Bonjour, je voudrai savoir ce qu'est "la situation de dialogue dans un poème" en effet j'ai une question de français, & mon professeur de français n'a pas souhaité nous répondre a cette question, nous n'avons jamais vu ce qu'étais "la situation de dialogue" … ?! ce qu'il me vient a l'idée c'est un dialogue intégré au poème avec la ponctuation habituelle mais il ne me semble pas que ça soit ça ! car dans le corpus ' Alberet samin, "Mon enfance Captive" Leopold Sedar Senghor "Priere aux masques" Jules Supervielle "La terre" et Victor Hugo "Parfois, lorsque tout dort, je m'assieds plein de joie" il n'y a aucun dialogue …
Merci de me répondre .
je suppose qu'en effet il s'agit de dialogue intégré dans le poème, comme par exemple dans les Fables de la Fontaine (dialogue du loup et de l'agneau, des animaux malades de la peste etc…)
Le soucis c'est que dans aucun des poeme y'a un dialogue ! =/. la suite de la question c'est "quel lien s'établit entre l'homme et sa terre ?" … & il n'y a pas de rapport …
Bonsoir,
Donne-nous au moins un ou deux de tes textes, on pourra mieux t'aider.
Muriel
d'accord je vous donne celui de Hugo
Parfois lorsque tout dort, je m'assieds plein de joie
Sous le dôme étoilé qui sur nos fronts flamboie ;
J'écoute si d'en faut il tombe quelque bruit ;
et l'heure vainement me frappe de son aile
Quand je contemple ému cette fête éternelle
Que le ciel rayonnant donne au monde la nuit !
Souvent alors j'ai cru que ces soleils de flamme
Dans ce monde endormi n'échauffaient que mon âme;
Qu'à les comprendre seul j'étais prédestiné ;
Que j'étais, moi, vaine ombre obscure et taciturne,
le roi mystérieux de la pompe nocturne ;
que le ciel pour moi seul s'était illuminé !
Bonjour Gaaelle,
Il n'y a pas de dialogue à proprement parler, mais on peut relever des "échanges" entre la nature et la subjectivité du poète. En d'autres termes, la nature "parle" au poète. Des sensations, puis des émotions se transforment en idées.
je ne vois pas ou la nature parle au poètes ?! Pouvez vous m'expliquez s'il vous plais ?
Visiblement dans ton corpus il n'est pas question de dialogue au sens strict mais plutôt d'échange non-verbal entre le poète et un élément naturel (la terre, le ciel, la nature, etc.)
"J'écoute "
"me frappe de son aile"
"Qu'à les comprendre seul j'étais prédestiné "
"que le ciel pour moi seul s'était illuminé "
"ces soleils de flamme "…."n'échauffaient que mon âme"
Il a la sensation que le ciel lui envoie des signes, des messages qu'il est le seul à percevoir et à comprendre. Il se montre attentif, à l'écoute tandis que tout est endormi.
Cherche le même principe dans les autres poèmes ou mets-les en ligne et nous pourrons voir si c'est bien cela.
Bonjour Gaaelle,
Si ! C'est parce que tu as fait une faute de frappe. Ce n'est pas :
J'écoute si d'en faut il tombe quelque bruit ;
c'est :
J'écoute si d'en haut il tombe quelque bruit ;
Le « bruit » n'est pas du bruit… : ce sont des "paroles/sens"… Alors, elles viennent de la nature avec un grand N ; pas très loin de venir de "Dieu" pour Hugo.
C'est un dialogue entre entre la Nature/Dieu et le poète, pour Hugo. Et même si ce n'est pas un "véritable" dialogue (pas de propositions, pas de réponses), il y a la perception d'une autre voix ; une voix non humaine, qu'il perçoit, qu'il interprète et dont il tient compte. Et qui mène à un dialogue entre le poète et le poète. Il est là le dialogue.
Muriel
La situation de dialogue n'est donc pas des paroles mais des emotions ressenti par le lecteur Murielle ?!
D'accord Ammy
Masque noir masque rouge, vous masques blanc - et noir -
Masques aux quatre points d'où souffle l'Esprit
Je vous salue dans le silence !
Et pas toi le dernier, Ancêtre à tête de lion.
Vous gardez ce lieu forclos à tout rire de femme, à tout
sourire qui se fane
Vous distillez cet air d'éternité où je respire l'air de mes
Pères.
Masques aux visages sans masque, dépouillés de toute fossette
comme de toute ride
Qui avez composé ce portrait, ce visage mien penché sur
l'autel de papier blanc
A votre image, écoutez-moi !
Voici que meurt l'Afrique des empires — c'est l'agonie
d'une princesse pitoyable
Et aussi l'Europe à qui nous sommes liés par le nombril.
Fixez vos yeux immuables sur vos enfants que l'on commande
Qui donnent leur vie comme le pauvre son dernier vêtement.
Que nous répondions présent à la renaissance du Monde
Ainsi le levain qui est nécessaire à la farine blanche.
Car qui apprendrait le rythme au monde défunt des machines
et des canons ?
Qui pousserait le cri de joie pour réveiller morts et orphe-
lins à l'aurore ?
Dites, qui rendrait la mémoire de vie à l'homme aux espoirs
éventés ?
Ils nous disent les hommes du coton du café de l'huile
Ils nous disent les hommes de la mort.
Nous sommes les hommes de la danse, dont les pieds
reprennent vigueur en frappant le sol dur.
Mon enfance captive a vécu dans des pierres,
Dans la ville où sans fin, vomissant le charbon,
L'usine en feu dévore un peuple moribond.
Et pour voir des jardins je fermais les paupières…
J'ai grandi ; j'ai rêvé d'orient, de lumières,
De rivages de fleurs où l'air tiède sent bon,
De cités aux noms d'or, et, seigneur vagabond,
De pavés florentins où traîner des rapières.
Puis je pris en dégoût le carton du décor
Et maintenant, j'entends en moi l'âme du nord
Qui chante, et chaque jour j'aime d'un coeur plus fort
Ton air de sainte femme, ô ma terre de Flandre,
Ton peuple grave et droit, ennemi de l'esclandre,
Ta douceur de misère où le coeur se sent prendre,
Tes marais, tes prés verts où rouissent les lins,
Tes bateaux, ton ciel gris où tournent les moulins,
Et cette veuve en noir avec ses orphelins…
(Dans ce texte j'ai relever les "ton" & "mon" je ne sais pas si c'est juste.)
La Terre
Petit globe de cristal,
Petit globe de la terre,
Je vois au travers de toi
Ma jolie boule de verre.
Nous sommes tous enfermés
Dans ton sein dur et sévères
Mais si poli, si lustré
Arrondi par la lumière.
Les uns: ce cheval qui court
Une dame qui s'arrête
Cette fleur dans ses atours
Un enfant sur sa planète.
Les autres : assis à tables
Ou fumant un petit peu,
D'autres couchés dans lae sable
Ou chauffant leurs mains au feu,
Et nous tournons sur nous- mêmes
Sans vertige et sans efort
Pareils au ciel, à ses pierres
Nous luissons comme la mort.
En quelque sorte des émotions mais surtout une sensation que la Nature, le ciel, Dieu, comme on veut, lui parle d'une certaine façon, où qu'il a un lien privilégié avec un pays ou un élément symbolique de ce pays.
Effectivement dans les autres poèmes on retrouve la même chose : le poète se sent en contact (non-verbal) étroit avec un élément qu'il a l'impression de comprendre mieux que les autres.
avec les masques : "je vous salue" "vous" "toi" "ils nous disent"
avec un lieu aimé : "j'entends en moi l'âme du nord
Qui chante" et oui il lui parle en la tutoyant et il y a une alternance 1ère et 2ème personne
avec la terre : même principe, il lui dit "toi", il a l'impression de "voir en elle"
Merci enormement Ammy ! Un lien se crée donc entre le poete et la terre , celui de mieux la comprendre , d'etre fidele a elle ?