beaucoup Hyronimes pour ta petite liste bien sympa ! Je te conseil de lire Les caprices de Marianne de Musset si ce n'est pas déjà fait.
Quant à Cyclopea, cette pensée philosophique est magnifiquement réalisée, mais elle ne me fait pas vraiment avancer..! (merci quand même)
Sinon par rapport aux Labdacides, je pense avoir compris, même si je ne suis pas sûre de reconnaître des personnages appartenant à cette dynastie.
Sinon, y a-t-il d'autres dynasties ? Il me semble que notre professeur nous en a parler d'une autre, je ne sais pas s'il y a des connaisseurs.
En tout cas, merci pour ces réponses, je vais déjà aller me faire mon petit tableau récapitulatif après vérification de certaines oeuvres (dates surtout!).
Cordialement,
CamCoum
Une autre famille importante est celle des Atrides, du nom de son descendant Atrée.
Le premier d'entre eux qui ait eu une quelconque importance est Tantale. Il a servi à Zeus (alors sous forme humaine) son propre fils Pélops en plat de résistance. Les dieux ont ressucité Pélops et condamné Tantale au Tartare, où il s'est retrouvé dans une rivière qui lui arrive à la hanche, avec au dessus de lui un pommier rempli de pommes bien appétissantes. Seulement, le pommier se lève à chaque fois qu'il veut attraper une pomme, et l' eau baisse quand il veut boire.
La famille des Atrides, a cause de la faute de Tantale, est maudite. Pélops aura aussi pas mal de problèmes mais je ne m'en souviens plus
Les plus connus des atrides sont Ménélas et Agamemnon qui s'illustrent durant la guerre de Troie mais je ne vais pas te raconter toute leur histoire d'ailleurs si tu ne les connais pas c'est à toi d'être ……….
Juste, je te dirais qu'à son retour de Troie, Agamemnon esty assassiné par sa femme Clytemnestre, qui le trompait (il n'était pas là pendant dix ans quand même) et qui sera ensuite tué par Oreste, le fils d'Agamemnon.
C'est joyeux, la mythologie grecque………..
Merci pour les caprices de marianne j'essayerai de le trouver!
Sinon j'ai lu Marion de Lorme (Victor Hugo)il y a peu de temps c'est pas mal du tout.
Quelques dates
Victor: Cromwell: 1827 Hernani: 1830 Ruy Blas: 1838
musset: Lorenzaccio: 1834 mais ne sera joué qu'en 1897
Schiller: Don Carlos: 1787 Maria Stuart: 1800
Wallenstein: 1799 mais l'écriture de cette grosse trilogie théâtrale a duré 12 ans
Goethe: Faust: 1808
Shakespeare: C'est très confus puisqu'on ne dispose d'aucun manuscrit ce qui amène à douter de l'auteur même….. mais onpense qu'Hamlet par exemple a été probablement joué entre 1598 et 1601, on ne dispose en fait que du texte de 1603….
Vigny: La maréchale d'Ancre: 1830 Chatterton: 1835
remarque: sur les trois pièces d'Alfred de Vigny, deux ont été écrites pour sa maîtresse, l'actrice marie Dorval.
Bonne chance!
"Gémir, pleurer, prier est également lâche/ Fais énergiquement ta longue et lourde tâche/ Dans la voie où le sort a voulu t'appeler/ Puis, après, comme moi, Souffre et Meurs sans parler"
Alfred de Vigny
Merci merci merci !
Effectivement, ce sont bien les Atrides dont notre professeur a parlé. Je connaissais déjà l'histoire de Tantale mais ne savait pas qu'il faisait partie de cette dynastie.
Sinon pour Agamemnon et Ménélas, oui, je connais, quand même..! Je sais bien que j'ai zappé un chapitre mais faut pas abuser, haha !
Sais-tu s'il y a une technique pour reconnaitre la dynastie d'un personnage ou alors il faut tous les apprendre ?
Merci pour les dates, elles me seront utiles (même si moi je ne suis pas fan du mouvement romantique, que tu as l'air d'apprécier énormément puisque la majorité de tes auteurs appartiennent à ce mouvement!).
Au revoir,
CamCoum
Ben! oui, j'apprécie le mouvement romantique…..
Je ne connais pas de technique pour reconnaître la dynastie d'un personnage.
Au fait, tu demandais Antigone?
La reprise la plus importante de la pièce de Sophocle est une pièce sans actes ni scènes ni décor ni costumes ni personnages nombreux (et ca na fait pas beaucoup…)
La pièce, représentée en 1944, est une oeuvre engagée…. Antigone représente la résistance qui fait son devoir sans avoir peur pour sa vie, Créon représente Pétain, qui tente de la sauver, mais finalement doit la faire exécuter, puisqu'elle a transgressé la loi. Pas d'actes ni de scènes: pour éviter que la censure ne coupe des passages. La pièce a tout de même été interdite dans sa totalité (puisqu'on ne pouvait pas la couper…..) dès la première représentation, où les soldats étaient habillés comme la Gestapo. Tu imagines que les autorités de l'Occupation ont du moyennement apprécier!
Bon, si le romantisme ne suffit pas, quelques pièces modernes:
Antigone, Beckett ou l'Honneur de Dieu, L'Alouette de Jean Anouilh.
Les deux dernières sont les "pièces costumées" comme Anouilh les appelle, traitant de la vie de l'archevêque Beckett et de Jeanne d'arc
Le Soulier de Satin de Paul Claudel assez particulier et difficile à comprendre, d'ailleurs la moitié des 50 scènes ne sert à rien selon moi, mais trèsn, très beau malgré tout…..
Gémir, pleurer prier est également lâche./ Fais énergiquement ta longue et lourde tâche/ Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,/Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Alfred de Vigny