C'était fini. Splendide, étincelant, superbe,bonjour, dans ce début de poème j'ai relevé le champ lexical de la lumière qui se rapporte au couperet donc à l'échafaud mais je me suis demandé POURQUOI? Pouvez vous m'aider à l'interpréter?
Luisant sur la cité comme la faulx sur l'herbe,
Large acier dont le jour faisait une clarté,
Ayant je ne sais quoi dans sa tranquillité
De l'éblouissement du triangle mystique,
Pareil à la lueur au fond d'un temple antique,
Le fatal couperet relevé triomphait.
Il n'avait rien gardé de ce qu'il avait fait
Qu'une petite tache imperceptible et rouge.
Hugo, La Légende des siècles, L’Échafaud
24 réponses · Page 1 / 2
Bonjour,
Que vous a-t-on demandé d'exprimer ici ?
Votre analyse sur le plan littéraire, votre impression émotive où à quelle évocation elle vous, ou elle se relie ?
Tout ça c'est bien différent.
VH était un maître en littérature, il s'est exprimé à l'aune de toutes les dimensions qui la composent.
Aussi ce bout de poème, ou cette composition n'a pas de "strophe" rythmique. Il y emploie, ce qu'il affectionne souvent le "verbe riche, comme antique/mystique…ça sonne, mais ça fleure l'autrefois, monde grec, très à cheval sur la "poétique" ! On le sent également un peu détaché, tel un supérieur regardant le petit monde qui s'agite, lorsqu'il dit "insensé" <un peu Théo ici, suffisant> ! et puis dépité par ce que laisse l'homme, même dans sa cruauté…
Penez-vous que nous ayons bien fait de ne plus nous soumettre à la barbarie de l'échafaud qu'on a vendu à l'époque pour faire moins de mal au vivant qu'on tuait. L'en a fait de jolies choses le Dr. Guillotin. Ça a surtout permis d'en tuer un plus grand nombre…
Vous que pensez-vous ? C'est ce qu'on vous demande !
Que vous a-t-on demandé d'exprimer ici ?
Votre analyse sur le plan littéraire, votre impression émotive où à quelle évocation elle vous, ou elle se relie ?
Tout ça c'est bien différent.
VH était un maître en littérature, il s'est exprimé à l'aune de toutes les dimensions qui la composent.
Aussi ce bout de poème, ou cette composition n'a pas de "strophe" rythmique. Il y emploie, ce qu'il affectionne souvent le "verbe riche, comme antique/mystique…ça sonne, mais ça fleure l'autrefois, monde grec, très à cheval sur la "poétique" ! On le sent également un peu détaché, tel un supérieur regardant le petit monde qui s'agite, lorsqu'il dit "insensé" <un peu Théo ici, suffisant> ! et puis dépité par ce que laisse l'homme, même dans sa cruauté…
Il n'avait rien gardé de ce qu'il avait fait - Qu'une petite tache imperceptible et rouge….De l'emphase, il tombe dans un constat terrible… Ça, ça concerne la forme littéraire ! mais vous demande-t-on cela ? Politiquement, Vous qu'en pensez-vous ?
Penez-vous que nous ayons bien fait de ne plus nous soumettre à la barbarie de l'échafaud qu'on a vendu à l'époque pour faire moins de mal au vivant qu'on tuait. L'en a fait de jolies choses le Dr. Guillotin. Ça a surtout permis d'en tuer un plus grand nombre…
Vous que pensez-vous ? C'est ce qu'on vous demande !
Cyclopea a écrit :Politiquement, Vous qu'en pensez-vous ?Non, a priori on demande à Phoenicia de faire un commentaire du poème, c'est-à-dire d'étudier comment la représentation de l'échafaud permet à Victor Hugo de dénoncer la peine de mort. Il est inutile de se demander si on est soi-même pour ou contre la peine de mort. (D'ailleurs, dans l'absolu, se demander si on est pour ou contre une loi passée depuis trente ans me semble moyennement pertinent).
La lumière a des connotations positives : elle est ici soulignée de façon ironique (sur le mode "ah, quel progrès de décapiter les hommes!…"). Il faut l'étudier en rapport avec la "petite" tache de sang : la lumière, c'est l'appareil judiciaire dans toute sa noblesse apparente ; la tache de sang, c'est la réalité de son horreur, qu'il ne parvient pas à complètement dissimuler.
ok merci je comprends mieux. Donc il se moque aussi de l'échafaud par l'abondance de termes comme splendide, étincelant et superbe? Cependant pourquoi le compare t-il à un triangle mystique et à une lueur au fond d'un temple?
Ce sont toujours des termes évoquant ironiquement la "lumière"… et qui soulignent le caractère prétendument "sacré" de l'objet… comme si la peine de mort était une institution quasi divine.
Je pense que ce poème est un poème en vers libre. Cependant, dans mon commentaire de texte, devrais-je inclure des études sur la versification, c'est à dire les allitérations et les commenter?
Ou je dois uniquement me concentrer sur l'aspect textuel?
Ou je dois uniquement me concentrer sur l'aspect textuel?
phoenicia a écrit :Je pense que ce poème est un poème en vers libre.Noooon! Tous ces beaux alexandrins, qualifiés de vers libre, argh! 😜
et est-ce que je dois inclure des études sur la versification, c'est à dire les allitérations et les commenter? =D
(je suis pas trop sure de moi)
(je suis pas trop sure de moi)
Tout dépend de l'intitulé complet de la consigne du devoir…
Que te demande-t-on exactement ?
Que te demande-t-on exactement ?
C'est faire le commentaire argumenté de ce poème. C'est tout.
Le commentaire d'un poème doit prendre en compte les sons, les rythmes, les rimes, etc.
Alors avec les quelques réponses qui précèdent vous avez ce que l'on peut en dire, mais Vous, qu'en dites-vous, car c'est votre devoir. VH fréquentait des Loges philosophiques maçonniques, aussi souvent il "architecture" son texte par des symboles !
Il n'avait rien gardé de ce qu'il avait fait
Qu'une petite tache imperceptible et rouge.
Est-ce que c'est un euphémisme ou une litote? Je doute.
Qu'une petite tache imperceptible et rouge.
Est-ce que c'est un euphémisme ou une litote? Je doute.
Ni l'un, ni l'autre…
La tâche de sang, c'est la trace, celle qui nous dit, nous identifie… celle qui lie et se lit ad vitam eternam - adn du de cujus, d'une famille.
La tâche de sang, c'est la trace, celle qui nous dit, nous identifie… celle qui lie et se lit ad vitam eternam - adn du de cujus, d'une famille.
phoenicia a écrit :Il n'avait rien gardé de ce qu'il avait faitL'euphémisme dit moins pour… dire moins, c'est-à-dire atténuer le sens ("il nous a quitté" plutôt que "il est mort") ; la litote dit moins pour dire plus. Ici, c'est une litote. La tache rouge rappelle les flots de sang déversés par la guillotine.
Qu'une petite tache imperceptible et rouge.
Est-ce que c'est un euphémisme ou une litote? Je doute.
C'est bon j'ai trouvé =) Bonjour, je me demandais de quel Lueur mystérieuse et sacrée s'agit-il : de l'astre ou triangle?
Un astre, le premier qu’on aperçoit le soir,
Pendant que je songeais, montait dans le ciel noir.
Sa lumière rendait l’échafaud plus difforme.
L’astre se répétait dans le triangle énorme;
Il y jetait, ainsi qu’en un lac, son reflet,
Lueur mystérieuse et sacrée; il semblait
Que sur la tache horrible, aux meurtres coutumière,
L'astre laissait tomber sa larme de lumière
Bonjour,
L'astre dont il est question, "le premier qu’on aperçoit le soir", ne peut être que l'étoile du berger, soit Vénus, c'est-à-dire l'amour.
Tu peux alors envisager l'antithèse entre l'échafaud et une lueur qui appelle à un monde plus fraternel. Vénus est un appel à une conversion du cœur humain.
L'astre dont il est question, "le premier qu’on aperçoit le soir", ne peut être que l'étoile du berger, soit Vénus, c'est-à-dire l'amour.
Tu peux alors envisager l'antithèse entre l'échafaud et une lueur qui appelle à un monde plus fraternel. Vénus est un appel à une conversion du cœur humain.
Et pouvez vous m'expliquer la signification de triangle énorme?
Sa lumière rendait l'échafaud plus difforme.
L'astre se répétait dans le triangle énorme ;
Il y jetait ainsi qu'en un lac son reflet,
A votre avis S'emplissait de noirceur c'est quel figure de style? merci
A mesure qu'au fond du firmament obscur
L'obscurité croissait comme un effrayant mur,
L'échafaud, bloc hideux de charpentes funèbres,
S'emplissait de noirceur et devenait ténèbres ;
Les horloges sonnaient, non l'heure, mais le glas ;
Sa lumière rendait l'échafaud plus difforme.
L'astre se répétait dans le triangle énorme ;
Il y jetait ainsi qu'en un lac son reflet,
A votre avis S'emplissait de noirceur c'est quel figure de style? merci
A mesure qu'au fond du firmament obscur
L'obscurité croissait comme un effrayant mur,
L'échafaud, bloc hideux de charpentes funèbres,
S'emplissait de noirceur et devenait ténèbres ;
Les horloges sonnaient, non l'heure, mais le glas ;
Bien volontiers, ce triangle est la lame de la guillotine.
Regarde ici où elle a en définitive une forme trapézoïdale, mais le triangle en bas.
S'emplissait de noirceur n'est pas à proprement une figure de style identifiée, mais l'expression peut renvoyer à plusieurs effets :
- personnification par la pronominalisation (qui en français peut avoir aussi un sens passif) et alors caractère inexorable,
- amplification par la totalité (plus fort que se noircissait),
- polysémie au symbolisme moral : noirceur, c'est noir et mal. C'est l'intention de nuire.
Regarde ici où elle a en définitive une forme trapézoïdale, mais le triangle en bas.
S'emplissait de noirceur n'est pas à proprement une figure de style identifiée, mais l'expression peut renvoyer à plusieurs effets :
- personnification par la pronominalisation (qui en français peut avoir aussi un sens passif) et alors caractère inexorable,
- amplification par la totalité (plus fort que se noircissait),
- polysémie au symbolisme moral : noirceur, c'est noir et mal. C'est l'intention de nuire.
Bonjour,
Alors voila je suis en 1ere ST2S et j'ai un commentaire composé à faire sur le texte "l'échafaud" de Victor Hugo.
Les deux parties sont: - étudier l'image de l'échafaud dans le poème
- étudier l'image du poète dans le texte (rapport à la foule, présence dans le poème)
la première partie ne m'a pausé aucun problème mais cette seconde partie m'en pause un, je ne vois pas ce qu'ils entendent par "présence dans le poème"
Oh! Et une dernière question pensez vous qu'il s'agisse d'un registre tragique ou fantastique? j'ai déjà rédigé sur le tragique (la fatalité…) mais en me mettant au commentaire je me suis mise à douter à cause de différentes personnifications dans le texte :/
D'avance merci pour vos réponses 🙂
Alors voila je suis en 1ere ST2S et j'ai un commentaire composé à faire sur le texte "l'échafaud" de Victor Hugo.
Les deux parties sont: - étudier l'image de l'échafaud dans le poème
- étudier l'image du poète dans le texte (rapport à la foule, présence dans le poème)
la première partie ne m'a pausé aucun problème mais cette seconde partie m'en pause un, je ne vois pas ce qu'ils entendent par "présence dans le poème"
Oh! Et une dernière question pensez vous qu'il s'agisse d'un registre tragique ou fantastique? j'ai déjà rédigé sur le tragique (la fatalité…) mais en me mettant au commentaire je me suis mise à douter à cause de différentes personnifications dans le texte :/
D'avance merci pour vos réponses 🙂
C’était fini. Splendide, étincelant, superbe,
Luisant sur la cité comme la faulx sur l’herbe,
Large acier dont le jour faisait une clarté,
Ayant je ne sais quoi dans sa tranquillité
De l’éblouissement du triangle mystique,
Pareil à la lueur au fond d’un temple antique,
Le fatal couperet relevé triomphait.
Il n’avait rien gardé de ce qu’il avait fait
Qu’une petite tache imperceptible et rouge.
Le bourreau s’en était retourné dans son bouge ;
Et la peine de mort, remmenant ses valets,
Juges, prêtres, était rentrée en son palais,
Avec son tombereau terrible dont la roue,
Silencieuse, laisse un sillon dans la boue,
Qui se remplit de sang sitôt qu’elle a passé.
La foule disait : bien ! car l’homme est insensé,
Et ceux qui suivent tout, et dont c’est la manière,
Suivent même ce char et même cette ornière.
J’étais là. Je pensais. Le couchant empourprait
Le grave hôtel de ville aux luttes toujours prêt,
Entre Hier qu’il médite et Demain dont il rêve.
L’échafaud achevait, resté seul sur la Grève,
La journée, en voyant expirer le soleil.
Le crépuscule vint, aux fantômes pareil.
Et j’étais toujours là, je regardais la hache,
La nuit, la ville immense et la petite tache.
À mesure qu’au fond du firmament obscur
L’obscurité croissait comme un effrayant mur,
L’échafaud, bloc hideux de charpentes funèbres,
S’emplissait de noirceur et devenait ténèbres ;
Les horloges sonnaient, non l’heure, mais le glas ;
Et toujours, sur l’acier, quoique le coutelas
Ne fût plus qu’une forme épouvantable et sombre,
La rougeur de la tache apparaissait dans l’ombre.
Un astre, le premier qu’on aperçoit le soir,
Pendant que je songeais montait dans le ciel noir.
Sa lumière rendait l’échafaud plus difforme.
L’astre se répétait dans le triangle énorme ;
Il y jetait, ainsi qu’en un lac, son reflet,
Lueur mystérieuse et sacrée ; il semblait
Que sur la hache horrible, aux meurtres coutumière,
L’astre laissait tomber sa larme de lumière.
Son rayon, comme un dard qui heurte et rebondit,
Frappait le fer d’un choc lumineux ; on eût dit
Qu’on voyait rejaillir l’étoile de la hache.
Comme un charbon tombant qui d’un feu se détache,
Il se répercutait dans ce miroir d’effroi ;
Sur la justice humaine et sur l’humaine loi,
De l’éternité calme auguste éclaboussure.
— Est-ce au ciel que ce fer a fait une blessure ?
Pensai-je. Sur qui donc frappe l’homme hagard ?
Quel est donc ton mystère, ô glaive ? — Et mon regard
Errait, ne voyant plus rien qu’à travers un voile,
De la goutte de sang à la goutte d’étoile.



