Racine, Britannicus, acte V, scène 5

Entraide scolaire

106 réponses · Page 4 / 6

Bonsoir,

La cour est servile, elle accepte tout de Néron, elle n'est donc pas un frein à la transformation monstrueuse de César.
En contrepartie Burrhus apparaît courageux, fidèle aux vertus héroïques de Rome.
Merci beaucoup, tout est plus clair maintenant 🙂
Bonsoir à tous,
Je suis en 2nde, je n'ai jamais était fort en français, ma moyenne était 12 et 13. J'aurai besoin d'aide sur un extrait d'une pièce de théâtre qui s'intitule Britannicus de Jean Racine.
BRITANNICUS - Jean Racine

Ayant renoncé à Junie et feint d’accepter de laisser vivre Britannicus, dont il avait projeté la mort, Néron offre à son demi-frère un banquet de réconciliation. Mais celle-ci n’est qu’un leurre : Britannicus meurt, empoisonné sur l’ordre de l’empereur. Burrhus, le précepteur du jeune homme, vient faire à Agrippine le récit de cet assassinat.

BURRHUS - Ce dessein s'est conduit avec plus de mystère :
A peine l'empereur a vu venir son frère,
Il se lève, il l'embrasse, on se tait, et soudain
César prend le premier une coupe à la main :
«Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices,
Ma main de cette coupe épanche les prémices,
Dit-il ; dieux, que j'appelle à cette effusion,
Venez favoriser notre réunion».
Par les mêmes serments Britannicus se lie.
La coupe dans ses mains par Narcisse est remplie ;
Mais ses lèvres à peine en ont touché les bords,
Le fer ne produit point de si puissants efforts,
Madame : la lumière à ses yeux est ravie ;
Il tombe sur son lit sans chaleur et sans vie.
Jugez combien ce coup frappe tous les esprits :
La moitié s'épouvante et sort avec des cris ;
Mais ceux qui de la cour ont un plus long usage
Sur les yeux de César composent leur visage.
Cependant sur son lit il demeure penché,
D'aucun étonnement il ne paraît touché :
«Ce mal dont vous craignez, dit-il, la violence
A souvent, sans péril, attaqué son enfance».
Narcisse veut en vain affecter quelque ennui,
Et sa perfide joie éclate malgré lui.
Pour moi, dût l'empereur, punir ma hardiesse,
D'une odieuse cour j'ai traversé la presse ;
Et j'allais, accablé de cet assassinat,
Pleurer Britannicus, César et tout l'Etat.
(Acte V, Scène 5)
Lexique:
dessein: l'assassinat de Britannicus.
prémices: Verse les premières grouttes de la coupe, en hommage aux dieux
effusion: Action de répandre
efforts: Effets
lit: Les Romains mangeaient, en effet, allongés
presse: la foule

Question:
1) Faire une introduction.
2) A partir de l’observation des verbes (nature et sens) et des indicateurs de temps, identifiez la forme de discours à laquelle appartient le texte. A quelles occasions du déroulement d’une action théâtrale le dramaturge classique doit-il obligatoirement faire appel à cette forme de discours ?

Introduction: C'est un extrait d'une pièce de théâtre (Acte V,Scène 5) qui s'intitule '' Britannicus '' écrit par Jean Racine. Cette pièce de théâtre est une tragédie. Dans cette scène, Burrhus, le précepteur de Britannicus, vient raconter la scène de l'assassinat de Britannicus à Agrippine en faisant une tirade.

2) Dans cet extrait, le temps utilisé est le présent de narration v.2 '' Il se lève, il l'embrasse, on se tait ''. Il y a du discours direct car le verbe introducteur, ici dans le texte le verbe '' dire '', est au présent: v.5 à v.7 '' Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices, Ma main de cette coupe épanche les prémices, Dit-il. '' ; v.21 '' Ce mal dont vous craignez, dit-il ''.
Burrhus raconte cet assassinat dans un déroulement chronologique, et à relié par des conneceurs de temps: v.

Mais aussi, c'est un récit…
Lors d'une scène de bienséance, le dramaturge classique doit obligatoirement faire appel au récit. Le dramaturge respecte l'unité de lieu, ici dans cet extrait c'est la règle de bienséance. Cette règle implique qu'il n'y ait pas de violence sur scène, du sang mais à travers des discours.

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Voilà mon travail, je pense qu'il est incomplet. En seconde, en attend beaucoup plus que ça.
A un moment j'ai écrit '' Mais aussi, c'est un récit… '', je ne sais pas comment justifié.
Merci de m'aider pour compléter mon travail et de dire ce que vous en penser.
Oui, récit = discours narratif (présent de narration), obligatoire en raison de la règle de bienséances (pas de sang sur scène). Mais pourquoi commencer ta phrase par "Mais aussi c'est un récit" ? C'est un discours narratif avec des paroles rapportées au style direct.

Ne pas confondre les 4 formes de discours (narratif, descriptif, informatif et argumentatif) avec ce qu'on appelle aussi "discours" (ce serait mieux d'utiliser "style"), à savoir direct, indirect et indirect libre.
Merci beaucoup 😀

'' Le dramaturge classique doit obligatoirement faire appel au récit car au 18ème siècle, le théâtre classique répond à la règle des trois unités, de plus la règle de bienséance : on ne pouvait pas montrer des scènes choquantes aux spectateurs (pas de sang, meurtres, suicide sur scène…). Ils seront par exemple racontés par un personnage qui y a assisté, ici dans cet extrait Burrhus raconte l’assassinat de Britannicus. ''

Voilà, j'ai rajouté quelque chose dans mon travail. Qu'en pensez vous, si je rajoute un exemple comme ceci: v.12 '' Le fer ne produit point de si puissants efforts '' ; v.14 '' Il tombe sur son lit sans chaleur et sans vie ''

Merci,
Le récit existait déjà dans la tragédie grecque, pour des raisons techniques : comment mettre en scène, par exemple, la bataille de Salamine ? Un survivant perse la raconte, et son récit est bien plus efficace que ne le serait une reconstitution, car il fait sa part aux sentiments des personnages.
Donc, le récit a une fonction dramatique, faire savoir aux spectateurs ce qui s'est passé hors de la scène et c'est aussi un morceau de bravoure, guetté par le public, où l'auteur prouve sa virtuosité.
Dans le cas de Racine composant Britannicus, il s'agit aussi de réécrire Tacite, Annales, livre XIII, chapitres15 et 16.
Merci beaucoup.
J'ai une autre question à faire c'est: '' Distinguez dans le texte les différents moments de la scène rapportée et faites des remarques sur leurs proportions respectives dans le récit. Sur quoi celui qui raconte met-il l’accent ? ''
Pourriez-vous m'expliquer cette question s'il vous plait?
Merci,
Voir la composition du récit. Les parties ? Combien de vers pour chacune d'elles ? Quelle est la partie la plus longue, donc celle sur laquelle l'accent est mis ?
Bonjour,
Je suis en seconde, et je suis ne suis pas si fort que ça en français. J'ai besoin d'aide par rapport à cet extrait:
Agrippine
Quel attentat, Burrhus !
Burrhus
Je n’y pourrai survivre,
Madame : il faut quitter la cour et l’empereur.
Agrippine
Quoi ? du sang de son frère il n’a point eu d’horreur ?
Burrhus
Ce dessein s’est conduit avec plus de mystère.
A peine l’empereur a vu venir son frère,
Il se lève, il l’embrasse, on se tait, et soudain
César prend le premier une coupe à la main :
« Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices,
« Ma main de cette coupe épanche les prémices,
« Dit-il ; dieux, que j’appelle à cette effusion,
« Venez favoriser notre réunion. »
Par les mêmes serments Britannicus se lie.
La coupe dans ses mains par Narcisse est remplie,
Mais ses lèvres à peine en ont touché les bords…
Le fer ne produit point de si puissants efforts,
Madame : la lumière à ses yeux est ravie,
Il tombe sur son lit sans chaleur et sans vie.
Jugez combien ce coup frappe tous les esprits :
La moitié s’épouvante et sort avec des cris,
Mais ceux qui de la cour ont un plus long usage
Sur les yeux de César composent leur visage.
Cependant sur son lit il demeure penché ;
D’aucun étonnement il ne paraît touché :
« Ce mal, dont vous craignez, dit-il, la violence
A souvent, sans péril, attaqué son enfance. »
Narcisse veut en vain affecter quelque ennui,
Et sa perfide joie éclate malgré lui.
Pour moi, dût l’empereur punir ma hardiesse,
D’une odieuse cour j’ai traversé la presse,
Et j’allais, accablé de cet assassinat,
Pleurer Britannicus, César et tout l’Etat.
On me demande : En quoi ce texte est-il tragique?
Je sais que le tragique est défini ainsi par Aristote: tragique = Pitié + Effroi. Le problème c'est que dans ce texte je ne vois pas vraiment où serait la pitié et où serait l'effroi (enfin j'ai quelques idées mais je ne suis pas du tout sur :/ ). J'avais compris plus au moins toute les choses dites sur ce forum mais je ne sais pas comment les interpréter et il faut que je démontre le tragique par des effets stylistiques et des figures de styles. Si quelqu'un aurait la m'amabilité de me lancer sur des pistes, de m'aider cela serait sympa!
Merci et bonne journée 🙂
Bonjour.

Un petit rappel des caractéristiques du registre tragique :
https://www.etudes-litteraires.com/registres-litteraires/
Merci pour ce petit rappel bien complet 🙂
Mais ne pourriez vous m'aider s'il vous plaît? Je dois passer à l'oral ce mardi là. J'ai beau chercher, à essayer de trouver des figures stylistiques et figures de styles vers par vers, je ne trouve pas! :/ Racine est assez compliqué par rapport à Eschyle ou Euripide…
Gradation ou amplification au dernier vers…

Ceci pour que tu ne te sentes pas trop seul face à Racine 😉
'' Distinguez dans le texte les différents moments de la scène rapportée et faites des remarques sur leurs proportions respectives dans le récit. Sur quoi celui qui raconte met-il l’accent ? ''

Dans cet extrait, les vers sont écrits en alexandrin (vers de 12 syllabes). Burrhus raconte l'assassinat dans un déroulement chronologique relié avec des connecteurs de temps: v.3 " soudain "
Les parties sont: le début lorsque l'Empereur a vu venir son frère, Britannicus mort et la description de Narcisse et d'autre personne qui y ont assisté à la scène.

Pourriez vous me donner quelque piste s'il vous plait.

Est-ce ça ?

3) Quel est l'intérêt des observations faites par Burrhus sur le comportement des courtisans: à qui s'adressent-elles ?

Elles s'adressent à Agrippine.

Pourriez vous me donner quelque piste s'il vous plait. Merci,
Si ce meurtre public n'évoque ni pitié pour la victime, ni effroi devant cette violence, tu es passé à côté…
En outre la tragédie se définit aussi par la mort…
Étudie les champs lexicaux, particulièrement le vocabulaire appréciatif, relève le comportement des acteurs.
Vous vous adressez à ixan31 ou à moi ?
A Ixan31.
Bonjour ! Alors c'est mon premier post sur ce forum donc je ne sais pas trop comment ça fonctionne ici (dites moi si je fais un faux pas)…
Enfin bref, je suis en Première S et j'ai un commentaire à faire sur ce texte, le plan est donné :
-Un texte narratif incluant des paroles rapportées
-Une manière visuelle, dense et rapide de rapporter une scène violente
-Les fonctions d'un récit porteur de remarques morales et d'émotions personnelles du narrateur

Je crois m'être débrouillée pour les deux premiers axes mais je bloque totalement sur le dernier… Y aurait-il une âme charitable pour me donner un petit indice pour que je sache dans quelle direction orienter ma réflexion ?

Merci !
Dois-tu travailler sur toute la scène 5 de l'acte V ou seulement sur le récit de Burrhus ?

Acte cinquième




Scène V

Agrippine, Burrhus

Agrippine
Quel attentat, Burrhus !


Burrhus
Je n'y pourrai survivre,
Madame : il faut quitter la cour et l'empereur.


Agrippine
Quoi ? du sang de son frère il n'a point eu d'horreur ?


Burrhus
Ce dessein s'est conduit avec plus de mystère.
A peine l'empereur a vu venir son frère,
Il se lève, il l'embrasse, on se tait, et soudain
César prend le premier une coupe à la main :
"Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices,
Ma main de cette coupe épanche les prémices,
Dit−il ; dieux, que j'appelle à cette effusion,
Venez favoriser notre réunion."
Par les mêmes serments Britannicus se lie.
La coupe dans ses mains par Narcisse est remplie,
Mais ses lèvres à peine en ont touché les bords…
Le fer ne produit point de si puissants efforts,
Madame : la lumière à ses yeux est ravie,
Il tombe sur son lit sans chaleur et sans vie.
Jugez combien ce coup frappe tous les esprits :
La moitié s'épouvante et sort avec des cris,
Mais ceux qui de la cour ont un plus long usage
Sur les yeux de César composent leur visage.
Cependant sur son lit il demeure penché ;
D'aucun étonnement il ne paraît touché :
"Ce mal, dont vous craignez, dit−il, la violence
A souvent, sans péril, attaqué son enfance."
Narcisse veut en vain affecter quelque ennui,
Et sa perfide joie éclate malgré lui.

Pour moi, dût l'empereur punir ma hardiesse,
D'une odieuse cour j'ai traversé la presse,
Et j'allais, accablé de cet assassinat,
Pleurer Britannicus, César et tout l'Etat.


Agrippine
Le voici. Vous verrez si c'est moi qui l'inspire.
Ce récit de Burrhus est tout sauf neutre. La subjectivité est à trouver dans le lexique, dans le registre, dans la volonté de faire impression sur Agrippine. Tout plein de cette tragédie, ce messager utilise toutes les fonctions du langage.
Merci floreale, c'est tout de suite plus clair dans ma tête !
Pour info je dois juste travailler sur la tirade de Burrhus à Agrippine.
Il reste simplement un vers que je ne suis pas sûre de saisir :
"Sur les yeux de César composent leur visage" (En parlant des courtisans)
Ils adaptent leur comportement en fonction des réactions de l'Empereur, en bons courtisans serviles.