Lettre de recommandation pour l’entrée en hypokhâgne

La filière littéraire

29 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour =)

J'ai pu lire à différents endroits de ce forum que joindre des lettres de recommandation à son dossier d'entrée en hypokhâgne était une pratique assez courante, conseillée même par certains enseignants de prépa.

Je souhaiterais lancer la discussion à ce sujet. 😉

La candidature en hypokhâgne se fait par l'intermédiaire du système APB. Chaque candidat est jugé à partir du dossier qu'il constitue et qui est transmis par son lycée.

Que comprend exactement ce dossier? Notes, appréciations, avis des professeurs et du chef d'établissement. Je pense enfoncer des portes ouvertes en révélant que déjà, à ce stade, une pression est exercée par certaines familles et certains élèves sur les professeurs, et parfois sur le proviseur…qui vise sans doute à "valoriser" un dossier qui comporterait quelques points faibles, ou ne serait pas tout à fait à la hauteur de leurs ambitions…

Aux notes, appréciations et avis viennent s'ajouter les distinctions à des concours divers (concours général…), des examens de langue qui auraient été obtenus au cours de la scolarité (examens de Cambridge, TOEFL…). Mais où se situe la limite? Si le but est de mettre en évidence des points forts de l'élève, et sa motivation, d'aider les "décideurs" à se faire une idée du candidat, pourquoi ne pas y ajouter des prix de Conservatoire, des attestations de stages de langues anciennes ou de langues vivantes dans des universités étrangères, des stages dans des domaines professionnels en relation avec les enseignements à venir ( maison d'édition, bibliothèques, ambassades…), des responsabilités diverses au sein d'instances de la vie lycéenne, que sais-je encore? Doit-on réellement faire état de tout cela?

J'en viens maintenant à la question de la/des lettres de recommandation: je comprends leur utilité dans le cas d'un parcours atypique (interruption d'études, problèmes personnels à l'origine d'une distorsion entre les résultats et le niveau réel de l'élève…). Dans les autres cas, cette pratique n'est-elle pas de nature à engendrer une surenchère qui n'aurait pas la simple visée d'améliorer son propre niveau, mais de "séduire", de plaire, bref, pour le dire simplement, de "faire de la lèche" jusquà l'obtention de la lettre. Et d'ailleurs combien de lettres sont nécessaires? On peut imaginer que la concurrence entre les élèves les poussent à demander à chaque professeur de les recommander…

J'aurais plutôt envie de dire "pitié pour les commissions d'admissions!" Comment gérer une telle masse d'information? La note et les appréciations, et elles seules, ne devaient-elles pas à l'origine résumer toute l'information relative à l'élève?

Désolée d'avoir été aussi longue, je me suis laissée emporter… 😉
Bonjour,

Je pense que tout est une question de mesure. Un prix de conservatoire n'indique rien sur l'excellence académique (dans les matières non artistiques) d'un candidat, et n'est donc pas pertinent, sauf si il se destine à une spécialité musicale en khâgne par exemple. Une lettre de recommandation d'un professeur ne se justifie pas si les notes obtenues dans sa matière sont satisfaisantes, ou si l'élève n'est pas exceptionnellement brillant dans cette discipline, etc.

Si vous voulez nous dire (en public ou en privé) ce que vous songez à mettre dans votre dossier, nous pourrions peut-être vous aider à faire le tri.

Bien cordialement.
Pour un élève normal (pas de problèmes particuliers), le strict minimum demandé par APB est suffisant. Concernant les lettres de recommandation, c'est pas toujours très bien vu, et à moins d'avoir un dossier juste juste, je pense que c'est inutile. A LLG, les profs ne semblent pas trop apprécier (enfin, je ne connais personne qui ai envoyé une lettre de recommandation avec son dossier..). Honnêtement, si tu ne veux pas te prendre la tête, envoie uniquement les papiers demandés. (Cas particulier: si tu as été récompensée au CG, là c'est bien d'envoyer le justificatif, ça peut pas faire de mal). Par contre, oublie rapports de stages et instances de Vie Lycéenne, ça ferait rire les profs, mais à tes dépens!
Les Lettres de Recommandation servent à rendre perceptible ce qui ne le serait pas à la seule vue des notes et des appréciations: particulièrement à signaler un potentiel sous-exploité en raison de problèmes de santé ou familiaux qu'il eût été délicat d'étaler sur les bulletins.
Si elles sont purement redondantes, elles sont en effet inutiles et ne font qu'alourdir notre tâche de professeurs.
Les autres attestations n'ont de sens que si elles ont un rapport avec le parcours académique. Un prix ou même un accessit au concours Gé fait une énorme différence. Cela dit, si vous avez gagné un concours de poésie (d'un niveau sérieux), cela peut intéresser le prof de lettres…
Je nuance ta réponse Hugo, parce que justement à LLG on était plusieurs à avoir écrit une lettre (dont moi, et d'autres de nos camarades). La raison est que ce sont les profs que j'ai rencontrées aux JPO qui m'ont demandé de l'écrire (respectivement Mmes Gst et Brtrd) où je devais en quelque sorte retranscrire notre entretien des JPO, donc préciser que je les avais rencontrées, etc.
Cela n'est peut-être pas très "juste", "légal" ou que sais-je, mais en tout cas ça se fait… à la demande des profs eux-mêmes!
Merci beaucoup pour ces réponses, Arthur, Hugoo et Jean-Luc Picard!

L'accumulation de distinctions et d'expériences dont j'ai fait état ne me concerne pas personnellement (sauf certaines, comme le CG et un diplôme de langue…) ; je voulais généraliser le propos en imaginant tout ce que les candidats seraient tentés de mettre dans leur dossier; je synthétisais ce que j'entendais çà et là, ne serait-ce que dans ma classe (oui, ils/elles sont très motivé(e)s, jusqu'à la caricature!). 😉

Je voulais surtout montrer que, à introduire des éléments autres que les notes et appréciations, il n'y avait pas de limites… et je suis assez satisfaite de constater que finalement, hormis dans des cas bien précis comme
signaler un potentiel sous-exploité en raison de problèmes de santé ou familiaux qu'il eût été délicat d'étaler sur les bulletins.
la lettre de recommandation n'est pas indispensable… Des messages, notamment de Jean-Luc Picard dans d'autres discussions, avaient éveillé en moi quelques doutes (par exemple, celui qui avançait que la lettre aidait à départager des candidats de même niveau).

Merci de votre proposition, Arthur, j'aurai sans doute bientôt besoin de vos conseils…
Je viens de voir l'intervention de Pléonasme: je comprends qu'il s'agit dans ce cas d'une lettre que l'élève rédige lui-même à la demande des profs de la prépa en question, ce qui n'est pas tout à fait la même démarche: l'élève s'est déplacé à la JPO, et des profs lui ont donné un conseil, qu'il applique…Ca ne me choque pas trop…Mais bon…
Pleonasme a écrit :Je nuance ta réponse Hugo, parce que justement à LLG on était plusieurs à avoir écrit une lettre (dont moi, et d'autres de nos camarades). La raison est que ce sont les profs que j'ai rencontrées aux JPO qui m'ont demandé de l'écrire (respectivement Mmes Gst et Brtrd) où je devais en quelque sorte retranscrire notre entretien des JPO, donc préciser que je les avais rencontrées, etc.
Cela n'est peut-être pas très "juste", "légal" ou que sais-je, mais en tout cas ça se fait… à la demande des profs eux-mêmes!
Eh bien, j'ignorais totalement! Je trouve ça un peu "moyen" sur le principe, mais bon, je doute que ce soit si décisif que ça (et puis, on s'est retrouvé dans la même classe, donc tout va bien 😜). Moralité: venez aux JPO si vous le pouvez, ne serait-ce que pour parler avec les élèves, mais apparemment, les profs peuvent aussi donner eux-mêmes un coup de pouce à votre dossier.
HugoO a écrit :Je trouve ça un peu "moyen" sur le principe
+1. Ça m'avait mis un peu mal à l'aise lorsque j'étais venu aux portes ouvertes de LLG : certains élèves (et plus encore, certains parents) venaient explicitement à la recherche d'un "piston", et les professeurs n'avaient pas du tout l'air d'y être hostiles. Je n'avais pas eu la même impression à Henri IV, bien que je crois qu'un ou deux professeurs y procèdent de la même manière.
C'est bien ce que je craignais…

Mais ça ne me choque pas plus que les parents qui, dès le lycée, "vendent" les talents de leurs enfants aux enseignants (comme si ceux-ci n'étaient pas capables de s'en rendre compte eux-mêmes) ou courent faire modifier une note ou une appréciation dès qu'elle ne leur convient pas. Certains dossiers, on le sait, sont "construits" pour qu'ils passent en prépa, et ils ne sont pas toujours le reflet d'une réelle compétence, ni même parfois d'une réelle motivation.

Mais on s'éloigne du sujet initial…
Je confirme aussi pour LLG. Comme j'avais voulu faire ma khâgne à Paris, j'étais allée aux JPO, et le professeur que j'avais vu à LLG m'avait dit d'indiquer dans ma lettre de motivation (pas une lettre de recommandation, certes) que je l'avais rencontré etc. Mais ça ne présage pas forcément d'une admission. La preuve : LLG ne m'avait pas acceptée, mais Henri IV et Fénelon si. 😉

Bref, ne t'inquiète pas outre mesure, belles lettres. Toutes les places ne sont pas trustées par des personnes qui auraient été "pistonnées". Si ton dossier est très sérieux et les appréciations très prometteuses -et réalistes, je ne vois pas pourquoi tu ne serais pas acceptée dans une des prépas que tu vises… A condition bien sûr de bien réfléchir à l'ordre de tes voeux.
Polo a écrit :…des personnes qui auraient été "pistonnées"…
Attention à ne pas lâcher trop vite les grands mots.
Je ne suis personnellement pas favorable aux pratiques qui viennent d'être évoquées, relatives aux JPO, et je peux certifier n'avoir rien vu de tel dans aucun des trois lycées où j'ai moi-même enseigné en prépa (dont aucun, il est vrai, n'est du niveau de LLG…).

Néanmoins, je peux comprendre les professeurs qui agissent ainsi (à condition bien sûr qu'ils ne touchent pas de bakchich…).

En effet, il faut savoir que beaucoup de dossiers sont "illisibles": les notes sont bonnes, les appréciations favorables, mais rien ne ressort particulièrement… Comment distinguer ce dossier d'un autre aux notes et aux appréciations similaires? Eh bien, en voyant le candidat… Un coup d'oeil et quelques échanges verbaux permettent souvent très vite d'avoir au moins une idée de son sérieux et de son aisance.

Bien sûr, "il ne faut pas juger les gens sur la mine". Mais après tout, l'accord entre les apparences et la réalité est plus fréquent que leur désaccord (pour d'évidentes raisons évolutionnistes).
Jean-Luc Picard a écrit :En effet, il faut savoir que beaucoup de dossiers sont "illisibles": les notes sont bonnes, les appréciations favorables, mais rien ne ressort particulièrement… Comment distinguer ce dossier d'un autre aux notes et aux appréciations similaires? Eh bien, en voyant le candidat… Un coup d'oeil et quelques échanges verbaux permettent souvent très vite d'avoir au moins une idée de son sérieux et de son aisance.

Bien sûr, "il ne faut pas juger les gens sur la mine". Mais après tout, l'accord entre les apparences et la réalité est plus fréquent que leur désaccord (pour d'évidentes raisons évolutionnistes).
J'imagine bien la difficulté du problème ; mais personnellement, je préfère un recrutement qui se rapproche le plus d'un concours (c'est quand même l'esprit des études en CPGE, après tout), et je ne suis pas sûr que le rendre moins impersonnel soit LA solution. A l'autre extrême, on a des lycées comme le collège Stanislas (privé confessionnel) qui exige de chaque impétrant un entretien particulier et une fiche de renseignements complémentaires avec profession des parents et… photo (j'ose à peine imaginer dans quel but… :/). Ces pratiques créent une discrimination de fait entre les candidats qui viennent aux journées portes ouvertes (et parmi ceux-ci, ceux qui se mettent en valeur, étalent leurs dossiers et recherchent une prise de contacts officieuse) et les autres (qui ne sont pas forcément moins bons ni moins motivés… tout le monde n'a pas les moyens de se rendre aux JPO, surtout les provinciaux, et plusieurs lycées les organisent les mêmes jours).
Je suis d'accord.

Et moi qui proposais naïvement de me rendre aux JPO et d'en faire un petit compte-rendu pour ceux qui ne pouvaient s'y rendre! Je n'avais pas bien mesuré que si le but était de s'y informer, il était aussi de se "montrer" ( et qui plus est, sous son meilleur jour!) : c'est déjà le début du processus de sélection. Je vois d'ici l'ambiance…(Un avant-goût de la prépa, peut-être?)
Arthur a écrit :…Ces pratiques créent une discrimination de fait entre les candidats qui viennent aux journées portes ouvertes (et parmi ceux-ci, ceux qui se mettent en valeur, étalent leurs dossiers et recherchent une prise de contacts officieuse) et les autres (qui ne sont pas forcément moins bons ni moins motivés… tout le monde n'a pas les moyens de se rendre aux JPO, surtout les provinciaux, et plusieurs lycées les organisent les mêmes jours).
Je suis bien d'accord. =)
Je ne défends pas les pratiques en question, je tente juste de les expliquer. De toute façon, elles sont ultra-minoritaires. Dans la plupart des lycées, le jeu se joue honnêtement. Les JPO et les commissions de sélection auxquelles j'ai participé (dans trois lycées différents depuis mes débuts - un modeste, un assez bon et un bon) ont toujours été transparentes.

En revanche, j'ai vu un jour arriver en Khâgne un élève tellement nul que tous les profs se demandaient comment il avait pu être accepté. En outre, j'étais certain de n'avoir jamais vu son dossier…. Renseignements pris, c'était le fils du proviseur d'un lycée parisien réputé. Ce digne monsieur n'avait tout de même pas osé inscrire son rejeton dans son propre établissement. Il avait donc, apparemment, sollicité un confrère, notre proviseur.
Mais les profs ne se sont pas laissé faire, et il a eu les notes qu'il méritait.

Lorsque j'étais moi-même en Hypo (à H IV), notre classe comportait deux élèves au nom très prestigieux. Ils étaient faibles et ne sont pas passés en Khâgne - point final. La corruption et le népotisme existent partout, mais la prépa, ce n'est tout de même pas une république bananière.

Edit: BellesLettres, s'il vous plaît, n'ouvrez pas la boite de Pandore des insinuations. On passe déjà beaucoup de temps sur ce forum à démêler le vrai du faux.
ce n'est tout de même pas une république bananière.
J' aime beaucoup la formule !
A Jean-Luc Picard: je n'insinue rien, je (me) pose des questions, tout simplement, et je cherche à comprendre le fonctionnement réel du système. C'est tout. =) Désolée que vous l'ayiez mal pris…
Et c'est un fait que de nombreux élèves partagent mes interrogations sur l'ambiance en prépa, les règles du jeu réelles de la sélection, etc.
belleslettres a écrit :…je n'insinue rien, je (me) pose des questions, tout simplement, et je cherche à comprendre le fonctionnement réel du système. C'est tout. =) Désolée que vous l'ayiez mal pris…
Merci pour cette mise au point. Votre parenthèse finale (à propose de l'ambiance) semblait tout de même un tantinet venimeuse. L'ambiance soi-disant délétère des prépas, c'est l'hydre dont les têtes repoussent toujours. Je m'alarme très vite.
"Venimeuse!" Comme vous y allez! Maladroite, et sans doute un peu méfiante, mais venimeuse, certainement pas. Je précise que je venais alors de prendre connaissance d'une conversation relative aux "conséquences psychologiques" d'une année en classe préparatoire, sur ce forum (avril 2009), et que l'on ne peut rester indifférent à ce qui y est dit. D'où l'hypothèse("peut-être?") que je formule sur la (mauvaise?) ambiance en prépa. J'ai lu aussi vos démentis nombreux sur ce forum. Je sais que c'est un système auquel vous êtes très attaché…Je crois qu'il est normal cependant de se poser des questions. Ces questions, ce sont aussi des questions sur soi-même…
D'où l'hypothèse("peut-être?") que je formule sur la (mauvaise?) ambiance en prépa.
Je pense que nous avions tous compris votre message…
C'est une question que tous les étudiants (moi y compris), avant de franchir le pas, se posent et nous nous efforçons d'y répondre.
Je crois qu'il est normal cependant de se poser des questions.
Qui dit le contraire?
Peut-être la discussion est-elle en train de dévier de ce pourquoi elle a été lancée…