à Philadelphe O’Neddy, poèteAlors voilà, nous sommes deux élèves de première L révisant leurs oraux de français. Nous aurions besoin d'aide, tout d'abord au sujet du "je" lyrique présent dans le poème.
L’un se fait comte au bas d’un madrigal ;
Celui-ci, marquis dans un almanach.
Mercier.
J’ai caressé la mort, riant au suicide,
Souvent et volontiers quand j’étais plus heureux ;
De ma joie ennuyé je la trouvais aride,
J’étais las d’un beau ciel et d’un lit amoureux.
Le bonheur est pesant, il assoupit notre âme.
Il étreint notre cœur d’un cercle étroit de fer ;
Du bateau de la vie il amortit la rame ;
Il pose son pied lourd sur la flamme d’enfer,
Auréole, brûlant sur le front du poète,
Comme au pignon d’un temple un flambeau consacré ;
Car du cerveau du Barde, arabe cassolette,
Il s’élève un parfum dont l’homme est enivré. —
C’est un oiseau, le Barde ! il doit rester sauvage :
La nuit, sous la ramure, il gazouille son chant :
Le canard tout boueux se pavane au rivage,
Saluant tout soleil ou levant ou couchant. —
C’est un oiseau, le Barde ! il doit vieillir austère,
Sobre, pauvre, ignoré, farouche, soucieux,
Ne chanter pour aucun, et n’avoir rien sur terre
Qu’une cape trouée, un poignard et les Cieux ! —
Mais le barde aujourd’hui, c’est une voix de femme,
Un habit bien collant, un minois relavé,
Un perroquet juché chantonnant pour madame,
Dans une cage d’or un canari privé ;
C’est un gras merveilleux versant de chaudes larmes
Sur des maux obligés après un long repas ;
Portant un parapluie, et jurant par ses armes ;
L’électuaire en main invoquant le trépas,
Joyaux, bals, fleurs, cheval, château, fine maîtresse,
Sont les matériaux de ses poèmes lourds :
Rien pour la pauvreté, rien pour l’humble en détresse ;
Toujours les souffletant de ses vers de velours.
Par merci ! voilez-nous vos airs autocratiques ;
Heureux si vous cueillez les biens à pleins sillons !
Mais ne galonnez pas, comme vos domestiques,
Vos vers qui font rougir nos fronts ceints de haillons.
Eh ! vous de ces soleils, moutonnier parélie !
De cacher vos lambeaux ne prenez tant de soin :
Ce n’est qu’à leur abri que l’esprit se délie ;
Le barde ne grandit qu’enivré de besoin !
J’ai caressé la mort, riant au suicide,
Souvent et volontiers, quand j’étais plus heureux ;
Maintenant je la hais, et d’elle suis peureux,
Misérable et miné par la faim homicide.
Notre plan est le suivant :
I- Un témoignage
II - Un manifeste politique
III - Un parcours poétique
Nous avons relevé de nombreux points : l'image du "poète maudit ", les modalités qui expriment sa colère, les énumérations, les injonctions, la personnification de la mort, les topos romantiques …
En revanche certaines choses restent floues :les références explicites et implicites à des personnes telles que " Mercier" " O'neddy "…
Quelqu'un pourrait - il nous aider à mieux comprendre ce poème, et si vous avez d'autres points importants que vous avez relevés, pouvez - vous nous en faire part ? SVP
Merci d'avance !



