Comme disait Alain, apprendre en s'amusant est davantage une manière d'édulcorer la réalité : Pour trouver un plaisir dans la lecture, il faut d'abord durant un temps se forcer à des lectures qui ne nous plaisent pas : question de motivation…
Ils ne lisent que des œuvres de seconde valeur, où tout est disposé pour plaire au premier regard ; mais en se livrant à des plaisirs faciles, ils perdent un plus haut plaisir qu'ils auraient conquis par un peu de courage et d'attention. Il n'y a point d'expérience qui élève mieux un homme que la découverte d'un plaisir supérieur, qu'il aurait toujours ignoré s'il n'avait pas pris d'abord un peu de peine.
C'est une façon élitiste et presque prétentieuse de voir les choses…
En quoi apprendre en s'amusant édulcore la réalité ? Expliquez moi comment j'ai pu, en apprenant mes tables de multiplications en riant, édulcorer les mathématiques ? Ais-je sucré Napoléon en apprenant la date de son Sacre ? Vous confondez "apprendre en s'amusant" et "vulgarisation", ce qui n'est pas exactement la même chose…
En outre, lire n'est pas apprendre et se forcer à la lecture d'un livre c'est le meilleur moyen pour ne rien retirer de lui : ni plaisir ni ouverture. Il n'est en aucune question de motivation, mais de maturité littéraire et simplement…de goût. Ais-je le droit de ne pas aimer Balzac ? Est-ce que je dois le lire jusqu'à ce que la mort ou l'habitude s'en suive ? Jusqu'à ce qu'à force de pousser douloureusement mon regard sur ces lignes elles finissent aussi blanches et transparentes que la page qui les porte ?
Une œuvre littéraire peut-être riche et plaisante, un livre peut-être profond et vivant. J'ai sûrement plus extrait du
Petit Prince que des
Illusions Perdues, sans doute plus de certaines historiettes de mes J'aime Lire d'enfance que des pages de Flaubert… Quand vous pourrez mesurer exactement nos regard sur des mots, vous pourrez peut-être construire vos mètres étalon des Grandes-Œuvres-à-lire-même-si-elles-ne-nous plaisent-pas, pour l'instant, ce n'est pas le cas.
Bref, il serait peut-être judicieux d'atteindre un peu pour Montaigne, cela n'empêchera pas, je vous rassure, d'y revenir plus tard…
Pour revenir plus précisément au sujet, je trouve que Barjavel, avec des livres comme
La nuit des temps,
Le voyageur imprudent (le voyage dans le temps ça marche bien, non ?) ou
L'Enchanteur, est plutôt bien pour un premier pas dans une bibliothèque.
Des livres de Fantasy peuvent aussi être, je pense, de bons déclencheurs de bibliophagie aiguë. Si les ouvrages courts sont rares (ou plutôt, je ne les connais pas), les livres sont souvent tellement prenant que le nombre important peu dès qu'on a lu les trois premières. Le
Seigneur des Anneaux n'est sans doute pas évident au départ. Peut-être la
Belgariade et la
Mallorée de David Eddings : des personnages vivants et drôles, une histoire simple mais prenante, un univers dans lequel on rentre
facilement. Pierre Botero et
La quête d'Ewilan pourrait même convenir…
Les Fourmis de Werber ?
Le successeur de Pierre de Truong ?
Fondation d'Asimov ?
Les Royaumes du Nord de Philip Pullmann ? (l'exemple parfait qu'une littérature dîtes de
secondes zones peut être d'une richesse et d'une profondeur incroyable).
Sinon…peut-être qu'en lui glissant subrepticement un Harry Potter dans le sac…