Verbe faillir au présent

Langue française

22 réponses · Page 2 / 2

Pour défaut, on ne faut pas, on faute.
Je ne crois pas que l'idée de faute soit étrangère au verbe faillir, dont l'un des sens est bien "faire défaut".
Pourquoi est-ce que faillir ne se conjugue pas comme défaillir ?

Apparemment, c'est un phénomène assez récent que de conjuguer défaillir à la 1[sup]e[/sup] personne du présent je défaille. Le TLF indique que "la forme je défaille a supplanté la forme je défaux".

Tous les sources de nos jours nous conseillent de conjuguer défaillir comme assaillir. Ce que je trouve amusant, c'est cette note dans une édition du Courrier de Vaugelas du 1[sup]e[/sup] septembre 1872 :
Le verbe faillir est ses composés font leur présent indicatif en aux : je faux, j'assaux, je tressaux ; leur future est à volonté en iray ou en dray : je failliray, je faudray : mais il semble que le premier, quoique l'on se serve de tous les deux, leur soit plus propre.
Donc au dix-neuvième siècle on pouvait toujours conjuguer assaillir et tressaillir à l'ancienne. Depuis lors l'usage a régularisé la conjugaison des autres verbes en -aillir plus rapidement que celle de faillir. Faillir partage avec falloir les formes singulières du présent. Comme il faut reste très usité, peut-être que faillir gardera la conjugaison traditionnelle plus longtemps que les autres.

Le Bon Usage cite quelques écrivains qui l'ont conjugé au présent comme finir :
Je sens bien en quoi je faillis (FLAUBERT, Correspondances).
Celle qui a raison, celle qui ne faillit pas (GIRAUDOUX, Ondine).
La chasteté me fait peur et pourtant je ne faillis jamais (C DETREZ, Herbe à brûler)
Si vous autres […] faillissez à votre tâche (CAMUS, Essais)