Bonaventure Des Périers, L’Avarice

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

Dans le cadre d'une anthologie, j'ai recueilli plusieurs poèmes traitant de l'avarice (entre autres)
Cependant, je reste perplexe sur le suivant :
A Hélias Boniface, d'Avignon.

Voyant l'homme avaricieux,
Tant misérable et soucieux,
Veiller, courir et tracasser,
Pour toujours du bien amasser
Et jamais n'avoir le loisir
De s'en donner à son plaisir,
Sinon quand il n'a plus puissance
D'en percevoir la jouissance,
Il me souvient d'une alumelle,
Laquelle, étant luisante et belle,
Se voulut d'un manche garnir,
Afin de couteau devenir,
Et, pour mieux s'emmancher de même,
Tailla son manche de soi-même.
En le taillant, elle y musa,
Et, musant, de sorte s'usa
Que le couteau, bien emmanché,
Étant déjà tout ébréché,
Se vit grandi par plus de neuf
D'être ainsi usé tout fin neuf ;
Dont fut contraint d'en rire aussi
Du bout des dents, et dit ainsi :
" J'ai bien ce que je souhaitais,
Mais pas ne suis tel que j'étais,
Car je n'ai plus ce doux trancher,
Pour quoi tâchais à m'emmancher. "
Ainsi vous en prend-il, humains,
Qui nous avez entre vos mains,
Hormis qu'on put le fil bailler
Au tranchant qui ne veut tailler ;
Mais à vieillesse évertuée
Vertu n'est plus restituée.
En réalité, le sens du poème m'échappe. Que cherche à dire le poète ? Dénonce-t-il l'Avarice ou, au contraire, prouve-t-il que les avares peuvent être - par moment - humains ?

Merci d'avance pour votre aide,
Bonsoir,

Ce poème est une fable dont la morale se trouve au début et à la fin.
Le début affirme que l'avarice est un mal : Ici l'avarice signifie thésaurisation. Le désir d'épargner conduit à ne pas consommer pour assurer ses vieux jours. Lorsque le vieillard est satisfait des sommes accumulées, il n'a plus la force de jouir de son bien. Cette attitude est donc déraisonnable.

L'exemple de la lame et du manche ajoute que constater le bienfondé de cette sagesse lorsqu'on est vieux (c'est une reformulation du proverbe si jeunesse savait, si vieillesse pouvait) ajoute un regret douloureux.

D'où la morale finale qui joue sur les sens de vertu : moralité et force physique. Devenir vertueux (mesuré) sur le tard ne sert plus à rien.
Merci bien Jean-Luc.

Le sens m'a échappé car je ne comprends pas vraiment l'histoire du couteau et du manche… Que fait-il exactement avec ?
Bonjour Emergency,

La fable de la lame et du manche illustre la morale.

La lame, au lieu d'appliquer sa force au monde extérieur, la retourne contre elle-même en taillant le manche au point de s'ébrécher. De même celui qui thésaurise prive sa vie des forces qui lui sont nécessaires pour en jouir.
Merci beaucoup, j'ai maintenant saisi le sens du poème!