Bonjour,
Je suis en Hypokhâgne B/L et je dois passer une khôlle de Français à la rentrée.
J'ai choisi un échange de tirades entre Benvolio et Roméo dans la scène d'exposition de Roméo et Juliette de Shakespeare , que voici :
J'ai déjà bien avancé mais j'aurai besoin d'aide concernant quelques questions que je me pose.
Ce qui est remarquable dans ce livre, c'est la vision de l'amour et sa description.
Mon analyse s'attarde donc à découvrir quelle vision de l'amour est livrée dans cet extrait où Roméo est mélancolique puisqu'il s'est perdu dans le faux amour qu'il éprouve pour Rosaline, faux amour car non partagé.
C'est ici un amour destructeur qui est dépeind et qui fait écho au futur amour constructeur de Roméo et Juliette. Car l'amour peut être soit l'un, soit l'autre.. Ou bien souvent les deux. Et c'est aussi ce qui est décrit dans ce livre.
J'ai découpé l'extrait en trois mouvements qui sont autant de sentiments créés par cet amour à sens unique :
I. La mélancolie ( les 6 premières tirades )
II. La douleur ( les 2 suivantes )
III. La tristesse ( à partir de "mais toi ne ris-tu pas ?" jusqu'à la fin )
Au cours de mon analyse il m'est apparu quelques problèmes par manque de connaissances, auxquels je l'espère, vous pourrez apporter quelques réponses.
_ Comment nomme-t-on cette construction structurelle dans l'agencement des tirades 3, 4 et 5 ? Enfin le fait qu'il y ait des alinéas de plus en plus importants entre ces tirades ?
_ Dans les phrases : qu'Amour … puisse (tirades 7 et 8) le verbe pouvoir est au subjonctif présent. Mais il n'a pas de valeur optative, ce n'est pas un souhait… Est-ce qu'il faut l'entrendre comme un "peut" qui se disait "puisse" à l'époque de Shakespeare ?
_ Je n'arrive pas à analyser le " Ô Dieu " de la tirade 8, est-ce une lamentation ?
_ "Voici l'amour que je ressens
Moi qui ne ressens pas l'amour. "
Est-ce seulement un chiasme ?
Cet extrait est très riche… Shakespeare se base sur l'union des contraires tout au long du livre : dans le texte, l'intrigue … Il utilise des procédés opposés qu'il unit de façon harmonieuse pour qu'ils soient complémentaires ! C'est fascinant mais aussi.. Déroutant.
Je suis un peu perdue dans cette complexité alors si quelqu'un a un peu de temps pour m'expliquer ce lyrisme singulier… 🙂
Ou si quelqu'un a juste une remarque ou une suggestion il est aussi le bienvenue ! 🙂
Je vous remercie d'avance.
Je suis en Hypokhâgne B/L et je dois passer une khôlle de Français à la rentrée.
J'ai choisi un échange de tirades entre Benvolio et Roméo dans la scène d'exposition de Roméo et Juliette de Shakespeare , que voici :
1 : BENVOLIO.Ma khôlle consiste en une analyse linéaire de cet extrait.
Quelle peine allonge les heures de Roméo ?
2 : ROMÉO.
Ne pas avoir ce qui, si on l'avait, les rendrait brèves.
3 : BENVOLIO
En amour ?
4 : ROMEO
Hors.
5 : BENVOLIO
D'amour ?
6 : ROMEO
Hors des faveurs de celle
Pour qui je suis dans l'amour.
7 : BENVOLIO
Hélas, qu'Amour si délicieux à notre vue
Puisse devenir tyrannique et dur à l'épreuve !
8 : ROMEO
Hélas, qu'Amour dont les yeux sont bandés
Puisse découvrir sans yeux
Le chemin de ses désirs !
Où dînons-nous ce soir ? Ô Dieu. Quelle était cette bagarrre ?
Non ne me le dis pas car j'ai tout entendu.
Combien l'on a d'affaire ici avec la haine
Mais plus encore avec l'amour !
Quoi donc ! Amour braillard ! Et amoureuse haine !
Oh toutes choses d'abord enfantées de rien !
Ô lourde légereté ! Sérieuse vanité !
Et chaos difforme de belles apparences !
Plumes de plomb, fumée lumineuse,
Flamme glacée, santé malade,
Sommeil qui toujours veille et n'est point ce qu'il est !
Voici l'amour que je ressens,
Moi qui de toute ceci ne ressens point l'amour.
Mais toi ne ris-tu pas ?
9 : BENVOLIO
Non, mon cousin, je pleure.
10 : ROMEO
Que pleures-tu, bon coeur ?
11 : BENVOLIO
L'oppression d'un bon coeur.
12 : ROMEO
Voilà, telle est la transgression d'Amour
Car mes peines d'amour pèsent lourd sur mon coeur
Et tu vas les grandir en les pressant encore
Avec les tiennes ; car cet amour que tu me montres
Ajoute plus de peine encore à mon trop de peines.
L'amour est une fumée formée des vapeurs de soupirs :
Purifié, c'est un feu dans les yeux des amants,
Agité, une mer nourrie des larmes des amants ;
Et quoi encor ? La folie la plus sage
Le fiel qui nous étouffe, la douceur qui nous sauve.
Adieu mon cousin.
J'ai déjà bien avancé mais j'aurai besoin d'aide concernant quelques questions que je me pose.
Ce qui est remarquable dans ce livre, c'est la vision de l'amour et sa description.
Mon analyse s'attarde donc à découvrir quelle vision de l'amour est livrée dans cet extrait où Roméo est mélancolique puisqu'il s'est perdu dans le faux amour qu'il éprouve pour Rosaline, faux amour car non partagé.
C'est ici un amour destructeur qui est dépeind et qui fait écho au futur amour constructeur de Roméo et Juliette. Car l'amour peut être soit l'un, soit l'autre.. Ou bien souvent les deux. Et c'est aussi ce qui est décrit dans ce livre.
J'ai découpé l'extrait en trois mouvements qui sont autant de sentiments créés par cet amour à sens unique :
I. La mélancolie ( les 6 premières tirades )
II. La douleur ( les 2 suivantes )
III. La tristesse ( à partir de "mais toi ne ris-tu pas ?" jusqu'à la fin )
Au cours de mon analyse il m'est apparu quelques problèmes par manque de connaissances, auxquels je l'espère, vous pourrez apporter quelques réponses.
_ Comment nomme-t-on cette construction structurelle dans l'agencement des tirades 3, 4 et 5 ? Enfin le fait qu'il y ait des alinéas de plus en plus importants entre ces tirades ?
_ Dans les phrases : qu'Amour … puisse (tirades 7 et 8) le verbe pouvoir est au subjonctif présent. Mais il n'a pas de valeur optative, ce n'est pas un souhait… Est-ce qu'il faut l'entrendre comme un "peut" qui se disait "puisse" à l'époque de Shakespeare ?
_ Je n'arrive pas à analyser le " Ô Dieu " de la tirade 8, est-ce une lamentation ?
_ "Voici l'amour que je ressens
Moi qui ne ressens pas l'amour. "
Est-ce seulement un chiasme ?
Cet extrait est très riche… Shakespeare se base sur l'union des contraires tout au long du livre : dans le texte, l'intrigue … Il utilise des procédés opposés qu'il unit de façon harmonieuse pour qu'ils soient complémentaires ! C'est fascinant mais aussi.. Déroutant.
Je suis un peu perdue dans cette complexité alors si quelqu'un a un peu de temps pour m'expliquer ce lyrisme singulier… 🙂
Ou si quelqu'un a juste une remarque ou une suggestion il est aussi le bienvenue ! 🙂
Je vous remercie d'avance.



