Antihéros féminins dans la littérature

Littérature

18 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Il existe de nombreux antihéros dans la littérature mais presque tous (à ma connaissance) sont des hommes.

A l'exception de l'exquise Marquise de Merteuil, connaissez-vous d'autres antihéros féminins de la littérature française ou étrangère?
Bonsoir.

Vous pouvez déjà consulter ceci : Les femmes farouches dans la Littérature Française.

Cordialement.
Merci pour votre réponse mais ce n'est pas exactement "femme farouche" que j'entends par antihéros. Si je prends le cas de Merteuil (qui peut être considérée comme une "femme farouche") c'est que je trouve qu'elle est davantage un antihéros du fait de sa noirceur et de son machiavélisme (voire sadisme).

D'autre part, je ne comprends pas pourquoi cette discussion a été classée parmi les entraides scolaires alors que je pose cette question pour ma curiosité personnelle, d'autant plus que je suis loin du temps du lycée…exaspérant.
(Je suppose que l'on a supposé que j'étais en terminale littéraire à cause de ma mention de la Marquise de Merteuil)

Du reste pour mieux orienter la discussion, je cherche des antihéros de la même espèce que Humbert Humbert (Lolita) ou Jean-Bapstiste Grenouille (Le Parfum).

Un antihéros suscite l'antipathie rappelons-le.
rotation a écrit :D'autre part, je ne comprends pas pourquoi cette discussion a été classée parmi les entraides scolaires alors que je pose cette question pour ma curiosité personnelle, d'autant plus que je suis loin du temps du lycée…exaspérant.
Bonjour,

La brièveté de votre demande ne permettait pas de le savoir.
Je redéplace donc la discussion… et n'irai pas d'un « exaspérant », moi…

Muriel
Emma Bovary.

Par ailleurs je ne sais pas si on peut limiter l'anti-héros à la réaction qu'il suscite chez le lecteur, cela me paraît trop fluctuant, comme critère de définition. Beaucoup de lecteurs sont fascinés par Merteuil, c'est peut-être d'ailleurs le plus mauvais exemple. (Si on est féministe, on peut même considérer que la marquise est un exemple, ou une avant-gardiste, etc).
Pour moi, l'anti-héros est davantage celui qui n'accomplit rien, qui ne sort vainqueur d'aucune épreuve, ou se trouve toujours contrarié dans ses projets en termes de schéma actanciel et d'intrigue, par exemple (je pense à Frédéric Moreau).
rotation a écrit :Merci pour votre réponse mais ce n'est pas exactement "femme farouche" que j'entends par antihéros. Si je prends le cas de Merteuil (qui peut être considérée comme une "femme farouche") c'est que je trouve qu'elle est davantage un antihéros du fait de sa noirceur et de son machiavélisme (voire sadisme).
Vous trouverez néanmoins des références satisfaisantes dans la rubrique que j'ai mentionnée ci-haut.

Cordialement.
Lysdanslavallee a écrit :Pour moi, l'anti-héros est davantage celui qui n'accomplit rien, qui ne sort vainqueur d'aucune épreuve, ou se trouve toujours contrarié dans ses projets en termes de schéma actanciel et d'intrigue, par exemple (je pense à Frédéric Moreau).
Je suis tout à fait d'accord. Je pense ainsi par exemple à l'héroïne d'Une Vie, de Maupassant, Jeanne.
Mouchette dans Sous le Soleil de Satan de Bernanos? Mademoiselle Else, de Schnitzler? Sinon, on peut penser aux femmes des Diaboliques, ou à Renée dans La Curée de Zola… je crois que la difficulté, c'est que les personnages féminins en littérature peuvent être négatifs, ou enchaîner les échecs, mais sont rarement aussi insignifiantes que peut l'être un antihéros masculin. Par définition, même ratées ou foncièrement mauvaises, nous fascinons les hommes, il faut nous y faire 😉
mais sont rarement aussi insignifiantes que peut l'être un antihéros masculin.
C'est méchant pour nous ça 😜
Uniquement si vous vous classez parmi les antihéros
Je l'avais dit dans le fil cité par Sullyvan, mais je le répète ici car elle me semble convenir assez justement: Odette de Crécy, dans du côté de chez Swann.
Et peut-être Cunégonde, mais c'est un exemple moins probant 😜 .
AristoFan a écrit :Mouchette dans Sous le Soleil de Satan de Bernanos?
Ca me semble un exemple très intéressant ! A mettre en regard avec le héros masculin, lui aussi problématique, puisqu'on ne peut tout à la fois être saint et héros. La question de l'héroïsme traverse tout le roman, avec Mouchette et les quelques influences naturalistes du début, elle se trouve redéfinie =)
Fusaro a écrit :
Lysdanslavallee a écrit :Pour moi, l'anti-héros est davantage celui qui n'accomplit rien, qui ne sort vainqueur d'aucune épreuve, ou se trouve toujours contrarié dans ses projets en termes de schéma actanciel et d'intrigue, par exemple (je pense à Frédéric Moreau).
Je suis tout à fait d'accord. Je pense ainsi par exemple à l'héroïne d'Une Vie, de Maupassant, Jeanne.
dans la même veine, Eugénie Grandet pourrait convenir.
peut-être aussi les trois femmes savantes de Molière, la Marianne de Musset, Estelle et Ines de Huis-Clos, Thérèse Raquin?
je vote aussi pour Cunégonde, que j'affectionne tout particulièrement =D
la Thérèse Desqueyroux de Mauriac; Eve, Dalila, Judith et Salomé de la Bible, la Phèdre de Racine…
Je voulais d'abord répondre à Thomas en disant qu'on pouvait émettre des réserves concernant Phèdre… et puis, pour me justifier, j'ai été amenée à repenser à ce que disait l'intitulé du sujet… parce que l'expression même "antihéros féminin" pose problème, à mon sens. Pourquoi en effet ne pas dire anti-héroïne (le terme est courant en anglais, de manière peut-être symptomatique, si on se rappelle d'où viennent les premières théorisations sur le féminisme) ?

Peut-être parce que la notion de héros/antihéros est à peu près (même si évidemment, avec le roman notamment, on est souvent dans le flou) claire, et que celle d'héroïne, et donc a fortiori d'anti-héroïne, ne l'est pas vraiment.

En effet, pour l'homme, c'est assez simple (par avance, mes excuses pour ce schéma assez grossier): celui qui s'accomplit dans la sphère publique (après parfois bien des détours) est un héros. Celui qui ne le fait pas (exemple type de Frédéric Moreau) est un anti-héros.

Le problème de la femme, c'est qu'elle a pendant des siècles été prise entre deux alternatives de figuration:
- l'épouse (qui ne peut rien accomplir au niveau de la sphère publique, étant réservée à celle du domestique)
- la femme fatale (ex. Carmen, Salomé, etc)

Une femme anti-héroïque aura donc deux façons de l'être:
- ne pas être héroïque dans le sens usuel du terme (ne pas s'accomplir dans la sphère publique)
- ne pas être en accord, de par son caractère et/ou ses actions, avec les représentations traditionnelles de la femme

Dans le premier cas, cette anti-héroïne ne le sera que dans un certain contexte. Ne pas s'accomplir dans la sphère publique, et rester dans la sphère du familial, pour la société du XIXe par exemple, ce n'est pas antihéroïque, c'est seulement normal 😜 De même, on aura plutôt tendance à considérer comme anormale une femme qui, selon un certain point de vue, est une héroïne (exemple de la marquise de Merteuil, qui peut comme il a été dit être vue comme une figure pré-féministe)
Dans le deuxième cas, l'anti-héroïne est en fait une sorte de héros au féminin, prenant des initiatives, vivant si célibataire non pas chez sa famille mais seule (en Angleterre, jusqu'au XIXe siècle, on considérait comme "prostitute" une femme vivant seule), exerçant son pouvoir (via notamment ses charmes), etc.
Problème donc: une anti-héroïne, dans ce deuxième cas, peut-elle être l'équivalent de ce qu'on a appelé un "antihéros féminin" ? Non, si l'on considère
Ces anti-héroïnes sont donc héroïques à leur façon…

Ce qui revient à dire que anti-héroïne n'est pas égal à antihéros, la notion d'héroïsme étant double chez la femme, alors qu'univoque chez l'homme.


A mon avis, donc, l'anti-héroïne est un personnage qui navigue entre les deux représentations sus-citées de la femme, ou qui du moins ne rentre dans aucune case préétablie.
Madame Bovary en est un bon exemple je crois, même si un peu extrême. A la fois confinée dans son rôle d'épouse (le titre est là pour nous le rappeler), elle se réalise tout en se perdant (thème de la femme déchue, depuis Eve la tentatrice - terme utilisé aussi pour décrire la femme fatale) via des aventures amoureuses. Phèdre est à la fois l'héroïne éponyme (car sublime) de la pièce de Racine, tout en faisant advenir par sa passion la destruction de sa famille… et la tragédie repose en partie dans l'impossibilité pour elle d'être entièrement épouse/entièrement amante.

Finalement, peut-être qu'une grande partie de nos grandes héroïnes sont des anti-héroïnes, et que leur force vient de là: leur impossibilité à être rangées dans une catégorie.

Bref, pour conclure ce message beaucoup trop long, les femmes, c'est toujours compliqué de toute façon 😉
Je ne me rappelle plus son nom, mais le personnage principal de La Femme de 30 ans, de Balzac, pourrait peut-être correspondre.

Le terme de "antihéros féminin" est assez ambigû. Shéhérazade, des Milles et Une Nuits ? Esméralda de Notre Dame de Paris ?
Si on élargit, on pourrait peut-être aussi donner Un Coeur Simple, de Flaubert. L'héroïne est une pauvre femme, totalement inculte, qui termine folle.
Bonjour !

Un peu tard sans doute mais que pensez-vous de la jeune Sophie des Malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur?
Ou de Folcoche dans Vipère au poing de Bazin?
Peut-être, Manon Lescaut personnage éponyme de l'oeuvre de L'Abbé Prévost ?