Valeurs de l’imparfait

Langue française

64 réponses · Page 2 / 4

Pour rester dans le domaine militaire, je vais prendre en compte votre avis et utiliser le verbe "seconder" à la place de "subordonner".


Selon le TLF, subordonnerquelqu'un ne signifie pas l'assister ou le seconder, mais le mettre en situation inférieure. "Subordonner" était effectivement plutôt mal choisi…
Oui, c'est pour ça que je l'ai vite changé après un rapide coup d'œil au dictionnaire…
Bonjour !
J'ai une question à vous poser concernant les valeurs de l'imparfait, ou plutôt 'l'imparfait avec la valeur future'.

Grâce à mes livres grammaires, je sais, bien que pauvrement, ce que sont les emplois de l'imparfait.
Et, dans un roman de Dumas, j'ai rencontré une phrase douteuse.
Cette phrase est au discours direct et utilise l'imparfait pour des actions futures qui, au moment de l'énonciation, n'ont pas encore eu lieu ; ce qui contredit mes humbles connaissances.

Ma question :
est-ce qu'on peut utiliser l'imparfait pour exprimer un fait situé dans l'avenir ?

Pour préciser ma question, je vous donne la phrase(en italique) avec le contexte.
Le roi ne put résister à son émotion. Athos vit le mouvement de ses deux épaules qui ondulaient convulsivement. Il entendit les sanglots qui brisaient sa poitrine au passage. Il se tut, suffoqué lui-même par le flot de souvenirs amers qu’il venait de soulever sur cette tête royale. Charles II, avec un violent effort, quitta la fenêtre, dévora ses larmes et revint s’asseoir auprès d’Athos.

Sire, dit celui-ci, jusqu’aujourd’hui j’avais cru que l’heure n’était pas encore venue d’employer cette dernière ressource, mais les yeux fixés sur l’Angleterre, je sentais qu’elle approchait. Demain j’allais m’informer en quel lieu du monde était Votre Majesté, et j’allais aller à elle.
Elle vient à moi, c’est une indication que Dieu est pour nous.

— Monsieur, dit Charles d’une voix encore étranglée par l’émotion, vous êtes pour moi ce que serait un ange envoyé par Dieu ; vous êtes mon sauveur suscité de la tombe par mon père lui-même ; mais croyez-moi, depuis dix années les guerres civiles ont passé sur mon pays, bouleversant les hommes, creusant le sol ; il n’est probablement pas plus resté d’or dans les entrailles de ma terre que d’amour dans les cœurs de mes sujets.
Merci, d'avance.
Ici, c'est l'expression d'un futur proche par rapport au temps passé du discours.
Structure : semi-auxiliaire "aller" + infinitif.

Si le reste du discours est au présent, le futur proche par rapport à ce présent s'exprime par :
semi-auxiliaire au présent + infinitif :
Je sens qu’elle approche. Demain je vais m’informer

Si le reste du discours est au passé, le futur proche par rapport à ce passé s'exprime par :
semi-auxiliaire à l'imparfait+ infinitif :
Je sentais qu’elle approchait. Demain j’allais m’informer
Jehan a écrit : Si le reste du discours est au passé, le futur proche par rapport à ce passé s'exprime par :
semi-auxiliaire à l'imparfait+ infinitif :
Je sentais qu’elle approchait. Demain j’allais m’informer
Merci, Jehan.
Je crois que je commence à comprendre comment ça marche :

Si le reste du discours est au passé, le futur proche par rapport à ce passé s'exprime par '
semi-auxiliaire à l'imparfait+ infinitif', malgré le fait que l'événement exprimé par ce 'futur proche' soit aussi postérieur par rapport au moment de l'énonciation.

En passant, il y a, dans cette phrase en question, un autre imparfait 'était' :
Demain j’allais m’informer en quel lieu du monde était Votre Majesté, et j’allais aller à elle.
Quelle est la valeur de cet imparfait ?

Amicalement.
C'est la même chose. Athos parle de la situation avant l'arrivée ce jour-là du roi Charles II. C'est de la situation de la veille, ou de ce matin-là.

(Avant votre arrivée,) j'allais m'informer demain en quel lieu était Votre Majesté, et j'allais à elle. (Mais vous êtes venu me voir, donc je n'en ai plus besoin.)

Tu peux aussi l'analyser comme le résultat d'une transformation en discours indirect. Imagine-toi qu'Athos avait rapporté comme discours direct : Ce matin, je me suis dit : « Je vais m'informer demain en quel lieu est Sa Majesté, et je vais aller à elle ». Comme discours indirect, cela deviendrait : Ce matin, je me suis dit que j'allais m'informer demain en quel lieu était Votre Majesté, et que j'allais aller à elle. Comme si c'était un discours indirect, Athos décrit ses pensées, son intention de peu avant l'arrivée de Charles II.
BillM a écrit :
Tu peux aussi l'analyser comme le résultat d'une transformation en discours indirect.
Comme toujours, c'est très compréhensible, ton explication !

Merci et bonne journée, BillM
L'imparfait peut également exprimer la conséquence d'une hypothèse marquée par un complément circonstanciel. L'imparfait équivaut à un conditionnel passé et exprime un fait irréel du passé.
- Un pas de plus et il tombait. (= il serait tombé)
- Enfin tu es là. Dans cinq minutes, je partais. (= je serais parti)
[lien invalide]
Demain j’allais (= je serais allé) m’informer en quel lieu du monde …
Anne345 a écrit :
L'imparfait peut également exprimer la conséquence d'une hypothèse marquée par un complément circonstanciel. L'imparfait équivaut à un conditionnel passé et exprime un fait irréel du passé.
- Un pas de plus et il tombait. (= il serait tombé)
- Enfin tu es là. Dans cinq minutes, je partais. (= je serais parti)
Demain j’allais (= je serais allé) m’informer en quel lieu du monde …
Ta réponse est pleine de bonté et d'informations utiles 😀 .

Infiniment merci, Anne !!!
Amicalement.
quand on utiliser le l'imparfait ?
Bonsoir.

Quand utilise-t-on l'imparfait ?
Tu peux consulter cette fiche sur la valeur des temps :
https://www.etudes-litteraires.com/grammaire/valeurs-temporelles#5
Ou, plus simple, ici : https://www.francaisfacile.com/exercices/exercice-francais-2/exercice-francais-25519.php
Bonsoir,

Dans la subordonnée de la phrase suivante, qu'est-ce qui justifie l'utilisation de l'imparfait :

"Tu es là ! Je pensais que tu étais perdu !

Est-ce parce que les deux actions sont simultanées ? Je n'utiliserais pas le plus-que-parfait ou le passé composé dans la subordonnée, mais je n'arrive pas à expliquer pourquoi ?

Bonne soirée et merci !

Kabayama
Bonsoir.

Oui, simultanéité et concordance des temps.
C'est pourquoi le plus-que parfait et le passé composé ne conviennent pas ici dans la subordonnée.

Je pense que tu es perdu.
Je pensais que tu étais perdu.
Merci beaucoup !

Mais pourtant j'ai trouvé cette phrase : "Il prétendait que je n'avais pas assez travaillé."

Pourquoi ici l'imparfait est t-il suivi du plus-que-parfait ?


Kabayama
Cette fois, c'est l'antériorité et non plus la simultanéité de l'action de la subordonnée par rapport à la principale qui justifie le plus-que-parfait. Tout en maintenant la concordance des temps.

Il pense que je ne travaille pas assez. (simultanéité)
Il pense que je n'ai pas assez travaillé. (antériorité)
Il pensait que je ne travaillais pas assez. (simultanéité)
Il pensait que je n'avais pas assez travaillé. (antériorité)
Merci,

C'est bien ce que je pensais, mais je n'arrive pas à ressentir pourquoi on peut dire :

" Je pensais que tu étais perdu.",
mais pas
" Je pensais que tuavais été perdu.".

Pourtant dans les deux cas la concordance des temps est respectée.

Je comprends bien la simultanéité et l'antériorité, et pourtant je ne dirais jamais la deuxième phrase, est-ce une erreur ?
Tu as été perdu ou Tu avais été perdu seraient des passifs, correspondant à Quelqu'un t'a perdu ou Quelqu'un t'avait perdu.

Tu es perdu ou tu étais perdu expriment simplement un état, un résultat, et non pas "l'action" de quelqu'un.
Merci bien !

C'était donc cela qui me gênait dans la deuxième phrase !

Bonne soirée.

Kobayama
Bonjour à tous,

Je dois répondre à certaines questions, dans le cadre d'une préparation:

- L'imparfait permet de présenter des actions en cours d'accomplissement dans le passé, il exprime donc la ….

- L'imparfait permet de décrire, c'est ce qu'on appelle …..

Je recherche les termes exacts qui pourraient remplacer les pointillés. Je précise connaître les règles mais je ne me souviens plus des termes en question.

Je vous remercie par avance.