Conseils de lecture pour un élève de seconde

Littérature

57 réponses · Page 1 / 3

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je m'occupe d'un jeune élève de 2nde qui a des difficultés scolaires. Il a de grosses lacunes et n'a pas intégré toutes les bases, notamment en français (orthographe défaillante et vocabulaire restreint). Il est plutôt scientifique, ne lit jamais et me regarde bizarrement quand je lui parle de "plaisir de lecture".
Pourtant, je ne désespère pas lui faire découvrir un jour la lecture sous toutes ses formes…

C'est pourquoi je me tourne vers vous : quel livre (plutôt court et vivant de préférence) puis-je lui faire lire pour commencer cette initiation ? (petite précision : il aime notamment le rugby, l'informatique et la série Dexter)

Et plus largement, comment faire aimer lire ?

Merci pour toutes vos suggestions !
Comme disait Alain, apprendre en s'amusant est davantage une manière d'édulcorer la réalité : Pour trouver un plaisir dans la lecture, il faut d'abord durant un temps se forcer à des lectures qui ne nous plaisent pas : question de motivation…
Je te conseillerais cependant , pour débuter, des nouvelles notamment de Maupassant ( Le Horla ou autres ) . Ensuite, il faudrait que de sa propre initiative il se rende compte de l'apport de la lecture. Ceci dit, il ne sort pas tant que ça du " stéréotype " de l'élève de seconde d'aujourd'hui, peu lisent…
=)
Bonjour,

S'il déteste lire, je ne lui donnerais certainement pas du Maupassant (que je n'aime pas du tout d'ailleurs 😜 !), peut-être quelque chose de plus 'facile à lire', plus récents, moins classique… Quelque chose en rapport avec ses centres d'interêt, sans toutefois être infantillisant…
Mais bon, je n'ai pas du tout les mêmes centres d'interêt que lui, donc je ne peux pas t'aider sur ce point.

Par contre, Benji713, je ne suis pas du tout d'accord avec ce que tu dis (ni avec ce que dit Alain aussi, apparemment). Je ne vois pas pourquoi il faudrait se forcer à lire des livres qui ne nous plaisent pas. La lecture doit être avant tout un plaisir : j'irai même jusqu'à dire que le plaisir en doit être (tout du moins pour moi) l'objectif principal.
D'ailleurs, comment peut-on être 'motivé' pour lire des livres 'qui ne nous plaisent pas', si on n'a pas auparavant éprouvé un certain plaisir à la lecture ?

Imminielle.
peut-être les nouvelles de Garcia Marquez ou Luis Sepulveda (par ex Le Vieux qui lisait des romans d'amour) ou Jorge Amado. L'avantage de la littérature latino c'est qu'il se passe beaucoup de choses, ça peut éveiller l'intérêt de l'adolescent peut enclin à fournir un effort de concentration, il y a des personnages attachants, des scènes d'amour très suggestives qui attireront peut-être son attention dans un premier temps… J'ai commencé à lire ce genre de livres au collège. Sinon La vie devant soi de Romain Gary : l'histoire d'un jeune adolescent parisien élevé par une ancienne maquerelle, ses déboires racontés dans sa langue de "jeune". Au niveau du style ça devrait pas bloquer ce jeune lecteur!
S'il aime Dexter il devrait lire les romans de Jeff Lindsay, qui ont inspiré la série. C'est très bien écrit, et partager le quotidien d'un justicier tueur de criminels est vraiment passionnant.
😜 Je cite Alain :

" Je n'ai pas beaucoup confiance dans ces jardins d'enfants et autres inventions au moyen desquelles on veut instruire en amusant. La méthode n'est déjà pas excellente pour les hommes. Je pourrais citer les gens qui passent pour instruits, et qui s'ennuient à La Chartreuse de Parme ou au Lys dans la vallée. Ils ne lisent que des œuvres de seconde valeur, où tout est disposé pour plaire au premier regard ; mais en se livrant à des plaisirs faciles, ils perdent un plus haut plaisir qu'ils auraient conquis par un peu de courage et d'attention. Il n'y a point d'expérience qui élève mieux un homme que la découverte d'un plaisir supérieur, qu'il aurait toujours ignoré s'il n'avait pas pris d'abord un peu de peine. Montaigne est difficile ; c'est qu'il faut d'abord le connaître, s'y orienter, s'y retrouver ; ensuite seulement on le découvre. "
La citation d'Alain est franchement discutable ; je rejoins l'avis d'Imminielle. Il ne faut pas se forcer à lire, c'est le meilleur moyen d'en être dégoûté. Toutes les lectures sont bonnes même si certains livres ne sont pas des chefs d'oeuvre, c'est déjà bien de lire.
ded a écrit :Il est plutôt scientifique
Jules verne? Isaac Asimov?
Sans aucun doute : Fahrenheit 451. 😉
Comme disait Alain, apprendre en s'amusant est davantage une manière d'édulcorer la réalité : Pour trouver un plaisir dans la lecture, il faut d'abord durant un temps se forcer à des lectures qui ne nous plaisent pas : question de motivation…
Ils ne lisent que des œuvres de seconde valeur, où tout est disposé pour plaire au premier regard ; mais en se livrant à des plaisirs faciles, ils perdent un plus haut plaisir qu'ils auraient conquis par un peu de courage et d'attention. Il n'y a point d'expérience qui élève mieux un homme que la découverte d'un plaisir supérieur, qu'il aurait toujours ignoré s'il n'avait pas pris d'abord un peu de peine.
C'est une façon élitiste et presque prétentieuse de voir les choses…
En quoi apprendre en s'amusant édulcore la réalité ? Expliquez moi comment j'ai pu, en apprenant mes tables de multiplications en riant, édulcorer les mathématiques ? Ais-je sucré Napoléon en apprenant la date de son Sacre ? Vous confondez "apprendre en s'amusant" et "vulgarisation", ce qui n'est pas exactement la même chose…

En outre, lire n'est pas apprendre et se forcer à la lecture d'un livre c'est le meilleur moyen pour ne rien retirer de lui : ni plaisir ni ouverture. Il n'est en aucune question de motivation, mais de maturité littéraire et simplement…de goût. Ais-je le droit de ne pas aimer Balzac ? Est-ce que je dois le lire jusqu'à ce que la mort ou l'habitude s'en suive ? Jusqu'à ce qu'à force de pousser douloureusement mon regard sur ces lignes elles finissent aussi blanches et transparentes que la page qui les porte ?

Une œuvre littéraire peut-être riche et plaisante, un livre peut-être profond et vivant. J'ai sûrement plus extrait du Petit Prince que des Illusions Perdues, sans doute plus de certaines historiettes de mes J'aime Lire d'enfance que des pages de Flaubert… Quand vous pourrez mesurer exactement nos regard sur des mots, vous pourrez peut-être construire vos mètres étalon des Grandes-Œuvres-à-lire-même-si-elles-ne-nous plaisent-pas, pour l'instant, ce n'est pas le cas.

Bref, il serait peut-être judicieux d'atteindre un peu pour Montaigne, cela n'empêchera pas, je vous rassure, d'y revenir plus tard…

Pour revenir plus précisément au sujet, je trouve que Barjavel, avec des livres comme La nuit des temps, Le voyageur imprudent (le voyage dans le temps ça marche bien, non ?) ou L'Enchanteur, est plutôt bien pour un premier pas dans une bibliothèque.

Des livres de Fantasy peuvent aussi être, je pense, de bons déclencheurs de bibliophagie aiguë. Si les ouvrages courts sont rares (ou plutôt, je ne les connais pas), les livres sont souvent tellement prenant que le nombre important peu dès qu'on a lu les trois premières. Le Seigneur des Anneaux n'est sans doute pas évident au départ. Peut-être la Belgariade et la Mallorée de David Eddings : des personnages vivants et drôles, une histoire simple mais prenante, un univers dans lequel on rentre facilement. Pierre Botero et La quête d'Ewilan pourrait même convenir…

Les Fourmis de Werber ?
Le successeur de Pierre de Truong ?
Fondation d'Asimov ?
Les Royaumes du Nord de Philip Pullmann ? (l'exemple parfait qu'une littérature dîtes de secondes zones peut être d'une richesse et d'une profondeur incroyable).

Sinon…peut-être qu'en lui glissant subrepticement un Harry Potter dans le sac…
Werber, Asimov, Bradbury (Les Chroniques martiennes, pas seulement Fahrenheit 451) sont des bonnes idées, d'autant plus que le fantastique / SF est au programme de Seconde…
Si le but est de le faire lire pour améliorer la maîtrise de la langue, davantage que pour lui faire découvrir les chefs-d'œuvre de la littérature, n'hésitez pas aussi à taper dans le polar / thriller contemporain, type Harlan Coben.
J'ai aussi vu une élève de Seconde récalcitrante à la lecture s'enthousiasmer pour L'Attrape coeur de Salinger.
La lecture est si liée à la contrainte pour certains que ce ne serait pas une mauvaise idée de lui proposer la première page d'une dizaine de livres, pour qu'il choisisse celui qu'il préfère… Oui, l'effort intellectuel mène vers des beautés insoupçonnées ; cependant, le premier livre que j'ai lu, ce n'était pas Le Lys dans la vallée, c'était Oui-Oui, et je ne serais sans doute pas allé vers le premier si je n'avais pas adoré le second dix ans avant.
Merci pour vos nombreuses et diverses suggestions. N'hésitez pas à continuer, toutes les idées sont les bienvenues !

Je vais aller puiser dans chacune d'entre elles et lui laisser, en définitive, le choix entre toutes.

Concernant la question de l'apprentissage en s'amusant, mon intention n'est pas de le "bassiner" avec les classiques, d'autant qu'il rejette déjà suffisamment tout ce qu'il est censé apprendre à l'école. Je souhaite avant tout lui proposer des pistes afin qu'il développe de lui-même sa curiosité et n'aie plus besoin de moi pour aller lire ce qu'il veut, que ce soit Flaubert, Barjavel, Philip Pulmann ou autres…
Leihe a écrit :
Comme disait Alain, apprendre en s'amusant est davantage une manière d'édulcorer la réalité : Pour trouver un plaisir dans la lecture, il faut d'abord durant un temps se forcer à des lectures qui ne nous plaisent pas : question de motivation…
Ils ne lisent que des œuvres de seconde valeur, où tout est disposé pour plaire au premier regard ; mais en se livrant à des plaisirs faciles, ils perdent un plus haut plaisir qu'ils auraient conquis par un peu de courage et d'attention. Il n'y a point d'expérience qui élève mieux un homme que la découverte d'un plaisir supérieur, qu'il aurait toujours ignoré s'il n'avait pas pris d'abord un peu de peine.
C'est une façon élitiste et presque prétentieuse de voir les choses…
En quoi apprendre en s'amusant édulcore la réalité ? Expliquez moi comment j'ai pu, en apprenant mes tables de multiplications en riant, édulcorer les mathématiques ? Ais-je sucré Napoléon en apprenant la date de son Sacre ? Vous confondez "apprendre en s'amusant" et "vulgarisation", ce qui n'est pas exactement la même chose…

En outre, lire n'est pas apprendre et se forcer à la lecture d'un livre c'est le meilleur moyen pour ne rien retirer de lui : ni plaisir ni ouverture. Il n'est en aucune question de motivation, mais de maturité littéraire et simplement…de goût. Ais-je le droit de ne pas aimer Balzac ? Est-ce que je dois le lire jusqu'à ce que la mort ou l'habitude s'en suive ? Jusqu'à ce qu'à force de pousser douloureusement mon regard sur ces lignes elles finissent aussi blanches et transparentes que la page qui les porte ?

Une œuvre littéraire peut-être riche et plaisante, un livre peut-être profond et vivant. J'ai sûrement plus extrait du Petit Prince que des Illusions Perdues, sans doute plus de certaines historiettes de mes J'aime Lire d'enfance que des pages de Flaubert… Quand vous pourrez mesurer exactement nos regard sur des mots, vous pourrez peut-être construire vos mètres étalon des Grandes-Œuvres-à-lire-même-si-elles-ne-nous plaisent-pas, pour l'instant, ce n'est pas le cas.

Bref, il serait peut-être judicieux d'atteindre un peu pour Montaigne, cela n'empêchera pas, je vous rassure, d'y revenir plus tard…

Pour revenir plus précisément au sujet, je trouve que Barjavel, avec des livres comme La nuit des temps, Le voyageur imprudent (le voyage dans le temps ça marche bien, non ?) ou L'Enchanteur, est plutôt bien pour un premier pas dans une bibliothèque.

Des livres de Fantasy peuvent aussi être, je pense, de bons déclencheurs de bibliophagie aiguë. Si les ouvrages courts sont rares (ou plutôt, je ne les connais pas), les livres sont souvent tellement prenant que le nombre important peu dès qu'on a lu les trois premières. Le Seigneur des Anneaux n'est sans doute pas évident au départ. Peut-être la Belgariade et la Mallorée de David Eddings : des personnages vivants et drôles, une histoire simple mais prenante, un univers dans lequel on rentre facilement. Pierre Botero et La quête d'Ewilan pourrait même convenir…

Les Fourmis de Werber ?
Le successeur de Pierre de Truong ?
Fondation d'Asimov ?
Les Royaumes du Nord de Philip Pullmann ? (l'exemple parfait qu'une littérature dîtes de secondes zones peut être d'une richesse et d'une profondeur incroyable).

Sinon…peut-être qu'en lui glissant subrepticement un Harry Potter dans le sac…
Je ne pensais pas devoir davantage développer. Question de modération d'interprétation.
Vos tables, les avez-vous apprises de votre propre initiative ? Non. Dans un premier temps, on a dû vous forcer à les apprendre. Il en est de même des matières qu'on apprend au collège et lycée : dans un premier temps, on force l'élève à découvrir différentes matières qu'il appréciera peut-être par la suite.
Les Harry Potter sont parfaits pour ce genre de choses.
Mon cousin de 10 ans détestait lire jusqu'à ce qu'on lui offre un HP. Il commençait à lire une page/jour, en se forçant, et puis progressivement, c'est devenu 10 pages.
La saga des Fourmis de Bernard Werber pourrait l'intéresser c'est simple,amusant et assez court
Benji713 a écrit :Non. Dans un premier temps, on a dû vous forcer à les apprendre. Il en est de même des matières qu'on apprend au collège et lycée : dans un premier temps, on force l'élève à découvrir différentes matières qu'il appréciera peut-être par la suite.
Lire et apprendre sont deux chose différentes, même si l'apprentissage et la lecture peuvent se croiser. Vous avez une vision atrocement scolaire de la lecture et une conception de l'apprentissage qui ferait frémir nombre de pédagogues. Prendre un livre et s'y plonger s'est autre chose que réviser laborieusement des dates d'un cours d'Histoire ou des formules de mathématique. Lire c'est autre chose qu'apprendre le livre qu'on tient entre nos mains. Évidemment que l'on peut apprendre en lisant mais ce n'est pas tout, et cet apprentissage peut prendre d'autre formes qu'un travail douloureux et fastidieux. En niant le plaisir simple et spontanée qu'on peut avoir en lisant, vous faites de la lecture quelque chose de morne, plat et poussiéreux. Vous dites dans un autre message, avec une once de mépris, que les élèves de seconde lisent peu. Mais, plutôt que de lancer des vérités vrais de ce type, il serait peut-être intelligent de comprendre les raisons de ce désamour. Il est certain que, si c'est votre vision de la lecture qui prévaut dans l'imaginaire des adolescents, la lecture ne les tente pas particulièrement.

Bref, j'ai pensé à Artemis Fowl Eoin Colfer. C'est prenant et plutôt fin. En plus, il y a de l'informatique, tout ça tout ça…
Benji713 a écrit :Non. Dans un premier temps, on a dû vous forcer à les apprendre. Il en est de même des matières qu'on apprend au collège et lycée : dans un premier temps, on force l'élève à découvrir différentes matières qu'il appréciera peut-être par la suite.
Et puis aussi, on le frappe avec de gros livres et on lui fait manger des pages pour qu'il intègre tout ça beaucoup mieux. Le soir, il ne dort pas sur un matelas, mais sur des couvertures de livres rigides. Et s'il tente de dire que c'est le meilleur moyen de l'en dégoûter, on l'écrase entre des exemplaires monumentaux de L'Education Sentimentale et de Le lys dans la vallée. Peut-être que comme ça, il aimera lire, qui sait…

La culture et le plaisir dans l'effort ne peuvent aller de soi pour quelqu'un qui n'a pas d'affinités particulières avec la lecture. Et pour quelqu'un qui en a, s'il peut en tirer du plaisir, c'est uniquement parce qu'il sait que la lecture ne s'y réduit pas, et que souffrir un peu sur des textes difficiles lui fera tout de même découvrir de nombreuses choses.

Penses-tu que seul l'académisme est formateur? Si on s'en était tenu à un apprentissage rigide d'une tradition littéraire incommensurable, il n'y aurait eu ni de Flaubert, ni de Balzac. Si on s'en était tenu à des modèles d'oeuvres tout faits, il n'y aurait eu ni Rubens, ni Monet, ni Van Gogh, ni Cézanne. Ni Apollinaire… Et j'en passe.

Tu crois qu'aimer lire, c'est souffrir sur un texte, parce que tu crois que la "bonne littérature", celle que les professeurs de français imposent à des élèves trop jeunes pour la comprendre, qui n'ont pas encore une maturité littéraire suffisante, est la seule de laquelle on puisse tirer un apprentissage. Mais laisse-moi te dire qu'en sous-entendant que lire, c'est apprendre, comme lorsque l'on apprend des tables de multiplications, tu fais une grave confusion.


Edit : et s'il ne les apprécie pas? On l'enferme à vie entre des pages de Zola, pour ne plus l'entendre crier et le laisser se noyer dans tous ces mots qu'il ne comprend pas?
Oregann a écrit :Edit : et s'il ne les apprécie pas? On l'enferme à vie entre des pages de Zola, pour ne plus l'entendre crier et le laisser se noyer dans tous ces mots qu'il ne comprend pas?
Non. On lui propose Mallarmé en échange 😀 !
C'est beaucoup plus formateur.
Oui Harry Potter a réussi à ramener beaucoup d'enfants vers la lecture, c'est une solution à essayer !

Je n'ai pas encore enseigné pour être sûre de ce que j'avance, mais il me semble qu'un roman issu d'un pays "inhabituel" serait peut-être plus attrayant qu'un bon gros classique français.

Je pense par exemple aux romans japonais ou africains ou d'ailleurs encore. Littérairement parlant, il y en a qui valent le détour et ils auraient aussi l'avantage d'emmener le lecteur vers un autre horizon que celui qu'on lui impose toujours en cours de français.

Au Japon, il y en a un qui, à mon sens, est susceptible de beaucoup plaire aux ados, c'est Haruki Murakami avec ses romans qui mêlent à la fois un peu de fantastique et un peu de science-fiction.

Je connais moins la littérature africaine mais j'ai eu un immense coup de coeur pour L'Aventure Ambigue de Cheikh Hamidou Kane. C'est magnifiquement écrit et ça porte sur le choc entre la culture traditionnelle musulmane du Sénégal et la colonisation occidentale.
Oregann a écrit :
Benji713 a écrit :Non. Dans un premier temps, on a dû vous forcer à les apprendre. Il en est de même des matières qu'on apprend au collège et lycée : dans un premier temps, on force l'élève à découvrir différentes matières qu'il appréciera peut-être par la suite.
Et puis aussi, on le frappe avec de gros livres et on lui fait manger des pages pour qu'il intègre tout ça beaucoup mieux. Le soir, il ne dort pas sur un matelas, mais sur des couvertures de livres rigides. Et s'il tente de dire que c'est le meilleur moyen de l'en dégoûter, on l'écrase entre des exemplaires monumentaux de L'Education Sentimentale et de Le lys dans la vallée. Peut-être que comme ça, il aimera lire, qui sait…

]Vous semblez rester sur une différence de nuance qui m'est peu favorable : Je n'ai jamais parlé de forcer les élèves à lire, cependant pour passer de Harry Potter à Flaubert, il faut une part de motivation importante ! Si je soutiens tant cette idée, c'est qu'étant passé par là - et ça ne remonte pas à si longtemps - , pour commencer La Condition Humaine, le début a été très douloureux pour moi qui n'avais jamais lu d'oeuvre littéraire . J'ai donc dû me forcer considérablement à lire et aujourd'hui, je peux profiter et apprécier la littérature ! Chose que je n'aurais jamais faite si dans un premier temps je ne m'étais pas forcé.


La culture et le plaisir dans l'effort ne peuvent aller de soi pour quelqu'un qui n'a pas d'affinités particulières avec la lecture. Et pour quelqu'un qui en a, s'il peut en tirer du plaisir, c'est uniquement parce qu'il sait que la lecture ne s'y réduit pas, et que souffrir un peu sur des textes difficiles lui fera tout de même découvrir de nombreuses choses.

Penses-tu que seul l'académisme est formateur? Si on s'en était tenu à un apprentissage rigide d'une tradition littéraire incommensurable, il n'y aurait eu ni de Flaubert, ni de Balzac. Si on s'en était tenu à des modèles d'oeuvres tout faits, il n'y aurait eu ni Rubens, ni Monet, ni Van Gogh, ni Cézanne. Ni Apollinaire… Et j'en passe.

Tu crois qu'aimer lire, c'est souffrir sur un texte, parce que tu crois que la "bonne littérature", celle que les professeurs de français imposent à des élèves trop jeunes pour la comprendre, qui n'ont pas encore une maturité littéraire suffisante, est la seule de laquelle on puisse tirer un apprentissage. Mais laisse-moi te dire qu'en sous-entendant que lire, c'est apprendre, comme lorsque l'on apprend des tables de multiplications, tu fais une grave confusion.


Edit : et s'il ne les apprécie pas? On l'enferme à vie entre des pages de Zola, pour ne plus l'entendre crier et le laisser se noyer dans tous ces mots qu'il ne comprend pas?
Vous semblez rester sur une différence de nuance qui m'est peu favorable : Je n'ai jamais parlé de séquestrer les élèves afin qu'ils lisent, cependant pour passer de Harry Potter à Flaubert, il faut une part de motivation importante ! Si je soutiens tant cette idée, c'est qu'étant passé par là - et ça ne remonte pas à si longtemps - , pour débuter La Condition Humaine, le début a été très douloureux pour moi qui n'avais jamais lu d'oeuvre littéraire . J'ai donc dû me forcer considérablement à lire et aujourd'hui, je peux profiter et apprécier la littérature ! Chose que je n'aurais jamais faite si dans un premier temps je ne m'étais pas forcé.
Ceci-dit il me semble que, compte tenu du sujet proposé, ma remarque était quelque peu déplacée. Cependant je la défends entièrement.