Scansion latine : méthode

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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J'ai pratiqué la scansion en licence (pour l'hexamètre dactylique uniquement je précise), j'ai donc des bases, mais il doit me manquer des connaissances, parce que, quand je m'entraîne, je me rate une fois sur deux…
Voici les règles que j'ai retenues de mon cours de licence :
- le dernier pied est toujours composé d'une longue et d'une syllabe indifférenciée
- une voyelle devant une double consonne est longue (mais je ne suis pas sûre que cette règle soit infaillible : notamment, il y a des groupes de consonnes qui "comptent" pour une, en quelque sorte… mais je n'en connais pas la liste exacte)
…
et en fait, je me rends compte que c'est tout ce que je sais !
Quelqu'un pourrait-il me donner une liste claire des règles à retenir pour distinguer entre longue et brève ?…
Bonjour,

Il faut distinguer les règles de métrique (organisation du vers) et les règles de prosodie (mesure de la longueur des voyelles des mots). La métrique repose principalement sur la prosodie, mais avec des phénomènes particuliers (allongement par position, notamment).

Ce qu'il faut donc retenir pour la métrique :

- La première syllabe du vers compte toujours pour une longue, quelle que soit sa quantité prosodique.
- Le dernier pied, comme vous le dites, est catalectique (une longue + une indifférente).
- L'avant-dernier pied est la plupart du temps un dactyle (d'où le nom d'hexamètre dactylique). Il peut cependant être parfois un spondée, notamment (c'est un sentiment personnel, pas une mesure statistique) chez Virgile. Dans ce dernier cas, il y a presque toujours un mot grec dans le vers.
- L'hexamètre comporte toujours une césure : le plus souvent au milieu du troisième pied (penthémimère), parfois au milieu du quatrième (hepthémimère) avec éventuellement une césure secondaire au milieu du deuxième (trihémimère), encore plus rarement entre les deux brèves du second ou troisième pied (trochée second, trochée troisième) ; dans la poésie bucolique, on trouve enfin des césures entre le quatrième et le cinquième pieds (césure bucolique).
- Une voyelle finale ou devant m final s'élide (elle ne compte pas pour la scansion), lorsque le mot suivant commence par une voyelle, sauf quelques cas rares avant la césure.
- Une voyelle brève compte pour une longue (allongement par position) devant un groupe de consonnes (même dans deux mots différents). H ne compte pas. Un groupe consonne + r ou l peut faire ou non position, c'est-à-dire allonger ou non la syllabe précédente (sauf pour rr et ll qui font toujours position). X et z sont des consonnes doubles qui font donc à elles seules position.

Et pour la prosodie :

- La quantité des désinences nominales et verbales se trouve à la fin de la grammaire Magnard. Il est utile, pour faciliter et accélérer la scansion, de connaître au moins la quantité des désinences nominales.
- De deux voyelles en hiatus (ou séparées par h, ce qui revient au même), la première est toujours brève. De plusieurs voyelles en hiatus, toutes sont brèves, à l'exception de la dernière qui peut être longue ou brève.
- Cette dernière règle ne vaut pas pour : le groupe -ĭēi des noms en -ies de la cinquième déclinaison, le āi du G. archaïque de la première déclinaison, a et e dans les noms propres en -aius et -eius, et dans les formes sans r du verbe fio et de ses composés (ex. fīant). Ouf ! Bien évidemment, on ne vous demande pas de connaître tout ça sur le bout des doigts.
- Cette règle ne vaut pas non plus, en général, pour les mots grecs, dont la quantité est conforme au grec.
- Toute voyelle devant une consonne finale autre que s est automatiquement brève (vidēsvsvidĕt). Devant s, on ne peut pas le deviner, il faut en connaître l'étymologie.
- La quantité des voyelles autres que finales est donnée dans le Gaffiot (les longues sont indiquées, les voyelles qui ne portent pas d'indication sont brèves).

Bon courage !
Et si, quand vous aurez commencé à assimiler un peu tout cela, vous butez toujours sur certains vers, soumettez-les nous. =)
Merci beaucoup pour cette réponse précise et rapide !

Il y a un certain nombre de choses que j'ignorais. Et d'autres que je savais par intuition mais qu'il était bon de rappeler. Et par exemple, je n'aurais pas pensé à apprendre la quantité des désinences nominales et verbales - ce qui, en plus de me faire gagner du temps pour le latin, m'aidera aussi pour la grammaire médiévale…
Je précise que je travaille surtout la scansion dans l'optique de la version (différencier un ablatif d'un nominatif en -a, un parfait d'un présent, etc). Comme je pronostique un texte en vers cette année à l'agreg… 🙂

Je vais travailler tout ça, et je reviendrai si j'ai des questions !
Bonjour,
Est-ce que quelqu'un pourrait m'aider en m'expliquant des moyens de ne pas se tromper avec le distique élégiaque (hexamètre et pentamètres). Je connais déjà les plans et je sais:
- que une voyelle et 2 consonnes se suivent alors la voyelle est longue
- deux voyelles se suivent, alors la première est courte
- est ce que le a est bref au nominatif et long à l'ablatif ou le contraire?
La scansion me semble très compliquée…
merci d'avance.
Merci beaucoup pour la réponse .
A défaut d'avoir cherché par toi-même, cherche helios.fltr.ucl.ac.be/auge/carpe_diem/scansion.doc.
Merci à Arthur d'avoir résumé l'essentiel.

En fait, la scansion, c'est assez simple dans les grandes lignes: peu de principes à retenir.

En revanche, il y a énormément de détails, de cas particuliers, que l'on retient par l'usage et l'expérience.

Après dix minutes d'un cours bien fait, on peut scander 90% des hexamètres.
En revanche, il y aura toujours quelques vers retors qui poseront des difficultés mêmes aux plus aguerris.

C'est un peu comme le Bridge: on peut apprendre les règles en trois minutes et commencer à s'amuser dès la toute première donne, mais il faut plusieurs années pour devenir un champion.
Bonjour, j'ai lu la longue explication donné ci-dessus, et je bute quand même sur les premiers vers de l'Eneide (de Virgile). On doit préparer leur scansion. Or, j'ai un problème au niveau des consolles doubles. La voyelle précédant la consonne double, est-elle brève ou longue ? De plus, comment savoir si deux voyelles côte à côte sont des diphtongues ou non ?
Exemple :

litora, multum ille et terris iactatus et alto

Le "e" de terris, est-il bref ou court ? ainsi que le i ?

De plus :

vi svpervm saevae memorem Iunonis ob iram

Comment savoir si le "Iu" de Iunonis est bref ou court ?

Merci d'avance,
Itch_nak a écrit :Bonjour, j'ai lu la longue explication donné ci-dessus, et je bute quand même sur les premiers vers de l'Eneide (de Virgile). On doit préparer leur scansion. Or, j'ai un problème au niveau des consolles doubles. La voyelle précédant la consonne double, est-elle brève ou longue ? De plus, comment savoir si deux voyelles côte à côte sont des diphtongues ou non ?
Exemple :

litora, multum ille et terris iactatus et alto

Le "e" de terris, est-il bref ou court ? ainsi que le i ?

Ce vers se scande ainsi : Litora = dactyle; mult(um) il = spondée; l(e) et ter = spondée; ris jac = spondée; tatus et = dactyle; alto = spondée

Notes :
- Le -e de terris est long par nature et par position
- Le -i de litora est long par nature (cf Gaffiot)
- Le groupe formé d'une voyelle suivie d'un -m s'élide
- La rencontre de deux voyelles provoque l'élision de la première (sauf exception)

De plus :

vi svpervm saevae memorem Iunonis ob iram

Comment savoir si le "Iu" de Iunonis est bref ou court ?
En regardant le Gaffiot!
Vi supe = dactyle; rum sae = spondée; vae memo = dactyle; rem ju = spondée; nonis ob = dactyle; iram = trochée (la dernière syllabe peut être longue ou brève)
Faut-il aussi te parler des césures?
Merci d'avance,
De rien, quand j'étais en Troisième, j'avais été surpris par le professeur de musique à scander "au pif" des vers de Virgile pendant que celui-ci nous expliquait doctement la différence entre les mesures simples et les mesures composées! (Différence que je n'ai vraiment comprise que beaucoup plus tard en écoutant de la musique, tout simplement! 🙂 )
Bonjour à tous !

Je réactive ce topic pour solliciter vos lumières concernant un vers récalcitrant d'Ovide !!

Fastes, II, v.415 : non nocuisse parum est, prodest quoque. Quos lupa nutrit

Il s'agit normalement d'un hexamètre, mais j'ai beau le retourner dans tous les sens, il y a trop de voyelles et j ne vois pas du tout comment en faire un hexamètre !

Y aurait-il un spécialiste sur le forum pour m'aider ?

D'avance merci !

PS: J'ai bien sûr pensé à vérifier l'exactitude du vers, toutes les sources consultées sont identiques !
Thémis a écrit :Fastes, II, v.415 : non nocuisse parum est, prodest quoque. Quos lupa nutrit
nōn nŏcŭ/īssĕ pă/rūm (e)st, | prō/dēst quŏquĕ. / || Quōs lŭpă / nūtrĭt

Césures bucolique (||) et penthémimère (|).
Cordialement.
Bonjour,

j'ai trois petites questions sur la première strophe de cet ode XXIII d'Horace (https://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/horace_OdesI/lecture/23.htm)

Vitas inuleo me similis, Chloe,
quaerenti pauidam montibus auiis
matrem non sine uano
aurarum et silua metu.


Comment pouvais-je savoir que la syllabe in d'inuleo était longue ? Le seule indice est le renvoi à hinnuleus dans le Gaffiot, qui indique que cette orthographe est fautive, alors qu'elle a le mérite de ne pas laisser d'ambiguïté …

D'autre part, y a-t-il bien une faute à la quatrième ligne ? silua mis pour siluae

Enfin, est-ce bien une strophe asclépiade III ?

Merci d'avance !
Oui, c'est vitae.
Pour moi, c'est une strophe asclépiade B, semblable à l'asclépiade A sauf au vers 3 qui est un phérécratien.
La quantité du i de inuleus est indiquée dans le dictionnaire.
Oui, c'est vitae.

silvae, vous voulez dire ?

Pour moi, c'est une strophe asclépiade B, semblable à l'asclépiade A sauf au vers 3 qui est un phérécratien.

c'est bien la définition de la strophe asclépiade III que j'ai sous les yeux. Merci !

La quantité du i de inuleus est indiquée dans le dictionnaire.
ĭnŭlĕus dans le Grand Gaffiot. J'ai d'abord pensé qu'une coupe étymologique in-uleus primait, mais il n'en est rien …

Merci !
Moi, j'ai le i- signalé long! Le mot est une variante orthographique de hinnos, dont l'étymon grec comporte un -i long.
Bonsoir !

Mon prof de latin nous a demandé de scander le vers suivant, issu de Les Amours d'Ovide:
"Ibit in adversos montes duplicataque nimbo"
J'ai beau essayer différentes combinaisons, impossible de parvenir à le scander. Idem pour mes camarades de classe.
Je remercie d'avance celui qui y parviendra ! Il doit contenir une règle que je ne connais pas car il y a une voyelle en trop…
Ce vers me semble être un hexamètre dactylique.
Ovide utilise le distique élégiaque ( alternance hexamètre dactylique et pentamètre dactylique.)

Je le scanderais ainsi : (avec élision de que)

I/bit/ in /ad/ver/sos /mon/tes du/pli/ca/ta/que /nim/bo

_ U U / _ _ /_ _ / _ _ / _ UU / _ _

Après relecture, je ne suis pas sûre de moi…
"Ibit in |adver|sos mon|tes// dupli|cataque |nimbo"

Coupe hepthémimère.

Pour l'élève : on commence à scander un hexamètre par la fin : le dernier pied est dissyllabique (spondée ou dactyle catalectique), le cinquième pied est un dactyle.
Ensuite, on revient au début, et on note les quantités des voyelles que l'on connait ou que l'on déduit : ici, I de ibit est long car c'est la première syllabe de l'héxamètre, le o se sos est long car suivi de deux consonnes, et ainsi de suite… Les autres voyelles se déduisent aisément.
Il ne reste plus qu'à regrouper les syllabes pour construire les quatre pieds restants. Mes élèves mettaient un point d'honneur à scander en commençant par le premier pied, ce n'est pas très difficile.
Merci à vous deux !
Mais si j'utilise tes coupes, Delia, certains pieds ne collent pas…
Par exemple, le quatrième: |tes dupli| : j'ai ici 3 voyelles à scander, or je ne peux pas faire un dactyle puisque le -u est suivi de 2 consonnes, donc long…
Pourtant, Gabiana fait exactement le même découpage…

Ne pas raisonner en voyelles, mais raisonner en pied (et pas : comme un pied…) : le problème est de construire six pieds, de deux (spondée) ou trois syllabes (dactyle), sachant que les cinq dernières syllabes sont données (dactyle suivi d'un dactyle catalectique ou d'un spondée), et que la première est longue obligatoirement.
C'est alors que l'on ouvre son Gaffiot, et que l'on y cherche la quantité des voyelles.
Gaffiot donne toute la famille de duplex, notamment duplicatus : u bref, i bref, a long.
Uest bref parce que Gaffiot le dit, et Gaffiot le dit parce que la seconde des deux consonnes est une liquide : un l.

Raisonnez en pied : examinez les cinq dernières syllabes. Nous savons qu'elles constituent un dactyle (cataque) et un spondée (nimbo). [Notez que ce spondée est un mot entier, un mot complet, le seul de ce vers : il y a là une intention stylistique, une mise en valeur dont il faut tirer parti dans le commentaire, de même de la coupe qui met en relief montes.]
Il vous reste donc quatre pieds à construire.
Ibit in est un dactyle sans hésitation possible, et d'un, reste trois.
adver, un spondée, la règle des deux consonnes fonctionne car la liquide précède , et de deux, reste deux.
sos mon est un spondée, sans hésitation possible, et de trois, reste un.

Comme nous avons trois syllabes sur les bras, la seule solution possible est le dactyle, solution à laquelle nous parvenons par le raisonnement et par la connaissance.