Incompréhension d’un tercet de Sponde

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16 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir à tous,

je voudrais expliquer un sonnet de Sponde, or le sens du dernier tercet m'échappe (par exemple, je ne sais absolument pas à qui renvoient les pronoms etc).

Je souhaiterais, si possible, qu'on me le reformule.


"Je contemplais un jour le dormant de ce fleuve"
Je contemplais un jour le dormant de ce fleuve
Qui traîne lentement les ondes dans la mer,
Sans que les Aquilons le fassent écumer
Ni bondir, ravageur, sur les bords qu'il abreuve.

Et contemplant le cours de ces maux que j'épreuve,
Ce fleuve, dis-je alors, ne sait que c'est d'aimer ;
Si quelque flamme eût pu ses glaces allumer,
Il trouverait l'amour ainsi que je le treuve.

S'il le sentait si bien, il aurait plus de flots,
L'Amour est de la peine et non point du repos,
Mais cette peine enfin est du repos suivie,

Si son esprit constant la défend du trépas ;
Mais qui meurt en la peine il ne mérite pas
Que le repos jamais lui redonne la vie.
Bonsoir Forever,

Voilà ce que je comprends, sous toute réserve (mes remarques entre crochets) :
Mais cette peine enfin est du repos suivie,

Si son [à la peine] esprit constant la [= la peine] défend du trépas ;
Mais qui [= n'importe qui] meurt en la peine il ne mérite pas
Que le repos jamais lui [(à) n'importe qui] redonne la vie.
Muriel
Bonsoir !

Merci beaucoup Muriel.

interrogations me viennent alors :

-Comment une peine peut avoir un esprit constant?

-Le sens des 2 derniers vers, malgré votre intervention, m'échappe toujours… 😞
Si son esprit constant [une peine dure, perdure, est éternelle, est omniprésente, etc.) la défend du trépas [de l'oubli définitif, donc de son anéantissement] ;
Mais qui meurt en la peine [de chagrin] il ne mérite pas
Que le repos [la sérénité, le temps qui passe sur les blessures les plus profondes] jamais lui redonne la vie [le pouvoir de continuer, de surmonter les peines, les souffrances].
J'ai l'impression (mais ce n'est qu'une impression) que ce paysage « état d'âme » est à mouvement inverse. C'est-à-dire que le poète, après avoir souffert de ses « passions » (assimilées aux mouvements tumultueux de la mer), trouve le repos sur les rives d'un fleuve au débit calme, régulier et rassurant ; ressourçant. Alors que dans la nature, c'est l'inverse ; d'abord le fleuve (l'amont), puis la mer (l'aval).

Il est possible que la "leçon" soit d'apprendre à ne pas se laisser emporter par les grands mouvements/passions, mais savoir aussi revenir "en arrière", savoir remonter le fleuve (de la vie) à un état plus serein. Ce qui n'est évidemment plus permis à celui qui succombe à sa/ses "passion/souffrances".

Interprétation à mes risques et périls… =D

Muriel
Bonsoir à tous deux,

Sponde, poète baroque redécouvert il y a seulement un demi-siècle, est amateur de formes compliquées pour exprimer une thématique simple.

Ici il s'agit d'une rhétorique organisée en antithèses autour de thèmes chers au baroque : changement et permanence, illusion et vérité, vie et mort…

Je crois comprendre que Sponde fait l'éloge de la constance en amour. C'est un éloge paradoxal de la souffrance dans et par la passion. Sponde procède par une série de retournements (transformations) très caractéristiques de l'époque.
S'il persiste dans son amour, malgré l'absence de retour de l'être aimé, il reste dans la peine (la souffrance) ce qui maintient paradoxalement l'amour vivant.
Toute vie s'achève dans le repos de la mort.
Si par aventure, celui qui a fait le choix de rester constant à sa flamme venait à mourir dans cet état, il serait bien mal récompensé de trouver le repos dans la mort. En effet la souffrance de l'amour est hautement préférable à une vie terne sans passion.
Bonsoir,

merci d'avoir pris de votre temps pour me répondre.
Vous m'avez permis d'y voir un peu plus clair !

Toutefois, quelques remarques :
*Jean-Luc, je comprends votre réflexion mais ne parvient pas du tout à la rattacher directement, concrètement au poème (ne vois pas à quel vers telle explication renvoie…).

*"Mais cette peine enfinest du repos suivie,
Si son esprit constant la défend du trépas"
=> Je ne peux expliquer ce repos obtenu après votre explication…

*"Mais qui meurt en la peine il ne mérite pas
Que le repos jamais lui redonne la vie
"
=> Quelle vie ? Une vie future ? Comment le repos pourrait-il faire cela ? Il doit y avoir des images et donc cela renvoie à autre chose, mais je ne saisis pas quoi… 😞

*Y-a-il bien un registre dramatique qui apparaît et se developpe au fil du poème (j'envisage une lecture linéaire) ?

=> Devrais-je partir sur une problématique sur l'éloge de la constance en amour où la nécessité de souffrir a un pouvoir "générateur" - je ne trouve pas le terme adéquat, renduconcret par l'opposition avec le fleuve ?(Suis-je totalement HS et/ou à côté de l'enjeu de ce texte ?)

Cordialement,
Forever.
"générateur" - je ne trouve pas le terme adéquat
Tu veux sans doute dire régénérateur.
Bonjour Forever,

Je vais essayer de reformuler plus clairement ce que je crois comprendre de ce poème.
J'espère ne pas te fourvoyer.

Le sonnet est construit à partir de deux séries d’équivalences antithétiques :
- Le fleuve, le calme, le repos, la mort, le sommeil, le froid…
- La mer, l’agitation, la vie, la souffrance, la flamme, la passion…

Revenons aux tercets :
Le poète reproche au fleuve son impassibilité, son calme proche de la mort…
L’Amour (le véritable amour passionné) fait souffrir.
Cette souffrance s’achèvera enfin (à la fin) inéluctablement dans le repos (éternel de la mort)
même si celui qui se meurt dans la constance de sa passion veut l’empêcher de mourir.
C’est pourquoi celui qui se consume d’amour serait mal récompensé
si le repos devait un jour lui rendre la vie (une vie terne, une vie qui aurait renoncé à son idéal).
Bien sûr il y a l'ambiguïté sur le terme de repos qui évoque tout à la fois la convalescence et la mort.

Le fleuve est l’image de nos vies qui s’écoulent. Tout Amour est voué à la mort. Le passionné est admirable en ce qu’il continue de lutter malgré la connaissance de la fin. Le véritable passionné est celui qui voudrait son Amour éternel, ou du moins figé dans l’éternité. La mort dans les souffrances amoureuses est préférable à la vie tranquille et banale. Ce sonnet précieux est une préfiguration des poèmes métaphysiques de la deuxième manière chez Sponde, ceux qui vont méditer sur la mort. On peut penser aussi que Sponde passe insensiblement de l’amour courtois à l’Amour mystique.
Bonjour à vous deux !

Oui Muriel c'était ce mot-là, merci !

Jean-Luc, un grand merci pour avoir reformulé et approfondis votre propos.

*J'ai toujours un problème de compréhension concernant le vers 12 : "Si" = même si ? (il n'exprime donc pas la condition ici ?)

*v13 : "meurt" = mort physique ?

*Je suis perplexe à cause du verbe "mériter" : pour moi, cela rendrait mélioratif la vie terne dont il est question à la fin du poème…

*Je bloque encore et toujours sur cette "vie" : ce n'est pas que vous expliquez mal -loin de là, mais je crois que mon esprit est buté sur ce dernier vers !
=> C’est pourquoi celui qui se consume d’amour serait mal récompensé si le repos devait un jour lui rendre la vie (une vie terne, une vie qui aurait renoncé à son idéal).
Je ne comprends pas de quel repos il est ici question et comment, s'il s'agit de la mort, il pourrait être à nouveau question de vie… Peut-être me l'avez-vous expliqué mais je n'ai alors pas du tout saisi ce point, j'en suis désolé…

*Qu'entendez-vous par "sonnet précieux" ? // la préciosité, parler d'amour de façon recherchée, élevée, raffinée ?

*Je n'ai pas de connaissances sur l'amour mystique et ne pourrai donc pas approfondir l'analyse.

Cordialement,
Forever.
Bonjour Forever,

Je manque de temps aussi vais-je répondre en plusieurs fois.

Si n'exprime pas toujours la condition ou l'hypothèse.
Littré a écrit :10° D'autres fois si marque opposition. ? Si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu, J. J. ROUSS., Ém. VI
Dans ce poème, je le comprends comme un bien que.

Mourir ne veut pas forcément dire perdre la vie.
Littré a écrit :En un sens analogue, mourir dans son péché, ne pas se corriger. ? Ce n'est pas parce que j'ai quatre-vingts ans que je pense ainsi ; car j'avais le même goût à quinze, et probablement je mourrai dans mon péché, VOLT., Lett. Touraille, 5 juill. 1774
Il mourra en sa peau, ou en sa peau mourra le renard, c'est-à-dire on ne se corrige point.
On dit de même : il mourra dans la peau d'un insolent. ? Le drôle est toujours le même, et, à moins qu'on ne l'écorche vif, je prédis qu'il mourra dans la peau du plus fier insolent !…, BEAUMARCHAIS, le Mariage de Figaro, I, 3
Ici je le comprends comme persévérer ou se consumer.

Est-ce que ces réponses sur le lexique te permettent de progresser ?
Bonsoir,

oui je "comprends" désormais les vers 12 et 13 (jusqu'à la "coupe" : on ne disait pas "virgule" au XVI° -nous a dit notre prof !) et cela va m'aider.

*Si vous avez une "astuce" pour que je saisisse la fin du vers 13 et le vers 14, je suis preneur cher Jean-Luc (sens de "mériter", "repos", "redonne" et "vie") !

=> Pourquoi/comment le repos lui redonnerait-il une vie terne ? S'il n'aime plus ? Donc pour Sponde le repos est une sorte de mal ? (c'est cela que je comprends ! )
Je ne vois pas de difficulté.

Peut-être est-ce parce que je ne vois ni éloge ni critique dans cet état d'âme qui, en s'étalant, crée une correspondance avec ce qu'il voit.
La peine est suivie de repos à condition de ne pas en mourir.
La seule leçon est de ne pas se décourager. Il faut tenir le coup.

Mais il ne faut pas couper la phrase (est-ce de cela que vient la difficulté ?) Cette peine est suivie de repos si on garde assez de sang froid pour ne pas mourir.

Mais si on parle de sang froid, on établit une analogie avec le fleuve, et il vaut mieux l'éviter en parlant d'esprit constant.

Le passage de "je" à "il" correspond au mouvement de la méditation qui progresse:
1 - Le "Je" projette son état d'âme
2 - Le "Je" regarde et observe
3 - Le "Je" se réfléchit, ce qui transforme "je" en "il" qui est un "je" vu de loin, et vu de l'esprit.

"Il", qui est d'abord le fleuve (vers 8), devient le "Je" vu de loin qu'annonce le possessif "son" dans "son esprit" (l'esprit de "il" qui n'est pas encore nommé, mais qui est en train de naitre en se détachant de la peine) Et cela condamne un autre"il" qui meurt à la peine, et qui est le "je" d'avant la méditation, maintenant vu de loin.

Pour résumer en un mot, on peut dire que la pensée passe du mode binaire (je, tu), au mode ternaire (je, tu, il). Et vous avez presque le même problème de distribution (je, tu, il) quand vous essayez de comprendre un texte comme celui-ci.

Car il faut aussi se méfier des idées suggérées par les critiques , les historiens de l'histoire littéraire, et même par les professeurs, car en les lisant et en les écoutant, on apprend ce qu'ils pensent, eux. C'est intéressant, mais ce n'est pas du tout la même chose que ce dit et pense l'auteur. Si vous avez en tête l'idée que le poète est précieux, vous allez chercher à reconnaitre ce trait, tout comme quand vous rencontrez quelqu'un dont on vous a dit du mal, vous n'écoutez plus vraiment ce qu'il vous dit parce que vous êtes prévenu contre lui. Il y a des auteurs comme Pascal ou Rousseau dont on dit des choses ahurissantes à force d'en rajouter sur des commentaires qui en engendrent d'autres. Et dans ce cas, si vous voulez plaire, vous êtes obligés de deviner ce qu'on veut vous faire dire.
Bonsoir,

merci pour votre intervention.

Il y a bien difficulté puisque pour vous "repos" ne signifie pas "mort" (v11) et le "si" ne signifie pas la concession mais la condition !

=> Je comprends les vers 11 et 12 ainsi : On aura beau être constant, on ne pourra rien contre la mort.

=> Je comprends les vers 13 et 14 ainsi : ("meurt" comme l'a proposé Jean-Luc, au sens de "persévère, se consume") : "repos" ne signifie plus "mort" : mais de quel type de repos s'agit-il alors ? Et comment pourrait-il rendre la "vie" ? Quelle vie ?
Mais si "repos" signifie bien en fait "mort", alors cela m'est bien obcur : comment la mort redonnerait-elle une vie ?

Vous l'aurez compris, la clausule m'est totalement obscure et tout le sens du texte m'échappe alors.
Mais pourquoi changer le sens des mots ?

Sponde écrit que la peine dont on souffre sera guérie par le repos si on a un esprit constant, mais que si on n'a pas cette constance et se laisse mourir, on ne profitera plus de la vie.

C'est tout de même simple.
Bonsoir,

J'espère ne pas trop dérailler !

Je commencerai par quelques règles simples pour interpréter ce texte :
- les hypothèses de lecture doivent rendre compte de tout le texte,
- le texte doit être interprété dans le contexte culturel de son temps,
- le sonnet obéit à des règles dont celle de l'habileté qui oppose quatrains et tercets dans un retournement final appelé chute, voir ici.
Ce sonnet me paraît précieux en raison des thèmes traités (mer, passion, orage, souffrance) et de leur traitement qui consiste à jouer sur les mots pour faire naître des perspectives originales. Voir Marbeuf.

La compréhension de ce sonnet passe par des difficultés lexicales. Nous utiliserons le Littré pour tenter de les résoudre.
D'abord le terme « peine »
Littré a écrit :En termes de galanterie, les souffrances des amants. ? ….Que sent-on [dans l'amour] ? Des peines près de qui le plaisir des monarques Est ennuyeux et fade : on s'oublie, on se plaît Toute seule en une forêt, LA FONT., Fabl. VIII, 13 ? … J'ai couru partout où ma perte certaine Dégageait mes serments et finissait ma peine, RAC., Andr. II, 2
Le poète précieux fait de la souffrance passionnelle un signe d'élection et une source d'inspiration pour son art.

S'il le sentait si bien, il aurait plus de flots,
L'Amour est de la peine et non point du repos,
Mais cette peine enfin est du repos suivie,

Si son esprit constant la défend du trépas ;
Mais qui meurt en la peine il ne mérite pas
Que le repos jamais lui redonne la vie.

Dans l'avant-dernier vers, le mot "peine" a peut-être cet autre sens :
Littré a écrit :Manque de disposition à, de volonté pour. ? On a peine à haïr ce qu'on a bien aimé, CORN., Sertor. I, 3 ? Si contre lui j'ai peine à croire ces témoins, CORN., Nicom. III, 8 ? Nous avons considéré, à l'égard des valets, la peine qu'ils ont, quand ils sont gens de conscience, à servir des maîtres débauchés, PASC., Prov. VI ? J'ai peine à contempler son grand coeur [de Charles Ier] dans ces dernières épreuves, BOSSUET, Reine d'Anglet. ? Il eut une peine extrême à m'aborder, FÉN., Tél. X ? Je n'aime point les gens qui renversent les lois de leur patrie : mais j'aurais de la peine à croire que César et Cromwell fussent de petits esprits, MONTESQ., Déf. Espr. lois, part. 1 ? On a de la peine à croire que le parlement, en 1621, défendit, sous peine de mort, de rien enseigner de contraire à Aristote, VOLT., Moeurs, 180
Ici peine serait l'antonyme de constant. Les deux mots sont à la fin de l'hémistiche d'ailleurs.

Le dernier vers est difficile à interpréter.
Se présentent deux hypothèses :
Meurt est à prendre au sens strict (décède) alors repos est un synonyme de mort,
ou au sens figuré (persévère), alors repos = convalescence.

Le dernier vers pour être une belle chute en antithèse concluante nécessite le premier sens.

Redonner vie peut être une allusion à l'autre vie du croyant. Mais l'expression peut signifier aussi :
Littré a écrit :Fig. Donner, redonner, rendre la vie, se dit de ce qui rassure, ranime, réconforte. ? Par votre lettre qui me donne la vie, nous voyons votre triomphe quasi assuré, SÉV., 175 ? Pour cet hiver, l'espérance de vous avoir me donne la vie, SÉV., 28 mars 1676 ? Ah ! je respire, Arsace, et tu me rends la vie, RAC., Bérén. III, 2
On pourrait donc comprendre que celui qui persévère (ou meurt) dans son manque de volonté, de constance ne mérite pas que la mort l'apaise.

Quel est le bien véritable ? La paix, l'absence de passion ou la constance dans l'amour. Sponde répond la seconde en cette vie, la première dans l'autre. Rappelons que la prière des morts chrétienne est contenue dans l'invocation : "Qu'ils reposent en paix !"

Sponde passe insensiblement de l'amour galant à l'amour mystique, celui de la créature qui souffre d'être séparée de son Dieu et qui aspire à la paix de l'union extatique après la mort.

La difficulté d'interprétation tient justement à ce que les précieux jouent habilement sur tous les sens du mot. En plus, Sponde qui est un protestant convaincu cherche sans doute à conjurer par la rigueur morale l'inconstance de la vie, un thème éminemment baroque.

Je finirai cette tentative par d'autres poèmes du même Sponde qui me semblent évoquer la même thématique. Rien n'est plus éclairant que de tenter de comprendre un auteur par ses textes.
Sponde a écrit :Il est vrai, mon amour était sujet au change,
Avant que j'eusse appris d'aimer solidement,
Mais si je n'eusse vu cet astre consumant,
Je n'aurais point encor acquis cette louange.

Ore je vois combien c'est une humeur étrange
De vivre, mais mourir, parmi le changement,
Et que l'amour lui-même en gronde tellement
Qu'il est certain qu'enfin, quoi qu'il tarde, il s'en venge.

Si tu prends un chemin après tant de détours,
Un bord après l'orage, et puis reprends ton cours,
Et l'orage aux détours, il survient le naufrage

Une erreur on dira que tu l'as mérité.
Si l'amour n'est point feint, il aura le courage
De ne changer non plus que fait la vérité.
Sponde a écrit :Les vents grondaient en l'air, les plus sombres nuages
Nous dérobaient le jour pêle-mêle entassés,
Les abîmes d'enfer étaient au ciel poussés,
La mer s'enflait des monts, et le monde d'orages ;

Quand je vis qu'un oiseau délaissant nos rivages
S'envole au beau milieu de ces flots courroucés,
Y pose de son nid les fétus ramassés
Et rapaise soudain ces écumeuses rages.

L'amour m'en fit autant, et comme un Alcyon
L'autre jour se logea dedans ma passion
Et combla de bonheur mon âme infortunée.

Après le trouble, enfin, il me donna la paix :
Mais le calme de mer n'est qu'une fois l'année
Et celui de mon âme y sera pour jamais.
Bonjour Jean-Luc,

un immense merci à vous qui ne pouviez pas mieux faire pour éclairer ma lanterne ! Merci d'y avoir passé semble-t-il un certain temps !

Forever-L,
désormais amoureux de Sponde 😜