Un adverbe modifiant un adjectif doit-il faire partie du groupe adjectival ou du groupe verbal ?

Langue française

19 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour,

Dans la phrase suivante :
Les gens de la campagne sont souvent robustes.
J'analyse en disant que le groupe verbal possède deux sous-groupes (distincts) :

* le groupe adverbial "souvent"
* le groupe adjectival "robustes"

Je considère que "souvent" ne fait pas partie du groupe adjectival.
Je me demande si je n'ai pas tord puisque "souvent" modifie l'adjectif "robustes".

Qu'en pensez-vous ?
Bonjour Franc,

Je pense que « souvent », ici, modifie le verbe. Si nous avions :
- Les gens de la campagne sont souvent très robustes
« très » modifierait l'adjectif.

Muriel
D'ailleurs, l'adverbe de temps souvent est déplaçable, ce qui montre bien qu'il n'est pas solidaire du groupe adjectival. On pourrait même dire que c'est un complément de phrase.
"Souvent, les gens de la campagne sont robustes."

Alors qu'on ne pourrait pas dire :
"Très, les gens de la campagne sont robustes."
Ce qui montre qu'un adverbe comme très, lui, serait bien solidaire de l'adjectif.
Oui, tout à fait d'accord avec vos réponses (ou presque) !

Je m'interroge sur ceci :
On pourrait même dire que c'est un complément de phrase.
Quelle fonction exacte aurait ce complément ? Complément circonstanciel de … ?

Jusqu'ici, je croyais qu'un adverbe pouvait modifier soit un verbe, soit un adjectif, soit un autre adverbe.

Je ne dis pas que Jehan à tord; au contraire, j'apprécie (j'étudie) sa réponse.

Avant la réflexion de Jehan, si je m'étais corrigé, j'aurais dit que "souvent" modifie le sens du verbe "sont". En effet, le verbe "être" utilisé sans adverbe laisse la possibilité de croire qu'il n'y a pas d'exception. On vient donc modifié le sens du verbe "être" par l'adverbe "souvent".

Les gens de la campagne sont robustes. (on peut sous-entendre "toujours" !)
Les gens de la campagne sont souvent robustes.

Le fait de pouvoir déplacer l'adverbe en début de phrase signifierait-il
qu'il ne modifie pas le sens du verbe ?

PS Merci Jehan pour l'astuce du déplacement de l'adverbe; cela peut-être bien utile !
Comme souvent est un adverbe de temps (comme indiqué dans ma réponse) ce serait un CC de temps.

Ici, ce n'est pas uniquement le verbe "sont" qui est modifié.
Ce n'est pas seulement le fait d'être qui est fréquent.
On voit mal à quoi cela correspondrait.
Ce qui est fréquent, c'est le fait, pour les gens de la campagne, d'être robustes.
C'est pour cela qu'ici l'on peut considérer que ce CC modifie en fait toute la phrase.
D'accord !

Merci pour vos réponses =) et bonne journée.
Bonjour,

Je me permets de compléter le sujet par un autre exemple.
On marchait lentement dans les sentiers du bois.
Lentement
Nature - Adverbe de manière
Fonction - Complément circonstanciel de manière du verbe "marchait".

Remarque : il semble important de toujours préciser le verbe sur lequel s'applique le CC :
en précisant le verbe, on précise la proposition (ou le groupe verbal ? ) sur laquelle s'applique le CC.

Il semble que lorsqu'un adverbe modifie le sens d'un verbe il modifie également le sens de la proposition.
Cela rejoint un peu ce que Jehan disait.

Dites-moi ce que vous en pensez svp. Merci.
Les compléments circonstanciels, que l’on rattachait traditionnellement au verbe, sont « aujourd’hui » appelés compléments de phrase (sauf ceux qui sont essentiels : je vais à Paris…).
Bonjour à tous.

Excusez-moi, Anne, de tarder dans mes remerciements !

Notez-bien que Anne a bien fait de mettre "aujourd'hui" entre guillemets car …

dans le Bled 6e-5e 2009, je trouve uniquement des c.c.
et jamais de complément de phrase
!

Je ne suis pas sûr de bien vous comprendre quand vous dites :
sauf ceux qui sont essentiels : je vais à Paris…
Vous voulez dire que, dans ce cas, "à Paris", dans la grammaire "d'aujourd'hui" :

- ne peut-être simplement analyser comme "complément de phrase"
- mais doit être analyser comme c.c. ?

Merci de m'éclairer sur ce point.
Dans Je vais à Paris, "à Paris" n'est pas un complément circonstanciel, donc pas un complément de phrase. C'est un complément essentiel (non supprimable) du verbe.
Si vous faites une recherche avec "complément essentiel" vous trouverez des tas de sites.
Voir par exemple le Rapport de mission sur l'enseignement de la grammaire
d'Alain Bentolila [lien invalide] et https://www.etudes-litteraires.com/grammaire//analyse10.htm

Je ne sais pas àù en est la réforme proposée, et visiblement les éditeurs ne l'ont pas intégrée ce qui a provoqu" sur ce site des questions d'ensieignents déstabilisés, et aussi des échanges passionnés entre les tenants du CC et ceux du COI pour ce "Je vais à Paris" !
Merci Anne pour votre réponse.

Dans ma grammaire traditionnelle, j'ai exactement cet exemple !
"Je vais à Paris". C'est analysé comme un cc de lieu.

J'apprécie beaucoup votre 2e lien et en particulier cette phrase :
À la grammaire traditionnelle avec ses définitions et méthodes d'analyse, vient se superposer la nouvelle grammaire qui apporte à son tour un nouveau vocabulaire et une approche différente de l'analyse grammaticale des compléments.
J'ai effectivement l'impression que la "nouvelle grammaire" ajoute des précisions
non explicitées par le passé (dans les grammaires scolaires);
je pense en particulier aux "déterminants". Qu'en pensez-vous ?

"à Paris", un COI !
Cela m'étonne car un co est l'objet ( ou l'être ! ) qui subit l'action exprimée par le verbe.
Hors il me semble difficile d'exprimer une pensée qui serait que
"Paris" subirait l'action de … "aller" … exercé par moi-même
Or il me semble difficile d'exprimer une pensée qui serait que
"Paris" subirait l'action de … "aller" … exercée par moi-même.
Et dans "Je regagne Paris" ? Paris subit-il davantage l'action de "regagner" ?
Paris est pourtant bien un CO… et même ici un COD.

La notion d'objet est plus large que le fait de "subir"…
C'est ce à quoi s'applique l'action exprimée par le verbe.
Bonjour Jehan.
Paris subit-il davantage l'action de "regagner" ?
Non. Mais plutôt ceci :
Paris subit-il davantage l'action d'être "regagner" ?
L'expression elle-même est un peu spéciale …
même si elle est couramment employée.

Mon explication sera donc également une peu … spéciale !

On regagne … ce que l'on a perdu.

Le Parisien regagne ce qu'il a perdu* : sa chère ville !

Cette ville subit donc l'action d'être regagner par cet homme.
C'est ce à quoi s'applique l'action exprimée par le verbe.
Oui : d'accord.

Et peut-être aussi
C'est ce sur quoi s'applique l'action exprimée par le verbe.
* en la quittant.
Le Parisien regagne ce qu'il a perdu* : sa chère ville !
Cette ville subit donc l'action d'être regagnée par cet homme
.
Et pour "Il gagne Paris" ?
Cet homme gagne une chose qu'il n'a pas encore : un trésor (à ce qu'il paraît).

La chose* subit l'action d'être gagnée par un homme.

Vous le savez : c'est une expression française.
C'est au "figuré", l'explication est donc encore … spéciale.

* ici une ville.
Mis à part l'inadéquat verbe "subir", c'est bien ce que je voulais vous faire dire…
Il gagne Paris, c'est un COD.
Il rejoint Paris, c'est un COD.
Il rallie Paris, c'est un COD.
Un complément d'objet.
Même s'il indique le lieu de destination.

Il va à Paris, c'est aussi un complément essentiel d'objet (COI)
Il indique aussi le lieu de destination.

Il habite Paris, c'est un COD, un complément d'objet, même s'il indique le lieu.
Il habite à Paris, c'est un COI, un complément d'objet, même s'il indique le lieu.

Si l'action d'habiter est "subie" par Paris dans la première phrase, je ne vois pas pourquoi elle cesserait de l'être dans la seconde phrase, sinon par pur formalisme.
Je reviens sur ce que j'ai dit sur la première page
car je commence à comprendre …

Je suis en train de démonter ma bonne grammaire traditionnelle
en écoutant trop les explications de la nouvelle !

Les gens de la campagne sont souvent robustes.
Oui, "souvent" est déplaçable et supprimable …
ce qui n'en fait pas forcément un c.c. !

Jehan disait :
Comme souvent est un adverbe de temps (comme indiqué dans ma réponse) ce serait un CC de temps.

Ici, ce n'est pas uniquement le verbe "sont" qui est modifié.
Ce n'est pas seulement le fait d'être qui est fréquent.
On voit mal à quoi cela correspondrait.
Ce qui est fréquent, c'est le fait, pour les gens de la campagne, d'être robustes.
C'est pour cela qu'ici l'on peut considérer que ce CC modifie en fait toute la phrase.
Selon ma grammaire traditionnelle, je dirais que "souvent" est adverbe du verbe "est".
Il modifie le sens du verbe en précisant que ce n'est ni "toujours" ni "jamais" mais "souvent".
Je note que le verbe "être" est un verbe attributif. Le sujet, le verbe et l'attribut
sont donc étroitement unis; on parle d'ailleurs de verbe copule ! C'est significatif !
Il paraît donc normal qu'un adverbe puisse modifier le sens ces trois éléments ensemble
(donc de la proposition).

Maintenant, pour ceci :
Les gens de la campagne sont très robustes.
Ici, "très" est un adv. modifiant "robustes".

Ici, l'adverbe ne modifie pas le verbe donc n'affecte pas la proposition entière …

PS Je vois qu'il y a eu "croisement" de messages.
Je répondrai donc bientôt par un autre message.
Si l'action d'habiter est "subie" par Paris dans la première phrase,
je ne vois pas pourquoi elle cesserait de l'être dans la seconde phrase, sinon par pur formalisme.
La grammaire traditionnelle me fait dire que :

Dans la première phrase, la ville est considérée comme un objet (que l'on gagne).
La phrase est au sens figuré : la ville est considérée comme un trésor etc.

Dans la seconde, la ville est considérée comme un lieu (où l'on habite, vers lequel on va …)
La phrase a un sens propre : c'est vraiment cette ville que j'habite.
N'avais-je pas raison, quand je parlais de débat passionné… et sans solution quand les bases de chacun ne sont pas les mêmes
… les circonstanciels obligatoires. P.ex. Pierre habite Paris (non prépositionnel) et Pierre … séjourne/va/vit à Paris … (non prépositionnels)…
Un épais brouillard continue à noyer la ligne de faîte des objets seconds et des circonstanciels obligatoire
Grammaire critique du français, Wilmet, § 607
Oui, compléter* l'ancienne par la nouvelle
semble quelquefois enrichissant
mais quelquefois aussi destructeur …

Je me le tiens pour dit.

Je suis toujours intéressé - bien entendu - par les échanges de vues.

* je dis cela sans être très expert en la matière; manquait-il quelque chose à l'ancienne ?
Mis à part quelques détails.

Par exemple, j'aime considérer le part. passé épithète
comme un adjectif verbal (sans l'écrire toutefois !).
Les participes présents le sont. Pourquoi pas les part. passé ?
Mais c'est un détail.