Je vous laisse ces paragraphes :
Pouvez-vous m'aider à retrouver les auteurs (classiques) et leur œuvre (connue).
C'est juste une petite énigme entre ami(e)s mais comme je ne suis pas très douée dans ce genre d'exercice, j'appelle au secours !!!
Merci
"Au soir de sa vie, le vieil homme aimait s’installer là, face à la montagne, comme hypnotisé, perdu dans ses contemplations, silencieux et rêveur sous le ciel étoilé. Il ruminait quelques paroles de sagesse : tous les hommes sont mortels, rien ne vaut la vie… A son âge, il cultivait son jardin et l’art d’être grand-père. L’homme, qui rit maintenant de son avenir, s’abandonnait à ses souvenirs, les laissant dériver comme une bouteille à la mer. Voyageur sans bagages, il avait vécu de si belles aventures, tant géographiques que sentimentales. Il n’oubliait rien, il rêvait tout.En fait, je ne sais pas si chaque paragraphe correspond à une œuvre littéraire ou si le tout est un extrait d'une œuvre. Je pencherais pour la première solution. Des paragraphes ont peut-être le même auteur ?
Le bocage normand de son enfance était si loin… Il y avait joué comme un bon petit diable, avec les paysans des fermes environnantes. Emile, Marcel, P’tit René, lui avaient appris à tailler les gommes pour alourdir les flèches de son arc, à attraper les mouches sans les écraser, à pêcher à la main dans le ru. Il sentait encore l’odeur des crêpes de Valentine qui l’attendait toujours à son retour. La vie était si douce en ce temps là !
Sitôt atteint l’âge de raison, il dut aller à l’école. C’était, pour le petit, chose obligatoire, avait dit sévèrement son père.
Et puis il grandit. La joie de vivre s’envola comme la mouette à l’approche de l’albatros . Finis les fou-rires, les promenades, l’insouciance. Plus aucun caprice n’était permis, même sa mère ne s’attendrissait plus devant ses larmes. Il avait bien fait des essais d’école buissonnière mais la punition avait été cuisante… Une vraie déclaration de guerre. Pourtant, c’est en apprenant à lire avec Monsieur Horace qu’il avait pris goût aux grands espaces et à l’aventure. Partir, il ne pensait plus qu’à cela…
Durant son voyage en orient, il en avait vu des paysages, des eaux profondes qui miroitaient au soleil, des montagnes sombres ridées comme peau de chagrin, des déserts immenses où pouvaient s’épanouir, comme par miracle, de belles fleurs de cactus . Le rouge et le noir intenses formaient comme des taches sur le sable, puis s’évanouissaient dans le lointain
Mirages … La chaleur imprégnait encore ses souvenirs….
Candide, il revoyait le noir jais des yeux de Fatima, le roux flamboyant des cheveux d’Aurélia qui ondulaient sur des musiques orientales envoûtantes : la danse des sept voiles, la danse du ventre, ou la danse de Salomé. En Palestine il avait pu gravir le Mont des Oliviers, s’abandonner à ses méditations dans la grotte de Bethléem. Ses pas l’avaient conduit jusqu’aux rives du Gange, aux Indes, noires de pèlerins déguenillés. Il avait aussi savouré les nuits africaines, ses mystères, ses parfums, ses danses au son des tambours qui résonnent dans le cœur, la chasse au lion, la terre rouge et l’arbre des palabres.
Les visions fugitives du passé continuaient à le hanter. Des détails lui revenaient en mémoire, comment avec patience il avait rafistolé sa vieille valise cabossée avec du chatterton. Après le dernier voyage en Amérique, elle était restée définitivement sur le haut de l’armoire.
Il avait alors fait d’autres voyages, il avait goûté aux paradis artificiels et vécu une saison en enfer. La prison, ce mur de silence, avait été son médecin, malgré lui, et il avait retrouvé une paix intérieure.
A sa sortie, il était déjà presque un vieil homme. Et la mer fut sa redoutable maîtresse, douce, imprévisible, exigeante à la fois. Une véritable Lucrèce Borgia. Pourtant, de la mer il avait été un travailleur exemplaire, de la sueur avait coulé sur son front, de la peine il s’en était donné. En 93, quelle année terrible, il avait été mêlé pour elle à un crime en Italie, et les remords étaient maintenant ses châtiments. Pour soulager sa conscience, il entrait parfois dans une église, recherchait un coin sombre, près de l’autel de Notre-Dame, et brûlait un cierge. La prière n’était pas son fort, alors il balbutiait le Pater Noster de son enfance. Il s’en sentait plus léger, comme les feuilles d’automne qui un temps virevoltent, décrivent une jolie arabesque, puis malheureusement se ramassent à la pelle, et finissent en petit tas dans le caniveau.
Joie …Tristesse …Amours … Nostalgie …
Maintenant, dans la maison du berger perdue dans les alpages, en faisant du feu dans la cheminée, il le savait… Il n’irait jamais à Paris."
21 novembre 1898
Pouvez-vous m'aider à retrouver les auteurs (classiques) et leur œuvre (connue).
C'est juste une petite énigme entre ami(e)s mais comme je ne suis pas très douée dans ce genre d'exercice, j'appelle au secours !!!
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