Proust et Schopenhauer

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je dois préparer pour la semaine à venir un exposé sur les rapports et l'influence de la philosophie schopenhauerienne sur l'oeuvre de Proust.

- Premièrement je n'ai trouvé de rapports entre ces deux auteurs sinon la conception esthétique de Schopenhauer de l'art: un beau tableau, une belle mélodie, on veut seulement les apprécier, s'y absorber, s'y abandonner tout entier, mais l'on ne cherche pas à en faire quoi que ce soit, à les utiliser. Tout réside dans une contemplation, une délectation de l'objet pour lui-même sans chercher à en faire un usage personnel. Or dans "Un amour de Swann" l'art plastique (référence au Tableau de Boticelli auquel Swann compare Odette) et la musique (Vintueil qui annoncera chaque moment des changement des sentiments de swann [tout ça est un peu caricatural, je n'ai pas lu A la recherche du temps perdu tout entier seulement cet amour de swann que les spécialistes détachent de la narration du "je" et disent qu'il peut être lu séparément, je n'en sais rien personnellement, vous m'accorderez quand même que mon professeur est un peu sévère. Lire la Recherche et le Monde comme Volonté et Représentation en une seule semaine est simplement impossible]) bref l'art et la musique tiennent une importante place dans ce récit ce qui me laisse penser que Proust c'est quelque part inspirer de Schopenhauer.
- Deuxièmement je commence sérieusement à douter qu'il y ait vraiment quelques rapports entre ces deux auteurs et que mon prof ne s'est tout simplement pas planté quoi.

Je serais vraiment reconnaissant si quelqu'un pouvait jeter quelques lumières nouvelles et mon donner le fil à tenir. Ma semaine risque d'être longue.
Merci d'avance.
Littéralement entre la recherche du temps perdu et le monde vu comme volonté et comme représentation, il y a un rapport évident, l'un étant l'instrument de l'autre. Et ce rapport se manifeste par une certaine analogie de tonalité et de sensibilité dans le travail qui manifeste de façon active les deux projets associés afin de parvenir à voir le monde ainsi en utilisant ses souvenirs pour s'arracher au sentiment d'un environnement étranger, peut-être plus de s'ébrouer que de s'arracher en utilisant des objets médiatiques qui apprivoisent le monde.

De plus je ne crois pas qu'il faille se buter comme vous semblez le faire, et pour éviter cela, on peut utiliser le sujet comme une représentation de la volonté du prof liée à ses souvenirs pour entrer dans le jeu qu'il vous propose. Faire le faraud en donnant la réponse du berger à la bergère: "il me corrige donc je le corrige" risquerait, peut-être de vous exposer à quelques désagréments.

Enfin, il y a un phénomène d'époque. Le monde littéraire dans lequel Proust se mouvait était imprégné de Schopenhauer, comme à d'autres époques il a été imprégné de freudisme, par exemple, et quand on publie il est difficile de ne pas composer quelque peu avec la mentalité du public. Ne serait-ce que pour cette raison, le rapprochement est naturel.
Merci de votre réponse, mais je pense que si l'on se tient à l'influence de "mode" on risque de ne pas aboutir à grand chose. Mais j'ai trouvé un rapport entre les deux hommes dans le "concept" de corps: Schopenhauer, en affirmant que le corps n'est que la volonté objectivée, substitue au "je peux" triomphant de Maine de Biran un "je suis ma force": au fondement du "je peux" y aurait-il une passion, avec pour conséquence que le soi non seulement habite ce corps mais est ce corps? Je suis mon corps et dans ces conditions l'affection, la perception, la représentation relèvent d'une perspective mienne. Ceci revient à dire que "nous ne pouvons jamais sortir de notre corps".
Proust ouvre cette voie en explorant l'éxpérience de la corporéité, pour montrer que si nous ratons les êtres c'est que tout est tiré de soi.
En partant ainsi d'une subjectivité corporelle on mesure la sensation à l'aune de l'unique et du solitaire, du peintre d'un monde qui ne sera jamais que son propre monde.

J'voudrais avoir votre avis sur cette idée qui pourrait être explorée (c'était dans l'émission de Raphaël Enthoven consacrée à Schopenhauer sur France Culture): L'ensembe est tragique, le détail est comique.