Balzac, La Peau de chagrin, II - Le lendemain, vers midi, la belle Aquilina se leva…

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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AU SECOURS !!!!!!!!!!!

Bonjour,
Je suis en 2nde et je dois faire un commentaire sur l'utilisation du registre fantastique puis la critique de la societe qu'il développe dans cet l'extrait qui suit :
Le lendemain, vers midi, la belle Aquilina se leva, bâillant, fatiguée, et les joues marbrées par les empreintes du tabouret en velours peint sur lequel sa tête avait reposé. Euphrasie, réveillée par le mouvement de sa compagne, se dressa tout à coup en jetant un cri rauque ; sa jolie figure, si blanche, si fraîche la veille, était jaune et pâle comme celle d'une fille allant à l'hôpital. Insensiblement les convives se remuèrent en poussant des gémissements sinistres, ils se sentirent les bras et les jambes raidis, mille fatigues diverses les accablèrent à leur réveil. Un valet vint ouvrir les persiennes et les fenêtres des salons. L'assemblée se trouva sur pied, rappelée à la vie par les chauds rayons du soleil qui pétilla sur les têtes des dormeurs. Les mouvements du sommeil ayant brisé l'élégant édifice de leurs coiffures et fané leurs toilettes, les femmes frappées par l'éclat du jour présentèrent un hideux spectacle : leurs cheveux pendaient sans grâce, leurs physionomies avaient changé d'expression, leurs yeux si brillants étaient ternis par la lassitude. Les teints bilieux qui jettent tant d'éclat aux lumières faisaient horreur, les figures lymphatiques, si blanches, si molles quand elles sont reposées, étaient devenues vertes ; les bouches naguère délicieuses et rouges, maintenant sèches et blanches, portaient les honteux stigmates de l'ivresse. Les hommes reniaient leurs maîtresses nocturnes à les voir ainsi décolorées, cadavéreuses comme des fleurs écrasées dans une rue après le passage des processions. Ces hommes dédaigneux étaient plus horribles encore. Vous eussiez frémi de voir ces faces humaines, aux yeux caves et cernés qui semblaient ne rien voir, engourdies par le vin, hébétées par un sommeil gêné, plus fatigant que réparateur. Ces visages hâves où paraissaient à nu les appétits physiques sans la poésie dont les décore notre âme, avaient je ne sais quoi de féroce et de froidement bestial. Ce réveil du vice sans vêtements ni fard, ce squelette du mal déguenillé, froid, vide et privé des sophismes de l'esprit ou des enchantements du luxe, épouvanta ces intrépides athlètes, quelque habitués qu'ils fussent à lutter avec la débauche. Artistes et courtisanes gardèrent le silence en examinant d'un œil hagard le désordre de l'appartement où tout avait été dévasté, ravagé par le feu des passions. Un rire satanique s'éleva tout à coup lorsque Taillefer, entendant le râle sourd de ses hôtes, essaya de les saluer par une grimace ; son visage en sueur et sanguinolent fit planer sur cette scène infernale l'image du crime sans remords. Le tableau fut complet. C'était la vie fangeuse au sein du luxe, un horrible mélange des pompes et des misères humaines, le réveil de la débauche, quand de ses mains fortes elle a pressé tous les fruits de la vie, pour ne laisser autour d'elle que d'ignobles débris ou des mensonges auxquels elle ne croit plus. Vous eussiez dit la Mort souriant au milieu d'une famille pestiférée : plus de parfums ni de lumières étourdissantes, plus de gaieté ni de désirs ; mais le dégoût avec ses odeurs nauséabondes et sa poignante philosophie, mais le soleil éclatant comme la vérité, mais un air pur comme la vertu, qui contrastaient avec une atmosphère chaude, chargée de miasmes, les miasmes d'une orgie !
(JE SUIS SINCEREMENT DESOLEE QUE VOUS AYEZ A LIRE TOUT CECI )

Mon problème est que je ne trouve pas ce passage fantastique DU TOUT !!! J'ai besoin d'aide Je l'avoue je m'y prend tard mais je ne savais pas que je me heurterais a un aussi gros soucis
Bonsoir, avant de paniquer, il faudrait peut-être rechercher ce qu'est le "fantastique"… Il y a un "que sais-je?" très bien fait à ce sujet. Critique de la société et fantastique ne seront surtout pas à opposer dans le commentaire ( pas de I/ le fantastique et de II/ critique de la société) c'est leur entrelac qu'il faut mettre en avant et comment le fantastique participe-t-il de la critique.
S'il est trop tard, je peux te donner quelques pistes mais je ne ferai pas ton commentaire: distingue fantastique de merveilleux (au brouillon, pas dans la copie) et recherche les topoï (lieux communs) du fantastique: le réveil par exemple et les jeux ( combien de réveils? Quelle(s) réalité(s) alors éprouvée(s)? ), l'étrange et sa gradation et les moyens employés ( comparaisons? Métaphores? Métonymies? Ellipse? ) de façon à étudier la tonalité. L'énonciation (qui raconte ?) est à étudier ainsi que la focalisation (point de vue: peut être interne, externe, omnisciente, focalisation avec ou focalisation zéro)
Les temps verbaux sont à étudier dans le texte c'est à dire à relever mais aussi à interpréter ( valeur des participes présents et passés, imparfait - qui n'est pas "le temps qui dure" ainsi que la ponctuation ( les phrases sont-elles longues, courtes, quelle tonalité, y-a-t-il une progression)
A noter aussi l'importance du point d'exclamation final et à commenter

Une fois cela fait, relève des mots clés sur lesquels t'appuyer. Il faut voir aussi s'il y a des répétitions et comment l'auteur joue-t-il avec cela + à étudier l'ouverture et la clôture du texte (le mouvement)
A mettre en contexte en conclusion avec d'autres textes fantastiques critiquant la société dans la même veine ainsi que des tableaux ( ce n'est pas très dur à trouver et ce sera apprécié)
Sur ce, bon courage, en espérant que cette petite méthode rassurera. J'oubliais: étudie l'onomastique, c'est à dire les noms choisis sans psychologiser pour autant. Cela permettra de voir sur quels plans se situent les personnages ( place de "la Mort" par exemple)
Merci beaucoup, vous me sauvez la et effectivement j'ai essayee de trouver les preuves que vous indiquez et cela semble coherant. Maintenant il ne me reste plus qu'a rediger

Encore merci infiniment