Quelle œuvre définit le mieux ce qu’est la grande littérature ?

Littérature

38 réponses · Page 2 / 2

Très joli, Putakli. 🙂
Effectivement, Putakli, hors-sujet, mais honnêtement vraiment beau texte. Je l'ai lu alors que passait, circonstance de l'époque, un chant de Noël et c'était encore plus triste (ce n'est pas ironique, c'est juste une remarque bête de ma part…) !
le commentaire de Putakli est loin d'être hors-sujet! la réponse que l'on peut donner à cette question est forcément personnelle. Pour ceux que le mot "définir" du topic turlupinerait, lisez plutôt "quelle oeuvre décrit le mieux la littérature pour vous?"
Melpomene a écrit :le commentaire de Putakli est loin d'être hors-sujet! la réponse que l'on peut donner à cette question est forcément personnelle. Pour ceux que le mot "définir" du topic turlupinerait, lisez plutôt "quelle oeuvre décrit le mieux la littérature pour vous?"
Dans ce cas le sujet était bien mal formulé. Vous avez bien fait alors d'apporter la précision.
NE a écrit :
76Man oublie de préciser que Faulkner est plus ennuyeux à lire qu'à laisser de côté.
S'il pense que Faulkner définit le mieux ce qu'est la littérature étrangère et qu'il a oublié de préciser que c'est un auteur si ennuyeux, alors cela voudrait dire que la littérature étrangère est ennuyeuse.
En conséquence, je doute qu'il ait oublié de dire une telle chose et votre affirmation n'est qu'une opinion stylisée.
En effet, NE, je suis loin de penser que Faulkner est ennuyeux. Portia dit que c'est un grand styliste, et je suis tout à fait d'accord. Il allie fond et forme, et représente ce Sud déchu après la guerre de Sécession qui hante ses livres, par exemple Lumière d'août avec une descendante de Yankees installés dans le Sud, le révérend Hightower et ses sermons martiaux, Percy Grimm et son rêve de grandeur militaire… Je crois que pour aimer Faulkner il faut aimer la littérature américaine, qui a une atmosphère bien particulière.
.Selon moi il n’y a pas d’œuvre littéraire qui soit meilleure qu’une autre. La littérature peut être jugée de différentes façons. Certains ne comprennent pas toujours ce qui est écrit entre les lignes et ça pourrait être la raison pourquoi une œuvre est pas toujours appréciée par tout le monde. En plus la plupart des œuvres représentent plusieurs chapitres et on pourrait aimer un plus que l’autre.
Donc je peux pas dire oui j’aime cette œuvre plus qu’une autre car chacune a un autre but.
Bon, bref impossible d’écrire ça en quelque lignes, mais une œuvre d’art se commente pas sur quelques lignes, d’un seul livre on pourrait en écrire 10.
Tu raisonnes bizarrement…

Qu'on puisse interpréter chaque œuvre de différentes façons ne prouve absolument pas que toutes les œuvres se valent, qu'elles sont par exemples toutes aussi bien écrites, ou toutes aussi mal écrites. Et dans la mauvaise littérature, il n'y a souvent rien à comprendre entre les lignes, même en cherchant bien…

Bien sûr qu'un traité de philosophie et la biographie d'une vedette à la mode n'ont pas les mêmes buts. Que différentes œuvres aient des buts différents ne prouve absolument pas que toutes les œuvres se valent.

Si, bien sûr qu'on peut dire que l'on aime une œuvre plus qu'une autre.
En littérature comme dans la vie de tous les jours, tu n'as donc jamais aucune préférence ?
Rien ne te plaît, rien ne te déplaît ?
Cela m'étonnerait…

On peut très bien aimer et apprécier des choses sans valeur pour les autres.
Mais là, ce n'est pas un problème de "petite" ou de "grande" littérature.
C'est une histoire de goûts personnels.
Les goûts personnels, ça existe…
Salut, je me permets d'ajouter mon petit grain de sel =D (et de remonter un topic, c'est mon péché mignon):
Il me semble que ce qu'on entend par "grande" littérature, ce n'est pas forcément ce qui nous plaît, mais ce qui a été reconnu, qui innove, et qui montre un usage peu commun de la langue. Personnellement, on m'a tellement, hum, scratché le vinyle :roll: avec Victor Hugo que lire quoi que ce soit de lui m'écorche les yeux. Cependant je suis bien obligée de reconnaître qu'il a un grand talent.
De même, j'aime beaucoup Marguerite Duras, et j'imagine que certains doivent détester son style très spécial, tout en reconnaissant qu'il y a là quelque chose de nouveau.

La "petite" littérature est donc, pour moi, une littérature qui ne va pas marquer l'histoire de manière indélébile, soit parce qu'elle a plu à un public restreint, soit parce qu'elle n'est pas suffisamment originale pour durer. Cela ne m'empêche pas pour autant de porter un grand amour à la petite littérature! Quoi de plus plaisant que de se vautrer dans un livre qu'on lit comme on regarde une bonne série à la télé? J'aime beaucoup lire des fanfictions (on y trouve tous les extrêmes en matière de qualité).

Bref, pour en revenir au sujet, j'aime beaucoup trop d'auteurs pour les citer tous, alors je vais m'en tenir à ceux qui sont sans doute les moins connus:
- Je n'ai lu qu'une nouvelle de David Foster Wallace, Forever Overhead, mais elle m'a vraiment impressionnée. Le style est à la fois poétique, original, visuel, et au plus près de la réalité. C'est le genre d'auteurs qui vous fait vous exclamer: "Mais oui! C'est exactement ça! Il/Elle met des mots sur ce que je voulais dire! " quand vous le lisez.
- Jean-Luc Raharimanana (il est malgache, c'est pas de sa faute) a un style poétique, presque prophétique, qui rend superbe des descriptions pourtant horrifiantes de guerre et d'horreur, dans Rêves sous le Linceul.

Voilà. J'espère ne pas me faire lyncher par les fans de Victor Hugo 😜.
c'est bien de déterrer les fils, ça sert aux autres qui débarquent 😉

pour moi, une grande littérature, c'est une oeuvre (dans le sens d'ouvrage) qu'on lit une fois, deux fois, six fois avec un plaisir, un intérêt incessamment renouvelé.
si en plus, son sujet est universel, transposable dans le temps et l'espace, si les ressorts sont multiples, si c'est un fleuve qui emporte, on touche au ciel.
et si enfin, la langue est belle (ou la traduction réussie), alors, ça devient une oeuvre qui m'accompagnera toute la vie.

crime et chatiment, à l'est d'eden, la chartreuse de parme font partie de ces ouvrages qui m'accompagnent depuis des années et que je relis tous les 2 ou 3 ans comme on va en pèlerinage (on se prépare moralement avant de s'y jeter à corps perdu sur une lecture de qq jours).

je revis parfois le même sentiment avec qq polars de lawrence block (et son héros matthew scudder) dont je refais la lecture en continu sur qq semaines (comme on se fait parfois une nuit de court-métrages) : on en sort un peu déglingué moralement car c'est le New-york du crime, mais très comparable au st petersbourg de féodor ! 😉.
Proust est selon moi celui qui a atteint l'achèvement absolu de tout ce envers quoi le roman, genre étrange, et merveilleusement indéfinissable tend. Il arrive non seulement à éprouver le temps des phrases mais aussi celui du lecteur. ( moi même je me demande encore si cette phrase à un sens). Sinon c'est une question vraiment très difficile. Une de mes lectures préférées est Les contes du Graal de Chrétien de Troyes, parce qu'on y trouve tout l'humour et tout la spiritualité du Moyen Age (de ma vision des XI et XII en fait) et la naissance de tout ce qui va constituer la littérature. Sinon Rabelais et Flaubert pour leur humour toujours, pour leur finesse.
Je soutiens l'idée que le style de Proust est fantastique : les sensations qu'il arrive à nous transmettre, par des métaphores et comparaisons qui m'ont toujours parlé mais tellement originales , sont remarquables.
A rebours, J.K. Huysmans pour le panel d'oeuvres explorées… Une vaste définition de la culture !
Question dure, j'ai du mal à ne pas dire Proust (aussi) pour sa complétude absolue.

Mais, histoire de jeter un pavé dans la marre, Le Journal du voleur, du vibrant ithyphallique Saint Genet. La délicatesse à l'état de violence, l'érection à l'état d'émotion sublime. De la grande littérature qui bande, il y a partouze au creux de la phrase, mes ami(e)s!
On voit la littérature vu d'avion comme une colonne vertébrale qui fait sens, non pas qu'en littérature il y ait un progrès, qu'il soit vers le plus beau, le plus intelligent, le plus vrai, mais disons que l'ensemble se montre comme une suite de conception ambitieuse qui tend vers un échec puisqu'elle est détruite par une nouvelle.

Il faut garder à l'esprit le concept de création en sens général : l'artiste établie, édifie et partage. Même si son travail tend à s'inscrire hors du temps, l'artiste quant à lui demeure dans une époque. Ce dosage entre l'immuable et le transitoire (pour reprendre les termes de Baudelaire) est manière de décrire cet objet très complexe qu'est une oeuvre d'art.

Cependant, l'artiste, même le plus visionnaire, ne repart jamais de zéro ; s'il veut se distinguer, détruire l'ancien, il sera forcé de construire sur une base, même si ce sont des débris. L'oeuvre littéraire à travers l'idée de littérature est une oeuvre qui est construite avec des ruines.
hyphos a écrit :(…) l'ensemble se montre comme une suite de conception ambitieuse qui tend vers un échec puisqu'elle est détruite par une nouvelle.
En quoi être "détruite par une nouvelle" signifie "tendre vers un échec". Les records sportifs tendent-ils également vers l'échec car étant souvent remplacés par d'autres records ? [Je précise car je remarque la sensibilité mal placée des réponses souvent : ceci est une question, pas une attaque personnelle !].
hyphos a écrit :(…) l'artiste, même le plus visionnaire, ne repart jamais de zéro ; s'il veut se distinguer, détruire l'ancien, il sera forcé de construire sur une base, même si ce sont des débris. L'oeuvre littéraire à travers l'idée de littérature est une oeuvre qui est construite avec des ruines.
Détruire l'ancien est-il systématique ? Le concept de "ruines" m'apparaît de façon très floue ici, j'ai l'impression qu'on pourrait y mettre tout et son contraire : à savoir par exemple au niveau formel les codes d'écriture et leur négation. Cela signifie-t-il, pour prendre des exemples plus précis que quelqu'un qui écrit en vers au XXe siècle écrit-il avec des ruines (Péguy par exemple dans quelques poèmes) ? Et quelqu'un qui écrit en prose poétique ?
Quelles sont plus précisément les "ruines" dont tu parles ?
Pour ma part, je citerais Tennessee Williams, pour ses portraits sans concession des marginaux ou personnages désemparés, terriblement et réellement " humains".
Et, pour la littérature française, Pierre Loti, pour l'immense (à mes yeux) sensibilité, la beauté et la poésie du style.
Ce sujet n'a aucun intérêt à mes yeux car le seul moyen d'y répondre serait de pouvoir lire des œuvres provenant de tous les pays dans leur langue originale ce qui me paraît difficile…
Dans le cas contraire la réponse donnée sera entièrement subjective (d'ailleurs la plupart des œuvres citées précédemment sont françaises), je n'ai pas encore vu de références à des ouvrages chinois (ce qui me paraît étrange, j'imagine que vous en conviendrez…)

De plus, chaque culture a sa propre manière d'écrire, ses propres protocoles et ses propres critères de jugement. Il est donc logique que les livres cités dans ce forum soient tous proches de la littérature française ( pas de poèmes Haiku, par exemple).

Finalement, chaque époque a différents courants littéraires (qui comportent des particularités et un style d'écriture très différents), il serait donc plus judicieux de demander quel auteur a marqué la littérature dans une époque et un pays (ou une zone) donné(e).

C'est en tout cas mon opinion…

Salutations
L'Être et le néant, de la littérature? Vraiment?