Je rédige actuellement une dissertation sur une citation de Brecht. Je suis en khâgne. Voici le sujet :
Le propos de Brecht est ici un véritable « organon » au sens que lui donne Aristote : il s’agit d’un instrument, d’un guide, qui permet d’énoncer à la fois l’enjeu du théâtre épique et le moyen d’y parvenir. La conception du théâtre épique est marquée historiquement et idéologiquement, elle est en partie le fruit de la réflexion de Brecht sur le théâtre. Le propos de Brecht met en relation une forme de théâtre précise, celle d’un théâtre épicisé, qu’il assigne à un but précis, celui de « fournir des définitions », « faire ressortir des scènes », de présenter « une signification historico-sociale ». Il articule ainsi deux idées distinctes : celle d’un théâtre de l’explication, comme on peut le noter avec les termes « présente », « fait ressortir », « voit apparaître », et un théâtre efficace, qui agit sur le spectateur, un théâtre « pratique ». Avec le théâtre épique, Brecht met le spectateur au centre. On peut dès lors s’interroger :
Dans quelle mesure la forme particulière du théâtre épique permet-elle l’association paradoxale d’une volonté pédagogique de l’explication avec celle d’une prise de position efficace, un engagement ?
En fait, j'ai de nombreuses idées pour la rédaction, mais je doute de ma problématique.
Pourtant, les principaux problèmes de la citation me semblent être les suivant :
- la forme que Brecht caractérise est une forme particulière, inscrite dans l'histoire et notamment idéologiqement marquée par le marxisme. Il semble donc bon de s'interroger sur la relation de la forme épique du théâtre dans d'autres contextes historiques : les autres formes d'épicisation du théâtre ont elles aussi uniquement pour enjeu l'explication / ou la prise de position ?
- Le théâtre de Brecht repose sur l'idée de mise à distance, qui transforme le spectateur en observateur, ce qui lui permet de faire de la représentation un objet de connaissance. Mais peut on à la fois mettre à distance et prendre parti ? Il semble en effet que "fournir des définitions" ou "des moyens d'intervenir" c'est déjà amorcer une prise de position, qui est celle de la critique de la société bourgeoise pour Brecht. Dès lors, on peut se demander s'il n'est pas possible de produire une explication sans avoir recours à une prise de position, et inversement.
- Le dernier problème majeur posé par la citation me semble être l'idée de comportement "typique". N'y a-t-il pas un danger à vouloir réduire la société à UNE signification "historico-sociale",ou des "types"? Par ailleurs, comment réussir alors à caractériser historiquement l'actualité, le contemporain ?
Voici mes principales réflexions qui m'ont permis d'élaborer ma problématique. J'aimerais, si quelqu'un est disponible, et intéressé, savoir si celle-ci est correcte, vis-à-vis des pistes de réflexions quej'ai trouvées. En vous remerciant !
« Le théâtre épique s’intéresse avant tout au comportement des hommes les uns envers les autres, là où ce comportement présente une signification historico-sociale (là où il est typique). Il fait ressortir des scènes dans lesquelles les hommes agissent de manière telle que le spectateur voit apparaître les lois qui régissent leur vie sociale. En même temps, le théâtre épique doit définir les procès sociaux dans une perspective pratique, c'est-à-dire fournir des définitions qui donnent des moyens d’intervenir sur ces procès. Son intérêt est donc éminemment axé sur la pratique ». (extrait d' Ecrits sur le théâtre, Brecht).Voici ma première analyse, ainsi que ma problématique :
Le propos de Brecht est ici un véritable « organon » au sens que lui donne Aristote : il s’agit d’un instrument, d’un guide, qui permet d’énoncer à la fois l’enjeu du théâtre épique et le moyen d’y parvenir. La conception du théâtre épique est marquée historiquement et idéologiquement, elle est en partie le fruit de la réflexion de Brecht sur le théâtre. Le propos de Brecht met en relation une forme de théâtre précise, celle d’un théâtre épicisé, qu’il assigne à un but précis, celui de « fournir des définitions », « faire ressortir des scènes », de présenter « une signification historico-sociale ». Il articule ainsi deux idées distinctes : celle d’un théâtre de l’explication, comme on peut le noter avec les termes « présente », « fait ressortir », « voit apparaître », et un théâtre efficace, qui agit sur le spectateur, un théâtre « pratique ». Avec le théâtre épique, Brecht met le spectateur au centre. On peut dès lors s’interroger :
Dans quelle mesure la forme particulière du théâtre épique permet-elle l’association paradoxale d’une volonté pédagogique de l’explication avec celle d’une prise de position efficace, un engagement ?
En fait, j'ai de nombreuses idées pour la rédaction, mais je doute de ma problématique.
Pourtant, les principaux problèmes de la citation me semblent être les suivant :
- la forme que Brecht caractérise est une forme particulière, inscrite dans l'histoire et notamment idéologiqement marquée par le marxisme. Il semble donc bon de s'interroger sur la relation de la forme épique du théâtre dans d'autres contextes historiques : les autres formes d'épicisation du théâtre ont elles aussi uniquement pour enjeu l'explication / ou la prise de position ?
- Le théâtre de Brecht repose sur l'idée de mise à distance, qui transforme le spectateur en observateur, ce qui lui permet de faire de la représentation un objet de connaissance. Mais peut on à la fois mettre à distance et prendre parti ? Il semble en effet que "fournir des définitions" ou "des moyens d'intervenir" c'est déjà amorcer une prise de position, qui est celle de la critique de la société bourgeoise pour Brecht. Dès lors, on peut se demander s'il n'est pas possible de produire une explication sans avoir recours à une prise de position, et inversement.
- Le dernier problème majeur posé par la citation me semble être l'idée de comportement "typique". N'y a-t-il pas un danger à vouloir réduire la société à UNE signification "historico-sociale",ou des "types"? Par ailleurs, comment réussir alors à caractériser historiquement l'actualité, le contemporain ?
Voici mes principales réflexions qui m'ont permis d'élaborer ma problématique. J'aimerais, si quelqu'un est disponible, et intéressé, savoir si celle-ci est correcte, vis-à-vis des pistes de réflexions quej'ai trouvées. En vous remerciant !



