Admission à l’ENS sur dossier
51 réponses · Page 1 / 3
Bonjour,
Je souhaiterais avoir vos avis sur la question: actuellement en 4e année à Sciences Po Paris, je voudrais envoyer mon dossier à l'ENS (plutôt Ulm, pour LSH ça me parait un peu compromis du fait de la distance). Avant d'entrer à l'IEP, j'ai fait une hypokhâgne, à la fin de l'année j'étais parmi les meilleurs élèves de la classe (mais c'était un petite prépa, pas une CPGE parisienne); à Sciences Po, j'ai eu plutôt de bonnes notes, surtout dans les matières plus littéraires (en revanche, j'ai obtenu des notes assez médiocres en économie). Je suis désormais en master-recherche en Théorie politique (donc très orienté philo) et je compte faire une thèse, dans l'espoir d'enseigner plus tard. J'ai repris la philosophie cette année à la fac, en cours par correspondance, mais n'ayant pas accompli les procédures à la fin de ma prépa, je n'ai pas eu d'équivalence, j'ai du reprendre en L1 (la paperasserie et moi ça fait deux…). Je voudrais postuler en philosophie (j'hésite encore sur le sujet de recherche, je pensais peut-être travailler sur Nietzsche ou Leo Strauss) ainsi qu'en histoire et théorie de l'art.
J'ai donc un parcours assez classique. J'ai lu dans une autre discussion que les ENS étaient plutôt intéressées par les parcours atypiques. Pensez vous que j'ai mes chances? Faut-il avoir dès maintenant un sujet précis de recherche dans le domaine pour lequel on postule?
Je vous remercie d'avance
Votre profil ets certainement intéressant… Mais je ne sais pas s'ils embauchent des étudiants ayant déjà fait un master… C'est à vérifier.
En tout cas, avoir un parcours un peu atypique est en effet très favorable. Mais atypique ne signifie pas seulement éclectique: il faut un point de convergence à cette diversité. Voyez comment vous pourriez réunir certains de vos centres d'intérêt en une perspective un peu cohérente.
Avant toute chose cependant, contactez l'École pour savoir si la porte est ouverte. Débarrassez-vous sans attendre des questions administratives et de la "paperasse", sans vous en faire une montagne: c'est lorsqu'on ne s'en occupe pas que cela devient problématique…
Je crois qu'effectivement les admissions sur dossier ne concernent que l'entrée en L3 ou en M1…
Il y a peut-être des exceptions qu'Arthur confirmera, comme d'habitude.
Bonjour,
Vous songez à entrer en master d'histoire et théorie des arts sans en avoir jamais fait ?
effectivement, je n'ai jamais fait d'histoire de l'art à proprement parler (sauf quelques cours en hypokhagne plus particulièrement orientés sur l'histoire de la culture ainsi qu'un séminaire d'histoire de l'art à sciences po), mais j'ai une expérience disons "pratique" de l'art. J'ai pris des cours d'arts plastiques/dessin pendant 9ans, j'ai fait 3 ans de théâtre et j'ai également pris des cours de mise en scène et d'écriture de scénario au Royaume-Uni. J'aime beaucoup la peinture (surtout l'expressionnisme et le surréalisme) et je suis assez cinéphile.
C'est sans doute plus hasardeux, mais je voulais tenté ma chance, cela m'intéresserai vraiment de travailler sur l'aspect théorique de l'art (pour le coup, je manque peut-être de connaissance, même si je me suis intéressé à la philosophie de l'art)
Je ne sais pas si ce genre de profil les intéresserait, mais ça vaut le coup de tenter sa chance.
Je vois…
Enfin je ne veux pas vous vexer, mais l'histoire de l'art est une matière à proprement parler, au même titre que la philosophie ou l'histoire. Avoir suivi un séminaire, c'est bien, être cinéphile, aussi, mais je trouve que ce n'est pas respecter la matière que penser être apte à entrer en master sans l'avoir jamais vraiment étudiée. Ca me fait le même effet que quelqu'un qui voudrait faire un master d'économie juste parce qu'il a pris quelques cours au lycée et lit régulièrement The economist.
Très concrètement, l'ENS vous prendra peut-être, mais je trouve que c'est une prétention énorme de vouloir faire un master sur une matière que, finalement, on ne maîtrise pas, et de le faire uniquement grâce à des équivalences. Je ne doute pas de votre intérêt et de votre motivation, mais vous n'avez jamais étudié l'art extra-européen, la muséographie, vous n'avez pas derrière vous trois ans de cours d'art antique, médiéval, renaissant, moderne, contemporain. Vous n'avez jamais été évalué - ou presque - sur un commentaire d'oeuvre, vous n'avez jamais disserté - ou presque - sur un sujet complexe, qui fait appel à des connaissances précises sur un sujet très précis d'histoire de l'art. D'autre part, lorsque l'on dit "histoire et théorie des arts", on ne dit pas "musicologie" ni "études cinématographiques" ou "théâtre", et encore moins "dessin".
De plus, vous dites vouloir vous spécialiser en théorie de l'art. Mais un master, c'est aussi l'écriture d'un mémoire, vous le savez bien, et je me demande comment on peut écrire un mémoire de théorie de l'art sans jamais avoir eu de cours, en étant simplement cinéphile, ou en sachant dessiner. Je trouve que c'est diminuer la matière et ses enjeux, considérer que comme elle gravite autour de l'art, elle n'est qu'un passe-temps et peut donc être rattrapée en cours de route, sans que cela pose de problème. Je me demande comment on peut être aussi sûr de soi et croire qu'avoir pris des cours de mise en scène au R.U. aide à comprendre, entre autres, la portée d'une Annonciation en peinture, la place de l'Antiquité dans l'architecture médiévale, la rhétorique du clair-obscur, ou à connaître sur le bout des doigts l'iconographie biblique et mythologique.
Encore un fois, je m'excuse de ma franchise, mais je ne peux m'empêcher de bondir quand je vois que l'histoire de l'art est réduite à un attrait pour le cinéma ou une pratique du dessin. Vous n'y êtes pas du tout, et votre réponse me conforte dans ma pensée : ceux qui, comme vous - car vous n'êtes pas le seul - estiment que l'on peut entrer en master d'histoire de l'art sans en avoir jamais fait - ou presque - donnent souvent des raisons qui prouvent qu'eux-mêmes ne savent pas dans quoi ils mettent les pieds.
c'est bien ce que je pensais, et je voulais vérifier avant de tenter ma chance inutilement, je vous remercie pour votre franchise.
Mais je ne dis pas que l'ENS ne lira pas votre dossier avec attention… Simplement, moi, je n'aurais jamais eu la prétention de postuler. Après, l'avis de l'ENS, c'est autre chose.
La conservatrice du musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg a fait Sciences po et il me semble bien qu'elle a fait un master d'hida sans avoir fait la licence. Mais sans doute elle et moi n'avons-nous pas la même conception des études en histoire de l'art…
Je ne pense pas que postuler dans deux départements soit mal vu. Vous avez manifestement vos chances en philosophie. En HTA, c'est évidemment beaucoup moins probable, mais là encore, l'ENS recherche les profils atypiques. Pour tempérer un peu les propos d'Oregann, a) les cours des départements sont accessibles aux non-initiés, vous n'en savez pas forcément moins qu'un khâgneux en la matière (je rappelle que la spécialité au concours ne conditionne en rien la scolarité à Ulm ensuite), b) je ne pense pas non plus qu'être admis en HTA vous oblige à faire un master en histoire de l'art, un sujet de philosophie de l'art devrait convenir aussi. Et de toute façon, si vous êtes admis à préparer le diplôme au sein du département de philosophie, vous pourrez suivre tous les cours que vous voulez comme tous les élèves et tous les étudiants (et inversement si vous êtes pris en HTA).
Arthur a écrit :vous n'en savez pas forcément moins qu'un khâgneux en la matière
Mais il faut arrêter… On ne fait pas faire un master de lettres classique à quelqu'un qui a arrêté le latin en 5e enfin !
Je n'ai même plus les mots pour écrire à quel point cette phrase me fait bondir… Les connaissances d'un khâgneux en hida sont autres, mes excuses, qu'une pratique du dessin ou un goût pour le cinéma…
Arthur a écrit :(je rappelle que la spécialité au concours ne conditionne en rien la scolarité à Ulm ensuite)
Une bonne partie des élèves du département n'a jamais fait d'histoire de l'art en entrant à l'ENS. Pour les étudiants, il y a une épreuve en septembre (je ne sais pas quel est le nombre de candidats pré-sélectionnés) et un entretien de motivation (cette dernière peut faire des merveilles). Dans votre cas, cela sera difficile (si vous franchissez déjà le cap de la présélection), mais pas impossible non plus.
Par ailleurs, chaque année des départements recrutent des étudiants sans réelle formation initiale en la matière : un de vos aînés de Sciences Po a été recruté cette année en LILA, par exemple, sans (je crois) avoir suivi de formation universitaire en lettres modernes parallèlement. La politique de l'Ecole est de renforcer la prise en compte d'itinéraires d'étudiants atypiques, et d'accueillir de moins en moins de khâgneux, formatés aux exigences du concours. Afin de créer deux filières complémentaires d'admission, aux critères différents.
Arthur a écrit :formatés aux exigences du concours
La faute à qui ahah.
Je ne posterai plus dans cette discussion.
Dénigrer autant la connaissance au profit de l'accumulation de diplômes me débecte.
Naïs, il ne me semble pas qu'azertyux ait dit qu'il voulait faire un pur master d'histoire de l'art orientation peinture-sculpture comme ça peut être le cas en khâgne… Je pense qu'il veut simplement d'abord "profiter" de la liberté offerte par l'ENS Paris au cas où il serait admis (pouvoir suivre des cours dans plusieurs disciplines artistiques mais aussi en philo etc), ce qui est tout à son avantage. Ne diabolise pas tout de suite le système. 😉
Oregann a écrit :Je n'ai même plus les mots pour écrire à quel point cette phrase me fait bondir… Les connaissances d'un khâgneux en hida sont autres, mes excuses, qu'une pratique du dessin ou un goût pour le cinéma…
C'est moi ou "une pratique du dessin" et "un goût pour le cinéma" sonnent de façon quelque peu méprisante sous ton clavier ?…
(Quand je faisais de l'Hida (au lycée, certes, mais à peu près autant d'heures qu'une option lourde de prépa), c'était de l'Histoire DES Arts, et on ne lynchait pas les cinéphiles…) Mais on est bien d'accord que l'Histoire de l'art (ou des arts) est avant tout un enseignement théorique, et que pratiquer un art ne signifie absolument pas avoir des connaissances théories approfondies dans ce même art…
@Tourment de Nuit
Je crois que c'est vous, sans vouloir vous offensez 😂
Il ne me semble pas qu'Oregann ai lynchée les cinéphiles. Simplement, avoir un "goût" pour le cinéma n'est peut-être pas suffisant pour se lancer dans un master d'histoire de l'art… Ce n'est pas du mépris envers les cinéphiles. J'ai un certain "goût" pour la sculpture, ce n'est pas pour autant que je me sens légitime à entamer demain un master d'histoire de l'art
La période des préinscriptions pour la sélection des étudiants préparant le diplôme de l'ENS est désormais ouverte.
Bonjour à tous,
j'aurais moi aussi une question personnelle au sujet de l'ENS.
J'ai eu ma licence de lettres modernes à la fac avec mention très bien, tout comme mon master 1. J'ai certainement été major de promos plusieurs fois.
Est-ce suffisant pour tenter une admission sur dossier à l'ENS de Lyon alors que je n'ai pas fait de classes prépas?
Est-ce que cela vaut le coup de faire qu'une seule année à l'ENS ? Ou faudrait-il plutôt demander à revenir en master 1 ?
Est-ce possible de réussir à côté des autres étudiants de l'ENS qui ont un niveau très certainement bien meilleur que le mien?
voilà toute ces questions qui me tracassent,
merci pour vos réponses
@Walli
Je ne connais pas spécialement l'ENS Lyon, mais oui, oui, et oui, tente si tu en as envie ! En revanche, si c'est comme à Ulm, le diplôme est en 3 ans, donc tu ne feras pas qu'une seule année.
Edit : Après m'être renseigné, il semblerait que ce ne soit pas possible d'entrer comme étudiant si l'on a déjà un M1. Renseigne-toi directement avec le département. Sinon, tu pourras faire un dossier d'auditeur pour l'agrégation, si tu souhaites la passer.
Bonjour,
Mon parcours "réussi" serait plus tardif. Je m'explique: je n'ai validé ma L1 et ma L2 qu'avec 13 de moyenne chaque fois (et oui, la faute à mon désintérêt total d'un travail permettant d'obtenir de bonnes moyennes - et je ne parle même pas du bac où je n'ai eu qu'une mention AB). En revanche, si je valide ma L3 avec plus de 16 de moyenne ainsi qu'une L1 dans une autre discipline avec 16 aussi, les chances seraient-elles toujours aussi minces ?
Merci.
HugoO a écrit :@Walli
Je ne connais pas spécialement l'ENS Lyon, mais oui, oui, et oui, tente si tu en as envie ! En revanche, si c'est comme à Ulm, le diplôme est en 3 ans, donc tu ne feras pas qu'une seule année.
Edit : Après m'être renseigné, il semblerait que ce ne soit pas possible d'entrer comme étudiant si l'on a déjà un M1. Renseigne-toi directement avec le département. Sinon, tu pourras faire un dossier d'auditeur pour l'agrégation, si tu souhaites la passer.
J'ai l'impression, Hugo, que la procédure est différente à Lyon. En tout cas, c'est ce que laisse entendre leur site :
https://www.ens-lyon.fr/.