Reprendre des études en philo : est-ce possible ?

La filière littéraire

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Dimanche, j'aurai 37 ans. Je suis technicien, titulaire d'un bac+2 en informatique. Je suis aussi en analyse depuis bientôt 4 ans et des désirs apparaissent…de vrais désirs. L'envie d'écrire tout d'abord…facile à satisfaire puisqu'elle ne demande pas de prédispositions particulière si ce n'est l'envie de se laisser porter par son inspiration et son imagination.
J'éprouve depuis très longtemps une insatisfaction chronique à trouver un sens à ma vie, à trouver des réponses aux questions existencielles, bref, je ne cesse de m'interroger, j'ai une soif de vérité, de recherche, de lucidité sur le monde qui nous entoure.
Un peu utopique tout ça, j'en conviens, mais je n'ai pas envie de changer cette facette de ma personnalité, au contraire, j'ai envie de la cultiver.
Pensez-vous qu'il est possible, compte tenu de mon profil, de commencer des études de philosophie ?
Ai-je l'intelligence suffisante pour cela ?
J'ai envie d'être diplômé, d'apprendre à structurer ma pensée.
Quand aux débouchés professionnels, ce n'est pas vraiment ma préoccupation première.
Du plaisir…je veux prendre du plaisir à étudier, à progresser, à vivre.
Bonjour

Alors faites.

Flo
Donc, vous voudriez aller en faculté de philosophie?
Vous ne vous consacreriez qu'à cela ou vous continueriez votre travail à côté?

Ai-je l'intelligence suffisante pour cela ?
S'il y a bien une chose qui peut vous handicaper dans votre quête philosophique, ce n'est pas le manque d'intelligence, la lassitude, la démotivation peut-être, mais sûrement pas une carence intellectuelle!
Vous pouvez commencer par lire des philosophes dits "accessibles" histoire de vous faire une idée, et, si vous vous sentez indubitablement tenté par la philosophie, cédez. 😉
Vous savez, ce n'est aps une affaire d'intelligence, mais plutôt de désir d'apprendre ! Alors n'hésitez pas si la philo vous tente !
Il est toujours possible de reprendre des études de philosophie ; attention toutefois à la déconvenue et à la gestion de la déception.
Ce n'est pas à l'université que vous aurez un rapport existentiel à la philosophie ; la formation universitaire est une formation en histoire de la philosophie (lecture des grands auteurs) et en philosophie générale (autour de thèmes), mais on ne donne pas de sens à la vie, les études de philosophie contemporaines ne sont pas une manière de vivre. Beaucoup d'étudiants aspirant à une dimension existentielle sont décus ; l'intérêt des études de philosophie est avant tout théorique.
Avant de vous lancer, allez suivre quelques cours comme cela pour voir ce que cela donne et si cela répond à vos attentes.
Vous ne risquez pas grand-chose à essayer, et vous pouvez y gagner beaucoup. =)

Edit: je reprends le conseil ci-dessus:
"Avant de vous lancer, allez suivre quelques cours comme cela pour voir ce que cela donne et si cela répond à vos attentes".
Entièrement d'accord avec ce qui a été dit : trop de gens sont déçus par la philosophie scolaire et universitaire, car ils en attendent un savoir-vivre, alors qu'elle apporte surtout-et ce n'est pas rien- un savoir penser. Apprendre à raisonner, structurer sa pensée, se cultiver sur des sujets très nobles, oui, mais débattre, discuter à bâtons rompus, beaucoup moins. Il n'y a qu'à voir la différence entre les cours de philosophie sur la psychanalyse, les cours de psychologie sur la psychanalyse, et une cure elle-même… rien à voir =)
Bonjour

La déception est la même quelle que soit la matière que l'on choisit.

A 37 ou 40 ans (pour moi), je m'attendais à un enseignement qui amènait à un rapport existentiel, ou disons plutôt pratique, utile, constructif pour la vie professionnelle.

Gérer la déception peut être plus ou moins difficile selon les personnes, les caractères et surtout les attentes.

Mais, une fois la déception digérée, et la motivation retrouvée, on peut arriver à raccrocher les wagons.

A vrai dire, la gestion de la déception mange quand même pas mal d'énergie parce qu'elle exige une remise en question de soi-même, de ses apprentissages et de la gestion de la vie quotidienne. Bref, elle exige une grande réorganisation existentielle à elle toute seule.

N'empêche que parler de cette déception finalement fait un grand bien

Flo, qui commence à digérer la déception et à faire face
Merci pour vos précieux conseils et vos encouragements. J'irai effectivement assister à quelques cours, c'est plus sage. Ceci dit, mon désir ne concerne pas trouver des solutions pratiques à un futur bien-être mais plutôt trouver des éléments de réponses à mes questions existentielles à travers cet enseignement théorique.

Ma psychanalyse m'aide beaucoup à avancer, à me connaitre. La philosophie me permettra sans doute d'élargir mon horizon, de voir le monde de manière intemporelle et plus vaste.
Bonjour Mikkle,
J'aurais vraiment adoré prendre contact avec toi, je me suis réellement retrouvé en tes mots… pense tu que cela soit possible ?
j'aimerais savoir se que tu es devenus après ses deux années, et être conseillé a mon tour pour effectuer le parcour que tu souhaitais faire.
Je me suis inscrit et ai répondu ici, uniquement pour toi, j’espère que tu aura bonne réception de se message.

Cordialement,
Bonjour,

Désolée pour ne pas m'être présentée sur ce forum mais je tombe sur ce sujet (ancien) au cours de mes recherches et je suis frappée de constater à quel point il correspond à ma propre situation.

Je suis ingénieure en Informatique et je travaille depuis 4 ans. Depuis mon entrée dans la vie active, je fais une sorte de crise existentielle. Je redécouvre des passions que j'avais enfouies afin de réussir dans mes études et ma carrière comme le chant, la musique et la philosophie.

Ma crise existentielle, les expériences difficiles et originales que j'ai vécues dans ma vie soient pour moi la source d'une inspiration débordante que j'aurais vraiment besoin de poser sur un support. Cette inspiration incontrôlable m'empêche notamment de dormir la nuit ce qui rend ma vie quotidienne très pénible. Je ressens le besoin d'écrire un livre afin que tout cela ne m'échappe pas. Je n'en ai pas la force en ce moment car mon travail me prend toute mon énergie.

Je me sens poussée à changer d'orientation afin de vivre ma vocation qui est je crois "d'éveiller les consciences" et de bousculer les idées reçues et les préjugés qui font autant de mal à l'homme. Je me demande si reprendre des études en philosophie ne pourrait pas être une bonne solution pour moi. Cela me permettrait d'apprendre à rédiger des essais, avoir un culture générale en philosophie et obtenir une légitimité en tant que philosophe.

Ce qui me fait hésiter c'est que j'ai aussi très peur d'être déçue par le contenu de l'enseignement car suis quelqu'un de très passionné et d'idéaliste. Et je me pose aussi la question de "l'après" de ces études. Je pense que c'est très difficile d'obtenir un poste de professeur de philosophie et je pense qu'il sera pour moi très difficile de vivre de mes livres d'autant plus que le contenu de que j'ai l'intention d'écrire sera provocateur et risque donc de ne pas plaire au grand public.
Vivre de ses livres est impossible à moins d'écrire un best-seller. Etant donné le climat actuel, c'est plutôt Eric Zemmour qu'autre chose.

C'est très difficile de te répondre avec le peu d'éléments que tu donnes ici, mais je dirais :
- Que tu risques de ne pas trouver ce que tu cherches dans les études de philosophie. En revanche, si tu désires être sûre, je te conseille de t'inscrire par correspondance à des cours de L1 (par exemple, à Nanterre), ou d'aller à quelques cours de l'université la plus proche de toi si tu peux, cela te permettra d'avoir un aperçu de la chose.
- Nous avons besoin d'ingénieurs en informatique, et notamment pour des combats disons, idéologiques, ou politiques. Peut-être est-ce là quelque chose que tu pourrais explorer, soit comme passe-temps soit comme profession ?
Merci beaucoup pour votre réponse rapide.
C'est vrai qu'en quelque sorte le fait d'être ingénieur en Informatique m'a beaucoup appris sur le monde du travail, ses valeurs et les risques de la soumission à un idéal de productivité dans lequel les hommes sont contraints de "devenir des machines" jusqu'à ce qu'ils seront effectivement remplacés par elles.

Les grands patrons de la silicon Valley et Stephen Hawkings ont peur de l'intelligence artificielle parce qu'elle risque de prendre le dessus sur l'homme grâce à une puissance de calcul plus importante et la capacité d'apprendre par elle-même.
Mais je crois que le vrai danger c'est que l'homme se déshumanise (notamment avec le transhumanisme) et c'est ce qui est déjà entrain de se faire à cause de l'idéologie de la science positiviste et mécaniste.

Pour moi, il faut que le progrès technique s'accompagne d'un développement moral et spirituel de l'homme. Malheureusement, les deux n'ont pas du tout avancé au même rythme et c'est là le grand danger.
Bonjour feedujardin,

Je crains que vous ne trouviez pas ce que vous recherchez en faculté de philosophie. Les écrits qu'on demande aux élèves de produire sont bien loin de l'essai, il s'agit de dissertations ou de commentaires de textes où ce que l'on pense, nos opinions personnelles, ne doivent absolument pas transparaitre. Seuls des professeurs de philosophie reconnus, qui se comptent sur les doigts de la main et ont d'abord effectué une grande carrière universitaire dans l'ombre, écrivent aujourd'hui des choses qui peuvent ressembler à des tribunes.

Je ne sais pas si c'est déjà le cas, mais vous pourriez par exemple commencer à tenir un blog ? Cela permet à la fois de s'astreindre à une pratique régulière de l'écriture, sans remettre en question votre activité professionnelle. C'est aussi un moyen de voir si vous trouvez "votre public", de pouvoir échanger avec des personnes qui ont les mêmes centres d'intérêts que vous et de transmettre vos idées. A voir, si cela fonctionne bien, si ça peut déboucher sur une réorientation professionnelle.
Merci beaucoup pour ces excellents conseils !

J'ai déjà plusieurs blogs à mon actif dans lesquels j'écris sous pseudonyme. Cela me remotive à écrire des articles dedans. Pour le moment, j'ai encore très peu d'audience mais j'écris de façon plus régulière et si je produis plus de contenu ça va peut être venir !