Qu’est-ce que pour vous un bon roman ?
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La notion de "bon roman" est forcément indissociable de celle de "bon lecteur". Je ne connais aucun livre qui fasse l'unanimité et ceux qui font un carton ne sont généralement pas les meilleurs… Certains diront que le Da Vinci code est génial, moi je le trouve aussi insipide qu'une chips. Certains diront que Les Voyageurs de l'Impériale est imbuvable, moi je le trouve grandiose.
La question c'est plutôt de savoir ce qu'on veut en tant qu'écrivain. Si on veut passer à la postérité, si on veut de l'argent, si on veut simplement faire passer un message, si on veut devenir "immortel", si on est veut servir une grande cause, si on se sent investi d'une mission sacrée, si on veut s'amuser… Et pour le lecteur c'est exactement la même chose.
Bref, si tu veux savoir comment écrire un "bon roman", commence par t'interroger sur tes motivations lorsque tu es face à ta feuille blanche, qu'est-ce que tu lui veux à cette feuille? Comment souhaites-tu qu'elle change ta vie?
Il n'y a aucune recette pour écrire un "bon roman" et ceux qui prétendent le contraire sont fous, vaniteux ou complètement à côté de la plaque. En revanche, il existe des recettes pour écrire des romans "bankables" comme la technique "cliffhanger" chère à Dan Brown par exemple.
Bonjour Marcanciel,
Tout d'abord, je ne suis pas certain que les grands classiques échappent à l'approbation unanime (celle des amateurs compétents, du moins). Victor Hugo comme Balzac me tombent des mains, et pourtant je suis le premier à reconnaître que ce sont d'excellents auteurs ayant écrit des oeuvres dignes des éloges les plus dithyrambiques. De même, je ne suis pas sûr qu'une chips soit aussi insipide que tu le prétends ; un verre d'eau, ou une soupe sans sel, peut-être…
Ensuite, je te dirai que, en tant qu'écrivaillon amateur, je n'aspire pas vraiment à la renommée, qui n'est d'ailleurs plus ce qu'elle a été autrefois. En effet, combien avons-nous lu, regardé ou écouté d'oeuvres d'artistes dont nous connaissons les noms ? Devenir célèbre revient désormais à passer de l'anonymat à la masse des gens dont les noms sont plus connus que leurs productions. Ce qui me motive, ce serait plutôt le plaisir, bien sûr, mais surtout le désir de gagner ma croûte par la vertu d'une activité qui me stimule l'esprit et m'amuse. Bien rares sont ceux qui parviennent à cet objectif, j'en conviens, mais il est permis de rêver et d'essayer de l'atteindre, puisque d'autres y ont réussi.
Pour ce qui est des "recettes" d'écriture, je suis entièrement d'accord avec toi, il n'y en a pas de miraculeuse, aucune en tout cas qui puisse remplacer le talent, aucune qui produise, à elle seule ou combinée avec d'autres, une grande oeuvre destinée à traverser les siècles et les modes. Mais tout dépend de ce qu'on entend par "recettes" ; s'il s'agit d'appliquer des techniques, il est évident que ça ne suffit pas pour faire un "bon" roman, bien qu'il faille rappeler que la technique n'est pas inutile ("chasse" aux verbes "faibles", figures de style, etc. ). Cependant, il me semble que certains critères (note bien que ce ne sont pas des "recettes" ou des "ficelles") sont intéressants pour juger de la qualité d'une oeuvre. Nous pouvons être assurés qu'un phrasé pauvre, une narration mal rythmée, une langue incorrecte et inélégante ne peuvent pas faire un grand roman, ni même un bon. Bien entendu, il reste toujours un je-ne-sais-quoi indéfinissable qui donne son âme et toute sa hauteur au roman ; mais cela n'est pas à dire qu'aucun élément qui ajoute à sa saveur ne soit identifiable. Une bonne syntaxe, un usage correct des mots, un sens aigu de l'observation ou une imagination fertile me semblent être autant d'ingrédients qui doivent impérativement avoir leur place dans la cuisine d'un bon auteur.
Tout cela dit, ton allusion à la technique "cliffhanger" à éveillé ma curiosité, pourrais-tu la satisfaire et me dire de quoi il retourne ?
Oui je me demande aussi ce qu'est le cliffhanger ? accrocheur de quelque chose, mais quoi ?
Bonjour,
Cliffhanger veut dire celui qui attrape (hanger) la falaise (cliff). Selon Wikipedia ce terme désigne une fin abrupte dans une fiction.
attrapeur de falaises ! j'aime beaucoup
et bien sûr on connaît le mot "cliff" Merci Ondine de nous rafraîchir les neurones
Alors pour commencer: la technique du "cliffhanger". C'est la technique de prédilection de Dan Brown car il l'utilise dans chacun de ses romans. On la retrouve également dans les séries et notamment dans 24H chrono. Concrêtement il s'agit de clore un chapitre (ou un épisode) sur un événement marquant qui reste en suspens et d'enchaîner sur un nouveau chapitre sans aucun rapport. De cette façon, la curiosité du lecteur ou du spectateur est sans cesse titillée ce qui le pousse à poursuivre la lecture jusqu'au bout, si possible d'une traite, sinon avec des pauses aussi courtes que possible. Ca a l'avantage de donner facilement l'illusion à l'oeuvre d'être passionnante sans jamais la faire sombrer dans l'ennui. Mais il s'agit d'un artifice et c'est un peu facile à mon goût, même si les romans de Dan Brown ont parfaitement le droit d'exister au même titre que les chips ou qu'une soupe sans saveur… (Même si on est pas trop là pour discuter gastronomie )
Quant aux "classiques" de la littérature je ne suis que partiellement d'accord. Déjà au cours de mes études littéraires on m'a appris que la "grandeur" d'une oeuvre était toute relative. Relative à quoi? Relative à une époque surtout. Voltaire était considéré comme un génie il y a encore quelques dizaines d'années alors qu'aujourd'hui il commence à tomber en désuétude pour les experts. De la même façon, certaines oeuvres sont "oubliées" pendant de longues périodes avant de resurgir pour un oui ou pour un non. Combien de grands auteurs sont parfaitement inconnus? Tout ça parce qu'ils ne connaissaient pas les bonnes personnes, n'étaient pas au bon endroit au bon moment… Rien n'est plus arbitraire que de déclarer que tel roman est un chef d'oeuvre et tel ne l'est pas. Qui le décrête, déjà? Sûrement pas les éditeurs dont l'objectif est de gagner de l'argent. Sûrement pas les lecteurs dont les "motivations" sont diverses et variées. Restent les chercheurs, les écrivains eux-même et les revues littéraires… Et en général ils ne sont pas d'accord entre eux. Il suffit d'étudier l'histoire et les courants littéraires pour s'en appercevoir. A la limite, si on doit trouver un critère pour définir une grande oeuvre, ce serait son intemporalité: s'il passe l'épreuve des siècles c'est qu'il doit être bon…
Marcanciel a écrit :A la limite, si on doit trouver un critère pour définir une grande oeuvre, ce serait son intemporalité: s'il passe l'épreuve des siècles c'est qu'il doit être bon…
"Le seul critère authentique et qui ne dépende pas de la société pour juger ces choses spécifiquement culturelles est leur permanence relative, et même leur éventuelle immortalité. Seul ce qui dure à travers les siècles peut finalement revendiquer d'être un objet culturel".
"Un objet est culturel selon la durée de sa permanence".
Ben apparemment je dis pas que des c***ies…
Et c'est de qui tout ça?
Bonjour,
d'après ce que dit Marcanciel cliffhanger signifierait plutôt être suspendu à la falaise: c'est le roman ou le chapitre qui se dérobent et nous laissent suspendus à leur suite qui ne viendra qu'au prochain épisode…
Marcanciel a écrit :Ben apparemment je dis pas que des c***ies…
Et c'est de qui tout ça?
Arendt, la crise de la culture
Je ne suis pas sûr que la technique "cliffhanger" soit à rejeter catégoriquement du simple fait qu'elle soit utilisée par quelques romanciers à succès. Si on définit cette méthode comme l'a fait Ondine (et, en effet, il semble que Dan Brown emploie ce procédé : terminer un chapitre sur un suspense, ne pas livrer le dénouement d'une trame, puis changer de sujet au chapitre suivant, en forçant ainsi le lecteur à poursuivre sa lecture pour en connaître l'issue toujours reportée) ; si on définit ainsi cette méthode, donc, il faut remarquer qu'un auteur comme Jules Verne l'a utilisée dans son Tour du monde en 80 jours, qui est brillamment écrit et constitue un petit chef d'oeuvre de la littérature populaire.
Ce qu'on peut reprocher à Dan Brown, en revanche, c'est d'avoir présenté comme authentiques les faits qu'il a rapportés, d'avoir prétendu donner une valeur historique aux libertés qu'il a prises avec l'Histoire. On peut aussi, je crois, lui faire grief d'avoir écrit dans une langue assez pauvre, voulant s'adapter à un lectorat supposé faiblement cultivé ou paresseux intellectuellement. Seulement, je trouve qu'il es assez injuste de fustiger les écrivains à succès, ceux qui pondent des best sellers en écrivant des mièvreries dans une langue trop facile voire douteuse. Même si ce n'est pas de la bonne littérature, même s'ils ne seront certainement pas retenus par les générations suivantes comme des chefs d'oeuvre, je trouve quand même qu'il faut avoir pas mal de talent pour vendre des conneries à des millions d'exemplaires.
Tu as entièrement raison: mon propos n'est pas du tout de dire que Dan Brown devrait arrêter d'écrire. La meilleure preuve c'est que j'ai lu tous ses bouquins, hormis le dernier qui se trouve à 50 cm de moi et qui est le prochain sur ma liste de lecture… De la même façon, quand je vais au ciné j'aime voir des blockbusters. Si on avait que des Voyages au bout de la nuit, des Voyageurs de l'Impériale et des A la Recherche du temps perdu, perso, je serais plutôt malheureux. Ce que je lui reproche c'est plutôt de gâcher de bonnes histoires qui pourraient facilement devenir de grands chef d'oeuvres s'il soignait son style, donnait une psychologie à ses personnages, bref s'il avait une démarche autre que mercantile, un véritable amour pour la littérature.
Je ne suis même pas contre le fait qu'il ait présenté les faits qu'il évoque comme authentiques. La littérature est un art de mythomanes: Malraux en était un, Jean Ray aussi et les exemples pululent. Tout écrivain est un mystificateur et un mythomane en puissance. En plus, il n'a même pas présenté son livre comme un documentaire ou une révélation mais bien comme un "roman", une fiction donc…
Quant à la technique cliffhanger je ne la rejette pas totalement, je dis juste que c'est un peu facile, et, à vrai dire, je m'inquiète un peu du formatage qui touche toutes les oeuvres culturelles, du cinéma à la littérature: on prend une technique qui fonctionne, avec des personnages caricaturaux, des éléments qui attirent l'attention des masses (paranormal, religion, médecine, désastres naturels, terrorisme, crimes), on utilise un langage pas trop compliqué, bien compréhensible pour toucher le maximum de personnes, on pousse la réflexion le moins loin possible… Bref, si, encore une fois, je ne suis pas contre me reposer les neurones de temps en temps, la généralisation et le continuel perfectionnement de ces produits pseudo culturels m'effraient un peu. Aujourd'hui les éditeurs n'ont qu'un seul mot d'ordre: "Vendre!", et ce du plus petit qui doit bien survivre au plus gros qui ne l'est jamais assez…
Je vois que vous avez un forum passionné et des avis littéraires forts interessants. Je dis ca car ce forum m'a permis de m'ouvrir un peu l'esprit, étant donné que j'avais une dissertation à faire dont le sujet était :"Qu'est ce qu'un bon roman" Je suis entierement d'accord avec vous mais je rajouterais quelques idées(il a fallu que je reflechisses sur le sujet).
Pour moi il ne faut pas confondre jugement de valeur et jugement de gout. Il est impossible de définir un bon roman celon le gout d'une personne sinon la reflexion s'embourbe dans le relativisme psycologique.
Il est donc difficile de définir des critères objectifs partagable universelles qui permettent de definir un bon roman
De plus, les rares normes qui l'ont fait ont toutes une dimensions historiques elles se modifient avec le temps.
Mais je pense avoir trouvé quelques critères objectifs qui peuvent etre admis par tous :
-le caractère totalement novateur du roman des nouveaux sentiments, experiences ….
-OU au contaire on peut lire un roman pour recevoir des sentiments experiences deja epprouvées pour flatter ce que l'on est
-Un bon roman peut aussi etre celui qui casse les certitudes et met les gens dans des places qu'ils ne peuvent occupper dans la vie relle
-Enfin un bon roman peut etre celui qui montre le monde dans son immense complexité sans prendre parti et montre ainsi la complexité humaine.
Qu'est ce que vous en pensez? J'ai oublié des choses
Les réponses qui ont été postées ici pourraient etres rangées dans deux catégories : celles qui décrivent ce que doit etre le "bon roman" lui-meme, et celles qui décrivent le sentiment du lecteur, c'est-a-dire en somme l'objectif, l'effet que doit avoir "bon roman". Le second type d'opinions me fait penser a Epicure : ce qui est bien est ce qui fait plaisir (a long terme et en soustrayant de la quantité de plaisir toutes les éventuelles conséquences négatives). Et j'ai beau etre fana de morale chrétienne, j'avoue pour le coup etre tentée de me ranger aussi a cet épicurisme.
Le bon roman est celui qui me met dans tous mes états, que j'ai envie de lire a voix haute meme dans le métro, qui me fait alternativement éclater de rire ou en sanglots meme en public, qui m'arrache des approbations passionnées, me suspend dans des reveries étranges et me hante encore longtemps apres que j'en ai tourné la derniere page.
Pour moi l'essentiel dans un roman est qu'il me fasse rêver, frissonner, qu'il m'émeut. Cependant je pense qu'il est important de ne pas déterminer de limites trop précises par rapport à ce qu'est un bon roman. Dans le cas contraire on se retrouve très vite à classer les écrivains ou les oeuvres comme dans un hit parade, du meilleur au moins bon d'après une échelle bien définie dans notre cerveau. Personnellement je ne pense pas que ce soit le but premier de la littérature…
un bon roman? c'est vrai que c'est une question très intéressante sérieusement si je n'avais pas eu de dissertation à faire dont le sujet il se trouve est "selon vous une histoire intéressante suffit-elle à faire un bon roman? jamais il me serais venu à l'esprit de penser à cela! Aujourd'hui je me rend compte malgré toute mes lacune littéraire , et oui moi et les livres ça fait deux, j'aime l'art mais la lecture ne m'intéresser pas ! Puis en lisant un peut plus ,rien que par exemple vous observation, je peut voir toute une passion et tout un art dans l'écriture voilà ce que j'aime dans un roman . Pour moi un bon roman sera donc un roman tout d'abord qui a une histoire suffisamment intéressante mais pas seulement elle doit nous transporter dans un autre univers , puis l'écriture le genre est très important , nous découvrons à chaques lignes chaque instant de nouvelle chose voilà ce qui me donne désormais envie de lire !