Bonjour, en lettres modernes ma prof nous a donné un sujet un peu complexe, à savoir de comparer deux tragédies, En attendant Godot de Beckett et Phèdre de Racine.
Après avoir lu les deux pièces, trois thèmes majeurs m'ont semblé être les clés du sujet: l'aspect divin, la fatalité et la notion de héros.
Le seul bémol, je ne sais comment articuler ces trois thèmes sous forme de comparaison.
Je pars de l'idée que ce sont les fondamentaux de la tragédie même, et en fait ma problématique.
Si vous pouvez m'aider et me conseiller. Je vous en serai très reconnaissant.
Bonjour,
Avez-vous pu les lire, l’une l’autre, ces tragédies ?
La plus ancienne, celle de Racine, fait appel au classicisme antique. Elle est écrite en alexandrins, et pas des moindres, quant à la justesse du verbe et des personnages. Ainsi que le veut le thème, étant une tragédie Phèdre, l’héroïne meurt à la fin, après tourments amoureux.
Le texte plus récent de Beckett (appelé cependant tragédie) n’est pas basé sur les mêmes fondamentaux, ni ressorts, il ne traite pas des sentiments humains, d’amour et de raison, mais de l’absence de héros "on ne le verra jamais Godot" <c'est un comme comme l'Arlésienne>, personne ne le connait, on ne saura même pas l'identifier réellement, on en offrira un léger contour, <la barbe> chacun des protagoniste n’osant dire où il l'a connu, ni ce qu’il attend de lui. Aucune divinité en cela. - Rien - Ces êtres s’ennuient, passent le temps, émettent quelques billevesées ça et là, avec un soupçon d’humour, lorsqu’ils parlent de l’arbre par exemple. Le tragique ici, c’est la viduité des individus, cette désespérance inavouable.
Je crois que vous devriez peut-être trouver à vous projeter sur un site, la pièce – non pas de Phèdre -, mais à tout le moins celle de Beckett, cela vous ferait percevoir que ces deux représentations n’ont rien en commun quant maux messages ni même au contenu.
Le premier texte est 100 % académique par sa lecture en vers, le second est minimaliste, à texte décousu et ne dénonce pas des comportements, mais parle de solitude, d’absurdité et chacun est amené en principe à se demander : Qu’est-ce qui est absurde dans la vie : les grands et petits sentiments, ou l’absence de ceux-ci ?
Tentez d’aller lire plus avant ces deux textes géants, mais à l’opposé l’un de l’autre.
Oui je les ai lu, pourtant notre prof exige une étude comparative mettant en relief aussi bien les différences que les points communs. Et je ne vous cache pas qu'il est très difficile d'en trouver !!
re →
Les différences sont évidentes, plurielles et fondamentales :
- But de la tragédie : absolument pas identique, je l'évoquais plus haut (l'une est bâtie sur les personnages antiques - riches ; la seconde sur des êtres contemporains peu reluisants) La première se termine par la mort de l'héroïne, la seconde par la mort du sujet (personne) qui n'a jamais existé que dans le vent de deux têtes.
- Verbe, expressions, structures : aucune de semblable.
- Univers, temps et lieu : de même,
- Nombre de personnages : idem.
L'une des tragédies fait appel à la composition, riche, savante et rythmée, très structurée, tandis que l'autre, dé-construit et manie l'art de l'ellipse, et du peu d'expression; filtre cependant un brin d'humour, tandis que dans Phèdre, on ne voit pas d'humour filtrer ou que cela soit.
Je vais réfléchir pour tenter, de mémoire de comprendre où sont et se situeraient les convergences ? Dans la fatalité, celle du naufrage de n'importe quel individu, quel qu'il soit dont parleraient les auteurs ?
Dites moi ce que vous en pensez :
I. Les personnages: de l'individualité à l'héroisme
A. Des causes différentes pour une même fin
B. L'anéantissement de la condition humaine
II. Le thème de la mort: une catastrophe inévitable
A. Attendre Godot c'est attendre la mort
B. Phèdre, ou l'implacable course contre la mort
III. Les divinités :
A. La croyance en la fatalité et la présence des dieux
B. Godot l'homme sans dieu
boopy a écrit :I. Les personnages: de l'individualité à l'héroisme
Je ne vois pas. Votre phrase signifie, à tout le moins je l'entends ainsi, que l'individu deviendrait héroïque, au sens du sacrifice. Or, personne, ni dans un texte ni dans un autre n'est vertueux. Il meurt sans se sacrifier, il s'éteint de désespoir. Il ne donne pas sa vie pour en sauver une autre.
A. Des causes différentes pour une même fin
Dans le premier sujet, il n'y a pas de cause, il n'y a que le vide (certes la fin sera identique - la Mort).
B. L'anéantissement de la condition humaine
Vous exprimez ici, je crois le contraire de la portée philosophique de la "condition humaine" qui est de mourir. Si nous parlons de son anéantissement, nous évoquons la vie. ? <
par certaine de me faire comprendre>II. Le thème de la mort: une catastrophe inévitable
Oui mais pourquoi dire catastrophe. II. La mort : phénomène inévitable.
A. Attendre Godot c'est attendre la mort
Pas du tout, ici c'est inventer la vie, c'est encore parler de soi, échanger, dire encore, même ce n'existe pas. C'est prolonger ses propres instants quitte à inventer n'importe quelle histoire, mais partager encore !
B. Phèdre, ou l'implacable course contre la mort
Phèdre doit mourir car elle s'est laissée envahir par ses désirs qu'elle n'a su maîtriser, la mort ici tient l'image de la rédemption torturée, par le drame qu'elle seule s'est créé.
A. La croyance en la fatalité et la présence des dieux
Pourquoi, comment ?
B. Godot l'homme sans dieu
Godot n'est pas un homme <
on ne le sait pas d'ailleurs, existe-t-il ou non>, mais il n'est certes pas un dieu, il ne prend vie que dans l' imaginaire.
Ne vous découragez pas, mais je ne vois pas bien votre plan. Je dois dire que j'ai pas eu le temps de comparer ni de penser beaucoup à la juxtaposition de ces deux textes. Je souhaite que d'autres intervenants vous aident aujourd'hui. On ne peut cependant pas dire que vous ne vous interrogez pas.
Navrée !c'est plus une maladresse de formulation mais les idées sont bonnes : ce serait plutôt : En attendant Godot ou l'absence de Dieu. Il y a bien détresse de l'homme suite à l'abandon de Dieu (diverses allusions au Christ, à la terre sainte etc..). Même si les personnages luttent et attendent, on en peut pas variment être optimiste (dire qu'ils attendent la mort n'est pas faux, si c'est bien justifié, ça ira)