Je dois faire une lecture analytique du chapitre 1 de la "curée", extrait du debut de l'incipit de la Curée de Zola avec la problématique suivante: vous montrerez comment Zola charge les éléments de cet incipit d'une portée symbolique. Quappelle t-on une portée symbolique?
Je dois repondre aussi à la question suivante: Les prénoms que Zola a choisis pour les personnages de cet extrait (Renée et Maxime) sont ils porteurs de sens? Pourquoi?
Je ne comprends pas la question!
Merci de votre éclairage
Voici l'extrait à étudier:
"Au retour, dans l'encombrement des voitures qui rentraient par le bord du lac, la calèche dut marcher au pas.Un moment, l'embarras devint tel, qu'il lui fallut même s'arrêter.
Le soleil se couchait dans un ciel d'octobre, d'un gris clair, strié à l'horizon de minces nuages. Un dernier rayon, qui tombait des massifs lointains de la cascade, enfilait la chaussée, baignant d'une lumière rousse et pâlie la longue suite des voitures devenues immobiles.Les lueurs d'or, les éclairs vifs que jetaient les roues semblaient s'être fixés le long des réchampis jaune paille de la calèche, dont les panneaux gros bleus reflétaient des coins du paysage environnant. Et, plus haut, en plein dans la clarté rousse qui les éclairait par-derriere, et qui faisait luire les boutons de cuivre de leurs capotes à demi pliées, retombant du siège, le cocher et le valet de pied, avec leur livrée bleu sombre, leurs culottes mastic et leus gilets rayés noir et jaune, se tenaient raides, graves et patients, comme des laquais de bonne maison qu'un embarras de voitures ne parvient pas à se fâcher.Leurs chapeaux, ornés d'une cocarde noire, avaient une grande dignité.Seuls,les chevaux, un superbe attelage bai, soufflaient d'impatience.
"Tiens, dit Maxime, Laure d'Aurigny, là-bas, dans ce coupé…Vois donc Renée."
Allez allez, un petit effort ! Ce sont des questions élémentaires.
adsea38 a écrit :Qu'appelle t-on une portée symbolique?
Est-ce une question que votre professeur vous a posée, ou que vous vous posez vous-même?
cette question fait partie de mon sujet. je pense que Zola en decrivant si precisement le paysage et la nature en debut de roman a voulu signifié quelque chose. Peut être le contraste entre la beauté de la nature et la decadence du II empire!!!! En tout cas il fait marché les méninges!!!!
adsea38 a écrit :la decadence du II empire
Posez-vous la question : à quel moment de la journée se situe la description de l'incipit?
Cela devrait vous aider!
le soleil se couche un soir d'automne : la decadence du II empire!!!!
Pourquoi zola a choisi comme prenoms Renée et Maxime? Ce sont des prenoms vraiment communs! Justement parce qu'ils sont communs!!!
Bonsoir,
Ce n'est pas parce qu'ils sont communs qu'ils n'ont pas de signification et qu'on ne peut pas leur trouver une portée symbolique !
Une petite aide : re-née…
Muriel
c'est pas un peu tiré par les cheveux?
Bonjour à tous !
Voila j'ai un commentaire à faire sur l'incipit de la Curée mais je n'arrive pas à trouver de plan … Est ce que vous pouvez me donner des pistes pour les axes ? Après je peux me débrouiller pour les remplir mais j'arrive pas à commencer …
Voici l'extrait
Au retour, dans l'encombrement des voitures qui rentraient par le bord du lac, la calèche dut marcher au pas. Un moment, l'embarras devint tel, qu'il lui fallut même s'arrêter.
Le soleil se couchait dans un ciel d'octobre, d'un gris clair, strié à l'horizon de minces nuages. Un dernier rayon, qui tombait des massifs lointains de la cascade, enfilait la chaussée, baignant d'une lumière rousse et pâlie la longue suite des voitures devenues immobiles. Les lueurs d'or, les éclairs vifs que jetaient les roues semblaient s'être fixés le long des rechampis jaune paille de la calèche, dont les panneaux gros bleu reflétaient des coins du paysage environnant. Et, plus haut, en plein dans la clarté rousse qui les éclairait par derrière, et qui faisait luire les boutons de cuivre de leurs capotes à demi pliées, retombant du siège, le cocher et le valet de pied, avec leur livrée bleu sombre, leurs culottes mastic et leurs gilets rayés noir et jaune, se tenaient raides, graves et patients, comme des laquais de bonne maison qu'un embarras de voitures ne parvient pas à fâcher. Leurs chapeaux, ornés d'une cocarde noire, avaient une grande dignité. Seuls, les chevaux, un superbe attelage bai, soufflaient d'impatience.
« Tiens, dit Maxime, Laure d'Aurigny, là-bas, dans ce coupé… Vois donc, Renée. »
Renée se souleva légèrement, cligna les yeux, avec cette moue exquise que lui faisait faire la faiblesse de sa vue.
« Je la croyais en fuite, dit-elle… Elle a changé la couleur de ses cheveux, n'est-ce pas ?
- Oui, reprit Maxime en riant, son nouvel amant déteste le rouge. »
Renée, penchée en avant, la main appuyée sur la portière basse de la calèche, regardait, éveillée du rêve triste qui, depuis une heure, la tenait silencieuse, allongée au fond de la voiture, comme dans une chaise longue de convalescente. Elle portait, sur une robe de soie mauve, à tablier et à tunique, garnie de larges volants plissés, un petit paletot de drap blanc, aux revers de velours mauve, qui lui donnait un grand air de crânerie. Ses étranges cheveux fauve pâle, dont la couleur rappelait celle du beurre fin, étaient à peine cachés par un mince chapeau orné d'une touffe de roses du Bengale. Elle continuait à cligner des yeux, avec sa mine de garçon impertinent, son front pur traversé d'une grande ride, sa bouche dont la lèvre supérieure avançait, ainsi que celle des enfants boudeurs. Puis, comme elle voyait mal, elle prit son binocle, un binocle d'homme, à garniture d'écaille, et le tenant à la main, sans se le poser sur le nez, elle examina la grosse Laure d'Aurigny tout à son aise, d'un air parfaitement calme.
Les voitures n'avançaient toujours pas. Au milieu des taches unies, de teinte sombre, que faisait la longue file des coupés, fort nombreux au Bois par cette après-midi d'automne, brillaient le coin d'une glace, le mors d'un cheval, la poignée argentée d'une lanterne, les galons d'un laquais haut placé sur son siège. Çà et là, dans un landau découvert, éclatait un bout d'étoffe, un bout de toilette de femme, soie ou velours. Il était peu à peu tombé un grand silence sur tout ce tapage éteint, devenu immobile. On entendait, du fond des voitures, les conversations des piétons. Il y avait des échanges de regards muets, de portières à portières; et personne ne causait plus, dans cette attente que coupaient seuls les craquements des harnais et le coup de sabot impatient d'un cheval. Au loin, les voix confuses du Bois se mouraient.
Malgré la saison avancée, tout Paris était là : la duchesse de Sternich, en huit-ressorts; Mme de Lauwerens, en victoria très correctement attelée; la baronne de Meinhold, dans un ravissant cab bai-brun ; la comtesse Vanska, avec ses poneys pie; Mme Daste, et ses fameux stappers noirs; Mme de Guende et Mme Teissière, en coupé; la petite Sylvia, dans un landau gros bleu. Et encore don Carlos, en deuil, avec sa livrée antique et solennelle; Selim pacha, avec son fez et sans son gouverneur; la duchesse de Rozan, en coupé-égoïste, avec sa livrée poudrée à blanc; M. le comte de Chibray, en dog-cart; M. Simpson, en mail de la plus belle tenue; toute fin deux académiciens en fiacre.