Scansion latine : méthode

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Vous faites erreur : ce n'est pas la voyelle, qui elle est bien courte comme l'indique le Gaffiot, mais la syllabe qui est longue. (cf. le premier paragraphe p.14 de l'édition de 2016, sur la longueur des voyelles)
A qui répondez-vous et de quel mot parlez-vous ?
Il est probable que la plupart des personnes ici utilisent le Gaffiot papier édition 2000, ou même la version 1934, et très peu de personnes le "Gaffiot 2016" de Gérard Gréco en ligne et ses nouvelles notations de longueur.
J'intervenais simplement sur une imprécision : syllabes fermées rendent la syllabe longue. La voyelle, elle peut être longue ou courte indépendamment, Gaffiot 2016 ou pas.
Attention toutefois : la syllabe ne s'allonge par toujours si la seconde consonne est -r ou -l : ainsi, dans patrem, la première syllabe peut être longue ou brève.

J'espère que vous commencez la scansion par le début du vers, et non par la fin, comme le suggèrent les grammaires traditionnelles. En latin, on ne lisait pas les vers à rebours ! 😀
Merci pour vos réponses. Malheureusement je n'ai pas le Gaffiot 2016 (uniquement celui disponible en ligne sur Lexilogos, et qui n'offre aucune explication sur la longueur des voyelles). En revanche j'ai parcouru tout un manuel sur la prosodie et la métrique du grec et du latin, et je n'ai pas trouvé d'explication sur la différence entre voyelle courte/longue et syllabe courte/longue, et comment on peut se retrouver avec une voyelle courte mais une syllabe longue. Pourriez-vous m'expliquer rapidement la différence ou, si pas le temps, me renvoyer vers une référence ? Ou bien est-ce simplement une autre terminologie pour distinguer les quantités dites par nature des quantités dites par position ?

Merci d'avance.
La métrique latine est basée sur les syllabes et non les voyelles. On parle plutôt de syllabes légères et lourdes en général, justement pour éviter cette confusion, mais l'idée est la même.

Une syllabe latine est lourde lorsqu'elle comporte un coda consonantique (syllabe dite fermée, structure syllabique VC / VCC, CVC / CVCC etc.) et/ou lorsque la voyelle qui en est le centre est longue.

Une syllabe latine est légère lorsqu'elle ne comporte pas de coda consonantique et a pour centre une voyelle brève.

Ainsi, les deux a d'ambulantem sont brefs, mais les première et troisième syllabes (am. et lan.) n'en sont pas moins lourdes, en raison du coda nasal.

L'idée que "les voyelles suivies de deux consonnes sont longues" est tout à fait fausse. De même, les termes de "syllabe longue par nature" et "par position" sont non scientifiques et à proscrire : cette différence n'existe pas. On parlera plutôt de liaison (ou de sandhi) en fin de mot, lorsque la syllabation ne respecte pas la frontière de deux mots (tout comme les liaisons du français).

Enfin, comme cela vous a été mentionné plus haut également, la liquide r "ne fait pas position" (la syllabation la plus fréquente est pa.trem, donc la première syllabe est légère).

Cordialement,
Merci Arthur pour cette réponse très complète.
Je ne doute absolument pas de vos explications, mais je m'étonne de constater que la notion de voyelle longue par nature / par position apparaît dans la grammaire Magnard, au chapitre sur la prosodie.
Pourriez-vous me recommander un ouvrage fiable qui me permettrait de mieux comprendre ce sujet qui reste pour moi très obscur, faute peut-être d'explications véritablement fiables et étayées ? J'aimerais notamment comprendre l'origine de ces règles (doit-on parler de règles arbitraires, ou de phénomènes naturels explicables par l'évolution de la langue ?).

Merci d'avance.
Personnellement, je suis pour la distinction entre nature et position, bien qu'il convienne de parler de voyelle dans le premier cas, et de syllabe dans l'autre, distinction que ne font pas d'ailleurs pas les ouvrages anciens.
La grammaire historique nous enseigne qu'il y a des voyelles brèves et des voyelles longues, ces dernières résultant la plupart du temps de traitements phonétiques variés.
C'est ainsi que le -o de donum est long "par nature", celui de dominus bref "par nature" également.
Cette quantité de la voyelle est donnée par le dictionnaire ou les ouvrages spécialisés.

Dit ainsi, ce n'est peut-être pas très rigoureux (quoique…), mais cela suffit à qui recherche quelques notions en vue de la pratique de la prosodie.
Personnellement, je suis pour la distinction entre nature et position, bien qu'il convienne de parler de voyelle dans le premier cas, et de syllabe dans l'autre, distinction que ne font pas d'ailleurs pas les ouvrages anciens.
C'est justement pour ne pas faire cette distinction (entre voyelle et syllabe) qu'ils introduisent ces termes non définis rigoureusement.
La grammaire historique nous enseigne qu'il y a des voyelles brèves et des voyelles longues, ces dernières résultant la plupart du temps de traitements phonétiques variés.
Oui (c'est vrai aussi pour les voyelles brèves d'ailleurs). Et il n'y a pas de voyelles brèves ou longues à l'envi.
C'est ainsi que le -o de donum est long "par nature", celui de dominus bref "par nature" également.
La phrase C'est ainsi que le -o de donum est long, celui de dominus bref est tout aussi juste et plus économique. Vraiment, ces expressions participent de la confusion. Même lorsqu'il s'agit des syllabes, elles n'ont guère plus de sens : dans dŭx comme dans dŭcis, u est bref ("par nature"), mais il serait abusif de dire que la syllabe /du./ est brève par position dans le second mot et longue par position dans le premier : dans /duks/, /du./ n'est tout simplement pas une syllabe du tout.

Naturellement, si le seul objectif est l'apprentissage de la scansion (et c'est probablement le cas des ouvrages scolaires comme Magnard, que je n'ai pas sous la main), tout cela n'a que peu d'importance pratique. Mais il ne me semble pas trop ambitieux ou exigeant d'apprendre aux étudiants à faire la différence entre voyelle et syllabe. L'habitude de noter le caractère lourd ou léger des syllabes par la brève et le macron sur la voyelle seule peut aussi induire en erreur (il est préférable de faire porter les signes sur la syllabe entière ou de noter la séquence métrique en-dessous du vers). Il faut garder à l'esprit qu'un manuel ou chapitre de métrique latine parlera dans 90 % des cas de la "quantité" des syllabes, dont il se préoccupe avant tout, et non des voyelles.

C'est aussi dommageable à ceux qui feront ensuite de la phonétique historique (du latin ou du français), mais risque surtout d'introduire une confusion avec d'autres phénomènes qui, eux, relèvent réellement de la métrique comme pratique littéraire : les allongements et abrègements metri causa, où l'on serait pourtant fondé à parler d'allongement "par position" (dans le vers !).
La grammaire historique nous enseigne qu'il y a des voyelles brèves et des voyelles longues, ces dernières résultant la plupart du temps de traitements phonétiques variés.
Oui (c'est vrai aussi pour les voyelles brèves d'ailleurs). Et il n'y a pas de voyelles brèves ou longues à l'envi.
C'est justement ça qui m'intéresse. Auriez-vous des lectures à me conseiller ?
Merci d'avance.
Quelques références :
- Lavarenne, Introduction à la métrique et à la prosodie latines
- Meillet, Histoire de la langue latine
- Niedermann, Précis de phonétique historique du latin
(ces trois-là sont assez vieillis mais peuvent faire l'affaire au début)
Et surtout :
- Meiser, Historische Laut- und Formenlehre der lateinischen Sprache
- Weiss, Outline of the Historical and Comparative Grammar of Latin (ce dernier ouvrage est une très bonne introduction - et aussi beaucoup plus que ça - à la linguistique historique latine et indo-européenne en général).

Je vous envoie les fichiers par message privé.
Bonjour/bonsoir !
Je viens de travailler sur la scansion de l'hexamêtre dactylique et essaie d'en scander pour assimiler les différentes règles.

Un vers me pose problème :
Impia te rationis inire elementa viamque

J'ai réussi à scander le début et la fin mais… à partir de "onis'' jusque "ele",je ne vois pas du tout :/

J'ai avec moi la correction mais pas les explications. Je ne comprends cependant pas comment on peut trouver la réponse :/

Merci beaucoup d'avance !
A part les évidences, il faut consulter le dictionnaire pour les longueurs des mots et une grammaire pour les terminaisons. Ne pas oublier les élisions, ici le e de inire devant une voyelle.

Tous les pieds sauf le 6[sup]e[/sup] sont des dactyles.
Īm.pĭ.ă | tē ră.tĭ | ō||nĭs ĭ | nī.r[e] ĕ.lĕ | mēn.tă vĭ | ām.quĕ
D'accord merci ! je crois que je viens de comprendre quelque chose… Je me demandais pourquoi c'était deux dactyles et non trois spondées aux pieds 2 et 3. Mais sinon, ce ne serait plus un hexamètre dactylique !
Un hexamètre dactylique peut contenir une majorité de spondées, cela ne change rien à la mesure, qui est de deux temps avec accent sur le premier temps.
Par contre, le cinquième pied est presque toujours un dactyle.