Une formulation équivoque : Jean affirme que Pierre a tué sa femme

Langue française

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour : Comment doit-on comprendre , l'expression suivante :
"Jean affirme que Pierre a tué sa femme".
S'agit-il de la femme de Pierre ou de la femme de Jean ?
Quelle formulation ( la plus concise possible) proposez-vous pour :
1°) exprimer qu'il s'agit de la femme de Pierre
2°) exprimer qu'il s'agit de la femme de Jean ?
Merci pour commentaires.
Comment doit-on comprendre , l'expression suivante :
"Jean affirme que Pierre a tué sa femme".
Moi, je comprends "sa femme" comme "la femme de Jean", mais dans l'absolu, les deux sont possibles… Tout dépend du contexte. Peut-être dire "Jean affirme que Pierre a tué sa propre femme", si on fait allusion à la femme de Pierre ?
Pour ma part, lorsque je lis hors de son contexte : « Jean affirme que Pierre a tué sa femme. » , je comprends qu’il s’agit de la femme de Pierre que celui-ci aurait tuée et que Jean accuse. Mais il se pourrait aussi bien qu’il s’agisse du meurtre ou de l’assassinat par Pierre de la femme de Jean l’accusateur.
En fait, ce qui est certain c’est que Jean affirme que Pierre a tué une femme ; mais on ne sait pas exactement s’il s’agit de la femme de Jean l’accusateur ou de la femme de Pierre l’accusé .

Pourtant s’il s’était agi d’un objet et non d’une personne il aurait été possible de lever cette incertitude en écrivant : « Jean affirme que Pierre lui a brûlé son livre » : il s’agirait ici du livre de Jean .

Utiliser cette formulation lorsque l’objet est une personne n’est peut-être pas très orthodoxe car change le style ou le ton, voire le sens. En effet, dire « Jean affirme que Pierre lui a tué sa femme » n’est pas exactement équivalent à «Jean affirme que Pierre a tué sa femme », si l’on veut dire qu’il s’agit de la femme de Jean. La formulation employant le pronom « lui », ne se borne pas à dire que Jean affirme que sa femme a été tuée par Pierre, elle ajoute dans une certaine mesure le grief personnel que le meurtre de sa femme aurait causé à Jean : « Pierre lui a tué sa femme » a un autre effet que « Pierre a tué sa femme ».
Si l’on veut exprimer , hors de tout contexte, et sans incertitude « Jean affirme que Pierre a tué sa femme » étant entendu qu’il s’agit de la femme de Jean , la forme passive semble préférable : « Jean affirme que sa femme a été tuée par Pierre. »
Voyez-vous une autre façon de résoudre cette difficulté ou cette incertitude par une formulation la plus courte possible ( pour chaque sens ) ?
Pour lever toute équivoque, il est préférable de modifier la phrase. On pourra écrire, si Pierre est l'assassin de sa propre épouse : Pierre a tué sa femme. Jean en est convaincu.
Et si la femme de Jean a été tuée par Pierre, on utilisera en effet la forme passive:Jean affirme que sa femme a été tuée par Pierre. =)
La plupart des propositions ne lèvent pas l'ambiguité.

Plusieurs recours sont possibles en français moderne pour lever l'ambiguïté référentielle :
- Le recours à l'adjectif propre : Jean affirme que Pierre a tué sa propre femme.
- Le recours au pronom personnel d'insistance : Jean affirme que Pierre lui a tué sa femme.
Delisa a écrit :Pour lever toute équivoque, il est préférable de modifier la phrase. On pourra écrire, si Pierre est l'assassin de sa propre épouse : Pierre a tué sa femme. Jean en est convaincu.
Et si la femme de Jean a été tuée par Pierre, on utilisera en effet la forme passive:Jean affirme que sa femme a été tuée par Pierre. =)
Bonjour, merci pour votre proposition.
Mais vous changez le sens dans le cas où jean veut dire que la victime est la femme de Pierre.
L'idée exprimée est seulement " jean affirme quelque chose.." .Cela n'implique pas que ce qu'il affirme soit vrai ! On ne peut donc pas commencer par déclarer "Pierre a tué sa femme" mais plutôt "la femme de Pierre a été tuée", et compléter par " Jean affirme que Pierre est responsable, ou est le meurtrier,…".
Pour dire qu'il s'agit de la femme de Pierre, la formulation " Jean affirme que Pierre a tué sa propre femme" n'est pas totalement satisfaisante : elle laisse subsister un doute car "propre" pourrait aussi se référer à Jean .
Force est de constater que la langue française ne permet pas toujours de traduire facilement et de façon concise toutes les pensées même les plus simples en apparence . Il faut recourir à des périphrases alors qu'il suffirait de fixer certaines règles complémentaires de syntaxe.
Ainsi dans le cas présent si la règle imposait que l'objet possédé doit appartenir au dernier titulaire cité avant l'adjectif possessif, la question serait réglée . Si la règle disait au contraire que l'objet possédé doit appartenir au premier titulaire cité la question serait également réglée, mais dans l'autre sens. Toutefois, pour cela il faudrait que cette règle existe ( ou plus exactement eût existé ou existât… est-ce bien cela ? ) .
Comme elle n'existe pas, on est obligé soit de vivre dans le flou ou l'incertitude, soit d'employer des périphrsases laborieuses pour préciser ce que l'on veut dire exactement.
Qu'en pensez-vous ?
Certes, vous avez raison. Cependant, il est courant de rencontrer dans un roman ce genre de phrase ( je fais allusion à celle proposée dans mon précédent message.) À savoir:Pierre a tué sa femme. Jean en est convaincu. Cette phrase n'implique pas nécessairement une certitude.
Elle est écrite dans le style indirect libre. Et dans ce cas, rien ne peut donner à penser que Jean a raison. Le doute persiste. On peut mettre un point-virgule entre les deux propositions pour en faire davantage ressortir le lien. Pierre a tué sa femme ; Jean en est convaincu.
Dans le discours indirect libre et dans le cas présent, ces phrases sont attribuées à Jean.
Votre avis?
Merci pour votre réponse. Bien sûr, si l’on connaît le contexte il n’y a pas de problème.
C’est lorsque l’on cite la phrase hors de son contexte que le doute apparaît.
La langue française est utile dans d’autres occasions que la rédaction d’histoires pour passer le temps, de poésies ou de romans où l’exactitude n’est pas le souci principal et où l’erreur est sans conséquences graves.
Ainsi je pense à la rédaction de sujets d’examen, de livres pour l’enseignement d’une discipline scientifique ou même autre que scientifique, de rapports d’expertise judiciaire, de jugements, d’instructions militaires, de textes de lois, etc … Tous ces textes sont très importants car ils peuvent avoir des conséquences incalculables s’ils sont mal rédigés et s’ils comportent plusieurs interprétations possibles.
Dans un roman ou une poésie, l’auteur peut volontairement introduire une formulation dubitative, c’est son droit. Mais dans une loi, un règlement, une décision de justice ou dans un livre de cours, cela est toujours fautif et inadmissible . Il faut donc bien connaître sa langue si ce que l’on écrit doit avoir quelque conséquence sur la vie des autres.
Pour ceux qui aiment la littérature et qui sont à la recherche d’un genre nouveau, je propose de tenter un roman sur le doute formel , l’incertain et le flou généralisé. Chaque phrase, bien que grammaticalement correcte comporterait une indétermination et obligerait le lecteur à interpréter constamment . Hélas, le pauvre aurait vite le vertige voire la nausée, ce qui établirait qu’il est impossible de se satisfaire de l’incertitude et de la fausseté.
Cette conviction m’est venue lors d’un examen , à la lecture du sujet comportant une erreur rendant la question incompréhensible. Je ressens le même genre de révolte intérieure lorsque je trouve des erreurs ou des coquilles dans des livres censés expliquer les choses à des élèves.
Bonjour,
tout d'abord, détrompez-vous lorsque vous dites que l'exactitude n'est pas un souci dans les romans, nouvelles, ou autres! Les phrases incomplètes, les expressions désordonnées, les fausses propositions, mais aussi la syllepse, l'anacoluthe, le zeugme etc. sont traqués sans pitié par l'écrivain et, surtout…l'éditeur! N'allez pas croire que sous prétexte de présenter une fiction, l'auteur peut écrire n'importe comment! Et le lecteur, contrairement à ce que vous pensez, doit pouvoir comprendre le sens des phrases. L'ambiguïté et l'équivoque doivent être absentes du texte. Le fait d'entretenir un mystère ou un doute concerne rarement la construction des phrases. L'exemple que vous citiez, "Jean affirme que Pierre a tué sa femme" sera rendu clair d'une façon ou d'une autre. Je vous l'ai dit dans mon précédent message, l'essentiel sera de savoir de quelle femme il est question. Après l'auteur met le doute ou non sur le fait de savoir si Jean a réellement raison, et c'est tout autre chose!
Dans un tribunal, ou la beauté du style compte peu, on s'arrangera pour être clair: Jean Dupond affirme que Pierre Durand a tué sa femme, Marguerite Durand.
Bien sûr, nous vous avons répondu sur cet exemple ( et c'était bien votre question: comment comprenez-vous cette phrase?)
Vous parlez d'un examen, ou le sujet comportait une erreur rendant la question incompréhensible. S'il s'agissait d'une erreur, je suppose qu'après "réclamation" et réparation, le texte du sujet devenait plus clair?
J'espère que nos réponses vous auront quand même été utiles. =)
Oui, merci à Delisa pour ses commentaires.
Je voulais simplement souligner que certains textes peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie des gens, alors que d'autres beaucoup moins.
Pour ma part je suis toujours exaspéré par une coquille dans un livre destiné à l'enseignement, rendant impossible la bonne compréhension .
Je me souviens avoir été convoqué à une nouvelle épreuve d'examen à cause d'une coquille ou de la mauvaise rédaction d'un problème. Cela est inadmissible .
Une maladresse ou une faute de l'auteur d'un roman dans l'écriture d'une phrase ne fera que me conduire à penser qu'il était inattentif ou ignorant ; cela ne changera rien à mon destin.
Je me souviens avoir été convoqué à une nouvelle épreuve d'examen à cause d'une coquille ou de la mauvaise rédaction d'un problème. Cela est inadmissible .
Inadmissible ? Le principal, au bout du compte, c'est que toi tu aies pu être admis. =)
Bien sûr, de telles erreurs sont regrettables.
Mais comme tu sais, l'erreur est humaine.
Il nous arrive à tous de commettre des erreurs… Même à toi, je suppose ! 😉
Non, une erreur de rédaction dans une épreuve d'examen est inadmissible.
De même une explication incompréhensible ou une coquille dans un livre scolaire est inacceptable.
A mon avis, ce n'est parce que certains peuvent pardonner que toutes les fautes doivent être acceptées. On ne peut contraindre quiconque à pardonner aux fautifs.
A mon avis, ce n'est pas parce que certains peuvent pardonner que toutes les fautes doivent être acceptées. On ne peut contraindre quiconque à pardonner aux fautifs.
Non, évidemment, il ne s'agit pas d'accepter toutes les fautes. Les fautes doivent être rectifiées.
Mais dès lors que la faute est reconnue et rectifiée, que doit-on faire aux "impardonnables" fautifs ? Les pendre haut et court en place publique ? On ne peut pas dire que tu sois très nuancé dans tes appréciations et tes jugements…