Alain, On n’instruit pas en amusant

Entraide scolaire

12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à vous tous.


J'ai une dissertation à faire sur cette citation du philosophe Alain, or, en lisant le texte dans son intégralité, on ne le comprend pas vraiment ainsi, la citation sortie de son contexte ne signifie plus la même chose, c'est déjà problématique, car si je dois faire une dissertation sur une citation qu'on ne peut comprendre qu'en ayant lu le texte dans son intégralité, je risque de passer à côté de ce que voulait dire Alain. Je vous donne le texte :
Histoire de mes pensées, " Les Idées et les Ages "

Je reviens en arrière, car il faut que je conduise chaque train d'idées séparément jusqu'à ces années-ci. J'étais donc conduit à rechercher les formes de l'imagination, ce qui n'était que resserrer l'union de l'âme et du corps, comme parle Descartes. Les Beaux-Arts m'éclairaient cette route, puisqu'ils me montraient comment l'homme inscrivait sa forme dans ses œuvres; et c'est bien à partir de ses œuvres qu'il pense. Il se montrait donc à moi une sorte de schématisme extrêmement riche, qui fournissait comme une histoire naturelle des idées. Et quoique plus de mille fois les célestes idées de Platon m'eussent servi à deviner tel homme damné ou sauvé, comme tous sont de moment en moment, de façon que les célèbres mythes formaient un schématisme descendant, néanmoins je ne pouvais oublier tout à fait l'histoire, qui, à bien prendre, est la part de la géographie dans nos pensées. L'idée célèbre du Matérialisme Historique m'a toujours paru faire pléonasme en son expression générale. Quant à l'application, c'est l'esprit même de l'histoire, qui, suivant les migrations, les campements et les forts, suivant les négoces et les explorations, suivant les métiers et le changement des métiers, suivant l'industrie et le changement de l'industrie, voit apparaître une civilisation et une autre, des classes d'hommes, des préjugés, des passions, des pensées, un idéal et des dieux. Que la géométrie finisse par être la même partout, cela n'empêche pas qu'elle soit née aux lieux comme l'Égypte, où il fallait chaque année retrouver les bornes des champs. L'astronomie n'a pu commencer dans les pays de brouillards. Toute l'hydrostatique et une bonne partie de la physique fut enseignée par la mer, et l'art de construire ainsi que les lois de l'équilibre des solides est encore naturel dans nos montagnes, où même les champs de blé ont quelque chose d'architectural. Mais c'est bien peu de se borner à de tels exemples, qui ne font comprendre que les métiers et les sciences. Les métiers ont leurs gestes, et les gestes, non moins que les mots, sont la naturelle méthode de trouver des idées et de régler les mœurs. J'avais rencontré dans Le Médecin de Campagne de Balzac deux manières de pleurer les morts, l'une plus austère et plus farouche, qui tenaient à une différence d'altitude. On voit par cet exemple où je prenais le plus souvent mes idées, et toutefois j'espère que l'on saura que Platon, Descartes, Kant, Hegel m'ont plus servi que Montaigne, Balzac, Stendhal à connaître le cantonnier, le facteur, et le meneur de vaches. Mais il a pourtant bien fallu aller quelquefois au devant des idées par les gestes ; seulement je dis que l'invention de geste en geste n'a jamais produit que des dieux muets. Aussi personne n'aurait jamais su cela même si Pyrrhon n'avait pas douté. Je ne voudrais pas qu'on prît l'imagerie pour une philosophie. Et ce qui m'a confirmé dans la position de ne jamais trahir les grands maîtres, c'est que ceux qui ont voulu se borner à l'imagerie ont perdu l'imagerie. Il est comique de voir les Marxistes courir après leurs exemples, et buter dessus sans les voir. L'imagination qui se prend pour l'entendement est aussitôt bornée ; ainsi comprise, l'histoire des religions tue l'histoire et les religions. Mais au contraire cherchant toujours l'idée dans les coutumes, j'avais l'espoir de retrouver l'homme, et de percer à travers les religions jusqu'à l'esprit même. Toujours est-il que l'observation des coutumes, et, encore mieux, du geste coutumier, était la partie agréable et réveillante de l'enseignement, et comme une opinion droite sauvée. Toutefois j'ai su remarquer qu'on riait beaucoup à mes histoires, et j'ai toujours su sauver des hivers de méditation. On n'instruit pas en amusant ; ce principe si caché n'est que le corollaire de ce que je rappelais tout à l'heure, que l'imagination ne peut remplacer l'entendement.
Je me demande si ce n'est pas anachronique de prendre une citation de Alain qui était philosophe de la fin du IXIè et jusqu'au milieu du XXè siècle en s'appuyant sur des extraits d'œuvres du XVIIIè, on sait que le contexte des auteurs n'était déjà pas le même, ni leurs pensées…etc.
De plus, même si je sais globalement quoi répondre, je n'arrive pas à structurer mes arguments, je sais que je vais déjà pouvoir m'appuyer sur le texte de Voltaire, cet auteur a écrit de nombreux contes philosophiques qui ont pour but d'instruire en amusant, avec Candide, Zadig, Memnon ou la Sagesse Humaine (je ne sais plus s'il s'agit d'un conte), il a aussi rédigé son Traité sur la Tolérance dont je pense pouvoir me servir pour des exemples, je peux aussi utiliser les Lettres Persanes de Montesquieu pour montrer qu'on peut instruire tout en amusant avec la Lettre 24 par exemple

Je pensais par exemple à m'appuyer sur René Descartes et Emmanuel Kant, mais comme j'ai dit, ce ne sont pas des littéraires… donc je ne sais pas.

En vous remerciant d'avance.
Si tu vas par là, Alain n'est pas un littéraire à ton sens. Alain, le peu que je le connais, était inspiré par Kant, Platon, Descartes et Auguste Comte. En effet, c'est un philosophe. De même pour Voltaire, c'est un philosophe, donc pas un littéraire…?!! Diderot, Rousseau…

Sinon, il est parfaitement possible de s'inspirer d'autres auteurs moins " littéraires". Je me souviens même avoir utiliser la photo de Doisneau du Baiser de l'Hotel de Ville dans une dissertation de français. Et dernièrement, en philosophie, j'ai même parlé des chaussures Prada 😜! ( et oui j'ai quand même eu 17!) Ou encore Huxley avec le meilleur des mondes ou 1984 d'Orwell ( littérature anglaise, ce qui peut étonner pour une dissertation de philosophie ).

Il n'est pas obligatoire d'utiliser que des exemples vu en cours, au contraire, illustrer par ses propres exemples montrent que tu as réellement réfléchis et pas juste "appliquer" une méthode. Il est important d'avoir des exemples de la littérature française, mais en ajouter d'autres plus personnels, ne gêne pas.

Normalement, tu n'es pas obligé connaitre la doctrine ni le contexte de la citation qu'on te donne. Ta problématique doit bien partir de ce qu'on t'as donné comme sujet. Ensuite, pendant ta dissertation, tu pourras peut-être nuancer en mettant en avant que " Cependant, Alain est moins catégorique par la suite ainsi on peut exprimer le fait que… etc "
"On n'instruit pas en amusant" ne doit pas être pris comme une citation mais comme une affirmation à discuter.
Peu importe en quel siècle.
Instruire signifie faire connaître, un point c'est tout. Il faut donc distinguer le résultat qui est la connaissance, du moyen qui produit la connaissance. Mais, pour Alain, il ne s'agit pas de l'individu, mais de l'humanité. Et, si ce n'est pas en amusant que l'humanité s'instruit, de quelle manière est-ce qu'elle s'instruit ? En mettant à l'épreuve des hypothèses par des actions qui les valident par leur réussite.
Les autres textes parlent de la fidélité amoureuse, laquelle est un serment, et pas du tout une connaissance. Ils font la différence entre le serment qui prétend dominer la nature et la connaissance de la nature humaine.
Instruire consiste toujours à faire connaitre, mais dans ce cas, il faut d'abord détromper. Un des moyens de détromper est de montrer le ridicule d'une affirmation téméraire.
Merci beaucoup à vous deux, vos remarques sont intéressantes.


Je vous remercie d'avance, au plaisir de vous lire, encore merci pour vos conseils !
Navrée de faire un double post, j'aurais une question :

Pensez-vous qu'il soit nécessaire de faire une synthèse pour ma dissertation ? Mon professeur de français nous a dit une fois que faire une synthèse relevait du niveau du CAPES, or, quand je regarde les annales de français que j'ai, tous les plans de dissertations ont une synthèse… comment pensez vous que je dois procéder ?

Je vous remercie beaucoup d'avance, au plaisir.
Bonjour,
Je n'ai aucune autorité pour critiquer ton professeur, mais il me semble que tu peux très bien écrire une synthèse (c'est même conseillé normalement si ton plan se veut dialectique).
Je pense que ton professeur aimerait rappeler à ses élèves que ce type de plan n'est pas aussi facile que tout le monde ne s'imagine et qu'il ne faut absolument pas le prendre comme dernier recours (beaucoup le font).
Ma proposition va peut-être te paraître cynique, mais… je ne ferais pas de synthèse à ta place. Pourquoi ? Parce que si ton professeur ne veut pas, tu risques d'être salement noté (barème de CAPES…) simplement à cause de ton plan. Tu me diras que c'est l'apprentissage qui compte et qu'il vaut mieux s'entraîner pour la fin de l'année, et je serais d'accord. Mais, à partir du moment où tu es quasiment sûr d'avoir une mauvaise note, tu ne pourras jamais vraiment bien t'évaluer et t'améliorer par la suite.
Donc, à moins que tu sois vraiment sûr que ta synthèse soit bonne, il vaut mieux l'éviter selon moi. Tu peux alors opter pour un autre plan que le dialectique ou ne faire que la thèse/antithèse.
Je t'engage cependant à attendre l'avis d'un professeur.

Bon courage ! 🙂
Je pense la même chose… je vous remercie de vous être donné la peine de me répondre aussi rapidement ! Je pense que je vais rester sur Thèse/Antithèse pour le moment, je n'ai pas vraiment poussé ma réflexion très loin pour faire une Synthèse, puis c'est aussi ma faute, mon devoir est à rendre demain, autant rendre comme mon professeur veut que je lui rende ce devoir… merci beaucoup !!
J'aimerais être informé de la suite svp.
Bonjour,
Vous pourriez fort bien faire une synthèse, cependant évitez de la présenter sous la forme élémentaire : Thèse, antithèse, synthèse.. C'est dans votre esprit que vous devez avoir ce schéma.
Vous pouvez fort bien affirmer dès le début, ce que vous pensez Vous, du sujet…
Pour ma part, contrairement au titre de votre sujet, je crois qu'il est important et ce de + en + d'instruire en "amusant", c'est-à-dire de présenter de façon ludique l'enseignement, d'où très souvent le bénéfice entre la théorie scolaire (voire universitaire) et la pratique concomitante à l'entreprise.
Le dire devrait aller de concert avec le faire et si ce dernier est sous forme de "jeu" c'est encore mieux, car cela ne rencontre aucune réticence, mais souvent davantage des attitudes simiesques s'inscrivant sans que nous en ayons la volonté, dans notre inconscient.
Mais ça n'est que ma réflexion. La vôtre peut en effet être tout autre.
N'oubliez pas non plus qu'Alain ne vivait pas à notre époque et que la disposition de toutes les "connaissances" qui s'étalent, se copient et se collent sur internet, lui ne connaissait pas.
Imaginez le nombre de livres dont vous disposez ici, sans la nécessité d'en faire l'achat, ni même la nécessité d'aller à l'autre bout d'une ville consulter une bibliothèque.

Instruire, a pour étymologie la même racine qu'instrument <autrement dit "outil">…
Il est difficile de trouver des exemples pour le I. Cependant, j'éviterais quand même Platon dans une dissert de littérature surtout s'il est le seul exemple de la partie. Malheureusement pour l'instant je n'ai rien à proposer à la place !
Vos remarques à tous sont utiles et je vous en remercie.
J'ai laissé tomber la synthèse, je n'ai pas assez approfondi le sujet et comme dis plus haut, je préfère attendre un petit peu, mais merci tout de même de vous être donné la peine de me donner quelques pistes.
Je pense avoir fait ma dissertation comme je le devais dans le temps qu'il fallait, il faudra simplement attendre de voir le résultat après.
Ammy > Pour ma première partie, j'ai trouvé quelques exemples.

Encore merci à vous ! Au plaisir de vous lire
il m'est demandé de faire un plan détaillé sous forme dialectique:introduction/plan/conclusion

je me suis proposé ce plan:

thèse:la transmission du savoir obéit à des règles

laisser entendre que l'on peut apprendre sans effort est démagogique

un travail sérieux est nécessaire à l'acquisition de connaissances

antithèse:le jeu est un moyen d'instruction

des pédagogues ont développé l'apprentissage par le jeu

les auteurs de comédies cherchent à faire rire,mais aussi souvent à faire réfléchir

votre apport est le bienvenu merci