Qu’est-ce que l’agrégation ?

La filière littéraire

36 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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La question va faire rire certains qui vont me prendre pour une débile mais Qu'est-ce que l'agrégation? En quoi ceci consiste? Et à quoi cela sert-il vraiment?
C'est un concours de recrutement d'enseignants du second degré de l'enseignement public français (collèges, et principalement lycées). Ces enseignants peuvent être aussi appelés à enseigner dans le supérieur (STS, CPGE, et éventuellement l'université, avec le statut de PRAG).

Elle diffère du CAPES par une quotité travaillée plus faible, un prestige et une rémunération plus élevés.

Elle se décline en plusieurs sections ; pour les matières littéraires : lettres (ou "lettres classiques"), lettres modernes, grammaire, histoire, géographie, philosophie, un certain nombre de langues.

Elle est principalement préparée au sein des universités et des écoles normales supérieures.

Elle est accessible à partir du niveau maîtrise (M1), depuis peu à partir du niveau master (M2).

Elle sert donc à enseigner… mais comme c'est un concours particulièrement difficile et reconnu, elle sert aussi tacitement de sésame pour les postes universitaires, dans les disciplines qui ont une agrégation, et même au-delà du monde de l'éducation (certains hommes politiques, par exemple, en sont détenteurs).

Cordialement.
Ah ok merci de l'éclaircissement. Peut-on passer l'agrégation après un doctorat?
Oui. Mais ce n'est pas un choix très judicieux : outre qu'il est difficile de retourner sur les bancs de la fac après trois ans (et souvent plus) de recherches, l'agrégation peut servir aux doctorants pour trouver un poste d'enseignant pour se financer pendant leur thèse.
Concours élitiste visant à séparer les bons profs des " moins bons "
Jeremiades a écrit :Concours élitiste visant à séparer les bons profs des " moins bons "
C'est du moins ce dont sont convaincus ceux qui séparent allègrement la salle des profs en deux espaces, l'un réservé aux certifiés, l'autre aux agrégés.
Quitte à résumer la spécificité de l'agrégation en une formule, et au vu des profs agrégés qui marinent au collège, je dirais que c'est une bizarre application de la formule célèbre : "travailler plus (pendant la préparation du concours…) pour gagner plus (pendant toute sa carrière…)… en travaillant moins".
Jeremiades a écrit :Concours élitiste visant à séparer
Pléonasme.
Jeremiades a écrit :les bons profs des " moins bons "
Les bons élèves, oui. Les bons profs, non : le meilleur prof n'est pas toujours celui qui a passé le meilleur concours. Les deux professeurs qui m'ont marqué le plus à Henri IV n'avaient pas passé la rue d'Ulm, et l'une des deux n'était pas non plus agrégée. Les parcours atypiques ont leur charme, parfois. C'est ainsi et restera ainsi tant qu'il s'agira d'êtres humains.
Je conçois qu'on puisse être choqué d'écarts de condition entre deux professeurs accomplissant les mêmes fonctions (cas des enseignants de collège notamment). Mais c'est un principe général de la fonction publique de distribuer les prérogatives et les rémunérations en fonction de la formation initiale, et éventuellement, continue (concours internes). Cela porte son lot d'injustices, sans doute, mais personnellement, je préfère cela à des discriminations salariales sur un simple critère de sexe ou d'âge, comme il est pratiqué ailleurs.
Arthur a écrit :Les deux professeurs qui m'ont marqué le plus à Henri IV n'avaient pas passé la rue d'Ulm, et l'une des deux n'était pas non plus agrégée.
Je ne pensais pas que c'était possible. Vous êtes sûr?
Il est normal que les agrégés soient payés plus pour moins d'heures, car ils sont censés faire des heures plus exigeantes (même si ce n'est pas toujours le cas de facto).

Pour avoir enseigné à tous les niveaux, de la 5e à la préparation aux Concours, je suis bien placé pour le dire. Je vais comparer ci-dessous les deux situations extrêmes que j'ai connues:

Cours de français en 5e: entre 5 et 20' de préparation pour 1h de cours, cours réutilisables d'une année sur l'autre.
Cours de français en Kh: entre 1 et 3h de préparation pour 1h de cours, cours non réutilisables (sinon à très long terme), les programmes changeant chaque année.

On pourrait aussi comparer les corrections de copies:
En 5e: un peu moins d'un devoir par quinzaine, soit 16 devoirs par an; 5 minutes par copie, 30 élèves… J'ajoute 15' pour préparer le corrigé. Total: 44h par an.

En Prépa: 6 devoirs par an, 45' par dissert, 35 élèves, et au moins 6h pour faire un corrigé décent.
Total: 193h (soit 24 jours à ne faire que ça au rythme de 8h par jour…).

Je ne dis pas cela pour rabaisser les collègues du secondaire. Mais clairement, en passant en prépa, j'ai redécouvert le sens du mot "travail".
Certain. Mais elle est en poste depuis bien longtemps, à une époque où les recrutements n'étaient pas aussi stricts.

Un professeur de chaire supérieure a également été recruté l'an dernier, venant du Collège international de philosophe. Il n'était pas agrégé, et il a obtenu une sorte de dispense ou d'équivalence du concours pour enseigner à Henri IV (son premier poste en CPGE).
Jean-Luc Picard a écrit :Je ne dis pas cela pour rabaisser les collègues du secondaire. Mais clairement, en passant en prépa, j'ai redécouvert le sens du mot "travail".
Ah bon pourtant à vous lire, on aurait l'impression que les profs de collège c'est de la m……

Sachez mon bon Monsieur que vous avez à faire à l'élite quand vous arrivez en CPGE. Votre public vous est tout acquis. Il est plutôt docile et vous n'avez pas à le fliquer. Vous n'avez pas non plus à adapter vos cours. Votre public boit vos paroles comme du petit lait.

Quant au fait que les cours changent d'une année sur l'autre et qu'ils ne sont pas réutilisables, j'en doute…….

Quand les élèves arrivent au collège avec de grosses difficultés en lecture, en grammaire et j'en passe, il y a un investissement énorme en terme de préparation pour adapter, remettre à niveau.

La façon dont vous présentez les choses est plutôt rabaissant, limite humiliant pour un prof de collège.

Alors, abstenez vous de comparer deux univers qui ne le sont. Le public n'est pas le même.

Avez-vous fait des classes de collège d'aujourd'hui pour pouvoir vous permettre de tels propos ? Avez-vous vécu ne serait-ce que quelques heures avec eux pour constater toute l'énergie qu'ils y laissent ? Moi, je suis entourée de profs de collège dans ma famille. Je les vois vivre leur métier et à quel point cela demande du travail.

Ah oui je suis agrégé donc tout m'est permis y compris de rabaisser mes collèges et d'avoir une très haute opinion de moi-même. Regardez moi que je suis le meilleur !!!!!!!

Grrrrrr Ca m'énerve ce genre de gens.

Flo, fils d'enseignants et soeur de profs de collège
Jean-Luc Picard a écrit :Il est normal que les agrégés soient payés plus pour moins d'heures, car ils sont censés faire des heures plus exigeantes (même si ce n'est pas toujours le cas de facto).
Oui, je n'ai jamais nié ça. Je voulais simplement signaler que, précisément quand les agrégés sont en collège, la distinction entre les deux concours perd son sens. Bien souvent, un poste en lycée s'obtient à l'ancienneté : on retrouve la discrimination selon l'âge que l'agrégation était censée effacer. Ce n'est pas cohérent.

Florianna, je crois que c'est un faux procès. Jean-Luc Picard comparait le collège et la prépa en termes de travail intellectuel : on ne peut pas nier que le collège demande moins de préparation, et d'autant moins que beaucoup de profs de collège souhaitent rester au collège précisément pour cette raison (entre corriger des dictées et corriger des dissertations, le calcul est vite fait).
Il n'en reste pas moins que si, intellectuellement, la prépa est plus exigeante, elle demande moins d'efforts en termes de pédagogie, de discipline, de gestion de classe, etc.

Alors oui, vous avez raison, ce sont deux univers différents qui ne peuvent pas être comparés. Le seul problème, c'est que l'agrégation menant aux deux, on est forcément amené à faire la comparaison. C'est précisément ce que je reproche à ce concours —et au système en général : faire croire hypocritement que l'enseignement est le même en collège, lycée, prépa, université. Ce sont des secteurs différents qui ne demandent pas la même formation et qui relèvent de vocations opposées. Qu'un agrégé enseigne en collège m'agace autant qu'un PRAG à l'Université.
florianna14 a écrit :…épanchements sans rapport avec mon message…
Si vous me relisez, vous verrez que votre tirade est totalement hors de propos: rien n'y répond à ce que j'ai dit, et ce que j'ai dit y est ignoré.
Vous me prêtez gratuitement des intentions qui révèlent sans doute une colère ou une souffrance. Je comprends qu'on ait besoin parfois de se lâcher, mais pour cela vous avez des amis, des parents ou des psys. Prendre quelqu'un comme bouc émissaire sur un site n'est pas correct.
J'espère au moins que vous vous sentez mieux à présent. :roll:
Trialph a écrit :Qu'un agrégé enseigne en collège m'agace autant qu'un PRAG à l'Université.
+1, mais "PRCE", vouliez-vous sans doute dire ? Parce que les PRAG sont légitimes dans l'enseignement supérieur ; les PRCE, non.
En quoi les PRCE seraient illégitimes par rapport aux PRAG ? L'agrégation, à lui seul, est un concours illégitime en enseignement supérieur.
Quel est le problème posé par les PRAG ? (Il s'agit de ma part d'une vraie question, je ne connais pas très bien leur statut). Les seuls que je connaisse ont validé par la suite une thèse, leur place me semble donc légitime, mais apparemment non. Qu'a-t-on à craindre d'eux, une secondarisation de l'université ? C'est l'objection que j'ai par exemple trouvée sur certains sites.
Jeremiades a écrit :En quoi les PRCE seraient illégitimes par rapport aux PRAG ? L'agrégation, à lui seul, est un concours illégitime en enseignement supérieur.
Bien sûr que non, leurs statuts prévoient qu'ils enseignent dans l'enseignement secondaire et le premier cycle du supérieur ; vu que les agrégés, docteurs ou non, enseignent en CPGE et STS, ils ont aussi leur place en Licence en tant que PRAG.
Les certifiés devraient se trouver uniquement en collèges et lycées (second degré, cf. le sigle CAPES) ; si on les retrouve comme PRCE, en Licence, c'est pour des raisons budgétaires… Et on peut "craindre" d'eux une secondarisation de l'université ; déjà qu'elle souffre par rapport aux universités étrangères et par rapport aux grandes écoles, n'aggravons pas son cas.
Oui, le risque, c'est la secondarisation de l'Université. Ceci dit, les PRAG sont généralement embauchés sur des postes qui ont peu à voir avec la recherche —par exemple en langues, pour les premières années. Dans la filière littéraire, il y a très peu de postes de PRAG en littérature française : il faut espérer que ça ne changera pas, et que la logique budgétaire qui conduit à préférer les vacataires aux ATER n'aboutira pas à préférer les PRAG aux MCF.
Trialph a écrit :Ceci dit, les PRAG sont généralement embauchés sur des postes qui ont peu à voir avec la recherche —par exemple en langues, pour les premières années. […] il faut espérer que ça ne changera pas, et que la logique budgétaire qui conduit à préférer les vacataires aux ATER n'aboutira pas à préférer les PRAG aux MCF.
Normal, les PRAG n'ont pas vocation à faire de la recherche, voilà pourquoi ils ont le double de la charge d'enseignement d'un MCF. =)
Concernant les budgets, je comprends et partage tes craintes… Hélas !
Cela dit, je n'en démordrai pas : oui aux PRAG, non aux PRCE dans les universités.
Je rappelle à tous que le sujet que j'ai posté était qu'est-ce que l'agrégation? Ce qui m'intéressait était de savoir comment ceci se déroulait et Aàpart Arthur , personne n'a répondu à la question et s'est contenté d'effectuer vos règlements de compte qui n'ont absolument rien à voir avec le sujet initial. Merci.