PAUVRE GARÇONTristan Corbière
La Bête féroce.
Lui qui sifflait si haut, son petit air de tête,
Était plat près de moi ; je voyais qu’il cherchait…
Et ne trouvait pas, et… j’aimais le sentir bête,
Ce héros qui n’a pas su trouver qu’il m’aimait.
J’ai fait des ricochets sur son cœur en tempête.
Il regardait cela… Vraiment, cela l’usait ?…
Quel instrument rétif à jouer, qu’un poète !…
J’en ai joué. Vraiment — moi — cela m’amusait.
Est-il mort ?… Ah — c’était, du reste, un garçon drôle.
Aurait-il donc trop pris au sérieux son rôle,
Sans me le dire… au moins. — Car il est mort, de quoi ?…
Se serait-il laissé fluer de poésie…
Serait-il mort de chic, de boire, ou de phtisie,
Ou, peut-être, après tout : de rien…
ou bien de Moi.
Les plus beaux textes de la littérature française
188 réponses · Page 5 / 10
J'aime bien le "sonnet en i" de Mallarmé :
Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !
Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.
Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligé à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.
Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid du mépris
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.
S. Mallarmé, Poésies, éd. NRF-Gallimard.
Extrait de Stèles (Miroirs) de Victor Segalen :
Je n'ai point de bandeaux ni perles, et pas d'exploits à accomplir. Pour régler ma vie singulière, je me contemple seul en mon ami quotidien.
Son visage, -mieux qu'argent ou récits antiques, - m'apprend ma vertu d'aujourd'hui.
Pour moi, un des plus beaux textes de la littérature contemporaine, extrait du Voyage au bout de la nuit.
Une pause dans ce cri insoutenable, et un extrait qui je crois en dit long sur l'auteur, quoi qu'on en dise. Céline.
Une pause dans ce cri insoutenable, et un extrait qui je crois en dit long sur l'auteur, quoi qu'on en dise. Céline.
Sur les deniers temps, il me vint une fois l'envie d'écrire à M. Pata, pour le taper. Alcide se chargerait de poster ma lettre par le prochain Papouatah. Le matériel à écrire d'Alcide tenait dans une petite boîte à biscuits tout comme celle que j'avais connue à Brandelore, tout à fait la même. Tous les sergents rengagés avaient donc la même habitude. Mais quand il me vit l'ouvrir sa boîte Alcide, il eut un geste qui me surpris pour m'en empêcher. J'étais gêné. Je ne savais pas pourquoi il m'en empêchait, je la reposai donc sur la table. « Ah ! ouvre-la va ! qu'il a dit enfin. Va ça ne fait rien ! » Tout de suite à l'envers du couvercle était collée une photo d'une petite fille. Rien que la tête, une petite figure bien douce d'ailleurs avec des longues boucles comme on les portait dans ce temps-là. Je pris le papier, la plume et je refermai vivement la boîte. J'étais bien gêné par mon indiscrétion, mais je me demandais pourquoi aussi ça l'avait tant bouleversé.
J'imaginais tout de suite qu'il s'agissait d'un enfant, à lui, dont il avait évité de me parler jusque-là. Je n'en demandais pas davantage, mais je l'entendais derrière mon dis qui essayait de me raconter quelque chose au sujet de cette photo, avec une drôle de voix que je ne lui connaissais pas encore. Il bafouillait. Je ne savais plus où me mettre moi. Il fallait bien que je l'aide à me faire sa confidence. Pour passer ce moment je ne savais plus comment m'y prendre. Ça serait une confidence tout à fait pénible à écouter, j'en étais sûr. Je n'y tenais vraiment pas.
« C'est rien ! l'entendis-je enfin. C'est la fille de mon frère… Ils sont morts tous les deux…
- Ses parents ?
- Oui, ses parents…
- Qui l'élève alors maintenant ? Ta mère ? que je demandai moi, comme ça, pour manifester de l'intérêt.
- Ma mère, je ne l'ai plus non plus…
- Qui alors ?
- Eh bien moi ! »
Il ricanait, cramoisi Alcide, comme s'il venait de faire quelque chose de pas convenable du tout. Il se reprit hâtif :
« C'est-à-dire je vais t'expliquer… Je la fais élever à Bordeaux chez les Sœurs… Mais pas des Sœurs pour les pauvres, tu me comprends hein ! … Chez des Sœurs "bien"… Puisque c'est moi qui m'en occupe alors tu peux être tranquille. Je veux que rien lui manque ! Ginette qu'elle s'appelle… C'est une gentille petite fille… Comme sa mère d'ailleurs… Elle m'écrit, elle fait des progrès, seulement, tu sais, les pensions comme ça, c'est cher… Surtout que maintenant elle a dix ans… Je voudrais qu'elle apprenne le piano en même temps… Qu'est-ce que t'en dis toi du piano ? … C'est bien le piano, hein, pour les filles ? … Tu crois pas ? … Et l'anglais ? C'est utile l'anglais aussi ? … Tu sais l'anglais toi ? … »
Je me mis à le regarder de plus près l'Alcide, à mesure qu'il s'avouait la faute de ne pas être plus généreux, avec sa petite moustache cosmétique, ses sourcils d'excentrique, sa peau calcinée. Pudique Alcide ! Comme il avait dû en faire des économies sur sa solde étriquée… sur ses primes faméliques et sur son minuscule commerce clandestin… pendant des mois, des années, dans cet infernal Topo ! … Je ne savais pas quoi lui répondre moi, je n'étais pas très compétent, mais il me dépassait tellement par le cœur que j'en devins tout rouge… A côté d'Alcide, rien qu'un mufle impuissant moi, épais et vain j'étais… Y avait pas à chiquer. C'était net.
Je n'osais plus lui parler, je m'en sentais soudain énormément indigne de lui parler. Moi qui hier encore le négligeais et même le méprisais un peu, Alcide.
« Je n'ai pas eu de veine, poursuivait-il, sans se rendre compte qu'il m'embarrassait avec ses confidences. Imagine-toi qu'il y a deux ans, elle a eu la paralysie infantile… Figure-toi… Tu sais ce que c'est toi, la paralysie infantile ? »
Il m'expliqua alors que la jambe gauche de l'enfant demeurait atrophiée et qu'elle suivait un traitement d'électricité à Bordeaux, chez un spécialiste.
« Est-ce que ça revient, tu crois ? … » qu'il s'inquiétait.
Je l'assurai que ça se rétablissait très bien, très complètement avec le temps et l'électricité. Il parlait de sa mère qui était morte et de son infirmité à la petite avec beaucoup de précautions. Il avait peur, même de loin, de lui faire du mal.
« As-tu été la voir depuis sa maladie ?
- Non… j'étais ici.
- Iras-tu bientôt ?
- Je crois que je ne pourrai pas avant trois ans… Tu comprends ici, je fais un peu de commerce… Alors ça lui aide bien… Si je partais en congé à présent, au retour la place serait prise… surtout avec l'autre vache… »
Ainsi Alcide demandait-il à redoubler son séjour, à faire six ans de suite à Topo, au lieu de trois, pour la petite nièce dont il ne possédait que quelques lettres et ce petit portrait. « Ce qui m'ennuie, reprit-il, quand nous nous couchâmes, c'est qu'elle n'a là-bas personne pour les vacances… C'est dur pour une petite enfant… »
Évidemment Alcide évoluait dans le sublime à son aise et pour ainsi dire familièrement, il tutoyait les anges, ce garçon; et il n'avait l'air de rien. Il avait offert sans presque s'en douter à une petite fille vaguement parente des années de torture, l'annihilement de sa pauvre vie dans cette monotonie torride, sans conditions, sans marchandage, sans intérêt que celui de son bon cœur. Il offrait à cette petite fille assez de tendresse pour refaire un monde entier et cela ne se voyait pas.
Il s'endormit d'un coup, à la lueur de la bougie. Je finis par me relever pour bien regarder ses traits à la lumière. Il dormait comme tout le monde. Il avait l'air bien ordinaire. Ça serait pourtant pas si bête s'il y avait quelque chose pour distinguer les bons des méchants.
Oui, il faut toujours dissocier l'œuvre de l'homme, tout comme le personnage de la personne.
Les Mamelles de Tirésias : fantaisie, humour et… "surréalisme". On sait en effet que c'est dans le sous-titre de la pièce et dans sa préface que ce mot apparaît pour la première fois.
Thérèse, perdant son sexe (ses seins se sont d'abord envolés, puis ont éclaté), est devenue Tirésias.
SCÈNE SEPTIÈME
LE PEUPLE DE ZANZIBAR, LE GENDARME,
LE MARI habillé en femme
LE GENDARME
Les duellistes du paysage
Ne m'empêcheront pas de dire que je vous trouve
Agréable au toucher comme une balle en caoutchouc
LE MARI
Atchou
Vaisselle cassée
LE GENDARME
Un rhume c'est exquis
LE MARI
Atchi
Tambour. Le mari relève sa jupe qui le gêne.
LE GENDARME
Femme légère
Il cligne de l'œil.
Qu'importe puisque c'est une belle fille
LE MARI à part
Ma foi il a raison
Puisque ma femme est homme
Il est juste que je sois femme
Au gendarme pudiquement
Je suis une honnête femme-monsieur
Ma femme est un homme-madame
Elle a emporté le piano le violon l'assiette au beurre
Elle est soldat ministre merdecin
LE GENDARME
Mère des seins
LE MARI
Ils ont fait explosion mais elle est plutôt merdecine
LE GENDARME
Elle est mère des cygnes
Ah ! combien chantent qui vont périr
Écoutez
Musette, air triste
LE MARI
Il s'agit après tout de l'art de guérir les hommes
La musique s'en chargera
Aussi bien que toute autre panacée
LE GENDARME
Ça va bien pas de rouspétance
LE MARI
Je me refuse à continuer la conversation
Au mégaphone
Où est ma femme
VOIX DE FEMMES dans les coulisses
Vive Tirésias
Plus d'enfants plus d'enfants […]
Apollinaire, les Mamelles de Tirésias, éd. NRF Gallimard (la Pléiade).
Les Mamelles de Tirésias : fantaisie, humour et… "surréalisme". On sait en effet que c'est dans le sous-titre de la pièce et dans sa préface que ce mot apparaît pour la première fois.
Thérèse, perdant son sexe (ses seins se sont d'abord envolés, puis ont éclaté), est devenue Tirésias.
SCÈNE SEPTIÈME
LE PEUPLE DE ZANZIBAR, LE GENDARME,
LE MARI habillé en femme
LE GENDARME
Les duellistes du paysage
Ne m'empêcheront pas de dire que je vous trouve
Agréable au toucher comme une balle en caoutchouc
LE MARI
Atchou
Vaisselle cassée
LE GENDARME
Un rhume c'est exquis
LE MARI
Atchi
Tambour. Le mari relève sa jupe qui le gêne.
LE GENDARME
Femme légère
Il cligne de l'œil.
Qu'importe puisque c'est une belle fille
LE MARI à part
Ma foi il a raison
Puisque ma femme est homme
Il est juste que je sois femme
Au gendarme pudiquement
Je suis une honnête femme-monsieur
Ma femme est un homme-madame
Elle a emporté le piano le violon l'assiette au beurre
Elle est soldat ministre merdecin
LE GENDARME
Mère des seins
LE MARI
Ils ont fait explosion mais elle est plutôt merdecine
LE GENDARME
Elle est mère des cygnes
Ah ! combien chantent qui vont périr
Écoutez
Musette, air triste
LE MARI
Il s'agit après tout de l'art de guérir les hommes
La musique s'en chargera
Aussi bien que toute autre panacée
LE GENDARME
Ça va bien pas de rouspétance
LE MARI
Je me refuse à continuer la conversation
Au mégaphone
Où est ma femme
VOIX DE FEMMES dans les coulisses
Vive Tirésias
Plus d'enfants plus d'enfants […]
Apollinaire, les Mamelles de Tirésias, éd. NRF Gallimard (la Pléiade).
Elle est soldat ministre merdecinHéhé… Apollinaire précurseur de Boby Lapointe ! 😉 Bien sûr ! Il y a aussi atchou et atchi…
LE GENDARME
Mère des seins
LE MARI
Ils ont fait explosion mais elle est plutôt merdecine
LE GENDARME
Elle est mère des cygnes
Mais ce que j'adore, c'est la réplique : "Ah ! combien chantent qui vont périr"
Je me suis permis de répondre dans ton message pour ne pas "écraser" celui que Winter69 vient de poster. J'espère que cela ne te paraîtra pas indélicat. Jacques.
Mon rêve familierClassique mais magnifique 🙂
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon cœur transparent
Pour elle seule, hélas ! Cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Verlaine
Poèmes saturniens
Jehan a écrit :Elle est soldat ministre merdecinLes Mamelles de Trésias, 1917.
[…] Héhé… Apollinaire précurseur de Boby Lapointe ! 😉
Ubu roi, 1896.
Ce presque « merdre » ferait-il de Jarry le précurseur d'Apollinaire ? 😉
Je ne crois pas. En fait, Apollinaire n'a pas inventé le mot, celui-ci appartient au "patois" lyonnais, et on sait que notre auteur a fréquemment séjourné à Lyon. Bien sûr, il en tire ici un effet burlesque.
Il se peut que ce mot provienne d'une sorte de croisement entre le dérivé populaire mire (médecin en AF) et le dérivé savant médecin.
Il se peut que ce mot provienne d'une sorte de croisement entre le dérivé populaire mire (médecin en AF) et le dérivé savant médecin.
Ah, si l'on fait intervenir les soyeux, alors rien à dire.
J'ai trop de respect pour Laurent Mourguet. 🙂
J'ai trop de respect pour Laurent Mourguet. 🙂
Aragon, la Rose et le Réséda, 1943.
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfèrent les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda
Fac-similé encadré chez moi … 🙂
Ecrit au début de l'année 1943, et ça aurait pu être hier. Quelle tristesse…
Je me souviens de ce morceau de tirade que j'ai appris en seconde, je le connais encore sur le bout des doigts 🙂
PHEDRE
Ah ! cruel, tu m'as trop entendue !
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.
J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux, je m'approuve moi−même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison,
Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les dieux m'en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De séduire le coeur d'une faible mortelle.
Toi−même en ton esprit rappelle le passé.
C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé :
J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine,
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins.
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J'ai langui, j'ai séché, dans les feux, dans les larmes.
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
Bonsoir,
On côtoie et découvre sur ce forum de nombreux textes et extraits littéraires.
En revanche, il n'existe à ma connaissance aucun sujet permettant de partager et d'échanger sur nos coups de coeur !
Je propose qu'on le fasse ici. Qu'on partage entre nous nos extraits, poèmes, chansons préférés.
Aucune restriction ; si ce n'est peut-être la langue : française. Il est bien entendu possible de proposer des textes étrangers en langue originale, mais une traduction sera la bienvenue.
Puisque le titre du sujet invite à la dégustation, préférez peut-être des textes courts (quoiqu'il existe sur ce forum de gros gourmands 😀 ).
Voici un premier amuse-bouche que je vous suggère, issu de Paroles de Prévert ; je le trouve très amusant :
On côtoie et découvre sur ce forum de nombreux textes et extraits littéraires.
En revanche, il n'existe à ma connaissance aucun sujet permettant de partager et d'échanger sur nos coups de coeur !
Je propose qu'on le fasse ici. Qu'on partage entre nous nos extraits, poèmes, chansons préférés.
Aucune restriction ; si ce n'est peut-être la langue : française. Il est bien entendu possible de proposer des textes étrangers en langue originale, mais une traduction sera la bienvenue.
Puisque le titre du sujet invite à la dégustation, préférez peut-être des textes courts (quoiqu'il existe sur ce forum de gros gourmands 😀 ).
Voici un premier amuse-bouche que je vous suggère, issu de Paroles de Prévert ; je le trouve très amusant :
Louis I
Louis II
Louis III
Louis IV
Louis V
Louis VI
Louis VII
Louis VIII
Louis IX
Louis X (dit le Hutin)
Louis XI
Louis XII
Louis XIII
Louis XIV
Louis XV
Louis XVI
Louis XVII
Louis XVIII
et plus personne plus rien…
qu'est-ce que c'est que ces gens-là
qui ne sont pas foutus
de compter jusqu'à vingt ?
Oui, par contre, il serait bon d'indiquer si possible la source du texte.
Et d'autre part, il existe déjà une discussion similaire.
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/23904-les-plus-beaux-textes-de-la-litterature-francaise.html
Et d'autre part, il existe déjà une discussion similaire.
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/23904-les-plus-beaux-textes-de-la-litterature-francaise.html
Au temps pour moi, je n'avais jamais vu ce fil.
Pour la source : Paroles de Prévert ; "Les belles familles" ; Gallimard (1949) ; p. 163 (ISBN 2-07-036762-2).
Où entendez-vous source Internet légitimant la publication sur ce forum ?
Pour la source : Paroles de Prévert ; "Les belles familles" ; Gallimard (1949) ; p. 163 (ISBN 2-07-036762-2).
Où entendez-vous source Internet légitimant la publication sur ce forum ?
Non, je parle de l'édition du texte que l'on retranscrit. Si on le prend en ligne, on ne sait évidemment presque jamais. Les lois américaines concernant les droits d'auteur et d'éditeur ne sont pas les nôtres…
Si vous voulez, on pourra intégrer votre poème au fil que je citais et supprimer celui-là ?
Si vous voulez, on pourra intégrer votre poème au fil que je citais et supprimer celui-là ?
Oui Jacques, c'est très bien comme ça!
[…]
Mais maintenant, quittant le niveau de la mer liquide,
O rimeur Florentin! nous ne te suivrons point, pas après pas, dans ton investigation,
Descendant, montant jusqu'au ciel, descendant jusque dans l'Enfer,
Comme celui qui assurant un pied sur le sol logique avance l'autre en une ferme enjambée.
Et comme quand en automne on marche dans des flaques de petits oiseaux,
Les ombres et les images par tourbillons s'élèvent sous ton pas suscitateur!
Rien de tout cela! toute route à suivre nous ennuie! toute échelle à escalader!
O mon âme! le poëme n'est point fait de ces lettres que je plante comme des clous, mais du blanc qui reste sur le papier.
O mon âme! il ne faut concerter aucun plan! ô mon âme sauvage, il faut nous tenir libres et prêts,
Comme les immenses bandes fragiles d'hirondelles quand sans voix retentit l'appel automnal!
O mon âme impatiente, pareille à l'aigle sans art! comment ferions-nous pour ajuster aucun vers? à l'aigle qui ne sait pas faire son nid même?
Que mon vers ne soit rien d'esclave! mais tel que l'aigle marin qui s'est jeté sur un grand poisson,
Et l'on ne voit rien qu'un éclatant tourbillon d'ailes et l'éclaboussement de l'écume!
Mais vous ne m'abandonnerez point, ô Muses modératrices.
[…]
Paul Claudel, Cinq grandes Odes, I. Les Muses, éd. NRF Gallimard (Pléiade).