Aragon, C’est si peu dire que je t’aime

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous j'ai une lecture analytique sur ce poeme et je me demandé quel deuxieme axe je pourrai envisage sachant que je pense pour le premier : angoisse face à la vieilesse et que pour le deuxieme j'ai bien le lyrisme et la technique d'ecriture mais ils ne sont pas assez consistans pour en faire de axes a part ….


Merci de me répondre.

Texte :
C'est si peu dire que je t'aime

Comme une étoffe déchirée
On vit ensemble séparés
Dans mes bras je te tiens absente
Et la blessure de durer
Faut-il si profond qu'on la sente
Quand le ciel nous est mesure

C'est si peu dire que je t'aime

Cette existence est un adieu
Et tous les deux nous n'avons d'yeux
Que pour la lumière qui baisse
Chausser des bottes de sept lieues
En se disant que rien ne presse
Voilà ce que c'est qu'être vieux

C'est si peu dire que je t'aime

C'est comme si jamais jamais
Je n'avais dit que je t'aimais
Si je craignais que me surprenne
La nuit sur ma gorge qui met
Ses doigts gantés de souveraine
Quand plus jamais ce n'est le mai

C'est si peu dire que je t'aime

Lorsque les choses plus ne sont
Qu'un souvenir de leur frisson
Un écho des musiques mortes
Demeure la douleur du son
Qui plus s'éteint plus devient forte
C'est peu des mots pour la chanson

C'est si peu dire que je t'aime
Et je n'aurai dit que je t'aime
Bonsoir Boubou,

Il y a aussi la désillusion, la fin du désir, la difficulté d'inventer un autre langage amoureux…

En tout cas, ne sépare jamais le fond de la forme.
peut-on l'analysé en linéaire ou mieux vaut avoir un plan ?

1-angoisse face à la vieilesse
2-désillusion
3-la difficulté d'inventer un autre langage amoureux

je peux mettre ça comme axe ?
Je suis peut-être aveugle ou sourd, mais je retiens bien plus avec Jean-Luc la nécessité de créer un nouveau langage amoureux que toute idée dysphorique de peur, ou pire d'angoisse de la vieillesse ou de la mort. J'y vois plutôt un dialogue avec la poésie amoureuse prototypique du XVIe, qui elle, assignait justement à la vieillesse la fin du désir. Il s'agit, à rebours du Ronsard des Amours ou du Du Bellay de l'Olive de réconcilier vieillesse et amour, deux termes traditionnellement irréconciliables, dont la réunion tient potentiellement le langage en échec. Ce défi lancé au langage se manifeste par les oxymores ("dans mes bras je te tiens absente", si c'est pas merveilleux!), par l'incertitude d'une syntaxe qui flotte entre archaïsme et modernité (comme souvent chez le bon Louis) et puis par le titre : la formule sacralisée "je t'aime" est ici tenue en échec. Et en conclusion, je ferais ce qu'il ne faut pas faire, un éloge dithyrambique de ce poème, qui est quand même franchement génial.
Moi aussi je dois faire une analyse sur ce poème,
mais qu'est ce que je peux dire ? :/
Le sujet n'est peut-être plus d'actualité puisqu'on est en 2012, mais à tout hasard voici une suggestion.

Le poème me semble décrire parfaitement le désarroi d'un couple qui s'aime et sait plus passer à l'acte, en particulier la première strophe.
Usure du temps, changement, on sait qu'Aragon afficha clairement son homosexualité après la disparition d'Elsa, qui sait ?
La fin du voyage se profile, pourquoi ne pas encore aimer quand il est encore temps. Un autre vers est aussi parfaitement clair : "quand plus jamais ce n'est le mai" qui évoque le printemps et la symbolique de l'arbre de mai. Ou encore les premiers vers de la dernière strophe : "Lorsque les choses …"

Le refrain me gênait jusqu'à ce que je le dise en détachant les derniers mots :
C'est si peu dire que "je t'aime", comme y invite le vers "c'est peu des mots pour la chanson".
L'amant dit à la fois qu'il n'a que des mots à proposer pour convaincre et qu'il aimerait ne pas s'en contenter. Dans les deux cas les mots sont insuffisant, ils sont trop peu pour la chanson. Le terme "chose" n'est peut être pas là par hasard, Aragon n'ignorait certainement pas le texte de l'abbé Lattaignant (le mot et la chose).
Reste pour moi une incompréhension quel est le "son" dont la douleur demeure, dans la dernière strophe ?
léo a écrit :Reste pour moi une incompréhension quel est le "son" dont la douleur demeure, dans la dernière strophe ?
Peut-être le prénom?