Traduction de la Genèse

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir.

J'ai terminé la lecture des Confessions, saint Augustin.
Je me suis référé, en regard, au texte de la Genèse, indispensable pour bien comprendre les analyses du théologien. J'aimerais maintenant relire l'œuvre, et l'approfondir (à cause d'une mauvaise stratégie de lecture), mais je n'arrive pas à mettre la main sur la traduction à laquelle se réfère Trabucco (éditions GF)…

Je trouve partout : "Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Or la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient à la surface de l'abîme." Le traducteur donne quant à lui : "Dans le principe Dieu créa le ciel et la terre. La terre était invisible, chaotique, et les ténèbres s'étendaient sur l'abîme" (cf. XII, 13).

Où pourrais-je trouver cette même traduction ?

Merci bien !
Aucune idée ! On peut supposer que si Trabucco ne cite pas sa source, c'est qu'il s'agit de sa propre traduction.
C'est bien ce que je pensais…
Je vais quand même bien relire la préface, peut-être n'ai-je alors pas pris garde à ce détail.

Merci bien !!
En ce qui me concerne, j'aime bien cette interprétation faite par Jean Effel
dans sa célèbre "Création du monde"…

On dirait une traduction faite depuis la Vulgate (cf. "dans le principe", qui est quand même très moche 😀)… c'est-à-dire une traduction d'une traduction, bref, une mauvaise traduction (les deux versets que vous donnez me suffisent à ne pas me donner envie d'aller plus loin..). Préférez la Segond (version de 1910 tant qu'à faire - ce n'est pas celle que vous avez citée en premier -, la dernière du vivant de Segond, et sans doute la plus littéraire), vous ne trouverez pas mieux à mon avis.
La question reste de savoir si St Augustin qui aurait écrit les Confessions entre 399 et 401 connaissait la Vulgate, commencée en 385 pour l'Ancien testament et achevée en 405. Et pourquoi Joseph Trabucco a traduit le "in principio" commun par "dans le principe".

Avant de choisir une traduction (pas la Segond de 1910, n'en déplaise à Arthur !) je lirais https://www.la-bible.net/bible/sb2004/chap1.pdf "Choisir une bible" et je consulterais la Chouraqui : https://nachouraqui.tripod.com/id83.htm .
Si je devais en acheter une maintenant, je choisirais la TOB, mais c'est très personnel. (Message édité) (Ajout d’une espace avant le point après l’URL.)
Votre lien vers la Chouraqui est mort.
Personnellement je n'aime pas beaucoup la Chouraqui, que je trouve trop inintelligible et qui ralentit (sans grande utilité, sauf peut-être pour l'exotisme) la lecture. Je me vois mal intérioriser un tel texte… mais pour un lecteur qui n'attache pas du tout foi à ce qu'il lit, pourquoi pas. On précisera que Chouraqui est juif.

La TOB est à mon avis une bonne édition. Je ne l'ai pas beaucoup fréquentée cela dit ; si vous vous la procurez, achetez l'édition complète, grand format, qui contient toutes les notes : c'est sans doute ce qui est le plus intéressant, pour comprendre les problèmes exégétiques qui divisent les différentes grandes confessions chrétiennes. L'inconvénient (outre que je ne vois pas vraiment l'intérêt de l'entreprise, mais après tout ce n'est pas à moi d'en juger), c'est que ces mêmes controverses peuvent mener à un choix de traduction "a minima" qui edulcore gravement l'Ecriture pour n'offenser personne.

Personnellement, pour la lecture quotidienne, sans souci critique exacerbé, je préfère donc une Bible sans note, oeuvre cohérente d'un seul traducteur, qui n'hésite pas à faire certains choix de traduction, et qui sait aussi être une oeuvre littéraire. D'où la Segond 1910.
Il faut aussi préciser que les éditions protestantes (Segond était un réformé, mais sa traduction s'est répandue aussi chez les luthériens, dans certains groupes anabaptistes et dans des associations "oecuméniques" au sens large), depuis le XIXe siècle, n'incluent plus les livres apocryphes (ou "deutérocanoniques" selon les catholiques et les orthodoxes), rédigés en grec, parce qu'ils sont considérés comme des livres à portée uniquement morale qui ne fondent aucune doctrine nécessaire pour le salut.
Je n'ai rien trouvé de plus. Mes doutes se confirment : traduction plus personnelle…
Concernant le "Dans le principe", ce qui est le plus gênant c'est qu'Augustin s'y attache très longuement ("in principio"), et dans sa traduction, les interprétations des analyses de saint Augustin sur le "in principio" diffèrent nettement selon qu'on le traduit par "au commencement", ou "dans le principe". Enfin bref…

Drôle de coïncidence que vous parliez d'éditions ! Quelque peu lassé de devoir être au lycée pour lire la Bible, j'ai fouillé récemment sur internet pour dégoter une bonne affaire, et suis tombé sur la NBS à 11€ et des poussières pour plus de 1000 pages… Reste à en connaître la qualité (les présages ne sont pas bons) 😀 !
Les TOB sont particulièrement chers…

Bonne soirée !
On trouve aussi la TOB à moins de 15 €.
Je faisais l'hypothèse que Zadeck s'intéresse à la Bible d'un point de vue littéraire, linguistique ou culturel, mais pas religieux.
Zadek a écrit :Concernant le "Dans le principe", ce qui est le plus gênant c'est qu'Augustin s'y attache très longuement ("in principio"), et dans sa traduction, les interprétations des analyses de saint Augustin sur le "in principio" diffèrent nettement selon qu'on le traduit par "au commencement", ou "dans le principe".
Saint Augustin ne me paraît pas douter un instant que In pricipio signifie, si je puis dire, Au commencement. Il développe le sens de Au commencement, comme on le fait encore aujourd'hui. Prenez par exemple la Bible de Navarre : "In the begining means that creation marks the start of time and the course of history. Time ans history have a beginning, and they are headed towards a final goal, which the Bible will tell us more about."

Maintenant, puisque Dans le principe signifie tout bonnement Au commencement (TLFI, sous A), je ne vois aucunement l'intérêt d'embrouiller le lecteur avec un mot inutilement recherché dont le sens est invinciblement pollué par ses autres acceptions, notamment celle qu'il prend dans En principe
Anne345 a écrit :Je faisais l'hypothèse que Zadeck s'intéresse à la Bible d'un point de vue littéraire, linguistique ou culturel, mais pas religieux.
A la base (Dans le principe 😜), c'était par curiosité, curiosité de ne trouver nulle part le fameux "Dans le principe" ; mais la conversation a pris des tours tout aussi passionnants, si je puis dire… Je m'intéresse donc à la Bible d'un point de vue littéraire, linguisitique, culturel, mais aussi et surtout religieux…
Saint Augustin ne me paraît pas douter un instant que In pricipio signifie, si je puis dire, Au commencement. Il développe le sens de Au commencement, comme on le fait encore aujourd'hui.
Certes non ! Mais le traducteur s'évertue à traduire par "Dans le principe", ce qui contribue à perdre le lecteur dans des analyses que le "Au commencement" aurait sûrement éclaircies. Peut-être estimait-il que la pluralité de l'interprétation du "In principio" -celle-là même qu'Augustin dépeint- ressortait mieux avec le "Dans le principe"…

Amicalement.
Bonjour Zadek,

Il existe des bibles électroniques gratuites et très commodes pour consulter des notes ou effectuer des recherches.

Regarde ce site https://www.123-bible.com/ ici qui t'offre une pluralité de versions et d'outils étonnante.

A titre payant, pour un profit religieux, je te recommande la Bible des peuples sur CD. Le coût reste modeste.
Merci beaucoup !
Néanmoins, je suis beaucoup attaché au support papier, et au moins pour cette raison, une Bible -en fait, quelque livre que ce soit- en version électronique ne m'attire pas plus que cela. Pour le CD, c'est noté 😜 !

Bonnes fêtes de fin d'année !
Bonjour,

Le terme: "Au commencement" met le lecteur sur la voie de l'erreur. En effet, s'agissant du déroulement d'une cosmogonie, la notion de temps ou durée devient évidente, d'autant que la création se déroulant sur 7 jours…. St-Jérôme n'avait pas fait l'impasse sur le début de la Genèse, "In principio" ou dans le Principe.

Mais, "Au commencement", demande une seconde lecture: 1.En grec, Arkhé, l'ancien, celui qui vient en tête, celui qui ouvre la voie. 2. En écriture hébraïque carrée (écriture "d'origine" de la Genèse), le mot Bereashith débute le texte: Baraeshith barâ… et donne aussi le titre exact: Sepher bareashith ou livre du Principe.

Ce terme s'écrit BRASinIth. (bet-res-aleph-sin-yod-taw)

La lettre B, dans son graphe ancien (proto-sinaïque et égyptien) dessine le plan d'une habitation carrée ou rectangulaire, ouverte sur un côté. Ce hiéroglyphe indique l'idée d'intérieur - dans.
La lettre R, toujours dans sa version proto-sinaïque, offre le profil d'une tête- d'une tête comme
le commencement du corps, ou encore ce qui apparaît en premier lors de la naissance.
La lettre B associée à N en position finale, décrit l'idée d'un flifs de chair, l'arabe. a retenu cette racine dans Ben XXXX

Mais dans BRASinITh, la lettre B -dans- ou action intérieure associée à R, décrit l'idée d'un fils (ou fille dans le cas d'Athéna, fille de Zeus) potentiel ou en puissance d'être. St-Augustin a entrevu l'idée, mais obnubilé par la place du créateur placé par lui comme Principe au dessus du Principe, il en a oublié le sens et l'importance .

Aristote dans Métaphysique en donne une définition approchant le sens exact du mot Principe: Primus motor, ou point, immuable, fixe d'où sort le mouvement ou son changement (j'utilise la traduction de Jules Barthélémy-St-Hilaire) ( Presses Pocket. quelques euros).

Du concept - BR comme potentialité d'être , revient à placer le premier chapitre(ou Principiation) de la Genèse hors de la durée. Pour éclairer quelque peu nous pourrions dire: la géométrie représente en potentialité ce que va ou peut décrire la physique.

Ps: sur le thème du Principe, vous trouverez chez l' Harmattan, pour 10 euros une compilation:
Le Principe, d'Aristote à Heidegger en passant par St-Augustin.

Ps: Attention!, le texte du Sepher B.. est écrit sur trois modes ou sens: propre,figuré, hiéroglyphique - trois styles suivant Héraclite: parlant, signifiant, cachant
Bonjour,

Ces explications très savantes n'éclairent pas beaucoup l'intérêt de traduire "Dans le principe" ou "au commencement". Il faudrait être plus clair.

Je vais essayer d'apporter quelques points de vue complémentaires qui, je l'espère, feront avancer le débat.
Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.
est la traduction généralement retenue.

Cette formule renvoie explicitement à l'axe du temps. Pour les juifs et les chrétiens, le temps est linéaire, de plus il a une origine et une fin. L'Histoire est l'accomplissement de l'oeuvre de Dieu jusqu'à sa perfection finale à la fin des temps. Pour les chrétiens, elle est centrée sur la venue du Christ et sur son retour glorieux lors de la parousie.

La traduction "Dans le principe" est polysémique.
Si l'on se réfère au Littré, cette traduction, moins compréhensible aujourd'hui, est plus riche.
PRINCIPE
1° Origine, cause première.
Dans le principe, dans le commencement.
2° En un sens plus restreint, ce qui produit, opère comme un principe.
3° Les deux principes, les deux causes suprêmes du bien et du mal, suivant la religion des Perses et suivant les manichéens.
4° Terme de physique. Ce qui constitue, compose les choses matérielles. ? Selon quelques philosophes, les atomes sont les principes de tous les corps, Dict. de l'Acad.
Terme de chimie. Synonyme d'élément.
5° Il se dit de toutes les causes naturelles, de toutes celles par lesquelles les corps se meuvent, agissent, vivent. Le principe de la chaleur.
6° Les premiers préceptes d'un art, d'une science. Les principes de la géométrie, de la physique, de la chimie.
7° Terme de philosophie. Opinion, proposition que l'esprit admet comme point de départ.
8° Maxime, règle de conduite, précepte de morale.
Tous les sens, à l'exception du 8e, peuvent être inclus dans cette formule.

Il faut donc choisir en fonction des intentions littéraires et religieuses de l'auteur sacré.

Pour rester simple, on peut affirmer que la Genèse est
- un hymne au Dieu créateur. Ce premier chapitre revêt une forme liturgique avec sa composition rythmique, ses répétitions,
- un genre littéraire symbolique que l'on ne peut interpréter avec la logique scientifique (notamment dans la conception du temps ou de l'origine de l'univers),
- un texte inspiré qui peut parler au coeur de tout homme,
- un texte qui n'est pas toute la révélation de Dieu, toute la compréhension chrétienne de l’univers, en effet les chrétiens voient dans le prologue de l'Évangile de Jean et l'épître aux Éphésiens un éclairage supplémentaire, voire plus profond.
- Ce texte, contrairement à des croyances erronées, n’est pas la partie la plus ancienne de la Bible. Il a été écrit au Ve siècle avant le Christ, après le retour d’Exil.

Ce texte donc cherche à faire comprendre que Dieu est à l'origine, qu'il est le Créateur de toute chose. En même temps il veut montrer que Dieu est infiniment au-delà de cette création qui nous émerveille ou nous écrase. Dieu est le Tout-autre, il n'est pas compris dans sa création. Dieu a un projet, Dieu met un ordre. Dieu appelle l'homme à l'existence. L'homme a du prix aux yeux de Dieu.

La Vulgate l'a parfaitement compris dans son "in principio". Il se trouve que le français contemporain ne peut rendre compte de la richesse du latin avec son "au commencement", alors que le français classique de Pascal le traduisait à merveille avec son "dans le principe".
Bravo! voilà un texte convaincant dont le créateur, tout en majesté, se voit attribuer une majuscule. Un point noir dans votre brillante affirmation: à la catéchèse, les orientations bibliographiques sont rares.
jpm a écrit :Bravo! voilà un texte convaincant dont le créateur, tout en majesté, se voit attribuer une majuscule. Un point noir dans votre brillante affirmation: à la catéchèse, les orientations bibliographiques sont rares.
L'intellectio fidei, selon les termes de saint Thomas d'Aquin, n'est-elle pas une recherche légitime en philosophie ?
Bonjour,

Dans le post de départ, la dimension théologique n'apparaît pas.

Si cet aspect contredit l'étude grammaticale de la Genèse en écriture hébraïque, je suis prêt pour un échange en privé.
Zadek a écrit :Bonsoir.

J'ai terminé la lecture des Confessions, saint Augustin.
Je me suis référé, en regard, au texte de la Genèse, indispensable pour bien comprendre les analyses du théologien. J'aimerais maintenant relire l'œuvre, et l'approfondir (à cause d'une mauvaise stratégie de lecture), mais je n'arrive pas à mettre la main sur la traduction à laquelle se réfère Trabucco (éditions GF)…

Où pourrais-je trouver cette même traduction ?
Dans mon exemplaire je trouve à la page de titre : "Traduction, préface et notes de Joseph Trabucco."

Et à fin de la préface " La traduction a été effectuée sur le texte de l'excellente édition des Bénédictins, dont nous nous sommes fort peu écarté.
Joseph Trabucco
"
Il s'agit là de la traduction du texte d'Augustin, pas des citations de l'Ecriture (qui sont donc, puisqu'on n'en a pas trouvé trace ailleurs, vraisemblablement aussi de Tabucco…).