Quelle œuvre définit le mieux ce qu’est la grande littérature ?

Littérature

38 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Si vous ne deviez citer qu'une seule oeuvre pour définir la grande littérature, laquelle serait-elle?
Elle peut être aussi bien un roman, une pièce de théâtre ou de la poésie, française ou étrangère, vous ne l'avez pas forcément appréciée, ni même encore lue. Et bien sûr, ce serait d'autant plus intéressant si vous pouviez expliquer rapidement votre choix.

Pour exemple, on m'a déjà cité Guerre et Paix, parce que c'est monumental, russe et pas du tout attrayant, Les lettres persanes parce que la littérature n'est utile que si elle est engagée, Les misérables, parce que c'est le plus grand monument de la littérature française, L'écume des jours, parce qu'il mêle si bien l'imaginaire et le réel… Les opinions exprimées ci-dessus étant celles des personnes qui ont bien voulu me répondre.
Pour moi ce serait Aurélien d' Aragon : un vrai coup de foudre littéraire ! Une histoire d' amour superbe, complexe. Des personnages attachants avec une psychologie atypique. Enfin, la description de Paris dans les années 20 avec ses mondanités. Roman puissant et fort.

Sinon, Les Métamorphoses d' Ovide. Les sentiments amoureux se mêlent aux métamorphoses. Une langue très poétique et imagée. Un must !
littérature française : JEAN PAUL SARTRE "L'être et le néant"
littérature étrangère : DANTE "La Divine Comédie"
Littérature française : A la recherche du temps perdu, Proust.
Littérature étrangère : l'œuvre de Faulkner.
Les trois romanciers qui m'ont, à ce jour, le plus séduit: Balzac, Dostoïevski et Dickens.
NE a écrit :Les trois romanciers qui m'ont, à ce jour, le plus séduit: Balzac, Dostoïevski et Dickens.
Vos trois maîtres, mon cher Stefan !
Ahahah!

Je me demandais si quelqu'un allait relever, à vrai dire, je ne suis pas déçu. 😉
Il serait peut-être intéressant d'argumenter, sans quoi cette discussion risque de tourner au doublon de l'île déserte, et je ne sais pas si ce forum apprécie les archipels. Il y a sans doute une distinction a faire entre l'œuvre qu'on préfère et celle que l'on considère comme la plus représentative d'une grande littérature dont les critères, sans doute, doivent un peu varier d'une personne a l'autre. La confusion me semble déjà commencée, puisque certains ici parlent de leurs maîtres ou des œuvres qui les séduisent… Je ne crois pas que ce soit très a propos, si ?
Vouloir proposer UNE œuvre pour définir la Grande Littérature, c'est tout aussi pédant qu'absurde.
Qu'est-ce que la grande littérature ? Comment oser la réduire à une oeuvre ?
Non seulement pédant, mais encore ridicule.
Vouloir proposer UNE œuvre pour définir la Grande Littérature, c'est tout aussi pédant qu'absurde.
Je n'irais pas jusque là 😀.
Cela n'appelle pas forcément à la proclamation ferme de "l'oeuvre parmi les oeuvres" mais plutôt à une réflexion sur ce qu'est un chef d'oeuvre. Interrogation qui ouvre d'assez intéressantes perspectives de réflexion car elle est inévitablement regardée à travers le prisme d'une situation sociale, d'une expérience, de préjugés,etc. Et, loin de nous mettre unanimement d'accord sur le chef d'oeuvre absolu, nous pourrions débattre sur ce qui pourrait faire d'une oeuvre un chef d'oeuvre absolu. C'est à creuser il me semble…
Les deux questions sont intrinsèquement différentes.
Tenter de définir ce que pourrait être le « chef-d'œuvre absolu », pour reprendre vos propres termes, et vouloir imposer de manière despotique une œuvre, comme effigie de la Grande Littérature, ne concordent pas.
C'est du moins mon humble avis.

Amicalement.
D'accord, je l'admets, ma proposition semble dévier du fil proposé initialement, peut-être pas autant que tu le sous-entends.
Il s'agit en effet de citer l'oeuvre qui "définit" le mieux ce qu'est la grande littérature, or, chacun n'a pas la même vision de ce qu'est la grande littérature. Donc la définition donnée sera subjective, en tant que telle, elle amènera la contestation et la contestation la justification. Un tel mécanisme est père de débat constructif. S'il faut juste donner une oeuvre, le fil risque de vite perdre de son intérêt.

Amicalement 🙂.
à Zadek : il ne s'agit effectivement pas dans ce fil de se mettre d'accord sur une oeuvre que l'on posera comme définition de la grande littérature, pour les raisons que tu as exposées. Nous n'avons pas tous la même vision de ce qu'est la grande littérature, elle n'a déjà pas les mêmes "frontières" suivant les personnes : faut-il que l'auteur soit mort, que l'oeuvre ait subit l'épreuve du temps? Mais plutôt que de lancer une discussion sur cette définition de la grande littérature, j'ai pensé que donner un titre en expliquant son choix amènerait plus d'eau à notre moulin. Encore faudrait-il, comme le relevait NE, que des justifications soient données.

par exemple, Faulkner m'est totalement inconnu. 76man, pourrais-tu nous le présenter en quelques mots et par là-même nous expliquer ton choix, s'il te plaît?
Melpomene a écrit :par exemple, Faulkner m'est totalement inconnu. 76man, pourrais-tu nous le présenter en quelques mots et par là-même nous expliquer ton choix, s'il te plaît?
Faulkner est un écrivain américain du Vieux Sud, qui a reçu une éducation religieuse marquée par le calvinisme et le presbytérianisme. Alcoolique, il écrit la majorité de ses grands livres dans les années 1920-1950. On y trouve un grand travail sur la langue et la temporalité, une fatalité poisseuse, une atmosphère de déchéance… Faulkner a aussi été un grand combattant pour la cause noire. Il a reçu le prix Nobel de littérature.
Parmi ses grands livres, on peut citer Le Bruit et la fureur, Lumière d'août, Absalom, absalom!…
Je l'ai choisi lui pour la littérature mondiale car c'est sans doute le plus grand écrivain étranger du XXe, il a marqué la littérature mondiale et continue d'être une source d'inspiration pour de nombreux auteurs américains (McCarthy, Auster…).
Plutôt que Vieux Sud je dirai plutôt Sud profond c'est à dire le Sud rassemblant les états s'opposant au Nord dans la guerre de Sécession. Faulkner crée un Sud imaginaire, le comté de Yoknapatawpha . Ses livres mettent en scène la décadence tragique de ce Sud après la défaite, un Sud miné par une faute originelle, l'esclavage.
Faulkner est un styliste brillant.

Pour la littérature mondiale je prendrai néanmoins Shakespeare et particulièrement La Tempête, une comédie de la maturité qui aborde des thèmes comme la justice et l'injustice, la domination, l'humanité et la monstruosité, l'art. Shakespeare a aussi marqué profondément la langue anglaise.
76Man oublie de préciser que Faulkner est plus ennuyeux à lire qu'à laisser de côté.
76Man oublie de préciser que Faulkner est plus ennuyeux à lire qu'à laisser de côté.
S'il pense que Faulkner définit le mieux ce qu'est la littérature étrangère et qu'il a oublié de préciser que c'est un auteur si ennuyeux, alors cela voudrait dire que la littérature étrangère est ennuyeuse.
En conséquence, je doute qu'il ait oublié de dire une telle chose et votre affirmation n'est qu'une opinion stylisée.
A chaque fois que nous parlons de grande littérature, nous ne pensons pas à un livre en particulier mais plutôt à un ensemble d'œuvres, dans la mesure où elles celles-ci dialoguent entre elles et se répondent, par le jeu des références, des contestations et des influences. Je me demande s'il existe bien une telle œuvre, qui sache résumer cela à elle seule. Personnellement, je suis dans l'incapacité de choisir, à moins que je ne retrouve l'exemple d'un livre qui montre, par une mise en abîme ou par une définition, ce qu'est la littérature.
Ça rejoint un peu l'idée (ce sujet, je pense) de savoir quels sont les titres de la littérature qu'on s'accorde arbitrairement à dire "universelle" et dans ce sens, les plus représentatifs sont je crois :
- Dante
- Cervantès
- Shakespeare

Après, interviendraient des jugements trop personnels, mais le sujet n'attendait pas de jugement personnel, non ?
Pourquoi tant de venin ? ¨Peut-être parce qu'il manque la circonstance.
Je m'en tiendrai à l'œuvre qui subitement a grandi le rôle de la littérature, dans ma vie à moi, par une vertu magique, qui a fait de littérature quelque chose de respectable et d'important, au delà du copinage familier.
C'était, quand j'étais en seconde, et que les journées cheminaient misérablement avec des notes entre zéro et 2 en français, sans que cela m'affecte. Mais subitement, les notes se sont mises entre 18 et 20 (in illo tempore), sans que j'y comprenne rien, ni m'en affecte non plus. Mais c'était grâce à Racine et à un passage de Bérénice. Paul Morand raconte qu'il lui est arrivé la même aventure et pour le même passage, mais je n'arrive pas à retrouver où il le dit. Ce qui est sûr, c'est que les gens, qui à l'époque m'emmerdaient (c'étaient les profs), ont cessé de m'emmerder à partir de ce jour là.
Plus tard, la littérature a continué à me protéger des gens qui m'emmerdaient. C'est en quoi elle était plus grande qu'eux. Pendant la guerre d'Algérie, c'étaient Montaigne et Pascal qui étaient dans mon paquetage. Quand j'étais à Johannesburg, pendant l'apartheid, c'était Giraudoux et La Folle de Chaillot, grâce à qui je mettais dans la cave tous les gens qui m'emmerdaient pendant la journée, bien plus efficacement que le bowling où on fait tomber les quilles.
Ensuite à Paris (c'est le pîre), pour me désinfecter des polytechniciens avec qui je travaillais, il y avait Mallarmé. Ils n'y comprenaient rien, mais rien de rien. Un vrai bonheur.
Ensuite, j'ai vu mes petits enfants naviguer à godille et à la va comme je te pousse, et on les pousse au S, jusqu'à ce que j'indique à mon petit fils "Les affaires sont les affaires" en lui expliquant pourquoi la pièce était beaucoup mieux faite que des pièces encensées, comme Tartuffe, et il sort la tête de l'eau et la flanque et la reflanque à ceux qui le poussent.
Enfin, quand je vois les indigènes se laisser domestiquer à la française, comme les grognards de l'empire qui obéissent en rechignant, je leur indique Cossery, particulièrement "La violence et la dérision".
C'est en quoi je pense que la littérature est grande et que sa grandeur vient de la petitesse de tout ce qu'elle domine et écrase.