La littérature n’est-elle qu’une réécriture ?

Entraide scolaire

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous, je suis élève de seconde, et j'ai pour la rentrée une dissertation à faire.

Je vous expose le sujet : "Julien Gracq écrit dans un ouvrage critique de 1960 que "tout livre pousse vers d'autres livres". Les textes du corpus , ceux que vous avez étudié et ceux que vous avez lu, vous permettront de justifier ou de contester cette afirmation. Pensez-vous comme Gracq que la littérature n'est qu'une réécriture?"

J'ai mis un plan sur pied qui me semble un peu léger,

Intro

Première partie I -Littérature et imitation
‘Oui, tout livre pousse sur d'autres’

Deuxième partie II-Certes c'est une imitation, mais la littérature est aussi création
‘Mais la réécriture a une dimension ludique par rapport au texte source’

Troisième partie III-Corrélation entre imitation et invention
‘La littérature copie en innovant’


J'aurais besoin de conseil pour approfondir ce plan.
Merci d'avance à ceux qui prendrons la peine de me répondre.
Ton plan me semble plutôt pas mal. Il faut bien voir que les auteurs, qu' ils le veuillent ou non, que ce soit inconscient ou pas, réemploient certains thèmes de la littérature, certains types de personnages et des topoi, c' est-à-dire des lieux communs. Les hypotextes, ou textes de départ, constituent une source inépuisable pour les auteurs. Les textes fondateurs comme L' Odyssée d' Homère ou la Bible ont été repris de multiples façons à travers les siècles avec des auteurs comme Rabelais, Hugo, Apollinaire pour le poème d' Homère ou Zola, Camus, Gautier pour le texte sacré. En fait, la littérature, ce n' est ni plus ni moins qu' un phénomène constant d' intertextualité ; on retrouve dans chaque oeuvre des traces d' autres écrits. Alors bien sûr, la création peut se faire. Néanmoins, dans chaque oeuvre prétendument originale, il y a toujours une petite touche d' écrits antérieurs aussi infime soit elle. La Pléiade, par exemple, a développé le phénomène d' innutrition, à savoir une imitation productive des textes antiques. La question de l' imitation me semble importante dans ton devoir, tu l' as d' ailleurs très bien vu dans ta troisième partie. Les réecritures ne sont jamais fortuittes ; elles permettent de dépasser les textes originaux, de faire voir une nouvelle facette de ces hypotextes. La littérature est aussi une question d' interprétation ; et c' est pour cela que les réecritures ne pourront jamais cesser. La création est donc limitée. Bien sûr, les écrivains qui reprennent d' autres textes, ont leur " patte " , leur style propre, ce qui fait que le mélange entre création et imitiation devient plus flou.
Merci pour cette réponse constructive, je me demandais pour mon intro ?
Je dois énoncer la définition d'imitation, par quoi puis-je commencer ?
Je veux dire, je sèche sur mon entrée en matière.
Interroge-toi sur le sens du mot réecriture, et sur ses présupposés. A quoi pense-t-on lorque l' on parle de réecriture ? Commence par dire des évidences, par balayer le sujet.
Vraiment, je te remercie pour ton aide Thomas, j'ai fais toute mon introduction, toute ma première partie d'argumentation, seulement je n'ai pas assez d'argument pour la partie II, " certes c'est une imitation, mais la littérature est aussi une création".
Serait-il possible de m'aider à trouver quelques argument convaincant, je ne demande pas que l'on me fasse le travail, seulement un petit coup de pouce 🙂
Comme je l' ai écrit, tu peux parler de la Pléiade, qui va amplifier la langue française en reprenant les textes antiques. C' est le principe de l' innutrition. La création a toujours pour arrière-fond un contexte et les artistes sont forcément imprégnés de celui lorsqu' il écrivent leurs oeuvres. Cocteau ou Gireaudoux, vont réinterpréter les mythes en les contextualisant…
Va voir du côté de Chateaubriand, il y a une citation sur l'artiste original qui colle parfaitement 😉
Quant aux critiques, on peut aller voir dans le Semeiotikè de Julia Kristeva, qui étend le dialogisme de Bakhtine à toute la littérature.
Il est en seconde, quand même.
Polo a écrit :Il est en seconde, quand même.
Oups, j'avais pas vu
Bonsoir.

J'ai une dissertation à faire sur cette citation de Julien Gracq dans Préférences :

"Tout livre se nourrit non seulement des matériaux que lui fournit la vie, mais aussi et peut-être surtout de l'épais terreau de la littérature qui l'a précédé. Tout livre pousse sur d'autres livres, et peut-être que le génie n'est pas autre chose qu'un apport de bactéries particulières, une chimie individuelle délicate, au moyen de laquelle un esprit neuf absorbe, transforme, et finalement restitue sous une forme inédite non pas le monde brut, mais plutôt l'énorme matière littéraire qui préexiste à lui."

Je pense que c'est vrai mais que l'auteur et ses idées sont plus importants dans la création d'un livre que l'influence des oeuvres existantes. Je pense aussi que ce qui fait un livre n'est pas d'où il vient mais où il va, c'est-à-dire son message et son impact.
J'aurais aimé avoir vos avis et vos idées.
Merci d'avance !