Peut-on étudier un livre ?

Littérature

26 réponses · Page 2 / 2

25p a écrit :
Leihe a écrit :Et un lecteur qui défendrait sa vision d'un livre, pour toi c'est quoi ? Un pauvre bougre qui ne comprend rien à ce qu'écrit l'auteur ( :roll🙂 ?
Euh oui… c'est comme si tu décides d'interpréter E=MC2 à ta façon… que E renvoie à l'Ecologie et MC2 à MatièreCarbone2, c'est une interprétation, si ça te plaît ou t'amuse, mais … ce n'est pas ce qu'il veut dire au départ.

Oui, tu as le droit de dire ce que tu veux d'un livre, effectivement, si ça te chante.

C'est juste que ces clichés véhiculés autour de la lecture libre EN GÉNÉRAL autour du monde de l'ART est un cliché qui circule, pas seulement chez les étudiants en Lettres (comme tu en es un bon exemple), mais cliché décidément dur à guérir… Bref, si tu ne veux pas que ce soit du conventionnalisme (ce que je suis persuadé que c'est puisque c'est une idée qui circule chez ceux qui n'ont qu'une représentation idéalisée et rêvée de la littérature comme objet de dépaysement, etc.), ne dis au moins pas que c'est une idée scandaleuse !

Bonne… lecture ! 😉
Vous semblez maître dans les analogies à la Socrate. On dirait que ça marche, ça marche presque, mais en fait non.
Vous comparez E=MC2 à l'interprétation d'un livre. Outre le fait que la petite dizaine de physiciens assez brillants dans le monde pour comprendre pleinement la formule ont dû se retourner dans leur tombe, c'est pour le coup totalement spécieux. Vous parlez vous même d'ART (avec des majuscules en plus, ce qui enlaidie franchement le terme mais qu'importe). Si vous faites cette différence conceptuel implicite entre la SCIENCE et l'ART c'est bien qu'on ne peut monter une analogie facilement entre les deux. Le champ de l'interprétation scientifique n'est donc pas tout à fait le même que le champ d'interprétation littéraire ou artistique. Donc, non…ça ne marche pas.

En outre, je n'ai jamais dit que je faisais dire ce que je voulais au texte. Vous vous énervez, c'est certain, mais vous ne lisez pas. J'ai dit que je voulais pas être écrasé par l'auteur lorsque je lis un livre, ce qui me semble être la base de toute lecture. Si vous voulez lire un texte comme son auteur et seulement et absolument comme lui, alors écrivez le vous-même, parce qu'il y a forcément un déphasage entre l'auteur et le lecteur. Simplement parce que je ne suis pas lui et qu'il n'est pas moi.

Votre dernier paragraphe est si plein de mépris que je me demande même si c'est utile de répondre (vaine vanité ).

Déjà, sachez qu'il est assez mal poli de faire de quelqu'un (oui car en fait, derrière ces mots là, il y a quelqu'un) un "bon exemple". Votre message est un "bon exemple de message puant" mais je ne le dit pas, voyez-vous, parce que je sais que derrière il y a peut-être quelqu'un qui lui ne l'est pas. Bref.

En outre, je n'ai jamais dit que votre idée était scandaleuse. Ce n'est pas tout à fait la mienne. Vous êtes, vous, par contre, en train de mépriser tout ce qui ne vient pas de vous ou ne correspond pas à votre ligne. C'est l'idée que j'avance que vous trouvez scandaleuse et honteuse…pas le contraire. Contrairement à vous, je n'ai pas encore accumulé assez d'auto-suffisance pour juger si arbitrairement et si unilatéralement des idées des autres. Bref encore.

Enfin "Ceux qui n'ont qu'une ceux qui n'ont qu'une représentation idéalisée et rêvée de la littérature comme objet de dépaysement, etc" sont peut-être aussi certain des écrivains que vous lisez avec ferveur. Quoiqu'il en soit, il est certain que votre représentation ne fait pas rêver. Si lire c'est savoir ce que voulait dire l'auteur ; on devrait interviewer les Umberto Eco et les Schmitt pour savoir ce qu'ils veulent dire ; ça nous épargnerait la pénible lecture de livres qui, parfois, veulent nous dépayser.


Le mépris et la suffisance ne sont jamais très convainquant. Lorsqu'on se place si haut dans ses propres opinions que tout échange avec les pauvres mortels restés en bas est un crachat hautain, il ne reste qu'assez peu de place pour la discussion…
Juste quelques mots pour finir (de mon côté…) :
Leihe a écrit :Déjà, sachez qu'il est assez mal poli de faire de quelqu'un (oui car en fait, derrière ces mots là, il y a quelqu'un) un "bon exemple". Votre message est un "bon exemple de message puant" mais je ne le dit pas, voyez-vous, parce que je sais que derrière il y a peut-être quelqu'un qui lui ne l'est pas. Bref.
Si vous aviez relu, j'écrivais : "Enfin bon, votre texte est une bonne illustration", j'avais corrigé mon message juste après l'avoir posté…
Mais votre message sur le côté puant est un "bon exemple" de tolérance, de respect et d'humanisme, une bonne illustration de tout ce que vous croyez voir en mes messages.
Leihe a écrit :En outre, je n'ai jamais dit que votre idée était scandaleuse. Ce n'est pas tout à fait la mienne. Vous êtes, vous, par contre, en train de mépriser tout ce qui ne vient pas de vous ou ne correspond pas à votre ligne. C'est l'idée que j'avance que vous trouvez scandaleuse et honteuse…pas le contraire.
Le "scandale" c'était une reprise de votre propre terme, où vous disiez que votre propos était "scandaleux" : votre propos était loin de me scandaliser… mais je ne continue pas la phrase vous allez me trouver méprisant !
Sur l'idée de n'être pas de l'avis du mien, du mépris, du crachat, croyez-y si ça vous fait plaisir…

Parler à des murs ne sert pas à grand chose. Je vous laisse. Continuez de vous accrocher ainsi à votre idée !
Euh oui… c'est comme si tu décides d'interpréter E=MC2 à ta façon… que E renvoie à l'Ecologie et MC2 à MatièreCarbone2, c'est une interprétation, si ça te plaît ou t'amuse, mais … ce n'est pas ce qu'il veut dire au départ.

Oui, tu as le droit de dire ce que tu veux d'un livre, effectivement, si ça te chante.
Je confirme que l'analogie est plus que douteuse, une formule mathématique ne s'interprète pas, elle s'applique. L'art en revanche, est inévitablement (et malheureusement?) lié à l'interprétation, car c'est par elle que nous le lions au réel, que nous le tirons de son abstraction.
L'art en revanche, est inévitablement (et malheureusement?) lié à l'interprétation
Je dirais plutôt qu'il stimule immanquablement le discours (qui peut être interprétatif : mais pourquoi serait-ce malheureux ? =)), en même temps qu'il prend une distance critique vis-à-vis du langage. D'où ce paradoxe que nous avons la plupart du temps envie de parler de nos expériences esthétiques, tout en éprouvant de grandes difficultés à le faire dès lors où nous voulons développer un peu notre ressenti et nos idées.
Bonjour Leihe
Je suis d'accord sans restrictions avec votre premier message. Cela a d'ailleurs déjà été dit, par exemple par Proust à propos de la lecture, par Péguy à propos de l'analyse de texte (deuxième suite à Notre Patrie), et c'est encore plus grave pour l'art.

Il est particulièrement méritoire de le savoir, de le dire et de savoir le dire quand on fait de la philosophie, car, à part Schopenhauer, ce n'est pas courant. Et, pour en arriver au problème "Que veut dire étudier un livre ?", il reste à le lire lentement, à le relire, à le connaître par cœur. On s'aperçoit alors qu'on fait des fautes en le récitant, et par là que quelque chose encore vous a échappé. Ce mode d'étude, qui est celui du peintre qui copie un tableau, ne détruit pas l'envoûtement. Autrefois, j'avais organisé des réunions où l'on ne devait parler que de ce qu'on avait relu, mais l'expérience n'avait pas duré parce que l'usage le plus répandu est que moins on comprend, plus on explique, et les gens ont acquis des réflexes irrépressibles qui bazardent ce type de travail.

Il est curieux de voir tout l'acharnement qu'on met à scruter l'activité de l'auteur à côté d'une grande indifférence à l'égard de celle du lecteur. Mais on peut très bien l'observer: je lis, je parcours, je relis, je pense à autre chose, je reviens à la lecture, je note une phrase….Et ce cette observation, on peut tirer des conclusions, puis modifier des comportements. Je l'ai rarement vu faire.
Putakli a écrit :moins on comprend, plus on explique
A mon avis, (et dans mon cas), je préciserai que moins l'œuvre semble accessible, plus on a envie de l'examiner (ce qui ne veut pas dire vouloir l'expliquer).
Putakli a écrit :Il est curieux de voir tout l'acharnement qu'on met à scruter l'activité de l'auteur à côté d'une grande indifférence à l'égard de celle du lecteur. Mais on peut très bien l'observer: je lis, je parcours, je relis, je pense à autre chose, je reviens à la lecture, je note une phrase….Et ce cette observation, on peut tirer des conclusions, puis modifier des comportements. Je l'ai rarement vu faire.
L'indifférence à l'égard du lecteur est relative : pour ne citer que quelques exemples on s'intéresse beaucoup à la notion de "lecture", la sociologie de la lecture a bien apporté dans le domaine, quelques chercheurs veulent définir les différents types de lecture (dépaysement, manière de s'agréger à un groupe, collection…), et surtout nombreux sont les ouvrages qui présentent les lectures (interprétatives) de l'œuvre, que ce soit sous une rubrique précise ("critiques de l'œuvre"), de notes de bas de page, ou même de publications entières.
Rien qu'en pensant aux ouvrages destinés aux scolaires, les appareils critiques accordent une importance aux lectures de l'œuvre : c'est essentiel bien évidemment pour comprendre comment s'est construite la représentation de l'œuvre.