Bonjour amis littéraires 🙂
A vrai dire tout est dans le titre…
Je suis confronté à une formulation dans laquelle le "moi seul" tient place de sujet, mais je n'arrive pas à me décider…
Est-ce que l'on doit considérer "moi seul" comme désignant "je" et appliquer la conjugaison propre à la premiere personne du singulier, ou bien, du fait de l'extériorité et de la quasi-désignation de la personne, considérer l'expression comme désignant "il" et appliquer une conjugaison appropriée à une troisième personne du singulier…
J'ai demandé à un certain nombre de personnes de mon entourage mais toutes les réponses divergent et chacun fait "selon son feeling". Je cherche donc une règle qui me permettre d'être certain de la réponse.
J'ai googlisé un poil mais la encore les utilisations de cette expression divergent.
Je vous remercie 🙂
Dara
Moi seul : première personne du singulier sans hésiter. Après, pour sacrifier la grammaire au nom d'un effet de style égotiste, pk pas ? "Moi seul est un Je" 😜
Bon je ne suis qu'en première, donc je n'ai pas forcément la bonne réponse.
Je pense néanmoins qu'il faut écrire "les formules que moi seul pouvais trouver"
Je n'ai jamais vu de troisième personne (mais bon je me trompe peut-être totalement :S )
Personnellement, je comprends mieux avec cet exemple plus évocateur :
"Ce livre, c'est moi qui l'ai écrit." je n'ai jamais entendu dire "Ce livre, c'est moi qui l'a écrit."
Bref, je ne fais que donner mon avis, dans l'attente d'une réponse claire et précise d'Edy ou de quelqu'un d'autre. 🙂
Bonne journée à tous
Bonjour Jérémy et merci pour cette prompte réponse (c'est le moins que l'on puisse dire…)
Cependant auriez-vous une règle ou une source sur laquelle appuyer votre avis ?
Ne m'en veuillez pas, mais j'ai déjà entendu ce type de réponse tellement de fois, dans un sens comme dans l'autre…
Le problème vient également du fait que j'ai une masse de contradicteurs à convaincre. Leur répondre que "j'ai trouvé la réponse sur un forum sur internet" les fera sourire, mais sans doute pas acquiescer.
"que moi seul pouvais trouver" :
pouvais s'accorde avec son sujet "moi", pronom personnel dit "tonique" (par opposition à l'habituel pronom sujet de 1ère personne atone "je"). C'est un rare cas d'emploi du pronom personnel tonique, et il se conjugue: …que moi seul pouvais / que toi seul pouvais / que lui seul pouvait, etc.
Pour trouver le sujet on pose la question "qui est-ce-qui"
Qui est-ce qui pouvait trouver ? moi, donc première personne, pouvaiS trouver
Seul n'est qu'une redondance, une mise en emphase, un gonflement de l'ego ! Illustres exemples de cette emphase
Moi,
Moi, dis-je, et c'est assez.
Si l'on n'est plus que mille, eh bien, j'en suis ! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ;
S'il en demeure dix, je serai le dixième ;
Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !
Merci infiniment par toutes ces réponses,
leur diversité et leurs contenus me semblent parfaits pour appréhender la joute qui m'attend à présent.
Je vous remercie donc, et prend bien note de l'adresse de ce forum… mes maigres connaissances ne me permettront sans doute pas de vous aider beaucoup mais je compte bien faire appel à nouveau à vos compétences…
darastacat a écrit :Ne m'en veuillez pas, mais j'ai déjà entendu ce type de réponse tellement de fois, dans un sens comme dans l'autre…
Le problème vient également du fait que j'ai une masse de contradicteurs à convaincre. Leur répondre que "j'ai trouvé la réponse sur un forum sur internet" les fera sourire, mais sans doute pas acquiescer.
En effet, l'accord n'est pas toujours aussi clair comme dans la phrase qui nous occupe. Dans l'exemple suivant, il me semble que l'on pourrait faire l'accord soit avec le pronom, soit avec le nom : « Qui
pourrait vouloir du mal, à une femme comme vous, qui a (ou
avez)
fait tellement de sacrifices ? »
Regardons encore :
« Savez-vous bien, monsieur Fouquet, que si, au lieu de parler à un homme comme vous, qui êtes un des premiers du royaume, je parlais à une conscience troublée, inquiète, je me compromettrais à jamais ? »
« …et les occasions ne manqueront point pour un homme comme vous qui connaît la Grande-Bretagne comme la France. »
Enfin,
je ne suis pas
celle qui
a écrit toutes ces phrases…
Oui mais c'est "un homme comme vous" donc il y a comparatif
Bonjour Darastacat
Un truc : essayez avec vous : les formules que vous seul pouvez trouver, et non pas : les formules que vous seul peut trouver
Très intéressants vos 3 exemples Orientale…Apparemment les 2 formulations sont bonnes! Je vais essayer de trouver des explications à cela de mon côté
Bonsoir,
* Les formules que moi seul POUVAIS trouver.
Lorsque le pronom personnel sujet est séparé du verbe par un adjectif (ici, seul), on doit utiliser la forme disjointe (ici, moi), sauf dans « je soussigné ».
→ Les formules que JE POUVAIS trouver.
La forme « pouvais » se trouve ainsi justifiée.
* Qui pourrait vouloir du mal, à une femme comme vous, qui A / AVEZ fait tellement de sacrifices ?
Après des formules du type « un homme comme moi qui », le verbe peut être accordé soit avec le nom, soit avec le pronom.
* J’en crois un homme comme vous qui A vu par SES yeux / qui AVEZ vu par VOS yeux. (Littré)
* Il y a des gens comme moi qui ne REGARDE pas la richesse comme la chose du monde la plus précieuse. (Diderot)
Source : Grevisse n°896d.
Dans le second exemple, l’accord a été fait avec moi, alors que, personnellement, je trouve que l’accord avec « des gens » aurait été plus normal : REGARDENT.
* Savez-vous bien, monsieur Fouquet, que si, au lieu de parler à un homme comme vous, qui ETES un des premiers du royaume, je parlais à une conscience troublée, inquiète, je me compromettrais à jamais ?
Je trouve cet accord normal : la relative explicative s’applique manifestement à Fouquet.
* …et les occasions ne manqueront point pour un homme comme vous qui CONNAIT la Grande-Bretagne comme la France.
La tournure « connaissez » est également défendable.