Ça me fait penser au mouvement précieux et aux salons du XVIIème avec des auteurs possédant une langue sophistiquée, élégante comme Racine, Mme de Scudéry, Mme de la Fayette…
Marques d’écriture féminine
33 réponses · Page 2 / 2
écriture féminine peut-être ? Dans ce cas Louis Labbé (même si personne n'est certain que l'auteur était bien une femme…) Margueritte de Navarre, Marie de France (les lais), Honoré d'Urfé, Mme la Lafayette, Colette, Duras, mme de Stael, Sarraute…Pourquoi ranger Honoré d'Urfé dans les femmes écrivains ?
Ca me fait penser au mouvement précieux et aux salons du XVII ème avec des auteurs possédant une langue sophistiquée, élégante comme Racine, Mme de Scudéry, Mme de la Fayette…Je vais encore chipoter mais je ne vois pas en quoi Racine est un auteur précieux… Même chose pour Madame de La Fayette…
3 - Cela indique qu'une écriture féminine n'est pas forcément celle d'une femme, mais une forme d'écriture liée à une certaine bienséance ou de tolérance qui ne sont pas les mêmes pour une femme que pour un homme.Je suis d'accord, mais cette remarque est-elle encore pertinente aujourd'hui ?
Je dirais plutôt que s'il y a écriture féminine dans tel texte, c'est qu'il y aurait travail sur certains thèmes : une attention plus grande portée au corps, à l'organique, à ce qui caractériserait un corps féminin dans toute sa sensualité (ce que, justement, on tendait à réprouver pendant longtemps -et même aujourd'hui, sans doute) ou ses souffrances (travail d'accouchement par exemple), un lien plus fort avec une nature voluptueuse. D'où peut-être un travail sur certaines images où le corps et la matrice seraient rapprochés d'une certaine nature.
Et bien sûr, si l'on verse dans un féminisme plus assumé, un ton plus polémique et revendicateur lié à la défense de nouveaux droits et d'un nouveau statut de la femme.
Ce ne sont bien sûr que des idées et je doute qu'on les retrouve chez toutes les femmes qui écrivent. Heureusement, j'ai envie de dire…
Bonjour,
D'autant que si on traite du féminisme comme revendication pour les droits féminins, il faut encore faire la distinction entre texte politique ou littéraire (écriture ne signifierait ici que "style" ou contenu ?) ; entre auteur homme ou femme…
Mais en dehors de ces considérations, je pense que l'intervenant ne s'interroge que sur une question de grammaire, étant donné ses difficultés pour s'exprimer. La question me semble par trop dure pour un étranger ou un élève de petite section (en tout cas, moi, j'aurais plus que des problèmes avec un sujet comme celui-ci)
D'autant que si on traite du féminisme comme revendication pour les droits féminins, il faut encore faire la distinction entre texte politique ou littéraire (écriture ne signifierait ici que "style" ou contenu ?) ; entre auteur homme ou femme…
Mais en dehors de ces considérations, je pense que l'intervenant ne s'interroge que sur une question de grammaire, étant donné ses difficultés pour s'exprimer. La question me semble par trop dure pour un étranger ou un élève de petite section (en tout cas, moi, j'aurais plus que des problèmes avec un sujet comme celui-ci)
Ce qui est intéressant aussi c'est l'effacement de la féminité. Je suppose qu'une femme écrivant une fiction à la première personne doit être tentée d'écrire au féminin (par simple habitude comme par facilité de la représentation). En parcourant Le Portrait d'un inconnu de Sarraute, je ne me suis pas immédiatement aperçu qu'il était écrit au masculin. Ce choix n'aurait rien eu de révélateur venant d'un écrivain homme; venant d'une femme il est toujours selon moi contre nature et donc significatif d'une volonté spécifique.
A mon sens, dans ce cas précis, c'est à la fois pour écarter le risque d'une confusion entre narrateur et auteur, mais aussi - et c'est plus intéressant - pour échapper à l'identification du sexe. Le féminin, du fait qu'on ajoute une lettre (e) et parfois un son (écrit/écrite) est plus remarquable, donc plus spécifique. Dans ce cas précis, le masculin contribue à rendre le texte asexué. Pour le dire autrement, le masculin est un genre neutre (je mesure très bien les implications de ce que j'écris: étant moi-même un homme le masculin se banalise, mais au-delà je pense qu'une femme aurait pu faire la même remarque).
A mon sens, dans ce cas précis, c'est à la fois pour écarter le risque d'une confusion entre narrateur et auteur, mais aussi - et c'est plus intéressant - pour échapper à l'identification du sexe. Le féminin, du fait qu'on ajoute une lettre (e) et parfois un son (écrit/écrite) est plus remarquable, donc plus spécifique. Dans ce cas précis, le masculin contribue à rendre le texte asexué. Pour le dire autrement, le masculin est un genre neutre (je mesure très bien les implications de ce que j'écris: étant moi-même un homme le masculin se banalise, mais au-delà je pense qu'une femme aurait pu faire la même remarque).
Alph a écrit :Ce qui est intéressant aussi c'est l'effacement de la féminité. Je suppose qu'une femme écrivant une fiction à la première personne doit être tentée d'écrire au féminin (par simple habitude comme par facilité de la représentation). En parcourant Le Portrait d'un inconnu de Sarraute, je ne me suis pas immédiatement aperçu qu'il était écrit au masculin. Ce choix n'aurait rien eu de révélateur venant d'un écrivain homme; venant d'une femme il est toujours selon moi contre nature et donc significatif d'une volonté spécifique."contre nature ?" à lire cela, les bras m'en tombent. "le masculin un genre neutre? " les piles de romans célèbres démontrent le contraire par la création de personnages féminins conformes aux stéréotypes de l'époque concernée.
En ce qui concerne la question elle-même, les Américains ont leur gender studies, les Canadiens avec leur Office québécois de la langue française ont une position aux antipodes de celle de l'Académie Française sur la féminisation de certains termes sans parler de la syntaxe. Vu que misspro se dit étudiante, elle pourrait au moins préciser dans quel cadre elle pose son sujet.
Si ce mot te gêne, considère les choses sous un angle moins polémique: du point de vue de la langue, employer la première personne c'est se mettre à la place de "je", quel que soit l'abîme qui sépare le narrateur de son auteur. Il y a donc un effort d'identification à faire. Comme il n'est pas possible de devenir autre que soi, l'artifice du narrateur est en soi contre-nature.
Là où le mot "nature" devient encore plus spécifique, c'est quand il s'agit de se projeter dans le sexe opposé. C'est un effort d'imagination supplémentaire. Or, je ne pense pas qu'on fasse un effort pour rien.
Là où le mot "nature" devient encore plus spécifique, c'est quand il s'agit de se projeter dans le sexe opposé. C'est un effort d'imagination supplémentaire. Or, je ne pense pas qu'on fasse un effort pour rien.
Portia a écrit :"contre nature ?" à lire cela, les bras m'en tombent. "le masculin un genre neutre? " les piles de romans célèbres démontrent le contraire par la création de personnages féminins conformes aux stéréotypes de l'époque concernée.je ne vois pas vraiment de réponse dans votre assertion… qu'est-ce qui vous choque dans les dires de monsieur?
En ce qui concerne la question elle-même, les Américains ont leur gender studies, les Canadiens avec leur Office québécois de la langue française ont une position aux antipodes de celle de l'Académie Française sur la féminisation de certains termes sans parler de la syntaxe. Vu que misspro se dit étudiante, elle pourrait au moins préciser dans quel cadre elle pose son sujet.
L'écriture est construction et artifice. Je ne vois pas pourquoi il y aurait une différence entre un artifice utilisé par un écrivain et celui utilisé par une écrivaine. "Madame Bovary c'est moi" est une citation célèbre. On ne parle pas d'effacement de masculinité ni de nature. Pourquoi le ferait-on avec une écrivaine ?
Pour moi écrivain garde une seule forme la précédente , au masculin.
Il pourrait y en avoir une, la forme au masculin demeure a défaut depuis que l'homme écrit ( quand on dit homme on entend le genre humain , donc les femmes y sont comprises) elle s'est établie comme "norme" dans l'inconscient collectif, nous pouvons le voir dans l'écriture de certaines femmes (mes profs de fac par exemple) qui parfois gardent une forme masculine quand elle parlent d'elles.
Il pourrait y en avoir une, la forme au masculin demeure a défaut depuis que l'homme écrit ( quand on dit homme on entend le genre humain , donc les femmes y sont comprises) elle s'est établie comme "norme" dans l'inconscient collectif, nous pouvons le voir dans l'écriture de certaines femmes (mes profs de fac par exemple) qui parfois gardent une forme masculine quand elle parlent d'elles.
@Portia
J'ai répondu à ton message précédent en inversant les rôles, j'espérais monter clairement que le procédé, utilisé par un homme, suppose le même effort d'imagination et conduit donc à la même analyse que lorsqu'il est utilisé par une femme. "Mme Bovary c'est moi" a plus d'impact que n'en aurait eu "M Bovary c'est moi", pour cette raison justement.
J'ai répondu à ton message précédent en inversant les rôles, j'espérais monter clairement que le procédé, utilisé par un homme, suppose le même effort d'imagination et conduit donc à la même analyse que lorsqu'il est utilisé par une femme. "Mme Bovary c'est moi" a plus d'impact que n'en aurait eu "M Bovary c'est moi", pour cette raison justement.
Il ne faut évidemment jamais contrarier un professeur de fac quand on est étudiant mais les études ne durent qu'un temps. La forme au masculin n'a pas existé de toute éternité dans l'inconscient collectif. Vaugelas l'a fixé : "le genre masculin étant le plus noble , il doit prédominer chaque fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble"
Ce que la structure d'une société a créé, une autre structure peut le modifier. Il n'y a pas d'éternité dans les règles et d'ailleurs il est curieux que l'on accepte si bien avocate, laborantine mais que cela soit dans le domaine de l'écriture que les réticences soient au maximum. Cela va bientôt faire une génération que le changement est en marche.
Après tout ce n'est que depuis 1986 que l'on s'intéresse à la féminisation des noms de métiers (circulaires diverses des premiers ministres sur le sujet. exemple :
"Paris, le 6 mars 1998
Le Premier ministre à Mesdames et Messieurs les ministre et secrétaires d'état
Voilà plus de dix ans, le 11mars 1986, mon prédécesseur, Laurent Fabius, adressait aux membres du gouvernement une circulaire préscrivant la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre dans les textes réglementaires et dans tous les documents officiels émanant des administrations et établissements publics de l'état.
Cette circulaire n'a jamais été abrogée mais elle n'a guère été appliquée jusqu'à ce que les femmes appartenant à l'actuel gouvernement décident de revendiquer pour leur compte la féminisation du titre de ministre. Elles ont ainsi engagé un mouvement qu'il faut poursuivre afin que la féminisation des appellations professionnelles entre irrévocablement dans nos moeurs."
Depuis il y a eu un Guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres 1999. maintenant disponible sur l'Atilf et qui était présenté en ces termes par le Premier Ministre M Jospin :
"Le présent Guide, rédigé par l'Institut national de la langue française, montre que, contrairement à certaines idées reçues, il n'y a pas de difficulté à feminiser la plupart des métiers, grades, titres et fonctions. Il y en a d'autant moins que le français l'a fait couramment jusqu'au siècle passé. Je suis convaincu que ce guide sera utile à tous ceux qui souhaitent faire avancer la cause de la féminisation. D'ores et déja, avec l'aide des médias, qui ont assimilé son sens, cette démarche progresse et les querelles sur "le" ou "la" ministre, lorsqu'une femme occupe ces fonctions, appartiendront bientôt au passé.
Notre langue évolue : elle n'est évidemment pas séparée des enjeux du temps. La parité a sa place dans la langue. Je souhaite que ce guide facilite une démarche dont la légitimité n'est plus à démontrer."
Ce guide comporte un lexique et moins de 10 règles
Atilf
"3.1. Noms se terminant par une finale autre que -eur
Le féminin se construit normalement par l’adjonction d’un -e à la finale,
ex. : une adjointe, une agente, une artisane, une avocate, une cheminote, une commise, une écrivaine, une laborantine…
avec les éventuelles modifications grapho-phoniques qui obéissent aux lois morphologiques de la langue :
# doublement de la consonne finale : el/elle, ien/ienne, on/onne,
# ex. : une chirurgienne, une colonelle, une industrielle, une vigneronne… modification de la consonne finale,
# ex. : une rebouteuse, une sportive, une syndique… ajout d’un accent grave sur la voyelle de la syllabe finale,
ex. : une bâtonnière, une caissière, une conseillère, une préfète…"
Ce que la structure d'une société a créé, une autre structure peut le modifier. Il n'y a pas d'éternité dans les règles et d'ailleurs il est curieux que l'on accepte si bien avocate, laborantine mais que cela soit dans le domaine de l'écriture que les réticences soient au maximum. Cela va bientôt faire une génération que le changement est en marche.
Après tout ce n'est que depuis 1986 que l'on s'intéresse à la féminisation des noms de métiers (circulaires diverses des premiers ministres sur le sujet. exemple :
"Paris, le 6 mars 1998
Le Premier ministre à Mesdames et Messieurs les ministre et secrétaires d'état
Voilà plus de dix ans, le 11mars 1986, mon prédécesseur, Laurent Fabius, adressait aux membres du gouvernement une circulaire préscrivant la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre dans les textes réglementaires et dans tous les documents officiels émanant des administrations et établissements publics de l'état.
Cette circulaire n'a jamais été abrogée mais elle n'a guère été appliquée jusqu'à ce que les femmes appartenant à l'actuel gouvernement décident de revendiquer pour leur compte la féminisation du titre de ministre. Elles ont ainsi engagé un mouvement qu'il faut poursuivre afin que la féminisation des appellations professionnelles entre irrévocablement dans nos moeurs."
Depuis il y a eu un Guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres 1999. maintenant disponible sur l'Atilf et qui était présenté en ces termes par le Premier Ministre M Jospin :
"Le présent Guide, rédigé par l'Institut national de la langue française, montre que, contrairement à certaines idées reçues, il n'y a pas de difficulté à feminiser la plupart des métiers, grades, titres et fonctions. Il y en a d'autant moins que le français l'a fait couramment jusqu'au siècle passé. Je suis convaincu que ce guide sera utile à tous ceux qui souhaitent faire avancer la cause de la féminisation. D'ores et déja, avec l'aide des médias, qui ont assimilé son sens, cette démarche progresse et les querelles sur "le" ou "la" ministre, lorsqu'une femme occupe ces fonctions, appartiendront bientôt au passé.
Notre langue évolue : elle n'est évidemment pas séparée des enjeux du temps. La parité a sa place dans la langue. Je souhaite que ce guide facilite une démarche dont la légitimité n'est plus à démontrer."
Ce guide comporte un lexique et moins de 10 règles
Atilf
"3.1. Noms se terminant par une finale autre que -eur
Le féminin se construit normalement par l’adjonction d’un -e à la finale,
ex. : une adjointe, une agente, une artisane, une avocate, une cheminote, une commise, une écrivaine, une laborantine…
avec les éventuelles modifications grapho-phoniques qui obéissent aux lois morphologiques de la langue :
# doublement de la consonne finale : el/elle, ien/ienne, on/onne,
# ex. : une chirurgienne, une colonelle, une industrielle, une vigneronne… modification de la consonne finale,
# ex. : une rebouteuse, une sportive, une syndique… ajout d’un accent grave sur la voyelle de la syllabe finale,
ex. : une bâtonnière, une caissière, une conseillère, une préfète…"
salut . que pensez-vous sur la l'écriture féminine . et vous me proposez quoi comme une problématique . merci
Salut ! 😂
Qu'est-ce que l'écriture féminine ?
Qu'est-ce que l'écriture féminine ?